partie de son entreprise , ordinairement de main-d'œuvre seulement
M8. On donne le nom de maçonnerie à un ouvrage quelconque composé de pierres naturelles ou artificielles plus ou moins grosses reliées par du mortier, du plâtre, de la terre, ou simplement posées à sec en liaison les unes avec les autres. Il y a aussi la maçonnerie de pisé^ qui est faite en terre desséchée sur place.
La maçonnerie de pierre se fait en pierre de taille, en moellons, en briques, etc., posés par assises régulières ou irrégulières.
Dans la maçonnerie de moellons à assisegjégulières, on distingue ^'''XUc celle où les moellons sont posés bruts, ce qui donne la maçonnerie dite timosinage (on se contente d'aligner le parement du mur au cordeau » et de faire quelquefois sauter avec le marteau les aspérités qui rendent par trop irrégulières les faces horizontales et la face apparente des moellons), et celle où on a donné préalablement aux moellons une épaisseur régulière dans chaque assise; quand cette dernière maçonnerie est très-soignée , la hauteur est uniforme pour toutes les assises ainsi que la largeur des pierres.
La maçonnerie de moellons^à^agsises^ irréfi;ulières j)eut se faire ^^ "Tij^ posant les moellonsli la main et demanî^re à parementer le mur, elle prend encore alors le nom de limosinage ; ou sans môme prendre cette précaution , ce que Ton fait généralement pour les fondations et pouf les doubles murs adossés à un terre-plein, dans ce cas elle prend le n^ de maçonnerie de blocage. On appelle aussi blocage le remplissage en éclats de pierre que l'on fait à l'intérieur des murs, entre les pîerrçs ou moellons taillés qui forment les parements , et que l'on place à bain de mortier. La maçonnerie de blocage est d'autant meilleure que l'on proportionne mieux les dimensions des pierres à celles des espaces qu'elles doivent remplir, et qu'elles sont mieux enveloppées d'une couche de mortier sur toute leur surface. Dans la maçonnerie de moellons à assises irrégulières, on peut ranger celle formée de pierres cassées jetées sans précaution, pêle-mêle avec le mortier; c'est la maçonnerie de béton (bii6). *
549. Maçonnerie de pisé. On ne l'emploie que pour les constructions de peu d'importance, telles que les b&timents ruraux, et seulement dans les localités où la pierre est rare ; encore ne doit-on l'établir que sur un socle en pierre s'élevant jusqu'au-dessus du sol.
La terre à briques est la plus convenable pour faire le pisé; on y mélange, en la pétrissant^ de la paille ou du foin pour l'empêcher de
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se fissurer quand elle se dessèche. La terre sablonneuse , sans liant, est impropre à la confection de cette maçonnerie.
Les murs en pisé se font en posant simplement le mélange de terre et de paille avec une fourche qui sert aussi à dresser les parements du mur, dont la position est déterminée par des cordeaux tendus. Quand cette maçonnerie doit être faite avec plus de soin, on emploie deux planche? maintenues à une distance égaie à l'épaisseur du mur. Entre CQS planches, que Ton place dans les parements du mur, on tasse la X&ere par couches, à Taide de battoirs ou de pilons. Quand cette espèce d§ coffre est remplie, on fait sauter les clavettes qui relient ses parais i^ttx traverses qui en règlent Técartement, on retire ces traversés et on place le coffre en un autre point du mur. Les trous laissés dans le mur pjir les traverses du coffre se remplissent avec de la terre. En serrant de plus eu plus les clavettes des traverses, à mesure que le mur s'élève, on donne le fruit convenaole à cette espèce de maçonnerie; ce fruit est ordinairement de 7 à 8 millimètres par mètre de hauteur pour chaque face. 11 est évident que ce genre de maçonnerie ne peut être employé que pour des constructions peu élevées et non chargées. On en fait un fréquent usage pour la construction des murs de clôture, qu'il faut avoir soin dç couronner d'un paillcisson en chaume faisant office de cor- Uiche. On charge ce paillasson, afin de le maintenir en place, à Takie' 4' une espèce de chaperon en terre, que Ton renouvelle de temps à autre.
