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Les Ciments que Toa emploie de préférence dans les oofifttruetiOM hjrdrauliqaes sont tirévde Vassy-lèz-Avalloû (Tonne), dePovdlly et de Molômes.
HÀTfiRUUX EMPLOYtS DANg LIS CONSTRUCTIONS. 715
Lé ciment de Vassy est celui qui est le meilleur : aussi la plupart des devis le prescrivent-îls pour Texécution des travaux hydrauliques. Le ciment de Pouilly est noir après son emploi ; celui de Molômes est le moins estimé,
M. Oariel, successeur de MM. Garîel et Gamier, est propriétaire des carrières de ciment de Vassy ; il fabrique seul dans la localité ce produit précieux, et il l'exploite sur une très-grande échelle. Dans la note suivante, nous allons examiner les propriétés de cette matière et les principales applications qui en ont été faites.
Lé ciment de Vassy a été découvert en 1831 dans le hameau de ce nom, commune d^Étaules, près Avallon (Tonne).
On le trouve sous la forme d'une pierre argito-calcaire de couleur gMsûtre, dont la composition chimique est, d'après une analyse déjà ancienne
Carbonate de nhaui 63,S
Id, de magnésie 4,5
/d. de fer 41,6
Silice U,0
Alumine 5,7
Eau et matières organiques. . . 3,4
Réduit par la calcination dans des fours à chaux ordinaires, iljterd à peu près ZtO pour 100 de son poids; sa couleur devient jaune terne, et il donne à l'analyse :
chaux 56,6
Protoxyde de fer 43,7
Magnésie 4^4
8iltc> 94.t
Alumine. •....••..... 6,9
Perle 0,5
Après la calcination, on pulvérise le ciment à l'aide de manèges à' meules verticales analogues à ceux employés pour la fabrication de la pouzzolano artificielle (538) On le tamise dans un blutoir à toile en cuivre de 18 fils par centimètre, et on renferme dans des barriques goudronnées et garnies de papier à l'intérieur pour en faciliter le transport et en assurer la conservation. En cet état, on peut le conserver pendant plus d*une année sans qu'il ait rien perdu de Ses qualités essentielles, pourvu qu'on ait eu soin de le placer dans un Heu bien sec et hors de contact avec le sol.
Le ciment de Vassy contracte par la compression dans les barriques une certaine adhérence avec lui-môme, et d'autant plus grande que le ciment est moins frais. On est quelquefois obligé, pour le retirer des baiW^ues, d'employer des pointes de fer, et i! ne reprend pas parfaite-
711» CniQUliCIUI PAftTUt.
meut de lui-même soq état pulvéroleot ; il faut "asiefe souvent » pour cela, avoir lecours à la truelle du gâcheur. Ua résultat analogue se produit par suite d*avaries; mais, dans'ce cas, il est encore plus difficile ée retirer le ciment des barriques, et sa couleur est devenue blanchâtre. Pour quMl puisse être réputé non avarié et propre à un bon emploi, il faut que ses fragments non désagglomérés cèdent facilement sous la pression des doigts et que sa couleur n*ait éprouvé aucune altération.
L*avarie du ciment ayant pour cause principale Ihumidité de Fair ambiant, elle se manifeste d'abord au contact des parois de la barrique puis gagne lentement, mais progressivement, jusqu'au centre; il arrive donc assez souvent qu'une barrique avariée à la suf face renferme au centre du ciment très-bon et très -bien conservé.
Le ciment en poudre est très-compressible; il s^affaisse facilement sous son propre poids, surtout si on agite par des chocs le vase qui le contient. Aussi sa pesanteur spécifique est-elle très- variable, comme le fait voir le tableau suivant :
Densité.
Mesuré très-libre, litre par litre, i la sortie du blutoir. .' 0,80
Comprimé dans les barriques pour être livré à la consommation. . . 4,18 Au delà de ce degré de oompres^ion , il acquiert avec le temps une force d'expansion suffisante pour briser l'enTeloppe.
On peut par la compression arriver à 1 ,50
Dans cet état , les barriques se briseraient promplement.
Retiré des barriques et mesuré immédiatement par petites parties au moment de l'emploi , de nombreuses expériences ont donné. . . . 0,96
Ce dernier cbiffre doit être pris pour base de tous les calculs de sons-détaiis de travaux.
La quantité de mortier obtenu est à peu près proportionnelle au poids du ciment employé ; c'est pour cette raison que le prix de celui-ci est ùjé d'après le poids et non sur volume.
Il est d*usage, daus le commerce du ciment, de compter le poids des barriques au même prix que leur contenu.
Le rapport du poids de l'enveloppe au poids total varie de 0,08 à 0,12, suivant la densité et l'épaisseur du bois; soit 0,1 en moyenne.
