PROPORTION POUR 100 DE CALCAIRE
Argile.
de 0,0 k 5,3 de 5,3 k 8,2 de 8,2 k 14,8 de 14,8 k 19,1 de 19,1 k 21,8 de 21,8 k 26,7 de 26,7 k 40,0 de 40,0 k 62,6 de 62,6 et au-dessus.
Carbonate de chaux.
de 100,0 k 94,7
de 94,7 k 91,8
de 91,8 k 85,2
de 85,2 k 80,9
de 80,9 k 78,2
de 78,2 k 73,3
de 73,3 k 60,0
de 60,0 k 37,4
de 37,4 et au-dessous.
Quand on possède l'analyse d'un échantillon, il est facile d'en conclure l'indice d'hydraulicité. On fait la somme des nombres représentant les proportions des divers éléments de l'argile non solubles dans les acides, c'est-à-dire de la silice et de l'alumine, en exceptant le sable. Puis on calcule le rapport de cette somme au nombre qui exprime la dose de chaux caustique contenue dans l'échantillon.
Soit k calculer l'indice d'hydraulicité de réchantillon de calcaire qui ne contient que 94,7 de carbonate de chaux et 5,3 d'argile. Les équivalents chimiques de la chaux caustique et du carbonate de chaux étant 28 et 50 (page 475), la chaux caustique contenue dans l'échantillon est
94,7 X — = 53. Le rapport de l'argile à la chaux est alors
o,ia
742. Recherches et moyens de se procurer de la chaux hydraulique, La chaux hydraulique est fournie par lasiràple cuisson du calcaire naturel qui contient tous les éléments de cette chaux (74t), 741). Dans les localités où ce calcaire ne se trouve pas, on fabrique la chaux hydraulique en faisant un mélange intime de tous les éléments qui doivent entrer dans sa composition. On conçoit que l'on ne doit avoir recours à ce second mode de fabrication qu'à défaut de carbonate hydraulique naturel.
Lorsqu'on aura besoin de se procurer de la chaux hydraulique dans iine localité, on se guidera dans ses recherches en se rappelant que
aiATéRIAUX EMPLOYÉS DâlfS LES CONSTRUCTIONS. 1365
c'est le mélange de l'argile au carbonate calcaire qui fournît toutes les variétés de chaux hydrauliques, et que par conséquent les carrières où alternent les bancs d'argile et de pierre calcaires sont celles oii il y aura le plus de diances de succès, quand toutefois ces bancs feront partie d'une même formation. Il ne faut pas négliger ces recherches parce que dans la localité on n'a encore fabriqué que de la chaux de médiocre qualité : cela peut provenir de l'absence ou de la mauvaise direction de recherches antérieures; ainsi, à Paris, on a fait venir pendant longtemps de la chaux hydraulique de Senonches, qui coûtait 80 fr. le mètre cube, tandis que les buttes Montmartre, Chaumont et Romainville contiennent en abondance des calcaires fournissant toutes les variétés de chaux hydrauliques.
Gomme on ne rencontre aucun calcaire argileux dans les divisions supérieures du terrain crétacé supérieur (715), il est inutile d'y faire des Techerches; mais les divisions inférieures sont plus favorables, on y rencontre une craie marneuse qui repose sur l'argile du gault, auquel elle est souvent liée par une transition insensible. On y trouve une proportion d'argile d'autant plus grande que Ton s'approche davantage du gault; ainsi, de 7 à 8 p. 100 que contiennent les bancs supérieurs, on arrive quelquefois à 40 ou 45 p. 100. Les chaux hydrauliques provenant de cette formation ont quelquefois l'inconvénient d'éprouver un retrait sensible quand, après avoir été placées sous l'eau, elles se trou- Tent exposées k l'air; pour éviter cet effet, dangereux dans les constructions, on fait le mortier très-ferme et avec un bon sable siliceux.
Les calcaires que l'on rencontre dans le terrain crétacé supérieur donnent de bonnes chaux hydrauliques, mais ils ne s'y trouvent en général qu'en couches très-minces ou en rognons.
&ans certaines localités, le terrain suprajvra^sique fournit des calcaires contenant de l'argile et du carbonate de magnésie. Lorsque l'argîle est en proportion convenable (de 8 k 10 p. 100), ce calcaire donne une Tïonne chaux liydraulique. La présence de l'argile se reconnaît par une couleur jaune foncé ou brun, une forte odeur terreuse et un toucher onctueux.
