‹ Formules, tables et renseignements usuels (volume 2)Chapitre 149 sur 244 · JA · texte numérisé non relu

JA

SI

it

Poac

IBS

MATÉRUUl EMPLOYÉS IU1I& LES CONSTRUCTIONS. 4373

PendaQt soixante-huit heures et demie de £eu dans le compartiment inférieur, on a brûlé 2682 fagots, et pendant dix-sept heures de feu dans le compartiment supérieur, on en a brûlé 527;. ce qui fait un total de 3209 fagots pour quatre-vingt-cinq heures et demie de feu. Chaque fagot pesant 9^,25, on a donc brûlé 29 683 kilog. de bois pour 37 mètres cubes de chaux ; ce qui fait 802 kilog. par mètre cube.

Gomme les pierres du bas sont cuites avant celles du haut, pour éviter sur leur calcination, après vingt ou vingt-quatre heures de feu, on met dans la cuvette K, placée en avant du foyer, de l'eau qu'on élève jus;;! qu'au niveau du cendrier. La vapeur produite par la chaleur que rayonne le foyer, non-seulement empêche la surcalcination, mais aussi facilite le dégagement de Tacide carbonique que peuvent encore contenir quelques morceaux. On ramène dans la cuvette, à Taide d'un rabot, toute la cendre qui s'entasse dans le cendrier, au-dessus du niveau de l'eau. On maintient le niveau de l'eau constant dans la cuvette à l'aide d'un réservoir extérieur. La quantité d'eau évaporée pendant la calcination s'élève a 3 mètres cubes environ, déduction faites des pertes par infi^ tration a travers la maçonnerie.

La vapeur d'eau joue un rôle tel dans la décomposition du carbonate, que si après avoir desséché complètement un morceau de carbonate, on le soumet à la cuisson, sa décomposition est impossible, au lieu que si l'on fait arriver dessus de la vapeur d'eau, le dégagement de Tacide carbonique a lieu immédiatement.

La cuisson de la chaux est opérée quand le tassement de la masse est de O'ySO environ, ou mieux, quand on peut enfoncer dans cette masse une barre de fer avec autant de facilité que dans un tas de chaux. Ces essais se font par l'ouverture placée sous le foyer supérieur; pendant qu'ils durent, on tient hermétiquement fermé le foyer et le cendrier inférieurs, sans quoi, l'air chaud et la flamme, sortant par l'ouverture, il serait impossible d'en approcher. Une fois la cuisson terminée dans le compartiment inférieur, on commence le feu dans le foyer supérieur. Ce foyer est sans grille, on place les fagots debout sur la chaux du corn* partiment inférieur. Pendant toute la durée du feu dans le foyer supérieur, on ne laisse qu'une ouverture de 0",10 au cendrier inférieur, et le cendrier supérieur se tient fermé. Quand la cuisson est également opérée dans ce compartiment, ce qui se vérifie plus facilement que pour le compartiment inférieur, mais par des moyens semblables, on arrête le feu, on ferme hermétiquement tous les orifices, et douze heures après on commence à défourner.

74S. Indices d'une bonne cuisson. La chaux vive, de quelque nature qu'elle soit, pour être cuite au degré convenable, doit fuser promptement et complètement dans l'eau. Si elle est trop calcinée, elle reste quelquefois un jour ou deux dans l'eau sans avoir subi une extinction complète. Pour être de bonne qualité, les chaux ne doivent contenir aucune matière étrangère, ni aucun biscuit ou durillon de quelque nature que ce soit.

Les bonnes chaux hydrauliques bien cuites se reconnaissent facile-

nïent à leur légèreté, à leur consistance crayeuse, et à Teffervescence qu'elles font avec l'eau lorsqu'elles n'ont pas encore été éventées. Quand, au contraire, elles sont lourdes, compactes, vitrifiées légèrement sur les arêtes des morceaux, et longtemps inactives après l'immersion, c'est que le terme de la bonne cuisson a été dépassé. Si elles fusent superficiellement, en laissant un noyau, c'est que la cuisson est incomplète. Les pierres à chaux perdent dans leur calcination parfaite environ 0,45 de leur poids primitif, par l'effet de Tévaporation de toute l'eau et de l'acide carbonique qu'elles contiennent. La diminution est moins grande en volume qu'en poids; quoique très-variable selon les diverses espèces de pierres, on l'évalue assez généralement a 0,1 ou à 0,2 du volume primitif.

