partie de son entreprise, ordinairement de main-d'œuvre seulemenL
76o. On donne le nom de maçonrteriehxm ouvrage quelconque composé de pierres natnreUes eu artificielles plus ou moins grosses, reliées par du mortier, du plâtre, de la terre, ou simplement posées à sec en liaison les unes avec les autres. Il y a aussi la maçonnerie de pûe, qui est faite en terre battue et desséchée sur place.
La maçonnerie de pierres se fait en pierre de taille, en moellons, c« briques, etc., posés par assises régulières ou irrégulières.
Dans la maçonnerie de moellons ou de meulières à assises régulières, on distingue c^le oik ces matériau:! sont posés bruts, ce qui donne la maçonnerie dite Umosiimge (on se contente d^alîgner le parement au mur au cordeau, d'ébousîiier les lits et de faire quelquefois sauter a^ec le marteau les aspérités q«i rendent par trop irrégulières les faces horizQBtaies -et la face appatreate des mt^ellons), et celle où Ton a taillé préalablement les matériaux, de manière à leur donner une épaisseur régulière dans chaque assise.
La maçonnerie de moellons ou de meulières à assises irrégnlièrespeut se faire en posant lesmoellons à la main et de manière à parementer le mur, elle prend encore le nom de limosùiage; ou sans même prendre cette dernière précaution, ce qu'on fait généralement pour les fondations et pour les murs adossés à un terre-plein; dans ce cas, elle prend le nom de maçonnerie de blocage. On appelle aussi blocage le remplissage en éclats de pierre qu'on £ait à rintérieur des murs, entre les pierres ou moellons taillés qui forment les parements, et qu'on place à bains de mortier. La maçonnerie de blocage est d^autant meilleure qu'on proportionne mieux les dimensions des pierres à celles des espaces qu'elles doivent remplir, et qu'elles sont mieux enveloppées d'une couche de mortier sur toute leur surface. Dans la maçonnerie de moellons à as^ sises irrégulières, on peut ranger celle formée de pierres cassées jetées sans précaution, pêle-mêle avec le mortier; c'est la maçonnerie de béton (761 et 78S).
766. Maçonnerie de pisé. Cette maçonnerie économique se fait avec de la terre que Ton comprime simplement suç place, ou que Ton transforme quelquefois préalablement en moellons factices.
Toutes les terres qui ne sont ni trop grasses ni trop maigres sont propres à faire le pisé ; la terre argileuse, dite terre franche, un peu graveleuse, est la meilleure. Toutes les fois qu'avec une pioche, une bêche ou une charrue on enlève des mottes de terre qu^il faut briser pour les désunir, cette terre est bonne pour piser. Les terres cultivées, les terres de jardin, les terres naturelles, formant des berges qui se son
MAÇOMSERÏES. i417
tiennent presque à aplomb ou avec peu de talus, peuvent être employées avec succès.
L'argile et le sable seuls ne peuvent convenir à la fabrication du pisé; mais en les mpélangeant ensembie et en y ajoutant un tiers de terre frandhe, on peut obtenir du bon pisé.
Lorsqu'on a une terre sablonneuse sans argile, on Farrose avec un lait de chaux; lorsqu'on n'a que peu d'argile et beaucoup de terre sablonneuse, on lait une bouillie d'argile, et l'on en arrose la terre faible ; ces mélanges donnent aux terres un liant qui les rend très-propres à être utilisées.
Préparation et essai de la terre. Pour préparer la terre, il faut l'écraser et ia faire passer au travers d'une claie moyenne pour en extraire les pierres pltfe grosses qu'une noix. Si la terre est trop sèche, on la mouille par aspersion, en la remuant à mesure avec une pelle pour l'humecter également. Il suffîi; qu'elle soit un peu humide, de manière qu'en en prenant une poignée, elle puisse, ea la jetaai sur le tas, conserver la forme qu'on lui a 4onnée en la pressant un peu dans la main. Il faut éviter de la détremper; l'état le plus oonvenable est a peu près celui où on la trouve en bonoe saisoa, danâ une fouille de quelques décimètres de profondeur.
La terre ne doit contenir aucune partie v^gélale, qui, en se pourrissant, formerait des vides, causes d'affaiblissement.
Pour essayer une terre qu'on désire employer, on fait un moule en bois presque cubique de 0",50 d'arête, mais un peu plus large du haut que du bas, et l'on y tasse de la terre par couches de O'°,10 d'épaisseur. Lorsque le moule est rempli, on le couvre de planches et on le met k l'abri; au bout d'une semaine, la terre a fait retraite, on la sort du moule. Quelques mois après, on examine si sa consistance a augmenté ou diminué, et de cet examen résulte l'emploi ou le rejet de la terre.
Exécution de la maçomierie de pisé. Quand la terre est préparée, on la comprime sur place, et par parties, dans une espèce de moule ou encaissement mobile formé seulement de deux parois latérales en planches. Des cadres formés de traverses et de montants en bois main- . tiennent extérieurement ces parois à une distance Tune de l'autre égale a répaisseur qu'on veut donner au mur. Cette distance est réglée a l'aîde de coins qui permettent de démonter ou remonter facilement l'encaissement.
L'encaissement a ordinairement de 3 mètres k 3",50 en longueur, de 0*,90 a 1 mètre en hauteur, et de 0",8« à 0",60 en largeur. Les parois de rencaissement se somment hawches^ et le pisé remplissant rencaissement forme une handiée.
Le pilon ou piêoir servant à comprimer la terre est une masse de bois dont les dimeAsioAs et formes diifèrent peu d^s suivantes : hauteur, e",27; base supérieure, cercle de ©",108 de diamètre; section a 0*,il au-dessous de cette base, rectangle de 0",i€2 sur 0",135. A partir de cette «ection, qui se raccorde avec la base supérieure circulaire par des adaucr»8ei»ents, ie bas de la masse prend la forme d'un coin dont les
1418 CINOUlAliE PARTIE.
deux faces sont taillées suivant des courbes allongées se raccordant iuférieurement par un arrondissement de 0",©27 de diamètre formant la base inférieure du pilon. La partie* inférieure et méplate du pisoir, de laquelle l'ouvrier frappe la terre, est la plus essentielle ; elle doit être bien unie et lisse. Les bons piseurs se font un mérite d*avoir un pisoir bien fait et commode, qui puisse frapper la terre dans tous les points de rencaissement. On choisit pour faire cet instrument un bois dur et liant, tel que les racines de frêne, d'orme, de noyer. Sa hauteur totale est de i*,33, y compris le manche, qui a0",033 de diamètre par le haut et 0",027 au point où il pénètre dans le centre de la base supérieure du pilon. On fait usage du pisoir en le tournant à chaque coup, de manière à croiser les traces qu'il imprime sur la couche de terre, et àlamassiver également dans toute son étendue. Dans quelques localités, le pisoir a simplement la forme d'un cône tronqué.