TPétage jurassique supérieur^ qui comprend toutes les formations à grandes alternances de calcaires et de marnes, se divise en plusieurs groupes intéressants k étudier sous le rapport de leurs produits en chaux hydrauliques.
Les calcaires portlandiens supérieurs contiennent des dolomies Tertes qui donnent de
la cbaux hydraulique; mais ceux inférieurs n'en renferment pas. Les calcaires kimméridiens supérieurs «t les marnes calcaires de ce groupe jouisseat de propriétés hydrauliques variables, mais faibles en général. Dans l'étage moyen «t dans l'étage inférieur, ces qualités sont plus prononcées, et les chaux hydrauliques qu'on en tire seraient excellentes si, par l'effet des fossiles qui y abondent quelquefois, elles n'uraient pas riiic»nvém€!it de se diviser en strates. Voxford-clay est abondant «n oaloaûe argileax fioiffndssanft de la bonne chaux hydraulique.
La grande oolite ou oolite inférieure contient des calcaires argileux et magnésiens. Le Kos, surtout, renferme des assises mamo-calcaîres à, chaux hydrauliques et à ciments.
Dans le terrain keuprique^ les marnes irisées fournissent des calcaires magnésiens.
Le muschelkalk^ plus riche en pierre de taille très-dure qu'en chaux hydraulique, fournit cependant quelquefois des calcaires marneux et des calcaires argilo-magnésiens donnant de' la chaux hydraulique.
Les formations du grès bigarré et du zechsiein sont dans le même cas que le muschelkalk.
En remontant encore l'échelle géognostique, arrivé au terrain de transition, on ne trouve plus que du calcaire pur.
Les indications précédentes peuvent guider dans la recherche des pierres à chaux hydrauliques; maiç, comme souvent au-dessus et audessoud d'un banc de calcaire argileux se trouve du calcaire pur, on est obligé, pour s'assurer des propriétés de la chaux, d'avoir recours à quelques essais.
Si en traitant le calcaire par l'acide chlorhydrique toute la masse se dissout, on est sûr qu'il ne peut fournir qu'une chaux grasse; si au contraire il reste un produit insoluble, on doit s'attendre a obtenir une chaux maigre; mais pour savoir si elle est hydraulique ou non, il faut faire cuire un échantillon de cette pierre, excepté quand le résidu insoluble est un sable grossier, car alors on est sûr que la chaux ne vaudra rien. Cependant, comme les chaux maigres non hydrauliques sont rares en comparaison des chaux hydrauliques, il y a espoir de succès, dès qu'on obtient un résidu insoluble.
Voici ce que dit Vicat au sujet de la recherche des chaux hydrauliques : « Il est peu de départements, les pays granitiques exceptés, où Ton ne puisse rencontrer du calcaire argileux. Il faut le chercher avec persévérance; les indications de MM. les ingénieurs des mines peuvent être d'un grand secours; conclure la non-existence de la pierre à chaux hydraulique de la nature de la masse principale, que les accidents du sol mettent en évidence, serait une erreur; la composition du calcaire varie à chaque instant, et souvent celui que l'on cherche n'est qu'à une petite distance de la pierre à chaux commune ; l'une et l'autre se trouvent quelquefois dans la même carrière, séparées seulement par un ou deux bancs. Les renseignements des maçons et des chaufourniers peuvent être d'ailleurs d'un utile concours ; si on les interroge sur les diverses chaux des pays qu'ils habitent, ils ne manquent jamais de désigner les chaux hydrauliques comme les plus mauvaises ; il faut insister pour qu'ils en fassent mention. )>
Analyse des piei^es calcaires. Voir Art de construire, n" 71 .
743. Chaux hydraulique artificielle. Lorsque les recherches et les essais indiqués au numéro précédent ne conduiront à aucun résultat satisfaisant, on aura recours à la chaux hydraulique artificielle, que Ton fabriquera, en réunissant tous ses éléments, par l'un des deux procédés que nous allons examiner.
Le premier de ces procédés, qu'on peut appeler procédé par simple cuisson, consiste à mélanger à du carbonate calcaire, réduit en bouillie, de l'argile dans les proportions qui donnent à la chaux le degré d'hydraulicité dont on a besoin (741). Le mélange, réduit en pains et soumis a la cuisson, fournit de bons produits.
Le calcaire narneux est un calcaire ordinairement friable, facile à
écraser et à réduire en bouillie. Gomme il contient toujours une certaine quantité d'argile, quelquefois même assez grande pour produire de la chaux hydraulique ou de la chaux-ciment, on est obligé, pour déterminer la dose d'argile à y ajouter, de le soumettre préalablement à des essais chimiques ou à des essais de cuisson.
