MANCHE
Sçhweitser.
Traces.
Si dans Teau de mer on verse de Teau de chaux, il se produit aussitôt du sulfate de chaux et du chlorure de calcium, tandis que la magnésie, rendue libre, se précipite ; le même fait s'observe lorsqu'on place dans l'eau de mer, à l'état frais ou pâteux, un mortier, un ciment ou un mortier de pouzzolane; il se produit encore, pour les mêmes composés parvenus à un degré de dureté très-avancé, quand l'acide carbonique n'a pas agi sur leurs surfaces. Ceci démontre que l'affinité des acides chlorhydrique et sulfurique (des chlorures et des sulfates alcalins et alcalino-terreux de l'eau de mer) pour la chaux est non-seulement assez puissante pour produire ces effets, mais encore pour enlever cette chaux à ses combinaisons avec la silice et l'alumine. Cependant, tous les mortiers ne sont pas également attaqués; quelques-uns peuvent retenir une partie de leur chaux, mais en petite quantité.
Les premières recherches faites sur les causes d'altération de certains mortiers par l'eau de mer ne datent que de quelques années (1842); elles furent provoquées par les grands désastres qui survinrent aux travaux maritimes de Saint-Malo, de la Rochelle et du Havre, pour lesquels, par des raisons d'économie, les ingénieurs firent usage de mortiers composés de nouvelles chaux, de pouzzolanes artificielles et de nouveaux ciments, au lieu de n'employer, comme on l'avait fait jusque-là, que des mortiers d'une eâicacité constatée par une longue expérience.
Les travaux à la mer qui ont résisté depuis longues années, et qui se trouvent dans un bon état de conservation, ont été établis avec des mor*
MATÉRIAUX EMPlOTlfis DANS XCS CONSTRUCTIONS. i4i3
tiers de ponzEolanes naturelles énergiques unies aux chaux hydraulî- ^es ; les mortiers diversement composés de chaux grasses, de pouzzolanes a^ificielles et de sable, que Ton a employé dans un but d'économie, ^se sont ramollis après un temps plus ou moins long, et il y a lieu de «raindre que les autres n'entraînent également la ruine des travaux dans lesquels ils entrent. Quelques combinaisons permettent cependant d>spérer beaucoup; ainsi, k Saint-Malo, M. l'ingénieur Féburier a employé arec succès, depuis plusieurs années, un simple mortier de sable de grève et d'une chaux artificielle de deuxième cuisson d'une grande énergie. A Cherbourg, à Brest et sur d'autres points, on a obtenu, avec le ciment artificiel de première cuisson, composé de craie et d'argile, et connu sous le nom de ciment de Portland, des résultats qui paraissent laisser loin ea arrière tout ce qu'on pourrait obtenir des pouzzolanes d'Italie et des bords du Rhin.
En dehors de l'action dynamique des vagues et de celle du temps, il n'a pas encore été possible de déterminer d'une manière positive les causes des aitéraliosfl remarquées après un temps plus en moins long sur certains composés hydrauliques employés à la mer. On est bien arrivé à déduire de l'expérience chîoiiqne que ces altérations coïncidant presque toujours avec l'existence ea plus grande abondance du sulfate de chaux, elles doivent étie en quelque aorte attribuées à ce sel, formé par l'action, sur la chaux, du sulfate de magnésie de l'eau de mer (760). Mais comme, de son côté, la pratique des faits vient mettre en évidence l'action plus ou moins conservatrice produite par les éléments minéralogiques, botaniques et zoologiques que contient l'eau de mer libre, et par les influences de température, de lumière, d'agitation, de profondeur, etc., il en résulte que jusqu'à présent il a été impossible de donner une appréciation de ces causes et effets de destruction qui ne se trouve pas démentie par quelques faits. Ainsi, l'expérience a souvent démontré que tel mortier qui résistera parfaitement a Alger, sera susceptible de s'altérer à Toulon ou dans l'Océan.