Les banches étant bien ajustées et leurs parois intérieures placées dans les parements du mur, on étale sur le fond de l'encaissement, après ravoir bien nettoyé et légèrement arrosé, une première couche de terre de 0",10 environ d'épaisseur uniforme, et à l'aide du pisoir on la bat ou massive jusqu'à ce que son épaisseur soit réduite à0",05 ou 0",06, moitié à peu près de l'épaisseur primitive. Cette première couche comprimée, on en ajoute une seconde égale à la première; on l'étalé et la comprime de même, et l'on continue ainsi de suite jusqu'à ce que l'encaissement soit rempli.
Lorsqu'on commence un mur, pour former la première banchée, on met à l'une des extrémités de l'encaissement une paroi en planches maintenue par un ou deux sergents de menuisier. L'autre extrémité de la banchée, du côté où rencaissement n'a pas de fond, s'incline à 60* environ pour faciliter sa liaison avec la banchée suivante.
La première banchée finie, on fait sauter les coins, on démonte l'encaissement, on retire les traverses, et Ton remonte cet encaissement à la suite de son premier emplacement, mais de manière que les banches recouvrent entièrement les faces latérales de la partie inclinée de la première banchée. On fait alors la seconde banchée en opérant comme pour la première, et l'on continue ainsi de suite pour toute l'assise, que Ton termine en replaçant la paroi qui ferme l'extrémité de l'encaissement.
On construit toutes les autres assises de banchées en opérant comme pour la première, mais en commençant chacune d'elles à Textrémité où Ton vient de finir l'assise immédiatement inférieure, afin que les joints des banchées soient inclinés en sens contraire dans deux assises en contact. Comme dans toutes les autres espèces de maçonnerie, on a soin d'éviter que deux joints montants, quoique inclinés, se correspondent dans deux assises voisines de banchées. En serrant de plus en plus les coins des traverses, à mesure que la construction s'élève, on donne un fruit convenable à ce genre de maçonnerie. Ce fruit est ordinairerement de 7 à 8 millimètres par mètre de hauteur pour chaque pare-
MAÇONNERIES. Ui9
ment. Les trous laissés dans le mur, par suite de Tenlèvement des traverses, se remplissent avec de la terre.
Quand la terre est à pied d'œuvre, deux ouvriers habitués à ce genre de travail font environ de 8 à 9 mètres cubes de maçonnerie de pisé dans une journée de 42 heures.
Les jambages des portes et croisées ne se font généralement pas en pisé; on les fait en pierre de taille, en moellons, en briques ou en plâtre. Quant aux linteaux, ils se font ordinairement en bois; on les posé dans rencaissement en faisant le pisé. Ils peuvent aussi être faits en pierre de taille, en briques ou en moellons.
Conservation et consolidation des constructions en pisé. Lorsque les murs en pisé sont bien faits, ils ne forment qu*une seule pièce, et Iorsqu*ils sont revêtus a l'extérieur d'un bon enduit, ils peuvent durer plusieurs siècles. Un ancien château du département de l'Ain, que Rondelet fut appelé à restaurer en i764, était bâti en pisé depuis plus de 150 ans; les murs avaient acquis une dureté et une consistance égaler à celles des pierres tendres de moyenne qualité, telle que la pierre de * Saint-Leu. On fut obligé, pour agrandir les ouvertures des croisées .et faire les nouveaux percements, de se servir de marteaux à pointe et tranchant, comme pour la pierre de taille.
Lorsque les murs en pisé sont achevés, il faut, avant de les recouvrir d'un enduit, soit de plâtre, soit de mortier, les laisser sécher pendant un certain temps, qui dépend de la température du pays et de la saison où ils sont faits.
L'expérience a montré que dans un pays tempéré, tel que le département du Rhône, des murs en pisé de O'yiO à 0'",54, achevés vers le commencement de mai, étaient assez secs à la fin de septembre pour être recouverts d'un enduit, et que ceux achevés en juillet et même en août peuvent encore être enduits avant l'hiver; mais que ceux finis plus tard exigent au moins six mois de dessiccation. Le vernis ne doit pas être appliqué pendant les temps de gelée, et il convient même que le temps ne soit ni humide ni pluvieux.
Quoique le pisé soit formé avec de la terre k peine humectée, il est cependant prudent de ne pas appliquer l'enduit sur les murs qui en sont faits sans être assuré que le milieu est sec. Le pisé fait pendant les grandes chaleurs est bientôt sec à l'extérieur; mais l'humidité se conserve au centre, d'où elle s'échappe lentement en se portant peu à peu à la surface, dont elle sépare par grandes pièces l'enduit fait trop tôt. Il ne faut pas craindre de laisser le pisé quelque temps à Vair quand il a été bien fait (soit au moins un an), parce que, plus il est sec, mieux l'enduit s'y attache. Rondelet rapporte avoir vu dans le département de risère des maisons fort anciennes en pisé, qui n'avaient jamais été enduites à l'extérieur, et qui cependant avaient résisté à toutes les intempéries de l'air.
On augmente beaucoup la consistance du pisé, lorsqu'au lieu d'eau pure pour humecter la terre, on emploie un lait de chaux. Dans les additions faites par Rondelet au château cité ci-dessus, se trouvait un
1420 GINaUIÈM£ PAaiIE.
grand corps de logis semi-double, élevé de deux élia^eâ aiA«-des$us^ ds rez-de-chaussée, et d'un grenier au-dessus, avec combte à deux égoate couverts en tuiles creuses. La terre a employer ayant paru ua peu sèche et de médiocre qualité, pour obvier a cas in«onvéiiients, Rondelet s'avisa, après avoir fait écraser la terre comme à l'ordinaire et passer à la claie, de la. faire humecter avec du lait de chaux au lieu d'eau pure. Ce moyen simple produisit un pisé- qui avait plus de fermeté et de consistance que celui fait avec la meilleiaire terre. Ses surfaces étaient tellement dures et lisses, qu'on put se passer d'enduits pour plusieurs autres petits bâtiments et dépendances construits par ce procédé ; on se contenta de blanchir les surfaces avec de la ckaax. Quant aux grands corps de logis, les murs furent revêtus d'enduits ea mortier de chaux et sable, parce qu'ils faisaient suite aux appartemeats du château, et à, le voir, on n'aurait jamais deviné que^ce fût une construction en terre.