Dans la vallée du Ahône, on construit des maisons à plusieurs étages len pisé. On rend les murs soLdaires entre eux au moyen de pièces de *nois de faible équarrissage reliées entre elles et posées à plat dans les -♦murs de refenc} et de face. Quelquefois on construit les angles en moellons; mais alors le tassement inégal des différentes parties des murs est une cause grave de destruction. On augmenterait beaucoup la solidité du pisé en plaçant dans l'intérieur des murs, à des hauteurs différentes, des lattes ou des verges disposées horizontalement dans le sens longitudinal.
Un enduit formé d'une partie d^ chaux pour à d'argile et d'une quantité de bourre suffisame ^our en parsemer toute la masse rend convenable le pisé pour résister à l'action destructive de l'air et de la pluie. Cet enduit ne doit être appliqué qu'après la dessiccation des murs. Dans le département du Rhôûe,* on a reconnu que des murs de 18 à 20 pouces d'épaisseur, achevé» vers le commencement de mai, peuvent recevoir 1 euduft à la fin de septembre; que ceux terminés en juillet et même en août peuvent encore être enduits avant 1 hiver ; mais ceux finis plus tard exigent au moins six mois de dessiccation. Le vernis ne doit pas être appliqué pendant les temps de gelée, et il convient que le temps ne soit ni humide ni pluvieux. Plus le pisé est sec, mieux l'onduit s'y attache.
# màçonheries. 7:^9
o50. Maçonnerie de 'pierre de taille. On donne le nom de 'pierre de taille aux blocs de pierre qu'un seul homme ne peut ni manier ni porter, et que pour employer on dresse au moins sur les faces apparentes ainsi que sur les lits.
Les libages sont les gros blocs de pierre que Ton emploie bruts ou grossièrement di'essées sur les faces pour la fondation des édifices.
Une pierre doit toujours avoir deux faces normales à la direction de Tefifort qu'elle supporte et qu'elle transmet; ainsi dans un mur vertical les faces inférieure et supérieure de chaque pierre de taille ou de chaque libage doivent être horizontales. Ces faces prennent le nom dé lits y et eLes doivent être les mêmes que celles qui forment les lits à là carrière, quand les pierres proviennent de roches stratifiées.
La face apparente d'une pierre , c'est-à-dire son parement , doit aussi être dressée; il en est de même des faces latérales, que Ton appelle joints, et qui sont toujours perpendiculaires au parement et aux lit*. On donne aussi le nom de joint à l'intervalle de /i à 10 millimètres qui reste entre deux pierres et qui reçoit le plâtre ou le mortier. Les faces sont dressées avec d'autant plus de soin que la construction doit être mieux finie et plus solide.
Dans une construction on donne le nom d'ct^^affi^à une même rangée Cvt^^^^ horizontale de pierres. La hauteur (£ assise d'une pierre est la distance entre les lits. Dans une construction solide, cette hauteur doit être la même pour toutes les pierres d'une même assise, et si la construction est soignée, elle est la même pour les différentes assises.
La dimension d'une pierre perpendiculairement à son parement, G*est-à-dire la quantité dont elle pénètre dans l'épaisseur du mur, s'stp^ pelle queue de la pierre. Pour une même assise, la longueur de queue doit être différente pour deux pierres consécutives, afin de bien relier entre eux tous les matériaux d'une même assise. Une pierre plus longue . en parement qu'en queue prend le'nom de carreau. Le rapport entre iH«^ la longueur du parement et la hauteur d'assise d'un carreau dépend de la dureté de la pierre : pour une pierre tendre, ce rapport ne dépasse pas 2,5; pour une pierre dure, il v»à 3,5. Une pierre qui est au contraire plus longue en queue qu'en paremei^t prend le nom de boutisse; sa Li»«c^ longueur en parement 4pit toujours être plus grande que sa hauteur d'assise. Quand une pierre s'étend d'un parement à l'autre du mur, on a— K dit qu'elle fait parpaing, et elle-même prend le nom de 'parpaing» yfjt^ )
Les joints verticaux d'une, assisQ. ne doivent p^s correspondre avec ceux des deux assises en contapt, leurs plans doivent être éloignés de 0",15 à 0'",20 au moins.
