‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 93 sur 367 · DI AH HH ÉE · texte numérisé non relu

DI AH HH ÉE

Cependant Rilliet et Barthez veulent qu’on donne le moins de boissons possible.

On se trouvera bien d’ajouter une ou deux gouttes de laudanum ou deux à quatre grammes de sirop diacode ; par exemple :

% Eau de riz. ... i 500 grammes.

Sirop de ratanhia 50 —

Sirop diacode 4 —

Cognac 20 —

Ou bien

% Eau albumineuse 500 grammes.

Sirop de fleurs d’oranger 50 —

Laudanum de Sydenham II gouttes.

Élixir de garus 20 grammes.

Si la faiblesse est grande et l'algidité prononcée, on donnera de temps à autre une petite cuillerée de champagne frappé, ou de malaga, porto, xérès, marsala. Dans le même but on prescrira le café ou le thé au rhum.

Pour prévenir ou combattre le collapsus, on peut donner, dans chaque cuillerée à café d’eau sucrée, deux gouttes de :

% Éther sulfurique ) ~

Teinture de valériane (

Ou bien :

% Acétate d’ammoniaque 2 grammes.

Eau de chaux 30 —

Eau distillée 50 —

Sirop de coings 30 —

Une cuillerée à café d’heure en heure.

On donnera le bismuth largà manu, soit dans du lait, soit dans une potion :

% Sous-nitrate de bismuth 4 grammes.

Julep gommeux 60 —

Élixir parégorique X gouttes.

Agiter avant de s’en servir. Une cuillerée à cale d’heure en heure.

Le nitrate d’argent a réussi à Rilliet et Barthez :

% Nitrate d’argent Eau distillée .

0 gr. 03.

00 grammes.

Par cuillerées à café d’heure en heure.

Parfois toutes les boissons sont rejetées avec les vomissements, et alors il faut agir par les lavements. On prescrira :

% Eau amidonnée Laudanum . .

Pour un lavement.

30 grammes.

I ou D gouttes.

Les lavements d’ipéca (5 grammes en décoction dans 100 grammes d’eau) sont parfois très efficaces. De même les lavements au nitrate d’argent (5 centigrammes pour 100 d’eau).

En donnant 1 centigramme de calomel 2 à 6 fois par jour, Rilliet et Barthez disent avoir arrêté parfois les vomissements et la diarrhée.

Dans quelques cas, le lavage de l'estomac mettra un terme à la diarrhée comme aux vomissements et sauvera une situation désespérée. On prend une sonde en caoutchouc rouge n° 12 ou li (sonde de Nélaton). On adapte un petit entonnoir en verre au pavillon de la sonde; on fait le cathétérisme de l’œsophage et on arrive aisément dans l’estomac; on lave avec eau bouillie, eau boriquée, eau de Vichy, etc.

On peut faire concurremment de grands lavages de l’intestin avec les mêmes liquides, ou l’eau salée à 1 p. 200 (Baginsky).

Si l’algidité persiste, on applique des cataplasmes sinapisés sur le ventre, sur les cuisses, les mollets ; on frictionne le corps avec des llanelles chaudes, on donne des bains chauds (38°) sinapisés, on fait des injections sous-cutanées d’éther (1/2 seringue de Pravaz) ou de caféine.

M. J. Simon a conseillé les bains.de vin chaud matin et soir.

Les inhalations d’oxygène répondent auxmêmes indications: ranimer, stimuler le malade par tous les moyens.

On appliquera des bouteilles d’eau chaude près des jambes et des pieds ; au besoin on mettra l’enfant dans la couveuse de Tarnier. M. Ervant Arslan a obtenu quelques succès en électrisant la paroi abdominale avec des courants faradiques torts (les deux réopliores sur le ventre, déplacements fréquents) : trois ou quatre applications peuvent suffire.

Pour remédier à la déshydratation des tissus, il est indiqué

DIARRHÉE

de faire des injections sous-cutanées de sérum artificiel ; on peut se servir de la formule de M. Hayem :

% Eau stérilisée'. 1 1000 grammes.

Sulfate de soude 10 —

Chlorure de sodium • . S —

Ou d’eau salée à 7 p. 1000.