On voit que ce procédé exige que la pierre calcaire soit d'abord écrasée. Comme le calcaire marneux et la craie sont seuls susceptibles d'être soumis économiquement à cette opération, en leur absence, on aura recours au second procédéf qui consiste à mélanger une proportion convenable d'argile à de la chaux grasse éteinte et amenée à l'état de pâte, et à soumettre ce mélange, réduit préalablement en pains, à une seconde calcination.
D'après Yicat, les chaux ordinaires très-grasses peuvent comporter lâlO d'argile pour 100 de chaux ; les moyennes en ont assez de 15 à 10, et 6 suffisent pour celles qui ont déjà quelques propriétés hydrauliques. Lorsqu'on force la dose d'argile sensée anhydre jusqu'à 30 ou 44 p< 100 de chaux sensée vive ou caustique, le produit qu'on obtient ne fuse pas, mais il se pulvérise facilement et donne, lorsqu'on le détrempe, une pâte qui prend très-promptement corps sous l'eau et qui a toutes les propriétés d'une chaux éminemment hydraulique. Les qualités de l'argile peuvent d'ailleurs influer aussi sur les proportions.
Une fois que les proportions des matières qui doivent entrer dans la chaux sont déterminées, on en opère le mélange au moyen d'un manège semblable à celui qu'on employait pour la fabrication des mortiers dans les grands chantiers de construction, et dont nous allons donner les dimensions principales.
Ce manège porte trois roues de 1",80 de diamètre, analogues à des roues de voitures, et dont la largeur de jante est de 0",15 pour l'une et 0",10 pour chacune de deux autres. Ces roues tournent dans une auge circulaire dont la section transversale est un segment circulaire; la roue de 0*,15 de jante suit le milieu de l'auge, et les deux autres suivent des ornières intérieure et extérieure en empiétant de 0*,02 à 0",03 sur celle de la première. L'auge, qui a l",lo de diamètre intérieur, 1 mètre de largeur et 0",38 de profondeur, est dallée en granit, ou mieux en plaques de fonte pour avoir moins de joints. Les roues peuvent s'élever ou s'abaisser dans l'auge, à l'aide de deux oreilles traversées par un goujon horizontal et fixées sur les deux faces latérales des essieux. Tout le système tourne autour d'un goujon vertical fixé et la partie supérieure d'un arbre en bois maintenu solidement en terre. Un rabot en fer, qui a la forme de la section transversale de l'auge, détache dans son mouvement la matière qui peut se fixer aux parois de l'auge. Ce rabot est disposé de manière à pouvoir, s'élever ou s'abaisser librement, selon que la quantité de matière qui se trouve dans l'auge est plus ou moins considérable.
Un tel manège est mû par deux chevaux qui suivent un cercle de 4*,45 de rayon; mais on conçoit que, suivant l'importance de l'exploitation, on peut ne mettre que deux roues au manège, en diminuant la largeur de l'auge en conséquence, et opérer la manœuvre avec un seul
13^ CINQmÈME PARTIE.
cheyal. La roue la pins large est montée sur un des bras du manège, et les deux autres sur un essieu perpendiculaîre aux bras.
Quand le calcaire est écrasé et réduit en bouillie, ou que la chaux est délayée bien égalememt dans Vauget, on y Terse, aussi uniformément que Ton peut, la quantité d'argile convenable, et Ton continue la trituration jusqu'à ce qu'on n'aperçoive plus de parcelles d'argile; alors on ouvre une vanne pratiquée dans la paroi extérieure de l'auget, et la boue liquide qu'elle contient s'écoule dans une fosse pratiquée à proximité, dans un terrain perméable. Qudiques tours de manège après Fouverfure de la vanne suffisent pour que le rabot fasse écouler toute la matière par la vanne.
Delà première fosse, qui doit avoir de 0",60 à"0",80 de profondeur, on fait couler la matière dans une autre, où on lui laisse acquérir une consistance qui permette de la mettre en pains, soit à la main, soit à l'aide d'un moule. On laisse les pains se dessécher à l'air, k la manière des briques, si ce n'est que leur peu de consistance ne permettant pas de les empiler les uns sur les autres en laissant du jeu entre eux, on est obligé de placer chaque étage de pains sur des lattes reposant sur des entretoises horizontales fixées a des montants qui supportent une toiture.