Les enduits sur le pisé se font en chaux et sable, ou en plâtre, au en blanc en bourre. Un enduit formé d'un^ partie de chaux pour quatre parties d'argile, et d'une quantité de bourre suffisante pour en parsemer toute la masse, rend le pisé convenable pour résister à l'actioa destructive de l'air et de la pluie.
Ces enduits tiennent très-bien lorsqu'on, a eu la précautio^a de piqueter la surface du pisé bien sec, et de L'humecter légèrement. Ils peuvent être un crépissage ou un rustiquage, ou un véritable enduit à une ou deux couches, que l'on supprime parfois pour lisser alars les murs et les blanchir à la chaux.
Pendant la dessiccation du pisé, comme après son achèvement, le pisé doit être soigneusement défendu contre les eaux pluviales, d'abord par des planches dont on le recouvre, et ensuite par une toiture bien entretenue.
Pour les maisons, et même pour les murs de clôture, une fondation, en maçonnerie de moellons, s'élevanlde 0'°,25 a 0",60 aurdessus dusoU empêche l'humidité de celui-ci de détruire la cohésion du pisé.
Les murs de clôture en pisé sont ordinairement recouverts d'un toit en chaume faisant saillie de O'",!^ à 0",15. sur les parements. On maintient ce toit en place en le chargeant d'une espèce de chaperon en terre, que l'on renouvelle de temps a autre.
Pour des maisons en pisé en plusieurs étages, on rend les murs solidaires entre eux au moyen de pièces de bois de faible équarrissa^e, reliées entre elles et posées à plat dans les murs d« reland et de face. Quelquefois on construit les angles en moellons; mais alorç le tassement inégal des différentes parties de la construction est une cause grave de destruction. On pourrait augmenter La solidité du pisé, en plaçant dans Tintérieur des murs, à diverses hauteurs, des lattes ou des verges disposées horizontalement dans le sens longitudinal.
Constructions en jpisé. Le château construit en pisé, et dont nous avons parlé plus haut, montre que l'on peut étabiir avec cette matière des constructions d'une certaine importance* Bans les départeoftents de
MAQONIIKIIIBS^ . 14SH
TAin, du Rh6ne et de Th^e, an construit en pisé des maisoDS à ^nsieucs étages.
Le pisé est applicable à presque tontes les constractiMis rujrales ; il présente même quelques avantages : il est incombustible, mauvais conducteur de la chaleur, et de plus très^économique.
Il convient bien pour les murs de clôture; mais quoiqu'il acquierre assez de dureté, il n'offre pas une résistancf^ suffisante pour ki construction de grands bâtiments, et les animaux rongeurs s'y creusent facilement des retraites.
Les climats méridionaux, sont plus favorables à la durée du pisé que ceux du nord. On en fait beaueorup usage dans les départements de TAin, du Rhône et de Tlaère, et autres lieux ou le sol argileux ne fournit pas de pierre, et cette Hiaçoimerie économique^ qui forme des bâtiments solides, à l'abri des incendies, mérite d'être propagée partant où l'on eonslruit en boi&, surtout pour les granges et autres bâtiments ruraux.
767. Bauge ou torchis. On désigne ainsi une espèce de pisé formé de terre franehe (766), humectée, gâchée avec du foin ou de la paille pour l'eœpéeher de fendiller, et que l'on pose dans remplacement du mur, non à Taide d'un encaissement comme on le fait pour le pisé, mais simplement à l'aide d'une fourche ordinaire, qui sert en même temps à dresser les pare»ients, dont la position est fixée par des cordeaux tendus.
La bauge ou torchis se pose par couches horizontales, qu'on laisse se raffermir avant de poser les couches supérieures, tout en ayant soin de les rafraîchir un peu pour qu'elles se relient avec les nouvelles. On lisse les parois des murs avec la truelle, et quand la bauge est sèche on y applique un enduit en plâtre ou en chaux et sable.
On emploie la paille et le foin dans leur longueur, ou hachés à 0*,10 ou 0*^,15 de longueur. Le foin paraît préférable à la paille entière ou haehée,r'ct la paille hachée préférable au foin haché.
La bauge ne peut être employée que pour des murs de cl4^ture ou des parois de bâtiments légers et très-peu élevés. £ile a peu de solidité et elle est très-hygrométrique; elle ne vaut pae le pisé, mais elle demande moins de maint-d'œuvre. Pour assurer un pen de durée aux murs en bauge^ il faut les faire reposer sur une fondation en pierre s'élevant au moins à 0'°,25 au-dessus du sol, et les abriter a U partie supérieure contre la pluie par un toit ou un chaperon.
On se sert encore de bauge pour boucher les interstices entre les pa^ rois en colombages des constructions^ et aussi pour charger les planchers auxquels on veut donner un peu d'épcûsseur,. aftn de les rendre impénétrables» soit aux émanations gaseuses, soit aux variations de température.
Un premier mode consiste k prendre des bardeaux ou bourrelets en bois d'une longueur supérieure à Fécartement des solives du plancher, a les entourer d'un lien fait en bauge consposée de foin brisé, mais non haché ; on en forme ainsi des quenouilles, qu'on acet^e les rnies aux autres poui rem|dir les^ intervalle0< des solives.
1422 crNQuiènfi partie.
Le second mode consiste à placer les bardeaux nus à côté les uns des autres, et aies couvrir d'une couche de bauge, qu*on égalise par-dessus. On donnerait moins d'épaisseur au plancher en clouant des tasseaux sur les côtés des solives, et en faisant reposer les extrémités des bardeaux ou des quenouilles sur ces tasseaux. Dans tous les cas, aussitôt que la bauge est un peu séchée, on la bat légèrement pour boucher les fissures qui se forment pendant la dessiccation, puis on applique dessus une couche de 0",05 environ en nouvelle bauge, dont le foin est haché très-fin ; on bat encore plusieurs fois cette nouvelle couche au fur et à mesure qu'elle se dessèche, pour empêcher les fentes; on obtient ainsi une aire en terre suffisante pour les locaux destinés, par exemple, aux fourrages. Si l'on devait carreler ou planchéier, cette seconde souche serait inutile, surtout lorsque les bardeaux sont placés entre les solives ; il suffirait de remplir les vides entre celles-ci.
Les constructions en bauge ou torchis se remarquent principalement dans les départements de la Somme, de TOise, de FAisne et de la Marne.