La complication delà question de résistance des mortiers destinés à la mer conduit le constructeur a être très-prudent au sujet des expériences de laboratoire; car elles peuvent très-souvent le conduire à une fausse appréciation de ces mortiers, et si elles sont parfois utiles pour reconnaître les premières réactions des matériaux, elles ne sont pas suffisantes pour qu'on puisse en déduire la résistance réelle des mortiers marins dans l'avenir.
Ce n'est que dans l'expérience du temps, et en plaçant les mortiers d'essai dans des conditions identiquement semblables à celles oii doivent se produire les effets qu'on veut observer, qu'on arrivera a une solution certaine de la question. « Le seul moyen de connaître l'action de la mer sur un nouveau mortier, dit M. Minard, est de l'immerger en mer libre dans les parages où il doit être employé; vouloir suppléer à la mer par des opérations chimiques de laboratoire serait s'exposer k de nouveaux désastres. »
En faisant desessais en mer libre, Tingénieur ou le constructeur d'un
trav ail sous-marin doit apporter tous ses soins k déterminer les propriétés physiques des matériaux à employer, et les proportions dans lesquelles ces matériaux entreront dans leur mélange. Ces considérations ont une très-grande importance pour la conservation des ouvrages en mer. Ainsi, Texpérience démontre fréquemment qu'en dehors de l'affinité chimique des matériaux entre eux, il arrive que des traces d'altération se produisent dans certaines maçonneries pour lesquelles on a fait usage de sables, de cailloux ou de moellons calcaires, susceptibles d'une dilatation ou d'une contraction très-variable selon la température du lieu où ils se trouvent placés, tandis qu'aucun indice d'altération ne se remarque dans des maçonneries placées dans les mêmes conditions, hourdées à dosage égal d'une même chaux ou d'un même ciment, mais faites avec des sables, des cailloux ou des moellons granitiques ou quartzeux.
Les proportions de chaux, de ciment et de sable à faire entrer dans la composition du mortier destiné à être employé k la mer doivent être, dans tous les cas, établies de manière que la quantité de pâte soit à très-peu près égale au vide du sable quand il s'agit de mortiers ou de bétons qui ne sont immergés qu'après la prise à l'air; si, au contraire, l'immersion doit être immédiate, on augmente la quantité de pâte d'environ 15 pour 100, afin de parer à la perte de pâte produite parle délavage et la formation des laitances.
Pour les maçonneries de béton ou de moellons, la quantité de mortier doit être réduite k celle strictement nécessaire pour envelopper et relier parfaitement entre -eux les cailloux ou les moellons. Pour le béton, cette quantité ne doit pas excéder le volume des vides des cailloux, augmenté de 1/10 environ quand il s'agit d'une immersion immédiate. Pour les maçonneries de moellons, cette quantité doit être réduite à la plus stricte limite par un parfait agencement des matériaux employés; en effet, on a observé que plusieurs éclats de pierre, reliés entre eux par un joint en mortier de chaux très-peu hydraulique n'excédant pas 2 à 3 millim. d'épaisseur, étaient susceptibles de rester indéfiniment soudés entre eux, bien qu'immergés dans l'eau de mer après la prise du mortier k l'air, tandis que des éclats de même pierre, reliés entre eux "iavec le même mortier et immergés dans les mêmes conditions, mais l'épaisseur des joints étant de 0",01, n'étaient pas susceptibles de rester immergés plus de 15 k 20 jours sans que la décomposition du mortier eût lieu, et que les éclats fussent séparés.
Jointe à la condition d'économie et à celle d'augmentation de densité, cette dernière considération paraît de nature k faire préférer, pour les travaux à la mer, les maçonneries de moellons k celles de béton, tant que cette dernière n'est pas motivée par une immersion immédiate avant la prise du mortier.
Les eaux de la Méditerranée paraissent posséder à un moins haut degré les causes de destruction des mortiers que celles de l'Océan et de la Manche : cela est dû sans doute k leur composition, qui paraît être un
peu différente, à leur température plus élevée de 4 à 6 degrés, et à leurs courants 4 fois moins rapides sur les côtes.