Le ciment s'emploie sous la forme de mortier, avec ou sans sable, en y ajoutant une quantité d'eau égale à environ la moitié de son volume. La quantité d'eau varie légèrement, suivant la température et d'après le degré d'humidilé du sable.
Un mètre cubé de ciment en poudre à la densité 0,96, converti en mortier sans mélange de sable, perd 17 pour 100 de son volume et donne seulement 0'"%83 de mortier.
On emploie rarement le ciment pur; on le mélange ordinairement avec une certaine quantité de sable dur et purgé de vase et de toute matière terreuse. On obtient par ce moyen un mortier plus résistant ,
MÀTÉBUVX BHPLOTto DANS UtS COHSTEUCTIONS. 717
moins exposé à sa fendiller à la surface et beanconp plus économique.
Ordinairement le mortier est composé de volumes apparents égaux de sable et de ciment ; mais lorsqu'il doit résister à une forte pression d'eau, il convient d'élever la dose de ciment dans le rapport de 3 pour 2 de sable, et même dans celui de 2 & 1 pour de très-fortes charges d'eau. 2 parties de ciment pour 3 parties de sable donnent encore un très-bon mortier, quoique plus maigre.
Les mortiers en ciment pur ne s'emploient guère que dans les cas qui exigent un durcissement instantané, comme, par exemple, l'étanchement de sources dans les radiers des bassins et écluses ou autres cas analogues.
La prise du mortier de ciment de Vassy gâché à la sortie du blutoir, immédiatement après la fabrication, sans mélange de sable, s'opère en moins d*une minute; l'ouvrier le plus habile n'a pas le temps de remployer dans de bonnes conditions. Cet intervalle entre le moment du gâchage et celui du durcissement augmente avec l'âge du ciment, l'abaissement de la température et la quantité de sable, surtout si celuici est humide, et il peut s'étendre Jusqu'à une demi-heure en été et une heure en hiver, sans que le ciment ait rien perdu de ses autres qualités.
Au moment où commence le durcissement, et pendant que s'opère la combinaison , la température du mortier atteint quelquefois Bb' quand le ciment est gâché pur.
La résistance du mortier de ciment à la pression a été constatée par l'écrasement de prismes de 0",16 de longueur, 0",08 de largeur et 0",05ù d'épaisseur fabriqués depuis deux ans et demi. Dix expériences successives ont donné pour limites supérieure et inférieure de résistance 197 et 121 kilog., et en moyenne 150 kilog. par centimètre carré.
D'autres expériences sur des mortiers de deux mois ont donné pour résistance à la traction 10 kilog. par centimètre carré. Cette résistance augmente notablement avec le temps.
Le mortier de ciment gâché et appliqué convenablement est à peu près imperméable. Cette propriété augmente dans un certain rapport avec l'épaisseur, et diminue au contraire avec une trop forte dose de sable Un enduit de 5 centimètres d'épaisseur, composé de trois parties de ciment pour deux parties de sable, peut supporter sans déperdition une charge d'eau de 5 à 6 mètres de hauteur.
Les quatre propriétés fondamentales : résistance à Pécrasement^ adrhérence, im-pennéabilité et durcissement rapide se rencontrent à un haut degré dans le ciment de Vassy, et lui donnent une grande importance dans les constructions de toute nature, et particulièrement dans les grands travaux hydrauliques. On l'emploie :
\* Pour la restaura lion ou la cousolidalion do toutes espèces de maçonneries , de moellon , brique ou pierre do taille, quel c(ue soit leur état de dégradation ;
^18 cmov^vi PAsm.
%• Pour la eoMlnieli^n devoûtet de poDtt, d'aqoeducf, d'éfili«0«, elo., turtoat qmmd ces Tuûles Joivenl salisfairo é des conditions de légèreté ei de soUdiié ; ^
3* Pour enduits de réservoirs, citernes, fosses d'aisances, appartements humides , radiers d'aquedui-s ou d'écluses, crépis de murs ;
4" Pour iravauK à la mer et en rîTiére , eomm« rejointements , revêtements de paremeutt dégradés par les rag'uea, et même pour maçoDueries ueuvet ezienlêes daas r intervalle des marées ;
5« Pour toute espèce de scellement ;
6« Enfin , pour rendre hydrauliques les chaux grasses et pour augmenter Phydraulidtè dea chaux maigres.
L'emploi du ciment de Vassy exige des soins trè&-ininotfeox et des habitudes pratiques longues et soutenues; les ouvriers ordinaires y réussiisent d^autant plus difficilement que les procédés de préparation et d'application de cette matière diffèrent davantage de leurs habitudes.