768. Pisé en béton. Dans son ouvrage intitulé Matériaux de consiruc-^ tion de V Exposition universelle de 1855, M. Delesse cite deux bétons économiques de M. Goignet, qu'on utilise delà même manière que le pisé ordinaire en terre (766), qu'ils sont destinés à remplacer.
Le premier de ces bétons, dit économiquey est composé,' en volume,
de:
Chaux non délitée 9 parties,
Terre argileuse crue 27 —
Sable et gravier 64 —
Pour 100 parties.
Ce béton se rapproche du pisé par la terre argileuse crue ; il en diffère par la chaux, qui lui permet de résister beaucoup mieux à l'action de l'eau. Toutefois, des bétons semblables avaient déjà été expérimentés antérieurement, et les résultats qu'ils ont donnés n'ont pas dû être satisfaisants, car leur emploi ne s'est pas propagé.
Des expériences, dit M. Delesse, sont encore nécessaires pour être fixé sur la durée de ce béton, bien qu'il soitjcertainement économique. Une conviendrait pas dans les villes, mais il pourrait y avoir avantage à l'employer dans les campagnes pauvres et dans les climats ou les constructions ne seraient pas exposées à une humidité prolongée ; il devrait être proscrit, au contraire, dans tous les lieux exposés aux inondations, car il n'y résisterait guère mieux que le pisé ordinaire.
Dans le second béton, dit dur, la terre crue est remplacée par des matières calcinées jouant le rôle de pouzzolanes artificielles (752). Il se compose, en volume, de :
Chaux grasse ou hydraulique non délitée 13 parties,
Cendres de houille pilées 9 —
Terre argileuse cuite et pilée 8 —
Sable et gravier 70 —
Pour 100 parties.
MAÇONNEIIIES. 1423
11 est facile de voir, d'après les proportions de la chaux et des matières calcinées qui lui sont ajoutées, que leur mélange doit donner un ciment énergique; le béton dur n'est donc autre chose qu'un béton de ciment. Il en a d'ailleurs les propriétés ; car sa prise est rapide, et au bout de quelques jours il acquiert une grande dureté.
769. Pisé dit béton aggloméré. Depuis quelques années, M. Goignet exploite, sous le nom de béton aggloméré, un pisé composé de sable, de chaux en poudre et de ciment, qu'il substitue non plus au pisé proprement dit, mais bien aux maçonneries ordinaires. Il en a construit l'église du Yésinet, Sou 10 maisons de Paris, des égouts de la même ville, des aqueducs de dérivation d'eau, etc.
M. Goignet fait de grands efforts pour vulgariser cette espèce de maçonnerie, à laquelle le temps ne tardera pas à faire la part qui lui est réservée dans la pratique. Les bons effets obtenus depuis déjà bien longtemps, en 1820 au canal Saint-Martin par exemple, avec des bétons ou mortiers maigres parfaitement malaxés et pilonnés, et cela sans faire usage d'appareils spéciaux, peuvent faire espérer, surtout aujourd'hui qu'on a des ciments de Portland dont la faible dose 1/15 en volume communique encore au mélange bien pilonné la propriété de durcir à un haut degré, que la préparation du nouveau pisé n^exigeant plus un matériel trop dispendieux et son application des soins trop minutieux, cette matière sera adoptée dans bien des cas ; mais ce serait se faire illusion que de supposer qu'elle peut remplacer nos bonnes maçonneries dans la généralité des constructions.
D'une notice que vient de nous adresser M. Goignet, nous extrayons ce qui suit sur la préparation et la pose du béton aggloméré.
Ge mode nouveau de construction consiste à opérer un mélange d'une grande quantité de sables quelconques, d'une faible quantité de chaux hydraulique, avec ou sans addition, selon les cas, d'une minime quantité de ciments lourds à prise lente, dit génériquement de Portland; à soumettre ce mélange à peine humecté de quelques centièmes d'eau à une trituration énergique et prolongée, exercée avec compression au moyen de machines spéciales, jusqu'à ce que ce mélange, malgré la très-minime quantité d'eau employée, soit amené à un état caractéristique et nécessaire de pâte pulvérulente ou poudre pâteuse ; et enfin à verser ce mélange par couches minces dans des moules, où il est aggloméré par le choc répété d'un pilon.
Si le moule est établi sur la construction même, on obtient une maçonnerie plus ou moins monolithique ; si l'on agglomère, au contraire, dans des moules mobiles, on obtient de la pierre artificielle.
Par ce mode de traitement, on vingtuple,- et au-delà, l'intensité de prise des chaux. Ainsi, par exemple, si l'on faisait un mortier ordinaire très-maigre, de trois à quatre parties de sable et une partie de chaux en poudre éteinte pac aspersion, si l'on coulait ce mortier dans un moule pour en faire un cube, en premier lieu il faudrait des semaines et des mois pour que ce cube pût être démoulé, et après une année entière, si ce bloc n'avait pas été détruit par les gelées ou l'ardeur du
liti CINQClAmC MKYIE.
soleil, il suffirait du moindre eboe pour le faire tomber en poussière ; taBdis que, par raggiomération, ce même bloc pourrait être démoulé séftfYce tenante, il résisterait d*uae manière absolue aux gelées et à tontes les intempéries, et enfin il oifrirait, après quelques mois, une résistance a Técrasement de 100 kilog. et plus par eentîmètre carré. D'après des expériences de M. Michelot, avec le dosage en volume :
Sable 5 parties, ehaux en poudre 1 et ciment lourd Ûyâa,
on obtient un béton qui résiste a 200 kilog. et plus h l'écrasement. Pour le dosage :
Sebie  patrtkss, chaux 1 et ciment û,50,
la résistance s'élève à 300 kilog. et plus. Enfin, avec le dosage :
Sable 5 parties, chaux 1 et ciment f ,
la résistance atteiet jusqu'à 500 kilog. et pins.
Cette résistance résultant de l'aggloméraiion va sans cesse en augmentant, saifcs aucune défaillance, oontraireiment à ce qui.se passe ordinairement.
L'influence de raggiomération se produit sur tous les saèleSy toutes les dftaoïx, tous les ciments ; cette influence est si grande, qu'en opérant sur des sables de mauvaise qualité et miT^me salis par l'argile, ou sur des chaux et ciments médiocres, on obtient néanmoins de boDues maçonneries ; mais si l'on opère avec de bons Maatériaux, ou mieux encore avec des n^atériaux de premier choix, on réalise alors une dureté, une résistance supérieures à celles des meilleures maçonneries.