746. Provenances des cliaux. Presque tous les départements de la France fournissent des chaux grasses et des chaux hydrauliques. Les plus réputées parmi ces dernières sont celles de Theil (Ardèche), de Montélimart (Drôme), de Doué (Maine-et-Loire), de Paviers (Indre-et- Loire), de la Hève, de Saint-Quentin, de Sassenage (Isère), d'Angoumé (Basses-Pyrénées), de Castelnaudary (Aude), d'Échoisy (Charente), des Morins (Gironde), de la Mancelière (Eure-et-Loire), de Rochefort (Var), de Tournay, de Senonches, etc.

Les chaux qu'en emploie à Paris et dans ses environs proviennent de Champigny, Sèvres, Meudon, Marly, Essonnes, Melun, Senlis et Rambouillet; ces deux dernières sont très-estimées. Autour de Paris il existe aussi des fabriques considérables de chaux, dans lesquelles on fait des chaux hydrauliques naturelles et artificielles; les produits de celles de la Gare, de Vaugirard, des Moulineaux et des buttes Ghaumont ne laissent rien à désirer, quand ils ont été préparés avec les soins convenables. L'importante fabrique de M. Pointelet, située à Bougival (Seine-et- Oise), fournit de l'excellente chaux hydraulique artificielle.

L'achèvement des canaux et des chemins de fer aboutissant à Paris permet d'y faire venir avec avantage les chaux hydrauliques de Tournay, de Gassel, de Metz, de Senonches, de Saint-Quentin, de Ville-sousla-Ferté, d'Échoisy, de la Mancelière, etc.

Prix de fabrication, mesurage et transport de la chaux, (Voir Art de construire, n" 75 et 78.)

747. Conservation de la chaux. Pour conserver à la chaux les qualités qu'elle possède à sa sortie du four, ce qui est d'une grande importance, il faut avoir soin, soit à la fabrique, soit sur le chantier, de la mettre a l'abri sous des hangars, ou mieux dans des caisses ou tonneaux hermétiqueraeifl; fermés; avec cette dernière précaution, on peut conserver la chaux au moins une année, sans qu'elle ait perdu sensiblement de ses qualités.

Pour conserver parfaitement la chaux hydraulique, dit Vicat, il faut commencer par étendre sur le sol d'un hangar, ce sol étant maintenu à l'abri de l'humidité, une couche de chaux de 0'",15 à 0",20 d'épaisseur, réduite en poudre par immersion; ensuite sur cette couche on empile la chaux vive, en la serrant avec une masse de bois pour diminuer les

MATÉRIAUX EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS. i375

vides autant que possible. On termine le monceau par des talus assez doux, qu'on recouvre d'un dernier lit de chaux prise au moment où elle vient de subir l'immersion; celle-ci, en tombant en poussière, se loge dans les intervalles de la chaux vive en pierres, et Tenveloppe assez bien pour la défendre du contact de Tair et de toute humidité. On lisse avec le dos d'une pelle la superficie de cette espèce de manteau, dont l'épaisseur est de 0",15 environ. Une expérience faite sur un tas de 60 mètres cubes de chaux vive a justifié de l'efficacité de ce procédé; la chaux retirée du tas s'échauffait et fusait encore très-bien après cinq mois d'un hiver constamment pluvieux (2*, 748).

748. Extinction de la chaux. On distingue quatre manières de l'opérer (760) :

1** Extinction par fusion ou extiTtction ordinaire. Elle consiste & placer la chaux dans un bassin avec la quantité d*eau convenable, et k Tagiter pour réduire le tout en pâte. Il faut avoir soin, pour les chaux grasses, de^yerser en une seule fois toute Teau nécessaire, afin de n*être pas obligé d*en ajouter pendant reffervescence. Dans le cas de nécessité d'une nouvelle quantité d'eau, il faut attendre le refroidissement pour rajouter. La méthode qui consiste à noyer la chaux d'une grande quantité d'eau et k la faire couler dans un bassin perméable doit être proscrite.