Il faut éviter avec soin de placer les joints verticaux ou horizontaux ()ans les angles rentrants ou saillants que peut former le parement dun mur ; ainsi une pierre formant l'angle de deux murs doit faire partie 0e ces deux murs afin de les relier, et s'il y a une retraite borizontal§
740 CINQUIÈIIB PÀ«TIE. *
daos le parement d'un mur, il faut éviter qu'elle corresponde à un lit, afin de ne pas avoir un joint dans une partie où Peau peut couler ou séjourner.
4$IS1. Bossages et vermicidures. Comme il arrive quelquefois que les pierres s'épav firent c'est-à-dire s'écornent dans les lits , on a imaginé de prévenir cet inconvénient en refouillant d'avance les lits; c'est ee que Ton appelle faire des bossages. Cette opération ne se fait que dans les soubassement , où les pierres sont le plus sigettes aux épauffrures, dans les murs de soutènement , les piles de ponts , les rez-de-chaussée de certains édifices auxquels on veut donner un aspect de solidité. Quelquefois on ne refouille en bossage que les chaînes saillantes placées de part et d'autre des portes, aux angles des bâtiments, etc.
Pour les pierres sujettes à s effleurirà l'air, on a imaginé de donner d*avance aux parements des murs à peu près l'aspect qu'ils peuvent prendre avec le temps ; c'est ce que l'on appelle faire des vei-miculures.
aSfi. ÀppareiL C'est le détail de la disposition des pierres dans un édifice. Appareiller est faire d avance les dessins qui donnent les formes et les dimensions des pierres qui doivent entrer dans l'édifice. On appelle aussi appareiller y tracer la besogne aux tailleurs de pierres, d'après les plans d'appareil ; Vappareilleur est un premier ouvrier chargé de ce tracé et de diriger la pose des pierres et leur raccordement.
I51$5. Taille de la pierre. On taille la pierre dans un endroit disposé à cet efiet , près de l'édifice à construire, avant de la mettre en place; c'est ce qu'on appelle taille sur le chantier. Cependant la taille de quelques parties ne peitt se faire qu'après la pose, c'est ce que l'on nomme taille sur le tas; les moulures sont dans ce c&s; il en est de même du ravalement, qui consiste à régulariser les parements. En même temps que Ton fait le ravalement, on exécute le rejointoiement , qui consiste Il remplir les parties apparentes des joints et des lits avec du mortier.
Pour tailler la pierre, on fait usagé dé différents outils , dont la forme dépend de la dureté de la pierre, de fta nature et de l'usage auquel on la destine. La pierre calcaire tendre se débite à la scie à dents; elle se taille avec le ciseau, Isl pioche à pierre ieûdre, \e marteau, dit rustique et le marteau tranchant ^ et on termfhe les parements à la ripe. La pierre calcaire dure se débite au moyen de la scie sans dents et du sable ; elle se taille avec le têtu, le ciseau f la gtadine, \a pioche, \q poinçon, le marteau breté, la boucharde, et on termine à la ripe. Les marbres pt les calcaires très-ducs, les granftes, lefe îaves» les basaltes, les grès sctot taillés à la pointe. On se sert quelquefois, pour tailler les grès, du martegiu dit épinçoir, que l'on emploie pour fendre les grès , en étonnant la masse par des petits coups de ce marteau frappés dans une direction déterminée, résultat que l'on obtient également avec la pointe.
Dans beaucoup de localités, pour la pierre destinée aux ouvrages hydrauliques, tels que ponts et écluses, on se contente du fini non
désagréable que laisse la boucharde ; à Paris les parements sont layés (554).
L^ouvrier, pour tailler sa pierre, amène le parement qu*il dresse sous un angle de 17 degrés environ avec la verticale.