Mortiers magnésiens de M. Vicai fils^ ancien élève de TÉcole polytechnique. L*action des sels de magnésie de Teau de mer sur les silicates et aluminates de chaux des mortiers à base de pouzzolane conduisit naturellement à essayer la voie synthétique, c'est-k-dire k remplacer dans ces mortiers la chaux par la magnésie. Les expériences entreprises par M. Vîcat fils ont clairement démontré que les pouzzolanes artificielles produites par la cuisson normale des argiles pures réfractaires, des argiles kaolines et de quelques roches amphiboliques décomposées, ont toujours, avec 1 5 ou 20 p. 1 00 de magnésie, parfaitement réussi, et sont arrivées, en 4 k 5 mois d'immersion, k des ténacités de 5 à 10 kilog. par centimètre carré. Dans quelques cas même, la prise de ces nouveaux mortiers s'opère plus rapidement que celle des mortiers correspondants k base de chaux grasse et de pouzzolane.
Ces mortiers magnésiens, outre que leur durée en mer serait k la fois Indépendante des encroûtements et des transformations par substitution de principes, auraient sur les mortiers à base de chaux Tavantage de pouvoir être employés frais et immergés k Fétat pâteux à des profondeurs quelconques k travers Teau de mer. Mais leur emploi dans les constructions maritimes ne deviendra possible que lorsque la magnésie pourra s'obtenir à un prix acceptable pour les grands travaux, soit qu'on la sépare des dolomies, soit qu'on l'extraie des eaux mères des marais salants.
764. Dans les chantiers de maçonnerie on distingue {Art, n" 1 à 22) :
!• Les manœuvres ou garçons maçons. Ce sont les ouyricrs employés au gftchage du plâtre, à la fabrication du mortier et .du béton, et k la manœurre des matériaux sur les ateliers ; c'est par là que commencent les apprentis maçons. Les manœuvres employés au transport de la pierre de taille prennent le nom de 6flrdeurs. On donne le nom de terrassiers aux manœuvres occupés k la fouille des terres; 2» Les maîtres garç(ms. Ce sont des garçons qui ont fait preuve d'intelligence et de zèle, et que les chefs d'atelier choisissent comme aides pour les remplacer dans diverses circonstances. Quand un maçon passe chef d'atelier, il choisit souvent son garçon pour en faire son mattre garçon ; 3* Les maçons, appelés maçons limousins k Paris. Ce sont des garçons ou maîtres garçons qui se sont mis à faire toutes les maçonneries en moellons, meulières, etc., ainsi que les rejointoiements, les rocaillages, les crépis et les enduits grossiers ; 4* Les maçons à plâtre. Ce sont ceux qui, dans les localités comme Paris, où Ton fait un très-grand usage de plâtre, terminent les bâtiments élevés par les maçons limousins. Ils font tous les travaux de plâtrerie désignés plus particulièrement sous le nom de légers ouvrages Dans les localités où le plâtre est rare, on ne l'emploie que pour faire des plafonds, des corniches, etc., et les ouvriers qui le mettent en œuvre prennent le nom de plâtriers ou plafonneurs; 5* Les tailleurs de pierre, occupés k façonner ou tailler les -pierres, d'après le tracé
de l'appareilleur ; ô* Les poseurs de pierre, chargés de mettre en place les pierre de taille. Pour lever,
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bîller <m caler ses pierres, le posev se fait aider par on maçon iatelligeiit qui
prend le nom de contre-poseur; *
7* Le maître compagnon ou chef d'atelier. C'est remployé chargé de diriger tous les
maçons et garçons d'an même chantier; 8» Le commis on conducteur de travaux. Cest TemploTé chargé de eonseîDer pln-
aieiifs maîtres compagnons et appareiUeiDrs (772), et d'en surveiller les ateliers; 9* Le tâcheron. C'est un ouTrier ou un employé auqnd an entu^reneor oède une