SÉCHAGE
527* Séchage à Voir libre. Les dispositions à adopter pour les bâtiments destinés à ce mode de séchage, usité principalement dans les blanchisseries , consistent : V à placer ces bâtiments dans un lieu où rien n^mpêche la circulation de Pair; 2*" à leur donner une grande élévation, afin que les matières à sécher se trouvent dans un air plus sec et plus agité ; Z" à laisser une libre circulation à Pair sur toutes les faces du bâtiment. Pour les séchoirs à colle, comme il serait dangereux d'y laisser pénétrer Tair chargé de vapeur, on garnit les ouvertures du lAtiment de jalousies que Ton ferme pendant les temps humides. * SiB. Séchage produit par v^ courant d'air chauffé préalablement. Tous les problèmes auxquels donne naissance ce mode de séchage pourront dCre résolus en suivant fît marche que nous allons indiquer dans tor solution des deux problèmes suivants, dont Tun est la réciproque de l'autre.
Premier problème. Soit à déterminer la quantité d'eau vaporisée par un kilogramme de houille , YMv stlituré sortant du séchoir à 10% et la température de l'air extérieur, supposé sec, étant 0°.
A la température de 10" et sous la pression 0'",76, un mètre cube d'ai r contient O'^jOOOô de vapeur dont la force élastique est 0",0095 de mercure, et dont la formation a absorbé 0,0095 x 650 = 6,175 unités de chaleur (275, 272 et 269). Un mètre cube d'air sec à 0* et sous la pression 0*^,76 pesant 1^)3, â 10" et sous la pression il pèse
= lk,25û. {44 et 262)
Le poids de rail» contenu i&hs un mètre cube d*air saturé à 10* est alors
•* Xh-
^♦^^^ ^tF "^ ^'''^^^' (262 et 274)
La température de l'aîr sec à l'entrée du séchoir est
(U étant le rapport approché des puissances calorifiques de l'eau et de l'air (267)).
Supposant que 1 kilogramme de houille produise 6000 unités de
chaleur, il pourra élever ^^^l^ ^ = 800 kilog. d'air de 0" à 30% dont le volume en air saturé à 10° sera j-k^ =646,2 mètres cubes; le poids
l,2oo
d'eau vaporisé sera donc 646,2 x 0,009 6 = 6%139.
StCHAGE. 42S
Par des calculs semblables « supposant toujours Tair primitivement sec et à 0**, on trouverait que la quantité d'eau vaporisée par kilog. de houille croît sensiblement avec la température de Tair saturé; mais que pour un léger accroissement de cette température, celle de Tair k son ' entrée dans le séchoir augmente d'une quantité considérable.
Deuxième problème. Soit à évaporer 25 kilog. d'eau en une heure « la température de Tair saturé au sortir du séchoir étant 30* et la température de Pair saturé extérieur étant 15%
Pour rétablissement des appareils destinés à opérer ce mode de séchage, il faut toujours se placer dans les conditions les plus défavorables d'état hygrométrique et de température de Pair extérieur; ainsi 11 convient de supposer cet air entièrement saturé , et à une température supérieure à la température moyenne 4 laquelle il se trouvera pendant tout le temps que fonctionnera l'appareil. Dans le nord de la France , pour un appareil permanent , il convient de supposer l'air extérieur à 15* et complètement saturé. •
A SO"" et sous la pression 0°',76, un mètre cube d^air saturé contient
28,51 grammes d'eau , et à. 15* il en contient 12,83 grammes (275). Par
conséquent, en négligeant la dilatation et l'air en passant de 15* à 30%
chaque mètre cube dissoudra 15,68 granmeç d'eau. Pour dissoudre les
25 Ulog., il faudra donc à peu près ^ .., .. =^ 1594 mètres cubes d'air;
U,U10Do
ce volume, ramené de 30' à 0*, devient aq^m — ôâ = ^^^® mètres
cubes , dont le poids est 1A36 x 1,3 = 1867 kilog.