Ce précédé ne peut être usité que pour la chaux hydraulique, elle fuse trop lentement; on l'emploie généralement pour la chaux grasse, parce qu'elle foisonne plus que par les autres procédés ; mais il convient, pour qu'elle donne une bonne maçonnerie, d'y mélanger un peu de pouzzolane.

Sur les grands chantiers, les bassins se font en maçonnerie ; dans les autres cas, on les fait en plats-bords maintenus par des chevillettes en fer ou par des piquets en bois, en ayant soin de les garnir de glaise ou de plâtre pour empêcher l'eau d'en sortir.

Lorsque la chaux doit être conservée après son extinction, on la recouvre d'une couche de sable, que Ton humecte de temps en temps.

Extinction par fusion appropriée à la chaux hydraulique, d'après Vicat* La chaux hydraulique, prise vive et en pierre, se jette k la pelle dans un bassin imperméable, où on l'étend par couches d'égale épaisseur (de SO k 25 centimètres) ; on y amène l'eau au fur et k mesure, et de telle manière qu'elle puisse circuler et pénétrer avee facilité dans les vides que les fragments de chaux vive laissent entre eux. L'effervescence ne tarde guère k se manifester; on continue k jeter alternativement de la chaux et de l'eau, mais il faut bien se garder de brasser la matière et de la réduire en laitance, selon la mauvaise habitude de quelques maçons ; seulement, quand par hasard quelques parties de chaux fusent k sec, on y dirige l'eau par des rigoles que l'on trace légèrement dans la pâte avec une pelle, et de temps en temps on enfonce un bâton pointu dans les endroits où l'on soupçonne que l'eau a pu manquer : si le bâton en sort enduit d'une couche gluante, l'extinction est bonne ; s'il s'en élève au contraire une fumée farineuse, c'est une preuve que la chaux fuse k sec ; on élargit alors le trou, on en fait d'autres k côté, et l'on y amène l'eau.

On ne doit ainsi éteindre que la quantité de chaux hydraulique dont on a besoin pour la consommation d'une ou de deux journées au plus. Deux bassins séparés, ou deux capacités dans le même bassin, sont indispensables ; on commence k remplir l'un quand l'autre est près d'être vidé. C'est ordinairement sur la fin du jour que l'extinction a lieu; par ce moyen, la chaux a vingt-quatre heures pour travailler, et les morceaux paresseux se divisent tous.

La chaux ainsi éteinte est déjk très-ferme le lendemain ; il faut la piocher ou au moins la couper avec une pelle tranchante pour l'extraire. Il semble qu'en cet état elle ne puisse plus être ramenée k l'état de pâte sans une addition d'eau, mais c'est une erreur.

Si, au lieu d'être prise vive, la chaux hydraulique a déjk subi l'immersion, les bassins

1376 ONiHnâHE PiJMnE.

èmement imtikfr; 1& rédwlND en pâte se fth au fir et à mesure de 1a oonsonaM*^ trân : on th%\^ la dose d'eau de manière & atteindre à peu près le même degré de cou» sistance que par Fautre procédé.

S<* Extinction sèche par immersion ou aspersion. Cette méthode consiste à pionget, Il Taide d'un panier, ki eham dans l'eau pendant qnelqnes secondes, et à l'en retinr SjoMtement avant tout commencement de fusion pâteuse ; elle siffle, éclate avec braiti, r^and des Tapeura brûlantes et tombe en poussière. On arrive au même résultat par une aspersiim d'eau, faite au moyen d'un arrosoir, sur la chaux vive étalée sur une aire en une couche de 0",iO à 0",15 d'épaisseur. Dans l'un et l'autre cas, il est bon d'entasser immédiatement la chaux pour concentrer la chaleur dégagée; par là, on facilite et on accélère la réduction en poudre. Ainsi réduite, la chaux ne s'échauflb plu» avec l'eau ; elle en retient de 18 k âO p. 100 si elle est grasse, et de âO k 30 si elle est hydraulique.