La composition du béton agglo'méré employé poiur construction d'égoûts est :
Sable de rivière de bonne qualité. . 5 mètres cubes,
Chaux hydraulique en poudre I mètre cube,
Ciment hmrd de Paris considéré comme équivalant SH ciment de Porti&nd (754) 230 kiiûfiDammcs.
Après avoir cité plusieurs constructions entièrement en. béton aggloméré, M. Goignet appelle l'attention sur une application plus resli*einte, k savoir la construclion des fondations, voûtes et sous-sols de maisons de toutes hauteurs. La on réalise la perfection même : âoiidité à toute épreuve, absence de tassement, beauté de la forme» netteté des parois quoique sans enduits, réduction du cube, économie dans la dépense, hardiesse inouïe des voûtes.
L'application du béton aggloméré à la construiCtion des tuanels et souterrains réalise, dit M. Coignet, une grande supériorité sur les maçonneries ordinaires. Ainsi, tandis que ces dernières laissent des vides derrière les parois ou aunles&us de la voûte, le béton aggloméré sous raetioo du pilohrefoule les terres ambinnies, les compjrime et remplit
«MiçoiiniBiiiBB. i4Sg5
tous les «videfs ; oe qui empêche les inâttratîoiis «t {>pocare le maxiiMuii ^e résifi^aiice.
Les enduits ont une épaisseur qui atteint sMiTent plusieurs oeMlâ' mètres ; Ito coûtent fort cher, et ont ipour principal défaut, surtout ^ttBBd OB les «pfyliqno sur des maçomiepies de béton aggloméré, de lendre à s'en détacher, par inégalité de dilatatiott, et de se fendsUer quand le ciment employé n'est pas de toute fNrennère qualité. Pour le viaduc dela^aiine, M. Coignet a obten« Félaiichéité en substituant à fendvît épais un simple glacis de ciment à prise lente, frotté, lissé à la iroelle a<ree énergie-; oe glacis n'ayant pas un taillimètre d'épais* «enr, pénètre dans les pores, fait corps «rec la maçonnerie et reseemMe, jusqu'à un certain peénty-à on servis de faience. ATessai, la peifte d'eau a été nulle. »
Ce moyen d-o4)teRir l'étafiiichéité est d'un grwnd avantage pearla construction des citernes, bassins et réservoirs, poumru qu'ils soient con^ struYts en béton aggloméré.
A ce qvi précède, nous ajouterons ^e les maçooneries en béton aggloméré doivent ôtre pilonnées dans le sens des efforts qu'elles auroivt à supporter ; ainsi, pour une voûte, le pilonnage doit se faire le mieux f>ossible normalement aux faces des voussoirs que remplace le béton. Sans cette précaution, les surfaces s'écaillent promptement.
Pour les égouts, on ne fait pas d'enduit; on laisse les «parois intérieures avec le lisse que laissent les encaissements. C'est en partie k cette circonstamce que les égouts construits en béton aggloméré doivent de manquer de sonorité, ce qui est un grave inconvénient, quand, comnoe k 4^aris, on ouvre instantanément des vannes de retenue pour que loutes ies immondices soient entraînées par le liquide. Tl y a k craindre -^ue des ouvriers occupés à une certaine distance en aval d'une vanne, n'entendent pas le son que tire d'une trompe un autre ouvrier AU moment >e^ il va 'ouvrir la vanne, et qu'ils ne soiemtpss garés quand -arrive la crue.
770. Maçonnerie de pierre de taille. On donne le nom de pierre de faille aux (blocs de pierre qu'un seul homme ne peitt>n<i manier, ni porter, «t'que «pour employer <on dresse au moins aur Jtes faees. apparentes ainei que sur les lUs.
'Les ^o^tft sont les gros Uocs de pierre qn^on emploie bruts ou grossièrement dressés sur les faces pour la fon<iation des édifices.
I}ne pierre doit toujours avoir deux faces normales k la direction ée Feffort qu'elle supporte et qu'elle transmet ; ainsi dans un mur vertical les faces inférienreet supérieure de citaque pierre de taille ou de chaque libage doivent être horizontales. '€es faces prennent le nom de lits^ et •elles droiviefft être les mêmes que celles qui forment les lits k la carrière, quand les piierres proviennent de roches stratifiées.
La face apparente d'une pierre, c'est-àhéire son 'pctr^ment^ doit ^at^^si être dressée ; lien est de même des faces latérales, que l'on appelle/om^j, ^et qui sont toujours perpendiculaires aux parements et aux lOs. On doime aussi le nom àe joint k l'intervalle de 4 k 40 millimèkes qui
{426 CIHQUlillE PARTIE.
reste entre deux pierres et qui reçoit le plâtre ou le mortier. Les faces sont dressées avec d*autant plus de soin que la construction doit être mieux finie et plus solide.
Dans une construction, on donne le nom A'^asiise à une même rangée horizontale de pierres. La hauteur d'assise d'une pierre est la distance entre ses lits. Dans une construction solide, cette hauteur doit être la même pour toutes les pierres d'une même assise, et si la construction est très-soignée, elle est la même pour les différentes assises.
La dimension d'une pierre perpendiculairement k son parement, c'està-dire la quantité dont elle pénètre dans l'épaisseur du mur, s'appelle queue de la pierre. Pour une même assise, la langueur de queue doit être différente pour deux pierres consécutives, afin que tous les matériaux d'une même assise se relient bien entre eux. Une pierre plus longue en parement qu'en queue prend le nom de carreau. Le rapport entre la longueur du parement et la hauteur d'assise d'un carreau dépend de la dureté de la pierre : pour une pierre tendre, ce rapport ne dépasse pas 2,5 ; pour une pierre dure, il va à 3,5. Une pierre qui est au contraire plus longue en queue qu'en parement prend le nom de bowtisse ; sa longueur en parement doit toujours être plus grande que sa hauteur d'assise. Quand une pierre s'étend d'un parement à Tautre du mur, on dit qu'elle fait parpaing^ et elle-même prend le nom à.e parpaing.
Les joints verticaux d'une assise ne doivent pas correspondre avec ceux des deux assises en contact; leurs plans doivent être éloignés de 0*,16 à 0*,20 au moins.
Il faut éviter avec soin de placer les joints verticaux ou horizontaux dans les angles rentrants ou saillants que peut former le parement d'un mur; ainsi une pierre formant Tangle de deux murs doit faire partie de ces deux murs afin de les relier, et s'il y a une retraite horizontale dans le parement d'un mur, il faut éviter qu'elle corresponde à un lit, afin de ne pas avoir un joint dans une partie où l'eau peut couler ou séjourner.