La quantité de chaleur que perd l'air xhaud pou( dissoudre les 25 kilog. d'eau est 650 x 25 =^ 16250 unités ; sa tempén^ure à l'entrée
du séchoir est donc 80* + ^^gt "^ ^^*'*'' La quantité totale de chaleur dépensée est -* • ' *
Si Pair qui entre dans le séchoir a servi à la combustion, le poids de combustible à brûler s'obtient en divisant 232M par la puissance calorifique du combustible ; si au contraire l'air qui entre dans le séchoir n'a été chaulTé qu'indirectement, il y a àpeu près 20 pour 100 de la chaleur perdue (33/i), et le poids de combustible à brûler s'obtient en divisant 232M par les 0,80 de la puissance calorifique. Ayant la quantité de combustible à brûler, on détermine la surface de la grille (301).
La formule générale (c) (295) peut, dans un grand nombre de cas, servir à calculer la section de la cheminée d'appel: quand, par exemple, la force ascensionnelle de l'air avant d'arriver au séchoir compense les frottements depuis le foyer jusqu'à la sortie du séchoir; car, alors, !.•>
42 i DEUXIÈME PARTIE.
cheminée d'appel ne fait plus qu'évacuer Tair du séchoir, et vaincre les frottements de cet air contre ses parois ; cependant il convient d'augmenter la section que donne cette formule. Le plus souvent , on calcule la section de la cheminée d'appel de manière que la vitesse de l'air y soit de 2 mètres. ^
MM. Lacambre et Persac, dans une touraille continue construite à Louvain, ont établi, pour chauffer l'air» un calorifère dont la surface de chauffe est de 100 mètres carrés ; il brûle en 12 heures àOO kilog. de houille, et il sèche par jour 50 hectolitres de malt, renfermant chacun de 27 à 36 kilog. d'eau; ce qui donne seulement une évaporatîon de l'',7 à 2^2 d'eau par kilog. de houille. Ce peu d'effet est dû à ce qu'il est impossible de saturer complètement l'air dans le séchage des matières pulvérulentes.
529. Séchage par Pair froid préalablement desséché. Ce mode de dessiccation peut s'appliquer à la colle, qui ne peut supporter, lorsqu'elle est en gelée , qu'une température de 35" environ.
Supposons , par exemple, qu'il s'agisse d'obtenir 500 l^ilog. de colle sèche , l'air desséché étant à 10°. La colle en gelée contenant des 2/3 aux 5/6 de son poids d'eau, il faudra donc, en adoptant la proportion 2/3, qui est celle des colles communes, pour obtenir les 500 kilog. de colle sèche, évaporer 1000 kilog. d'eau; or, ua mètre cube dair saturé à 10"* contenant 9«,5 d'eau (275), il faudra donc, pour dissoudre les
1000 kilog. d'eau, faire passer sur la colle = 105263 met. cubes
d'air sec.
Pour faire l'appel de ces 105§63 mètres cubes d'air, il faudrait brûler environ loa kilog. de houille, qui coûteraient 5 fï*. à Paris; au moyen d'un ventilateur, cet appel pourrait coûter U fr. (299).
La perte sur la chaux employée à dessécher l'air ne peut qu'être faible, si l'on a soin de ne lui faire absorber que la moitié de son poids d'eau ; car, à cet état , elle est encore propre aux constructions.
550. Séchage des étoffes par le contact des surfaces métalliques* Clément, en appliquant une pièce de calicot, pesant 2'',50 et contenant un égal poids d'eau , sur une plaque de cuivre d'une surface égale à la sienne, et chauffée par la vapeur à 100**, a obtenu sa dessiccation en une minute. Dans cette expérience, la quantité d'eau évaporée par mètre carré dé surface de cuivre a été de 6^,94 par heure.
Dans les fabriques, on sèche les étoffes en les faisant passer sur des cylindres en fonte chauffés intérieurement par la vapeur.
D'après des expériences faites par M. Royer, vingt pièces de calicot sortant de la presse et pesant 150 kilog. ont été séchées en 3 heures 1/2 ; leur poids a été réduit à 76 kilog., et les Ik kilog. d'eau ont condensé 102 kilog. de vapeur; de sorte que, en admettant qu'un kilog. de houille
CBAUrrAGE.
produit 5 kUog. de vapeur, la quantité d^eau vaporisée par kilogramme de houille a été de 5 —^ = 3\63.
La macblae était à un seul cylindre , Teau de condensation était bouillante et la pression dans la chaudière était de i",37 de mercure (272).