Les pains une fois desséchés k l'air, on les cuit de la même manière que la chaux naturelle, si ce n'est qu'étant moins compactes, ils sont plus facilement pénétrés par la chaleur et exigent un feu moins vif.
Par ce. second procédé, que l'on peut appeler procédé par double cuisson, on obtient aussi de bonne chaux hydraulique à l'aide de sable siliceux très-fin ou de silex réduit en poudre presque impalpable mélangé intimement à du calcaire presque pur, dans la proportion eu volume de 12 à 2^ de silex pour 100 de calcaire. Le degré d'hydraulicité de cette chaux peut varier selon les besoins, si l'on prend toutes les précautions nécessaires pour que le mélange des deux matières soit intime et la cuisson bien régulière.
Le moyen le plus simple et le plus certain pour obtenir Fintimité du mélange consiste k réduire le calcaire en morceaux et k le passer seul au four; à éteindre en poudre la chaux qui en résulte, et k la mélanger a la proportion convenable de sable fin ou de ^lex pulvérisé, d'abord avec la pelle et le râteau, puis, si l'on veut faire mieux, en faisant passer le tout dans un blutoir, et l'on termine avec les meules.
Le mélange étant ainsi rendu le plus homogène possible, on y ajoute une quantité d'eau nécessaire pour en former une pâte assez consistante pour être façonnée en briquettes, que Fon soumet k une seconde cuisson après les avoir fait sécher k Fair pendant plusieurs jours.
Les chaux artificielles ainsi obtenues sont très-homogènes ; elles contiennent de la chaux caustique, un peu de carbonate de chaux, du silicate de chaux, et les oxydes métalliques que le calcaire peut contenir; elles répondent, pour la qualité et le prix de revient, aux chaux naturelles fournies par des calcaires dont Fhétérogénéité oblige à une double cuisson pour obtenir le degré d'homogénéité nécessaire aux bonnes chaux hydrauliques.
MATÉRIAUX EMPLOYÉS DlMi UBS CONSTRUCTIONS. i^9
744. Cuisson de la pierre à choMex, Elle s'opère dmns des fours à fea continu, à Faide de la houille, ou dans des fours à feu discontinu, avec de la houille, de la tourbe ou du hois.
LB,fig. 19, pL II, représente la coupe par Taxe d'us fiour k feu cou* tinn. il a la forme d'un tronc de cône renversé, dont le petit diamètre a au moins 1 mètre, et quelquefois S*,^, comme à Toumay ; le grand diiir mètre varie de % mètres a 6 mètres, et la hauteur, de 3 mètres à ie",80.
Pour charger ce four, ou commence par former dans le bas du tronc de cône une voûte en pierre calcaipe, laquelle est soutenue par deux barres de fer qui forment une espèce de grille. Sur cette voûte on plaoe une couche de houille, et dans le foyer qui est réservé sous la voûte, on enflamme au feu de bois; ce feu allume la prenuèiie couche de houille, de O'",05 à O^O? d'épaisseur, que Ton couvre d'une couche de calcaire de 0",16 à 0",SI2 d'épaisseur, puis d'une même couche de houille, et ainsi de suite, jusqu'à la partie supéorieure du four; mais en ayant soin de ne placer les nouvelles couches qu'au fur et à mesure que le feu s'élève, comme pour la cuisson des briques à la volée (732).
<}i]iand la pierre du bas est cuite, on la fait couler avec un ringard, et on la retire en réglant la vitesse de l'enlèvement sur le temps reconnu nécessaire pour la calcinatiofi de la chaujc; oe temps est ordinairement de 24 à 36 heures. On a soin de mettre de nouvelles couches de calcaire et de houille dans le four, à mesure qne la œaise s'tJOaisse ; le four se vide à peu près par tiers de sa hauteur.
La quantité de houille brûlée varia de 1^0 à S ou 2,25 hectolitres par mètre cube de calcaire. Pour que la caldnation soit égale et facile, on casse le calcaire en morceaux de '5 à 7 centimètres de côté. Pour la chaux artificielle, les pains peuvent avoir de plus grandes dimensions (743).
La cuisson au moyen de la tourbe «exige i^'^&O de tourbe pour i^^QO de pierre calcaire. Ce combustible a Finconvénient de donner trop de cendres, qui fondent avec une partie de la chaux let causent un déchet considérable. Il en «est de même des lignites.
La qualité de la chaux parait d'autant meilleure que la pierre employée est plus dense.