77 t. Bossages et vermiculures. Comme il arrive quelquefois que les pierres s'épauffrenty c'est-à-dire s'écornent dans les lits, on a imagine de prévenir cet inconvénient en fouillant d'avance les joints ; c'est ce qu'on appelle faire des bossages. Cette opération ne se fait que dans les soubassements, où les pierres sont le plus sujettes aux épauffrures, dans les murs de soutènement, les piles de ponts, les rez-de-chaussées de certains édifices auxquels on veut donner un aspect de solidité. Quelquefois on ne refouille en bossages que les chaînes saillantes placées de part et d'autre des portes, aux angles des bâtiments, etc.
Pour les pierres sujettes à s'efileurir à l'air, on a imaginé de donner d'avance au parement des murs à peu prèsl'aspectqu'ite peuvent prendre avec le temps; c'est ce qu'on appelle faire des vermiculures,
772. Appareil. C'est le détail de la disposition des pierres dans un édifice. Appareiller est faire d'avance les dessins qui donnent les formes et les dimensions des pierres qui doivent entrer dans l'édifice. On ap-
MAÇONIfSniES. I4S7
pelle aussi appareiller, tracer la besogne aux tailleurs de pierre, d'après les plans d'appareil ; Vappareilleur est un premier ouvrier chargé de ce tracé, et de diriger la pose des pierres et leur raccordement; c'est également lui qui fait le choix des pierres sur les carrières, qui en règle remploi, traces les coupes, fait les panneaux, etc.
773. Taille de la pierre. On taille la pierre dans un endroit disposé k cet effet, près de l'édifice à construire, avant de la mettre en place; c'est ce qu'on appelle taille sur le chantier. Cependant la taille de quelques parties ne peut se faire qu'après la pose ; c'est ce qu'on nomme taille sur le tas; le ravalement, qui consiste k régulariser les parements, se fait ainsi. En même temps qu'on fait le ravalement, on exécute le rejointoiement, qui consiste à remplir les parties apparentes des joints et des lits avec du mortier.
La taille des parements de moulures se fait ordinairement sur le tas pour la pierre tendre ; il en est de même pour les pierres dures lorsque les profils renferment des moulures de petites dimensions, on exécute seulement sur le chantier des tailles d'épannelage, qui consistent k préparer la masse dans laquelle on doit faire les moulures. Pour les pierres très-dures, et lorsque les moulures ont de grandes dimensions, il y a avantage à faire la taille sur le chantier, et même à la carrière, quand elle est très-éloignée.
On donne le nom à*abatage à la partie de pierre piochée ou jetée bas àl'extérieur de deux faces adjacentes conservées, pour former les angles saillants d'avant-corps, de harpes, de crossettes, de claveaux, et l'épannelage des moulures, etc., ou encore pour donner une forme cylindrique à une pierre. On appelle évidement, la partie de pierre piochée entre deux faces adjacentes pour faire des angles rentrants d'arrière-corps, etc. Enfin, on nomme refouillement, toute partie de pierre évidée à la masse et au poinçon entre trois ou un plus grand nombre de faces.
Pour tailler la pierre, on fait usage de différents outils, dont la forme dépend de la dureté de la pierre, de sa nature et de l'usage auquel on la destine. La pierre calcaire tendre se débite à la scie à dents ; elle se taille avec le ciseau, la pioche à pierre tendre, le marteau dit rustique et le marteau tranchant, et l'on termine les parements k la ripe, La pierre calcaire dure se débite iau moyen de la scie sans dents et du sable ; elle se taille avec le têtu, le ciseau, la gradine, la pioche, le poinçon, le mar^ teau bretté ou laye, la boucharde, et l'on termine à la ripe. Les marbres et les calcaires très-durs, les granits, les laves, les basaltes, les grès sont taillés k la pointe. On se sert quelquefois, pour tailler les grès, du marteau dit épinçoir, que l'on emploie pour fendre les grès, en étonnant la masse par des petits coups de ce marteau frappés dans une direction déterminée, résultat qu'on obtient également avec la pointe.
Dans beaucoup de localités, pour la pierre destinée aux ouvrages hydrauliques, tels que ponts et écluses, on se contente du fini non dés- . agréable que laisse la boucharde; k Paris, les parements sont layés.
L'ouvrier, pour tailler sa pierre, amène le parement qu'il dresse sous un angle de 17 degrés environ avec la verticale. La taille d'une pierre
9e coumieace •rdiiiiîreiBeBt par un lit, et se eontîiiiie ^■cfrfwvcmcnt fut leparemeaC, les joints, Fantre psraneat s*fl y alien, et enfin le se* eendHt.
Tontes les ftees d'âne pierre de taiOe doivent être pavfeilBnieni dres* sées ; mais la taiUe des lits et des joints dnit être grossière, afin qoe le mortier aAèi« bien à la pierre.
Le9 miHk nos en nsage pêmr im tmUe ée im piamt mmt z
f* Le télM, ItMri naiteaii en fer ariét^. porttat ne tête eanée d*«ft t< et «ae pointe de TaotM, ci qai sert poar dégraMir la piems ui» kiigutièies^ et de beaucoup à'abatage;
2* Le cvseau en fer k tranchant aeieré. Quelquefois le tranchant est remplacé par nne simple pointe, ce qni donne le pcfinœn, emploré ordiniif émeut pour les refevllements et les percements de trons. Les gradines sont de» eiseanx dnn le tiia ehant esl dcoleié; om ea fait usage pour tailler les pieires très-dttes; pour les pierres tendres, les ciseaux à tranchant large leursoat préfiérables;
3!* Le maillet en charme ou en buis, de forme Tariable. serrant \ firapper sur la t^e du ciseau, de ht pointe ou de la gradine ; le maillet est parfois rcôplaeé par me naasetle eaier;
V La fioehe à jiêrrt émire^ marteaa ea 1er ttfmiiié par des pointea aaîérées à 4 paD&« La pioche à pierre tendre a à peu près la même fonne qoe la précédente ; seulement une des pointes est remplacée par un tranchant de 3 à 4 centimèires de largtmr, et Tautre par vue herminette (tranchant perpendîeidaîre au masKlie) demême largeur;
5^ marieiÊU breUé oa laye. C'est ub laarteau à deux tra&elnnts découpés ea dents; pour les pierres tendres, un tranchant seul et ordinairement bretté. Une pieire dressée an marteau bretté est dite laTée ;
0* Le rustique, qui esA un martesu bretté dent les dents sent beannrap pins écartéesr
7* La -tipej tige en fer que Feumer prend à la main; elle perte « tnncfcaat à dnqae bout, l'an denté et qae Ton paaee sur la pieire jq^rès le marteaa hietté, et Tautre uni pour finir la taille ;
S* La houcharde, marteau à deux têtes carrées taiOées en un grand nombre de pointes de diamant, et dont on frappe à plat les parements dégrossis k la piorhe. Sur différents trat aax bydraaliqnes, les pareneats des picn^ sont entièrement tet^ minés à la booeharde fine, avec laquelle on les frappe entre quatre ciselures régulières qui forment les arêtes de la pierre. A Paris, les parements des pierres sont layées, c'est-k-dire passées au marteau bretté, puis finis k la ripe ;
^ Vépinçotr, espèce de marVean k deux trandiants non ctmpiAts;
10° L*éqnerre en .iér et les rà^es.