534. Les outilê mis en usage pour la taille de la pierre sont :
f * Le têtu, lourd marteau en Ter aciéré, portant une télé carrée d'un celé et une pointe de l'autre , et qui sert pour dégrossir les pierres' irés-irrégaliêres et de beaucoup û^abaiage ;
i** Le ciseau en fer à tranchant aciéré; quelquefois le tranchant est remplacé par une simple polule, ce qui donne le poinçon; les gradines sont des ciseaux dont le tranchant est dentelé, on en fait usage pour tailler les pierres très-dures;
3^ Le maillet en charme^ de forme variable, servant à frapper sur la tète du ciseau , de la pointe ou de la gradine;
4*^ La pioche à pierre dure , marteau en fer terminé par des pointes aciérêes à 4 pans. La pioche à pierre tendre a â peu près la même forme que la précédente; seulement une des pointes est remplacée par un tranchant de 3 à 4 centimètres de largeur, et l'autre par une herminette de même largeur ;
3*> Le marteau breté ou laye ; c*est un marteau à deux tranchants découpés en dents ; pour les pierres tendres , un tranchant seul est ordinairement brelé. Une pierre dressée au marteau breté est dite layée ;
6** Le rustique y qui est un marteau breté dont les dents sont beaucoup plus écartées;
7* La ripe , tige en fer que Touvrier prend à la main ; elle porte un tranchant à chaque . bout , l'un denté et que Ton passe sur la pierre après le marteau breté , et l'autre uni pour finir la taille ;
8® La boucharde , marteau i deux tètes carrées taillées eu un grand nombre de tètes de diamant , et dont on frappe i plat les parements dégrossis à la pioche. Sur différents, travaux hydrauliques , les parements des pierres sont entièrement terminés à la boucharde fine, avec laquelle on les frappe entre quatre ciselures régulières qui forment les arêtes de la pierre. A Paris , les parements des pierres sont layés, c'est-à-dire passés au marteau breté , puis finis à la ripe;
9«> Vépinçoir, espèce de marteau i deux tranchants non coupants ;
^0» L'équerre en fer et les règles. ' ^ *
355. Bardage^ montage et posê de la pierre. Une fois que la pierre est taillée, on procède à ion bardage^ qui consiste à la transporter au point où elle doit être emj^loyée. On fait usage à cet effet d'une voiture à deux roues, appelée diable oU binard , qui est manœuvrée par des hommes appelés bardeur^^ aidés quelquefois d'un cheval. Pour les petites pierres, on emploie assez souvent une civière sppelée bard.
Afin de faciliter la i^sinœuvre de la pierre, le chef bardeur au moins est muni d'une pince en fer, dont une extrémité se termine en langue de chat^ tandis que l'autre eat recourbée et porte un talon.
Une fois le bardage opérée te pierre se descend sur le tas en la faisant glisser sur un plan incliné, au moyen de rouleaux. On modère, si cela est nécessaire, la viteise à Taide d'una corde fixée à la pierre et s'enroulant sur un treuil ou un pieu de retenue On peut aussi employer pour descendre la pierre sur le tas les appareils mis en usage pour rélever, et qui consistent en une chèvre ordinaire, ou en une espèce de gruey appelée sapine^ formée d*un grand arbre en sapin tournant sur
74 1 CINQUIÈin PÀKTIB.
pirot et maintenu à la partie supérieure par un collier dans lequel tourne un fort goujon fixé à son sommet; des haubans convenablement disposés et en nombre suffisant, retiennent le collier. Sur plusieurs ateliers on remplace avec assez d'avantage la sapine simple par une autre formée de U grandes pièces de bois de sapin scellées fortement dans le sol aux sommets d*un carré.