On peut injecter sous la peau des cuisses ou du ventre, à l’aide d’un irrigateur ou d’un réservoir à deux tubulures muni d’un caoutchouc et d’une aiguille creuse, 100, ISO, 200 grammes de ce liquide à 38° ou 40°.

A défaut de cet appareil, on pourrait, à l’exemple de M. Henoch, faire les injections avec une seringue de Pravaz; mais on serait dans la nécessité de multiplier les piqûres.

Le Dr Bongers donne la naphtaline en potion :

% Naphtaline très pure . . . Mucilage de gomme . . .

Eau de camomille . . . .

.... 0 gr. 20 à 30.

Sa. . . 40 grammes.

Une cuillerée à café de deux en deux heures. Agiter le flacon avant de s’en servir.

On peut essayer la résorcine :

% Eau distillée 60 grammes.

Sirop de coings 40 —

Résorcine 0 gr. 20.

Par cuillerées à café d’heure en heure.

Le Dr Cayla (de Bordeaux) dit s’être bien trouvé du traitement suivant : lait coupé d’eau de chaux, lavements amidonnés, eau albumineuse, comme alimentation; comme potion, on donne alternativement d’heure en heure une cuillerée à café de :

1° Teinture de noix vomique • III gouttes.

Sirop de ratanhia. 15 grammes.

Sirop de coings 15 —

Eau distillée 40 —

2° Bromure de potassium 0 gr. 50.

Sirop de belladone 15 grammes.

Sirop de menthe 15 —

On peut essayer, dans les cas rebelles, la cotome à la

dose de 10 à 20 centigrammes en suspension dans un julep :

% Cotoïne. . . . .

Julep gommeux

0 gr. 20.

50 grammes.

Une cuillerée à café d’heure en heure.

On devra isoler les enfants atteints de diarrhée cholériforme, désinfecter leurs selles, leurs vêtements, leur linge de corps, la literie, etc. On protégera ainsi, par l’antisepsie et l’isolement, les enfants sains de l’entourage.

D. Diarrhée du sevrage. — Beaucoup d’enfants, à l’occasion du sevrage, sont atteints de diarrhée plus ou moins rebelle, pouvant aller parfois jusqu’au choléra infantile.

C’est surtout quand le sevrage est brutal ou prématuré, quand il est fait pendant la saison chaude,, que l’enfant est exposé à la diarrhée.

Il est donc indiqué, pour éviter ou atténuer la diarrhée du sevrage, d’attendre, quand on le peut, que l’enfant ait dépassé l’âge de 12 à 15 mois; de procéder avec méthode, de préparer le sevrage pendant des semaines et des mois, en diminuant Je nombre des tétées et en remplaçant les tétées absentes par du lait stérilisé, par des potages faits avec le pain grillé, la biscotte, le tapioca, le sagou, les semoules de blé ou de riz, par les bouillies de farine sécliée au four, de racahout, d’arrow-root, par les œufs à la coque, le lait de poule, les crèmes, etc., etc. On n’a que l’embarras du choix. Ce qu’il faut éviter, quand on commence à substituer l’alimentation solide ou semi-liquide aux tétées, c’est la surcharge de l’estomac. On se souviendra qu’il n’y a pas de meilleure boisson que le lait pour l’enfant sevré comme pour le nourrisson, et on remettra à plus tard l’usage du vin, du cidre ou autres boissons fermentées ; on n’abusera pas des féculents, des viandes, des légumes. Enfin, s’il fait très chaud, on ajournera l’époque du sevrage.

En prenant ces précautions, on préviendra la diarrhée ; si l’on n’a pu l’éviter, on la traitera par les mêmes moyens que si elle était survenue en dehors du sevrage. Le sevrage implique une certaine prophylaxie, la diarrhée du sevrage n’a pas une thérapeutique spéciale. Parfois le seul remède à la diarrhée du sevrage sera le retour à l’allaitement naturel.

DIARRHEE.

E. Diarrhée chronique. — La diarrhée peut être chronique d’emblée, ou succéder aux formes précédentes ; comme ces dernières, elle dérive d’une mauvaise alimentation. L’usage du biberon, du lait de vache, d’aliments trop grossiers, le sevrage prématuré, sont les causes habituelles de la diarrhée chronique. Le rachitisme l’accompagne ou lui succède fréquemment, la tuberculose quelquefois.