774. Barda^ nwHtage et pose de la pierre de Uâlle. Une léis fiie k pierre est taillée^ on procède à son bmrdage^ qni consiste à la truisporter au point où elle doit être employée. On fait usage à cet effet : 1** du chariot^ roiture trèfr-basse à deiu roaes, en^leyée ordinaireinent pour les pierres de gros volnme, et traînée par & hommes avec le pinceur, aidés sonrent encore par un cheval attelé en avant de la flèche; 2r du diable^ chariot de petite dimenftioB, employé prinei paiement pour les petits movceom de pierre; il est ordinairement trsâné par S à 4 hommes avee le pincenr; 3* du bimzrd^ chariot bas à quatre roues, vâXtisè .pour les pierres d'un fort voinme, et traîné par i à 3 et parfois jusqu'à 5 chevaux; 4* du bard^ civile dont on foit asoea sonvemt usage pour les petites pier reo.
Afin de faciliter la maii«uvre de la pierre, le chef hflr<fei2r au moino
iUÇONlfEI»£«^ 1499
est muni d^uœ pince en fer, dont uae exirémité se termine en langue de chat, tandis que Tautre eat recourbée et porte ua talon.
Ujke fois le bard«g£ opéré, la pierpe se descend sur k Uu^a la faisant glisser sur un plan incliné, au moyen de rouleaux. On modère, si cela est nécessaire, la vitesse à Taide d'une corde fixée à la pierre e4 s'enroul&nt sur un treuil ou un pie^ de retenue. On peut aussi eni|>ioy€a* pour descendre la pierre sur le ta& les aptpareils mis en usage pour relever, et <|ui consistent en une chèvre ordinaire, ou une espèce de §rwg, appelée saphis^. fermée d'un grand ar1»re en sapin tournant sur pivo4 et maintenu à la partie supérieure par un collier dans le<|uei tourne un fort goujon fixé à son son^oiet; des haubans convesahiement disposés et en non^bre suffisant retiennent le collier.
Aijgourd'hui on remplace avec aicanâage la sapiite -par un appareil que les ouvriers désignent également sous le nom de sapine, et fui est £oirmé de quatre grandes pièces de bois de sapin s'élevant à 2 oftètres environ au-desaus de l'édifice à construire, et dont réquarmsage au gros bout doit être au Bkoins de 0'',35 sur 6",d5 pour une longueur éd dO mètrea. Ces pièces sont scellées fortement dans le aol aux sommeis d'un rectangle ayant en moyenne 3 mètres sur 2 mètres pour une sapine de 30 mètres de hauteur, le grand côté de œ rectangle étant plaeé parallèlement à l'édifice. De plus, chaque pièce est relire à chacune de •ses voisines, sur toute sa hauteur, par qutaifcre croix de Saint-André de 5 mètres de longueur, en fodrtes planches, et par des trai^erses, le tout bien boulonné, de manière à obtenir une charpente très^igide. Enfin, sur le cadre formé par les traverses reliant ks sommets des quatre poteaux, on repose 4eux poutrelle^, entre lesquelles on place la poulie sur laquelle passe un câble ou une chadne manœuvré par un treuil ou une machine Grondar fixé au pied de l'appareil, conune pour la sapine simple ou pour la chèvre.
Les poteaux maîtres sont garais, de bas en haut, d'échantignoUes en bois OiU de tiges en fer, lesquelles, en faisant office d'échelons, permettent de m<mt^ au sommet de l'appareil on d'en descendre.
Un des grands avantages de cette di&posildon consiste en ce qu^on fixe aux deux poteaux voisins de l'édifice une traverse horisBontale, sur laquelle on place des plats-bords, dont l'un des bouts repose sur la ma- Qoxmerie *, ce qui constitue un chemin solide qu'on établit à toute hauteur^ et qui permet de décharger et de manœuvrer les matériaux avec plus de sécurité qu'avec 1& sapine simple.
Pom? la oonstruction des. ponts de quelque importance, la eapine est i*emplai(^ avec avantage par une espèce de chemin de fer truc, supporté par les cintres du pont et allant d'une culée à l'autre. Sur ce chemin de fer se meut un chariot à tveuil en fonte, à Paide duiquel on élève, transporte et descend les matériaux.
Ounnd, à proximité de la construction qu'on érige, passe «ne coniduite dans laquelle la pression est suffisante pour faire monter Teau à un niveau convenable, à l'extrémité de la corde ou de la chaîne, opf)o- Aé% à celle qui porte le crochet d'attache des pierres:, on fine une caisse
i430 CINQUIÈME PARTIE.
en tôle dans laquelle on fait arriver de Teau en quantité suffisante pour que la caisse en descendant fasse monter le fardeau à élever. Depuis quelque temps cette disposition a été employée à Paris sur plusieurs chantiers.
Pour les constructions importantes, on emploie aussi avec avantage les locomobiles et les machines k gaz Lenoir pour élever les matériaux. Pour fixer la pierre au crochet de la mouffle des appareils précédents, on emploie une corde sans fin, appelé élingue ou braye, que Ton dispose autour de la pierre; les extrémités de cette corde sont réunies solidement par une épissure. Crainte que les angles de la pierre ne s^épauffrenf, on les garnit de petits paillassons aux points où porte Félingue. Pour les monuments qui réclament une grande netteté de taille de pierre, on remplace Félingue par un petit instrument en fer appelé louve ^ qui se loge dans un trou creusé en queue d'aronde dans la pierre. On ne peut employer la louve avec des pierres tendres, elle les ferait éclater. Souvent on remplace cet instrument, dont Tusage est assez coûteux, ps^r une simple vis à filets triangulaires, dont la tête porte un anneau. On fait au milieu de la pierre, à Taide d'un trépan, un trou de même diamètre que le noyau de la vis, de sorte qu'en y forçant cette dernière, ses filets pénètrent de toute leur saillie dans les parois du trou.