Pour fixer la pierre au crochet de la mouffle de ces appareils, on emploie une corde sans fin , appelée élingTie ou braye, que Ton dispose autour de la pierre. Crainte que les angles de la pierre ne s*èpauffreiit^ tn les garnit de petits paillassons aux points où porte lélingue. Pour les monuments qui réclament une grande netteté de taille de pierre, on remplace Télingue par un petit instrument en fer, appelé louve, qui ee loge dans un trou fait avec soin dans la pierre. On ne peut employer la louve avec de» pierres tendres, elle les ferait éclater. Souvent on remplace cet instrument, dont Tusageest assez coûteux, par une simple vis à filets triangulaires, dont la tête porte un anneau. On fait au milieu de la pierre, à l'aide d'un trépan^ un trou de même diamètre que le noyau de la vis, de sorte qu'en y forçant cette dernière, ses filets pénètrent de toute leur saillie dans les parois du trou.
Une fois les pierres descendues ou montées sur le tas, on les conduit au point qu'elles doivent occuper au moyen de rouleaux en bois, dont le diamètre va en diminuant depuis le milieu jusqu'aux extrémités, afin que l'on puisse facilement changer la direction du mouvement, et que les pierres ne portent pas par les angles. Ces rouleaux ont de 0",06 à 0*,08 de diamètre sur 0'",60 à 0™,70 de longueur; on les fait rouler sur des madriers en bois placés sur la maçonnerie, laquelle étant fraîche pourrait s'ébranler sans cette précaution.
Pose de la pierre de taille. Lorsque la pierre à poser est approchée à pied d'œuvre, on commence d'abord par la présenter dans la place qu'elle doit occuper, en la faisant reposer sur des cales en bois, et quelquefois en plomb, ayant une épaisseur égale à celle que l'on veut donner au joint de mortier, c'est-à-dire de 4 à 10 rnillimètres. Ces cales se placent aux angles de la pierre et au moins à 3 ou 5 centimètres des arêtes, afin d'éviter les écornures. Lorsque le poseur s'est aingfi assuré que la pierre a bien toutes les dimen^ons voulues, 11 la soulète à la louve, ou lui fait faire quartier sur le côté; puis il nettoie, et arrose si la pierre est tendre et spongieuse, l'assise inférieure et la piètre qu'il pose ; il étend sur toute la surface que doit couvrir la pierre une couche de mortier fin, d'une épaisseur un peu plus forte que celle des cales; il met la pierre en place, et il frappe dessus aveô un pilon ou un maillet en bois, jusqu'à ce que le mortier souffle de toutes parts, et que la pierre repose sur les cales. H convient d'enlever les cales quand la pierre occupe sa position définitive.
H arrive très-souvent que Ton pose \es pierriôs de chiaînes d'angles et
MAÇOIHNEKIES. 745
autres, de tablettes de couronnement, etc., en étendant de suite la couche de mortier fin, sans mettre de caleç, et en réglant son épaisseur avec la truelle. Pour opérer ainsi, il faut quç le mortier soit assez ferme, sans quoi le poids de la pierre le ferait couler, et on obtiendrait des joints d'une épaisseur trop faible et non uniforme , ce qui ne nuirait pas peu*à la solidité de la construction.
Dans tous les cas, avant de poser la pierre, il faut s'assurer avec soin que le mortier ne contieiit aucun gravier dont la grosseur excède Fé? paisseur que doit avoir le joint, ce qui obligerait, pour les retirer, de soulever la pierre déjà mise en place et ralentirait l'exécution.
Quelquefois les lits des pierres sont flacheux sur Iç derrière, c'est-àdire que la queue se termine plus ou moins en pointe. Pour remédier à cet inconvénient, on remplit ces flaches avec des éclats de pierre dure que l'on enfonce dans le mortier.
bans cette pose, l'ouvrier doit autant que possible rendra nul l'effet dés petits défauts de la taille des parements ou des lits et joints ; il doit apporter une grande attention à éviter les balèvres^ qui nécessitent orr dinairement un ravalement dispendieux. S'il se sert de la pince pour faire abatage, il doit, pour éviter les écornures, placer un bout de latte ou de planche sur le bord des arêtes de la pierre, au point où porté là pince.
'Une fois que la pierre ^t bien en place sur un bon lit de mortier, il né reste plus pour terminer la pose qu'à remplir les joints montants; çk que l'on fait ordinairement à l'aide de l^Jiche à dents en fer (lame en fer plat dentée sur son pourtour).