Trois choses essentielles sont à observer dans remploi du ciment : i^ la préparation des surfaces sur lesquelles on veut rappliquer; 2* le g&chage; 3** Tapplication. Si une seule de ces opérations est manquée, le succès est compromis. •
Préparation des surfaces. Les surfaces destinées à recevoir une application de ciment doivent avoir été préalablement nettoyées, et, au besoin « repiquées, pour en ôter toutes les parties altérées et tous les vieux mortiers; les joints doivent être dégradas carrément à la profondeur de 2 ou 3 centimètres, et par un lavage complet on doit en faire disparaître jusqu'aux derniers vestiges de poussière; il faut même, si les surfaces lavées ont eu le temps de sécher, les mouiller de nouveau quelques instants avant l'emploi du ciment. La brique destinée à ètjre employée avec le mortier de ciment doit avoir séjourné dans Feau pendant un quart d'heure, et en avoir été retirée quelques minutes avant de s'en servir.
Gâchage. Il se fait à la truelle, dans des auges en forme de caisses carrées, à trois côtés relevés ou rebords, le côté ouvert faisant face à l'ouvrier. Lo sable et le ciment, dont le volume total peut varier de là 6 litres pour chaque gâchée, selon la nature des travaux , doivent être mêlés à sec dans l'augo, et le mélange disposé en forme de digue pour retenir l'eau, qu'on verse, s il est possible, en une seule fois sur le ciment, au lieu do jeter le ciment dans Teau comme on te fait pour le plâtre. On pousse alors rapidement par petites parties avec le bout de la truelle tout le ciment sur l'eau , qui ne tarde pas à être absorbée; puis on agite le tout avec la truelle pour former un mélange préparatoire, et après avoir repoussé toute la pâte d'un côté de l'auge . on la fait passer successivement par petite partie sous le plat de la truell^t afin d'en broyer et triturer jusqu'aux dernières parcelles; on repousse de nouveau la matière vers l'autre côté de l'auge, en ayant soin de relever les bords de la pâte sur le milieu , et on recommence dans le sens opposé à passer le ciment sous le plat de la truelle. Pour un gàr
HATÉaUUX BMPLOTtS DAITB LBB CONSTRUCTIOlfS. 719
cheur très-attentif et très* agile, ces deux opérations peuvent suffire; mais avec des gâcheurs ordinaires» le ciment doit être repassé trois et même quatre fois.
Le gâchage du ciment doit se faire par le travail du poignet et non force d^eau. Au premier tour, le mortier présente Taspect d'une pâte ferme qui se ramollit sensiblement par la trituration; au dernier tour, U doit avoir la consistance d'une pâte très-molle dont la 3urface paraît légèrement huileuse.
Pendant les chaleurs de Pété (époque peu favorable à remploi du ciment, surtout si on n'est pas à l'abri du soleil) , les matériaux étant très-secs, il faut un peu plus d*eau que dans les saisons froides et hu«mides; ainsi, en temps pluvieux et froids, il convient de gâcher le ciment un peu plus ferme afin d'en hâter la prise, et ce doit être le contraire en été, si l'on veut que le mortier ne prenne pas trop vite; mais il faut se garder, dans tous les cas , de l'employer liquide.
La saison froide et humide est la plus convenable pour l'emploi du ciment; les petites gelées même ne sont pas nuisibles si le travail esta l'abri de la pluie. Quand , dans ce dernier cas, l'eau est trop froide, la pri^edu ciment étant très-lente, on peut y remédier en la faisant tiéair.
L'application du cimeut se fait avec la truelle, par jets, à la manière des maçons limosins. On doit proscrire l'emploi de la taloche, et il ne faut lisser la surface du mortier que dans certains cas purticuliers, et très-légèrement, comme, par exemple, lorsqu'il s'agit <l'enduits de réservoirs. Ce lidsage ferme les pores à la surface et complète lea soudures ; mais il donne lieu à des gerçures quand la dessiccation est trop prompte. Cette opération doit se faire avant que le mortier ait commencé à s'échauffer et à durcir; dès que la chaleur a commencé à se développer, ou que le mortier devient plus ferme, on n'y doit plus loucher. Toutefois , lorsque le ciment a produit tout son effet et que le durcissement est complet, on peut sans inconvénient, si le coup d'œil l'exige, comme dans les travaux de restauration de maçonnerie de pierro de taille, ou pour des enduits simulant la pierre , dresser les surfaces par un raclage au moyen de la truelle bretée, et même tailler le mortier au ciseau à la manière de la pierre d'appareil.
Le tableau ci-après donne les quantités relatives de sable et eimaat pour diverses compositions de mortier.
cniQiiilnB PijiTiB.
TJBLSJU de la compotition du mètre evbe de quelque» moriierê
de ciment romain.
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PROPORTIONS EN VOUIIIE
de ci«enl.
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