La Jig. 20, p). II, représente la coupe verticale par l'axe du four a cuisson continue employé à Tournay. Ce four a 6 mètres de diamètre à la partie supérieure et 3*,30 à la partie inférieure. Le grand diamètre du tronc de cône, à base supérieure Sirrondie, placé au bas du four pour chasser la chaux cuite vers les huit orifices qui servent à la retirer, a 2'',10. La hauteur totale du four, depuis la base du tronc de cône, est de 10",80.
Un tel four contient 130 mètres cubes de calcaire^ dont les morceaux sont de grosseurs très- variables; il y en a gui pèsent jusqu'à 25 kilog. La chaux reste trois jours dans Le four; on brûle de 1,25 à 1 ,75 hectolitres de charbon de Fresnes, qui est impropre à la fabrication du coke, pour cuire 1 mètre cube de chaux.
On paye 0',36 au chaufournier pour charger le four, surveiller la
cuisson, retirer la chaux du four et la charger en bateau à un relais de distance.
Les voûtes VV forment un carré régnant tout autour du four. Le massif du four présente, en plan, un carré à Tintérieur des voûtes, c'estk-dire en CD, ainsi qu'a l'extérieur en AB. On pénètre sous les voûtes par trois ouvertures, dont deux sont placées sur une même face.
Les tablettes qui forment le sol des orifices par lesquels on retire la chaux font des saillies sous lesquelles on fait avancer les brouettes dans lesquelles on fait tomber directement la chaux ; ces brouettes cubent 1 hectolitre.
Si la charge du four ne de'scend pas partout également, on placé des gros blocs de calcaire mélangés de charbon sur la partie qui ne s'affaisse pas; ces blocs ne se cuisant pas complètement, augmentent la charge dans cette partie, et détachent les morceaux qui se sont accrochés à la paroi. On rend aussi le feu partout uniforme en laissant de plus grands vides entre les pierres que l'on place dans les parties où ils est le moins intense.
La chaux cuite dans ces fours se vend de 7 k 9 fr. le mètre cube, quoique l'extraction de la pierre se fasse k la poudre dans des carrières placées au-dessous de la nappe d'eau, ce qui nécessite des épuisements k l'aide de machines k vapeur.
La pierre contient 10 pour 100 d'argile; c'est un calcaire fétide de la formation oolithique (715).
Les fours à cuisson continue exigent que l'on surveille la marche du feu. Si le vent vient frapper dans la direction de l'orifice du four, il faut masquer cet orifice par des toiles ou des paillassons, car autrement le feu deviendrait trop vif, et la chaux se fritterait.
Dans les localités où la houille manque, on cuit la chaux avec du bois, de la bruyère, de l'ajonc, etc., dans des fours k feu discontinu.
Pour les combustibles à longue flamme, on construit, en briques, ou autres matériaux aussi réfractaires que possible, une vaste chambre, tantôt prismatique, tantôt cylindrique, beaucoup plus haute que large, avec une ouverture plus ou moins étroite par le bas; on la remplit avec de la pierre réduite au volume de petits moellons, et de telle sorte que la charge soit supportée par une ou deux petites voûtes construites a sec, avec les matériaux de la fournée les plus convenables k cette construction. L'entrée de ces voûtes correspond k celle de l'ouverture ménagée dans le bas du four; c'est le foyer où se brûle le combustible, dont la flamme, en s'infiltrant par les vides des petites voûtes, porte de proche en proche l'incandescence dans toutes les parties du chargement.
Le temps que dure la cuisson v&rie, selon l'état hygrométrique du calcaire et la qualité du bois, de cent à cent cinquante heures pour un four de 75 à 80 mètres cubes de capacité. C'est par le tassement de la charge, descendue de 1/6 à 1/5 de sa hauteur primitive, que les chaufourniers jugent la cuisson terminée. Chaque mètre cube de chaux exige en moyenne 1,66 stères de bois de corde, essence de chêne, 22 stères de fagots ordinaires, ou 30 stères de paquets de genêts ou bruyère. Ces
chiffres, on le comprend, peuvent varier d*après une foule de circonstances, dépendent de la qualité du bois, de la grosseur et de la densité de la pierre.
Pour obtenir une bonne cuisson, avec le moins de combustible possible, Petot, inspecteur général des ponts et chaussées, a construit, à Tarsenal de Brest, le four k deux compartiments représenté en coupe verticale par \a.fig. 21, pi. II {Annales maritimes, année 1833). C'est par une série d'essais que Petot est arrivé à cette forme et aux dimensions suivantes, reconnues les plus favorables :
Compartiment inféneur.