Ce mode d'extinction s'emploie chaque jour de plus en plus, et il est appliqué sur beaucoup de grands ateliers. La forme pulvérulente qui en résulte permet de transporter la chaux au loin, en l'expédiant dans des sacs ou dans des barils ; elle peut même traverser les mers. Dans les fabriques bien organisées, on a soin de bluter la chaux après sa réduction en poudre, afin d'en séparer les parties solides provenant d'un défaut de cuisson ou de la composition hétérogène de certains noyaux dont les masses calcaîns» sont souvent pénétrées.

3» Eodindion par aspersion. Elle consiste à placer la chaux vive dans un bassin circulaire que l'on forme avec du sable, k jeter dessus une quantité d'eau suffisante pour la réduire en pâte, k la couvrir immédiatement avec le sable, et k ne Fagiter et faire le mortier que quand la fusion est complète. Pour la chaux grasse, il se produit un dégagement de chaleur qui facilite Textinetion, laquelle est complète au bout de deux ou trois heures. Ce procédé est beaucoup employé par les paveurs et par les maçons de province ; mais pour la chaux hydraulique on lui donne rarement la préférence sur le mode d'extinction par fusion.

4<> Extinction spontanée. Elle se fait en soumettant la chaux vive k Faction lente et continue de l'atmosphère, dont elle absorbe l'humidité en se transformant en hydrate de chaux (740). Cet hydrate contient 0,22 de son poids d'eau, et en y ajoutant une eertaine quantité d'eau, on obtient une pâte propre k fabriquer du mortier. Ce mode est rarement employé pour les chaux hydrauliques, lesqudles perdent de leurs qualités à l'air; mais il convient pour les chaux grasses, dont Fexpo»tion k Fair transfonae quelques particules en carbonate de dtaux, ce qui facilite le durcissement. Ou doit prendre toutes les précautions possibles pour préserver les chaux du contact de l^ùret de l'humidité, lorsqu'elles ont été éteintes par ce procédé.

Bemarque. Suivant Vicat, J'extinction sèche par immersion ou as-> persion (2') doit être préférée pour les chaux grasses, vu qu'il en ré~ suite une augmentation de près des deux tiers pour la force des mor* tiers ; mais le prix de ces derniers augmente en raison de la plus grande quantité de chaux vive qui y est introduite, quoique sous un égal vd» lume de pâte. Les chaux hydrauliques gagnent, au contraire, à être éteintes par le procédé ordinaire à grande eau ; il en résulte pour Faccroissement de cohésion des mortiers une difTérence peu appréciable dans le cas d'exposition k l'air, mais trèa-sensîhle et de 1/5 pour le cas d'immersion constante.

749. Foisonnement de ta chaux. Le foisonnement, c'est-à-dire l'augmentation de volume de la chaux k l'extinction, varie pour chaque nature de chaux et suivant le mode d'extinction. Une expérience directe donne, du reste, facilement le foisonnement d'une chaux que i*on wut employer.

En général, 100 kilogrammes de cnaux grasse très-pure et trè6-viv«

MATÉRIAUX EMPi«OYÉS DAMS LE& CONSTRUCTIONS.

donnent 0'"%24 de pâte; mais quand la cuisson date de plusieurs jours et que la chaux n'est pas très-pure, ce chiffre descend à 0**,18. Entre ces limites se trouvent toutes les variations de foisonnement de ces espèces de chaux.

Les chaux communes très-grasses, éteintes en bouillie épaisse par fusion, donnent en volume jusqu'à 2 et quelquefois plus pour 1 ; il en est qui ne donnent que 1,30 et même 1,20 : ce sont principalement les chaux maigres et communes (740).

Le foisonnement des chaux hydrauliques présente aussi de grandes variations; mais leur densité et leur composition sont trop variables pour permettre d'assigner entre des limites aussi voisines que celles de 0"*,24 et 0"%18 fournies par iOO kilogrammes de chaux grasse, le rapport entre leur poids et leur volume après l'extinction ordinaire. Le tableau suivant donne les résultats qu'ont fournis différentes chaux hydrauliques, par mètre cube de chaux vive mesurée à pied d'œuvre.

Page 1