Un autre moyen de poser la pierre consiste à la placer sur cales, comme il en a été indiqué ci-dessus, en ayant toujours soin de nettoyer l'assise inférieure ; puis à ficher les joints, c'est à-dire à les garnir de mortier que l'on y fait pénétrer au moyen d une/ïcAe à dents. Les dents de cet outil pressent le mortier et le font pénétrer sous la pierre ; mais comme la pression est proportionnelle à la surface pressante, et qu'elle peut par conséquent être énorme, il arrive parfois que les pierres sont ébranlées ; quelquefois aussi il y a impossibilité de faire pénétrer le mortier en tous les points du joint. Malgré ces inconvénients, cette manière d'opérer est fréquente, parce qu'elle est plus facile et plus expéditive que la première, qui doit toujours lui être préférée sous le rapport de la solidité de la maçonnerie. L'emploi de la fiche à dents n'est réellement d'un bon effet que pour les joints montants.
A Paris, et dans presque toutes les localités où l'emploi du plâtre est commun, on fait généralement ysage d'un troisième moyen pour poser les pierresj et principalement les pierres tendres. Ce moyen consiste encore à poser les pierres sur cales, comme il a été indiqué ci-dessus, et à les couler ensuite, c'est-à-dire à remplir le lit et les joints avec du plâtre gâché très-clair ou coulis (530) ; on fait même quelquefois du
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coulis avec du mortier de chaux ou de ciment Pour faire ce remplissage, on ferme tout le contour des lits et des joints avec du plâtre ou du mortier d'une consistance suffisante, en laissant libre, à la partie supérieure des joints, une petite étendue sur laquelle on fait un gode} dans lequel on verse le coulis ; on a sfpin de remuer constamment celai-ci ea le versant, afin qu^il reste bien homogène et que Teau ne s'introduise pas seule dans les joinia,
Loisqne les pierres sont posées sur plâtre, la prompte solidification de cette matière oblige d'avoir recours à ce troisième moyen, surtout pour les pierres tendres; on n'aurait pas le temps, ayant la prise, de placer convenablement la pierre sur un lit de plâtre d'abord étendu.
Il n'en est pas de même du mortier de chaux, et comme son coulis fournit toujours d^ mauvais résultats , il convient de n'en pas- faire usage. La quantité d'eau qu'il contient étant absorbée par la pierre, il se forme presque toujours des vides que l'on remplit difficilement, malgré tous les soins que l'on met à le faire au fur et i mesure de cette absorption; et comme de la dessiccation du coulis de mortier de chaux il résulte encore un retrait qui augmente ces vides, il arrive très-sonveot que la pierre repose entièrement sur les cales, lesquelles, en pourrissant, occasionnent des tassements considérables dans les maçonneries.
Lorsque la pose de la pierre se fait dans l'eau, il y a impossibilité de faire usage de mortier, qui serait délayé et lavé ; alors on se contente de poser simplement les pierres sur cales, qui doivent être en plomb de préférence au bols.
Quand toutes les pierres d'une assise sont posées, il arrive presque toujours que quelques-unes sont plus élevées que les autres ; il y & ^^ nécessité de dresser tout le lit supérieur de l'assise, en enlevant toutes les saillies^ avant de poser les pierres de l'assise qui doit la couvrir; sans cette précaution, il est impossible d'obtenir une belle et solidemaçonnerie.
Enfin, quand l'ensemble de la maçonnerie est terminé, on procède au ravalement, au ragrément, et au rejointoiemeni des surfaces apparentes.
TABLEAU du volume de mortier ou de plâtre employé par mètre euhe de différentes maçonneries de pierre de taille,
me.