Diamètre de la grille l">,9o
Haateur de la grille au-dessus du sol 0 ,50
Diamètre inférieur du compartiment. • 2 ,55
AA diamètre maximum 3 ,55
Distance de AA à la grille 1 ,30
BB sommet de la (iharge cuite, diamètre â ,24
Distance de BB à AA 3 ,00
Diamètre k la partie supérieure 1 ,70
Distance de BB k Touverture du foyer supérieur 0 ,50
Entrée du foyer, 0",40 sui- 0 ,40
Entrée du cendrier, 0",50 sur 0 ,50
Compartiment supérieur.
Diamètre inférieur de ce compartiment S", 30
Diamètre maximum GC. . 2 ,46
Distance de GC au seuil de Touyerture du foyer 1 ,30
DD sommet de la charge cuite, diamètre 1 ,55
Distance de DD à GG 2 ,50
Distance de DD k Torifice supérieur. 0 ,50
Diamètre k Torifice 1 ,00
Épaisseur de la maçonnerie en E£ 2 ,00
Id. id. en FF 1 ,60
Volume de chaux cuite dans le compartiment supérieur. . . 10*^,50
Id. id. inférieur. . . 26 ,50
Largeur des barreaux de la grille 0"*,03
Distance d'axe en axe des barreaux de grille 0 ,04
Pour charger le four, on fait au-dessus de chaque foyer, avec des morceaux de calcaire de 0*,16 à 0",20 d'épaisseur, une voûte en ogive, représentée dans la figure par une ligne pointée. Sur cette voûte, on entasse le calcaire, de manière que les morceaux diminuent en grosseur, depuis le- bas jusqu'en haut, ainsi que du centre au pourtour du four ; " on prend cette précaution afin de rendre, autant que possible, la cuisson uniforme. Des rondins convenablement placés dans la charge laissent, en se brûlant, des cheminées qui distribuent uniformément la chaleur, en la dirigeant vers les parois; il faut éviter d'en placer au-dessus de Topposite de l'entrée du foyer, où le courant d'air qui arrive porte naturellement la flamme.
Le four étant rempli, oh ferme avec de la maçonnerie le vide du cendrier supérieur, en y laissant seulement un petit regard, que l'on ouvre a volonté, pour examiner au besoin les progrès du chauffage à l'entrée du compartiment supérieur.
CINQDIÈHE PARTIE.
Les &gots et le bois refendu conyiennent pour ce chauffage, parce que leur flamme liHigne monte ii travers la charge, et qne,'faisaiit peu de brasier, il y a moins de chance que ta partie inférieure iJu calcaire dépasse le point conrenable de cuisson. On esl quelquefois obligé, au commencement du chauffage, d'allumer quelques fagots dans le foyer supérieur pour faeititer le' tirage.
Jusqu'il ce que toute la masse eoît échauffée, Teau qui se dégage pendant la combustion, ainsi que le carbone entraîné, se déposent sur les pierres froides, qui deviennent noires; vers cette époque du chauffage, il arrive, si le feu est trop ardent, que les pierres éclatent avec bruit ; quand ou entend ces explosions, il convient de ralentir le feu jusqu'à ce que les pierres aient perdu leur eau de carrière.
Chaque charge se compose de quatre fagots de 1 mètre de longueur et pesant chacun de T,50 à 10 kilog. ; on réduit quelquefois ce nombre h trois et d'autres fois on le porte à cinq. On dispose les fagots autour de la grille, en en laissant un dans l'entrée du foyer, de manière que, br&lant par Textrémité, il fournisse la flamme k la partie antérieure du four, et qu'il brftle les filets d'air qui pénètrent par le contour de la porte et le guichet de 9",08 à 0",10 de cCté, placé dans le milieu de la mai;onnerie de cette porte. Ce guichet sert à voir ce qui se passe dans le foyer ; on le ferme à l'aide d'un tampon en terre à brique. Chaque chargement s'effectue quand il n'y a plus que du brasier sur la grille, et que le courant de flamme amaigri permet de voir les pierres de la voûte ; ai l'on attendait trop, l'air froid, dont l'arrivée est constante, refroidirait les pierres.
Au bout des dis premières heure» de feu, I* dépense eu combustible reste à peu près constante.
Tableau ùidiquattt la nurdit de ta cuition; il est anaiogae & celai donné pour la brique (732).
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