Il existe, chez les enfants comme chez les adultes, une diarrhée muco-membraneuse donnant lieu à l’expulsion de débris membraneux qui simulent parfois le ténia. Bottentuit a vu à Plombières beaucoup de ces petits malades qu’il range sous l’étiquette d 'entérite catarrhale.

L’alimentation sera surveillée étroitement ; si le retour au lait féminin n’est pas possible, on donnera le lait stérilisé, pur ou coupé, suivant l’âge de l’enfant. Le képhir, ou lait fermenté, réussit quelquefois. Quand l’enfant est en âge de prendre d’autres aliments que le lait, on évitera les aliments indigestes (légumes grossiers, crudités, sauces épicées, charcuterie), les boissons irritantes (vin, bière, cidre). On donnera la préférence aux laitages, crèmes, purées de légumes secs, potages épais aux pâtes, au pain grillé, au sagou, au tapioca, à la semoule, aux œufs. Enfin, dans quelques cas, on se trouvera très bien de la viande crue hachée finement. Pour éviter le danger du ténia, on prendra la viande de mouton ou de cheval, et non celle de bœuf. On veillera à la régularité des repas (trois ou quatre par jour); on rationnera les enfants, tant pour les liquides que pour les solides. Ils devront manger lentement, et ne pas avaler gloutonnement des morceaux insuffisamment divisés ; on ne leur servira pas de fruits crus, on ne leur donnera rien entre les repas.

Si la soif est excessive, on pourra leur permettre cependant quelques gorgées d’eau albumineuse ou de tisane de riz édulcorée avec le sirop de coings.

Voici une formule de tisane astringente :

% Racine de bistorte 10 grammes.

Eau bouillante pour infuser ....... 500 —

Sirop de coings 50 —

A prendre par demi-tasse, dans la journée, pour un enfant de 5 à 6 ans.

Le bismuth, comme dans les diarrhées aiguës, jouera en-

corc un grand rôle. L’enfant prendra 2, 3 ou 4 grammes de sous-nitrate ou de salicylate de bismuth par jour, soit dans du lait, soit dans un julep gommeux.

Rilliet et Barthez ont vu des diarrhées qui, après avoir résisté plus de dix mois, cédaient à l’usage exclusif du lait de chèvre ou autre coupé d’eau de chaux.

On a conseillé aussi un café au lait d’un nouveau genre : on torréfie et on moud des glands de chêne, on en fait une infusion destinée à couper le lait.

On insistera sur l’antisepsie intestinale :

% Bétol 0 gr. 20.

Sucre en poudre 1 gramme.

Pour un paquet. Prendre toutes les deux heures un paquet semblable dans une cuillerée de lait.

% Benzo-naphtol 0 gr. 20.

Bicarbonate de soude 0 gr. 20.

Pour un paquet. Cinq semblables tous les jours dans du lait, pour un enfant de 2 à 3 ans. Au-dessus de cet âge, augmentez la dose de 1/2 ou 1 gramme.

% Salol 0 gr. 15.

Sucre en poudre 1 gramme.

Pour un paquet; cinq par joür dans du lait.

Chacun de ces antiseptiques pourra être essayé tour à tour; l’on s’arrêtera ou l’on reviendra à celui qui aura donné les meilleurs résultats. On agira aussi sur le gros intestin à l’aide d’irrigations quotidiennes avec l’eau bouillie ou l’eau de Vichy.

On peut également essayer le lavement suivant :

% Nitrate d’argent 0 gr. 05.

Eau distillée 100 grammes.

Les lavements à l’extrait de ratanhia (2 grammes), au tannin (1/2 gramme) pour 100 à 150 grammes d’eau froide, sont également bons.

On prescrira aussi les lavements de perchlorure de fer :

% Eau distillée 100 grammes.

Perchlorure de fer. X gouttes.

Pour un lavement.

Dans quelques cas, le calomel réussit bien à la dose de 5 centigrammes répétée deux ou trois fois un jour.

DIARRHÉE

Archambault prescrivait :

7 grammes.

