FOYERS
Instruction sur les moyens d'empêcher la production de la fumée et d* en opérer
la cornbustion.
Depuis la promulgation de l'ordonnance de police du 44 novembre 4854, rendue sur ra?is du Conseil d'Hygiène publique et de Salubrité , et portant que , dans un délai de six mois , les propriétaires d'usines où l'on fait usage d'appareils i vapeur, seront tenus de brûler la fumée produite par les fourneaux de ces appareils ou de les alimenter avec des combustibles qui ne donnent pas plus de fumée que le coke ou le bois» plusieurs usiniers , auxquels ladite ordonnance est applicable , se sont adressés à l'Administration pour lui demander l'indication des moyens à employer afin de satisfaire i ses pres<^iptions. Quelques-uns d'entre eux ajoutent qu'ils ont fait , i diverses époques, des tentatives pour brûler la fumée et n'en ont obtenu que des résultats incomplets oa nuls. D^un autre côté , plusieurs personnes ont appelé l'attention de M. le Préfet de police sur des procédés ou appareils fumivores pour lesquels elles sollicitaient son approbation. Les procédés ainsi indiqués et les applications qu'on en a faites ont été l'objet de l'examen du Conseil d'Hygiène publique et de Salubrité. Les nouvelles observations qu'il a recueillies Tout confirmé dans l'opinion qu'il est possible de prévenir^ au moyen de dispositions judicieuses et de soins convenables donnés i la conduite du foyer, l'émission de fumée par les fourneaux alimentés avec de la houille.
L'Administration n'a point à prescrire, ni à recommander de préférence certains appareils ou procédés fumivores. Elle engagerait ainsi sa responsabilité et risquerait de toucher à des intérêts privés auxquels elle doit et veut rester étrangère. D'ailleurs, les moyens de prévenir ou de brûler la fumée sont nombreux et variés; ils doivent être modifiés non-seulement dans les dimensions , mais dans les parties essentielles des appareils qu'ils comportent , suivant les fourneaux auxquels on les applique. Le but de la présente instruction est donc uniquement de donner des indications générales aux propriétaires d'appareils à vapeur, qui doivent adopter, après examen et informations , le procédé qui leur paraîtra le mieux approprié au genre de foyers qu'ils emploient , et s'adresser, pour l'exécution , à un ingénieur ou constructeur de leur choix.
L'origine de la fumée est dans les produits volatils qui se dégagent abondamment de la plupart des combustibles, tels que les diverses variétés de bouille, la tourbe, le bois, lorsqu'ils sont exposés soudainement à une température élevée. Ces produits sont, en majeure partie, des carbures d'hydrogène , qui sont eux-mêmes très-combustibles. Hais, pour qu'ils s'enflamment , deux conditions sont nécessaires : 1" leur mélange avec l'air en proportion convenable ; 2° une haute température de ce mélange. Si ces deux conditions ne sont pas réalisées dans le foyer lui-même , ou dans les conduits que parcourent les produits gazeux de la combustion , les carbures d'hydrogène subissent une décomposition dont le résultat est un dépôt abondant de suie ou de charbon en particules ténues qui sont entraînées dans le courant de gaz sortant par l'orifice de la cheminée. Lorsque l'on jette sur une grille , actuellement couverte de coke incandescent, une quantité de houille assez considérable pour la couvrir presque en totalité d'une couche de âO à 25 centimètres d'épaisseur, les parties de houille fraîche qui se trouvent en contact avec le coke, subissent une distillation rapide; la température de l'intérieur du foyer' baisse subitement, en même temps que le passage de l'air à travers la grille et la charge de combustible se trouve obstrué. Aucune des deux conditions nécessaires pour l'inflammation des carbures d'hydrogène n'est réalisée; aussi voit- on des torrents d'une ftimée opaque sortir par la cheminée. L'introduction de l'air, dans de telles circonstances , par la porte du foyer ou par toute autre ouverture débouchant directement au-dessus du chargement de houille, reste sans effet, parce que la température est insuffisante pour l'inflammation des produits gazeux. La fumée décroît graduellement d'intensité , à mesure que la houille se convertit en coke , par le dégagement des parties volatiles; que l'air trouve un accès plus libre à travers le combustible aggloméré en morceaux laissant entre eux d'assez larges intervalles , et que la température s'élève de nouveau, par l'effet de la combustion. Si, avant que la dislilUn
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liOD soit complète , oq agite avec un ringard le mélange de houille et de coke déposé sur la HfrfDe , on améqe des portipnp de houille pon encore carbonisée au contact des fragments de coKe les plus chauds, la distillatipu déyient plus rapide et il y a une recrudescence de fumée.