Libages ordinaires .' 0,090
Assises ordinaires de 0™,30 à 0",50 de liauieur 0,075
Idem. de 0-,50 à 0«,80 id 0,065
Parpaings el assises de 0»,25 A 0»,30 d'appareil 0,080
ClaTcaux de plates-bandes droites 0,085
Voûtes en berceau et en arc de clottre 0,100
Voûtes d'arèle et spbériques 0,405
Marches, seuils et appuis, pour garnissage el coulement. 0,476 Dalles de0«»,06 à 0», 4 0 d'épaisseur, 0"»,023 par mètre superficiel , 0 Î^O
MAÇOMNKRIBS. 745
ÔÔ6. Maçamerie demoellons. On distingue, quant à leur nature, trois *-'*'*^^ »»**-» ^ espèces principales de moellons :
4*» Les moellons de roche (548), que ron emploie pour des murs ei des massifs qui doiveol avoir une Irës-grande résistance ;
3® Les moellons de banc-franc, qui serrent à éleyer les murs de clôture et ceux des bâtiments en élé?ation, i cause de la légèreté qu'ils acquièrent eo séchant;
3« Les moellons tendres, avec lesquels on peut faire à peu de frais des parements parfaitement dressés , à cause de la facilité avec laquelle on les taille.
Les moellons de roche et de banc-franc que Ton emploie à Paris et dans les environs viennent des plaines de Vitry, d^Arcueil, de Montrouge, de Passy, du Moulin de la Roche, deVaugirard. etc. Les moellons tendres qui sont les plus traitables et qui soutiennent le mieux les arêtes sont tirés des carrières de Saint-Maur, de Gretèil, et de Carrière- Saint-Denis, Houilles, Nanterre, Montesson, ainsi que du Buisson-Richard, situé à Garrière-Sous-Bois, près Saint-Germain-en-Laye.
Sous le rapport de leur emploi , les moellons se divisent en quatre " classes :
4* Les moellons ébottshiésy qui sont ceux que le maçon taille lul-méme légèrement ^
sur les lits et les joints , avec sa bacbette , au fur et A mesure qu'il les emploie ; on en construit ordinairement les murs de fondation , et les autres qui doivent recevoir un enduit.
2* Les moellons smillés. On désigne ainsi les moelloqs dont on a taillé assez proprement les parements , les lits et les Joints, et que l'on emploie à la construction des voûtes et des murs dont la surface est seulement rejointoyée.
3* Les moellons piqués. Ces moellons sont taillés comme les précédents , mais avec plus do soin , de manière A en rendre les arêtes vives et bien droites.
4* Les moellons fF^r^nJ^- On nomme ainsi des moellons parfaitement équarris et parementés comme la pierre de taille , et que ron taille sous différentes formes pour carreaux, angles de soupiraux, sommiers et voussoirs pour baies de portes cintrées ou en plates-bandes , etc. Les ouvrages faits avec ces moellons ne diffèrent de ceux construits en pierre de taille que par les moindres dimensions de leurs matériaux.
Les moellons qui n'ont subi aucun travail autre que celui de la carrière sont désignés sous le nom de moellons bruts : lorsqu'ils sont durs et qu'ils ne contiennent pas de bousin y on les emploie dans cet état pour faire des massifs cl autres maçonneries d'une grande épaisseur.
Les moellons trop petits pour être taillés sont employés comme garnis à Tintérieur des murs , ou en remplissage dans les reins des voûtes.
Pour liaisonner le? moellons, on suit les mêmes règles que pour la pierre de taille (550); ainsi il faut avoir soin , dans une même assise , de placer un moellon court à côté d'un long, et de ne jamais mettre les joints en ligne droite; il faut éviter aussi que les joints verticaux se correspondent dans des assises en contact
On pose simplement à la main les moellons sur une couche de mortier de 2 à 3 centimètres d'épaisseur sans faire usage de cales; une fois posés, on les affermit en frappant dessus quelques coups de marteau, qui font soufQer le mortier de tous côtés de manière que Tépaisseur des
CINQUIÈME PAKTIE
lits et des joints n*excède pas 2 centimètres. Les vides Qui restent entre les moellons principaux se garnissent de mortier et d'éclats de pierre ou de moellons plus petits (espèce de blocage) (5^8).
TABLEAU deê volumes de mortier et de plâtre en poudre employés par mètre
de différentes maçonneries de moellons.
MAÇONKEftlE.