3 cuillerées à café par jour.

% Teinture de rhubarbe Sulfate de magnésie.

Eau distillée d’anis .

Sirop de gomme. . .

Combemale a donné :

% Extrait de kola . 1 gramme.

Sirop de coings 60 —

A prendre par cuillerées à café dans les 24 heures.

On peut également essayer les lavements de créosote, qui arrêtent parfois très bien la diarrhée des phtisiques :

% Créosote de hêtre Jaune d’œuf . . .

Huile d'olive. . .

Eau

1 gramme.

20 grammes.

Pour un lavement.

L’opium, sous forme de sirop diacode, laudanum, élixir parégorique, ne sera pas oublié. Au-dessous d’un an, on ne dépassera pas les doses de 1 à 2 gouttes de laudanum de Sydenham, 10 à 20 gouttes d’élixir parégorique, 2 à 4 grammes de sirop diacode. Encore faudra-t-il avoir soin de fractionner ces doses, en les mêlant aune potion de 60 à 100 grammes, à prendre en 7 ou 8 fois dans la journée. De 1 à 2 ans, la dose de laudanum pourra être augmentée de 1 à 2 gouttes, en surveillant l'effet de très près. Après 2 ans et jusqu’à 10 ans, on peut augmenter d’une goutte par année.

On insistait autrefois beaucoup sur les évacuants (vomitifs et purgatifs) : qu’on donne, au début de la maladie, pour une fois, l’ipéca, le sulfate de soude, l’huile de ricin, je n’y vois pas de grands inconvénients; mais il ne faudrait pas abuser de ce moyen.

Les alcalins (eau de Vichy, eau de chaux), mêlés au lait, offrent moins d’inconvénients.

S’il y a de la licntérie, on donnera la pepsine (25 centigrammes de poudre après chaque repas). On insistera sur les

toniques et les amers. Rilliet et Barthez se sont bien trouvés de l’extrait de bois de campêche :

% Eau de menthe 60 grammes.

Sirop de yatanhia 20 —

Teinture de cachou ...... 5 —

Gomme 9 —

Extrait de bois de campêche 2 —

M. s. a. — A prendre par cuillerées à café toutes les heures, et de préférence en commençant les repas.

Les alcalins peuvent être associés aux astringents :

% Eau de chaux 40 grammes.

Sirop de cachou 20 —

Sirop de ratanhia 20 —

A prendre par cuillerées à café toutes les heures.

On donnera le quinquina :

% Infusion de café 100 grammes.

Sirop de gomme 40 —

Extrait mou de quinquina 4 —

Par cuillerées d’heure en heure.

(RiLLiET^et Barthez.)

% Infusion de thé 100 grammes.

Sirop de quinquina 30 —

Teinture de noix vomique V gouttes.

Par cuillerées à soupe de 2 en 2 heures.

Le fer a été préconisé sous forme de teinture de mars tartarisée (10 à 20 gouttes par jour dans un peu de vin ou de sirop de gentiane).

Dans quelques cas rebelles, l’or a fait merveille. On peut prescrire :

% Or finement pulvérisé 0 gr. 20.

Miel 123 grammes.

Unehmillerée à café tous les matins.

(Legrand.)

Enfin M. Debove a introduit dans la thérapeutique de la diarrhée la poudre de talc, qu’on donnera à la dose de 50 à 4 00 grammes par jour, délayée dans du lait.

Le tannigène, combinaison de tannin avec l’acide acétique, poudre grisâtre, inodore cL insipide, peut se donner, dans du lait, à la dose de 25 à 50 centigrammes trois fois par jour :

DIARRHÉE

Il réussit surtout dans les diarrhées subaiguës ou chroniques, muqueuses, muco-membrancuses, catarrhales (Escherich).

Parfois on a vu des catarrhes intestinaux guérir par la quinine; on ne l'oubliera pas à l’occasion.

Les moyens externes, frictions sèches avec le gant de laine, stimulantes avec l’eau de Cologne, l’alcoolat de lavande, les bains salés, sulfureux, ne sont^pas à dédaigner. Le grand air, les promenades, le séjour à la campagne, sont toujours salutaires. Comme station minérale, il faut conseiller Plombières.

Page 1