Les foyers dont les grilles ont assez d'étendue pour que les charges de combustible ne les recou?rent qu'en partie et en couche de faible épaisseur, donnent peu de ftimée, surtout si la houille y est chargée par petites quantités à la fols, et si le chauffeur a la précaution de déposer la charge sur la partie antérieure de la grille , de telle sorte que les produits gazeux de la distillation arrivent aux carneaux , en passant sur la surface du coke embrasé qui recouyre )a partie postérieure , et laisse toujours un passage suffisait à l'entrée de l'air. La production de fumée est considérablement accrue par les dimensions trop petites des grilles, eu égard à la quantité de combustible qui doit être brûlée dans un temps donn^ , et par une mauvaise conduite du foyer de U part des chauffeurs qui chargent à de trop longs interralles et par trop grandes quantités à la fois. Elle est d'autant plus abondante , toutes choses égales d'ailleurs , que l'on fait usage de combustibles contenant plus de parties volatiles, et, pour ne parler que de la houille, de variétés plus- grasses et plus coUantes. Les houilles sèches de quelques mines du département du Nord et des environs de Gharleroy, en Belgique , ne donnent que peu de fumée, dans des foyers passablement construits et alimentés avec quelque soin. Le coke n'en donne point du tout; il ne s'écoule, par l'orifice de la cheminée des foyers alimentés avec ce combustible , que des gaz ineolores entraînant quelques cendres ou poussières extrêmement ténues.
Il n'est pas possible de décrire , dans une instruction , les nombreux appareils et procédés qui ont été imaginés dans le but de prévenir, de brftler ou de condenser la fumée. Nous ne pouvons qu'indiquer d'une manière générale les principes sur lesquels ils reposent (4).
Tous les appareils et procédés ftamlvores connus ont pour but de réaliser les deux conditions que nous avons indiquées comme nécessaires pour opérer l'inflammation et la combustion complète^ dans le fourneau^ des carbures d'hydrogène résultant delà distillation du combustible.
Les uns comportent des appareils mécaniques , mis en jeu par la machine à vapeur employée dans l'établissement, et qui ont pour objet de distribuer le combustible sur la grille, soit d'une manière continue, soit par petites portions i la fois, à des intervalles de temps réguliers et courts. Tels sont les distributeurs mécaniques et les grilles mobiles qui sont généralement désignés par les noms de leurs inventeurs.
D'autres comportent seulement des appareils fixes ou mus à la main par le chaufléur; ils sont destinés i mesurer les charges de combustible que l'on introduit dans le foyer, sans donner accès, par l'ouverture 4e la porte , i un grand volume. d'air qui occasionnerait un refroidissement nuisible. Ils sont, le plus souvent, combinés avec des disposition? particulières du foyer et des ouvertures ménagées dans la porte ou les parois et m\uii99 de registres quf sont ouverts, après chaque chargement, pour admettre l'air nécessaire à la combustion des pro(|i)its de la dlstlHation. Quelques-uns sont disposés de pianjère que le combustible frais soit amené dans le foyer en dessous du combustible déjà carbonisé , i l'inverse de ce qui a lieu dabs les fourneaux ordinaires, où le combustible frais est jeté à la pelle sur le coke dont la grille est couverte. L'air arrive sur la houille , à l'endroit où elle commence à distiller, de sorte que les produits volatils combustibles s'enflamment au moment même où ils prennent naissance.
Un grand DOtpbre d'appareils comportent deux ou plusieurs foyers qui doivent être chargés alternativeme^ti des jeu^ de registres convenablement disposés et que le chauffeur ma^GBiivre au moment ppportun , forcent les produits fumeux du foyer récemment
(1) Oo troovera d^ renseif nemenu et des détails plu é^ados sor oetts matière dans divers recueils sciéntiflqaes ei indastrlels, particalièrement dans one neUce tosérée aa ballêttn da mois de . mars i sis de la Société d'eocoaraitmsQl pour ItaénttritMliwalo. ot ««i a été impiUSéf séparé-
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