Une fois les pierres descendues ou montées sur le tas, on les conduit au point qu'elles doiviînt occuper au moyen de rouleaux en bois appelés roules, dont le diamètre va en diminuant depuis le milieu jusqu'aux extrémités, afin qu'on puisse facilement changer la direction du mouvement, et que les pierres ne portent pas par les angles. Ces rouleaux ont de 0",06 à 0",08 de diamètre sur O^jôG à 0",70 de longueur; on les fait rouler sur des madriers en bois placés sur la maçonnerie, laquelle étant fraîche pourrait s'ébranler sans cette préôaution.
Pose de la pierre de taille. Lorsque la pierre à poser est approchée à pied d'œuvre, on commence d'abord par la présenter dans la place qu'elle doit occuper, en la faisant reposer sur des cales en bois et quelquefois en plomb, ayant une épaisseur égale à celle qu'on veut donner au joint de mortier, c'est-à-dire de 4 à 10 millimètres. Ces cales se placent aux angles de la pierre et au moins à 3 ou 5 centimètres des arêtes, 'afin d'éviter les écornures. Lorsque le poseur s'est ainsi assuré que la pierre a bien toutes les dimensions voulues, il la soulève à la louve, ou lui fait faire quartier sur le côté; puis il nettoje et arrose, si la pierre est tendre et spongieuse, l'assise inférieure et la pierre qu'il pose; il étend sur toute la surface que doit couvrir la pierre une couche de mortier fin, d'une épaisseur un peu plus forte que celle des cales; il met la pierre en place, et il frappe dessus avec- un pilon ou un maillet en bois, jusqu'à ce que le mortier souffle de toutes parts, et que la pierre repose sur les cales. Il convient d'enlever les cales quand la pierre occupe sa position définitive.
Il arrive très-souvent qu'on pose les pierres de chaînes d'angles et autres, de tablettes de couronnement, etc., en étendant de suite la cou-
che de mortier fin, sans mettre de cales, et en réglant son épaisseur avec la truelle. Pour opérer ainsi, il faut que le mortier soit assez ferme, sans quoi le poids de la pierre le ferait couler, et Ton obtiendrait des joints d'une épaisseur trop faible et non uniforme, ce qui ne nuirait pas peu à la solidité de la construction.
Dans tous les cas, avant de poser la pierre, il faut s'assurer avec soin que le mortier ne contient aucun gravier, dont la grosseur excède l'épaisseur que doit avoir le joint; ce qui obligerait, pour les retirer, de soulever la pierre déjà mise en place, et ralentirait l'exécution.
Quelquefois les lits des pierres sont flacheux sur le derrière, c'est-àdire que la queue se termine plus ou moins en pointe. Pour remédier à cet inconvénient, on remplit ces flaches avec des éclats de pierre dure qu'on enfonce dans le mortier.
Dans cette pose, l'ouvrier doit autant que possible rendre nul l'effet des petits défauts de la taille des parements ou des lits et joints; il doit apporter une grande attention à éviter les balèvres, qui nécessitent ordinairement un ravalement dispendieux. S'il se sert de la pince pour faire abatage, il doit, pour éviter les écornures, placer un bout de latte ou de planche sur le bord des arêtes de la pierre, au point où porte la pince.
Une fois que la pierre est bien en place sur un bon lit de mortier, il ne reste plus pour terminer la pose qu'à remplir les joints montants; ce que l'on fait ordinairement à l'aide de la Jiche à dents en fer (lame en fer plat dentée sur son pourtour).
Un autre moyen de poser la pierre consiste à la placer sur cales, comme il a été indiqué ci-dessus, en ayant toujours soin de nettoyer l'assise inférieure; puis à ficher les joints, c'est-à-dire à les garnir de mortier, qu'on y fait pénétrer au moyen d'une ^A^ à dents. Les dents de cet outil pressent le mortier et le font pénétrer sous la pierre; mais comme la pression est proportionnelle à la surface pressante, et qu'elle peut par conséquent être énorme, il arrive parfois que les pierres sont ébranlées; quelquefois aussi il y a impossibilité de faire pénétrer le mortier en tous les points du joint. Malgré ces inconvénients, cette manière d'opérer est fréquente, parce qu'elle est plus facile et plus expédîtive que la première, qui doit toujours lui être préférée sous le rapport de la solidité de la maçonnerie. L'emploi' de la fiche à dents n'est réellement d'un bon effet que pour les joints montants.
A Paris, et dans presque toutes les localités où l'emploi du plâtre est commun, on fait généralement usage d'un troisième moyen pour poser les pierres, et principalement les pierres tendres. Ce moyen consiste encore à poser les pierres sur cales, comme il a été indiqué ci-dessus, et à les couler ensuite, c'est-à-dire à remplir le lit et les joints avec du plâtre gâché très-clair ou coulis (739); on fait môme quelquefois du coulis avec du mortier de chaux ou de ciment. Pour faire ce remplissage, on ferme tout le contour des lits et des joints avec du plâtre ou du mortier d'une consistance suffisante, en laissant libre, à la partie supérieure des joints, une petite étendue sur laquelle on fait un godet
^432 CH^dUIÉME Pâ&TIE.
dsois lequel on rersie le coulis; on a soin de remuer oonstammenl ceiui-^i en le ^versant, afia (fn'ià Teste l)ieB bonnogèike el que l'eaa ne s'introduise pas seule dans les jioîals.
Lorsqine les pierres sont «posées sur le {lîâtpe, la prenofFte solidificaitiloii de cette matière oblige d'avoir reco«ifrs à ee troisième rnsoyen, surtout pour las pierres tendres ; en m'asirait pas le temps, avant la prise, de placer ce^nvenableixient la pitrre sur un lit de plâtre d'abord étendu.
Il n'en est pas de miéme du mortier de •ehaux, et comme son coulis donne toujiMirs de mauvads résultats, il ooofvient de n'em pas faire usage. L'eau qu'il contient étant absorbée par la pierre, il se forme presque toujours des vides qu'on remplit drf&cilement, malgré tous Les soins apportés à faire ee reinplissaige au finr et à mesure de l'absorption de l'eau ; et comme de la dessiccation du coulis de mortier die chaux il résulte encore un retrait qui augmente ces vides, il arrive tpès40uvent que la pierre repose entièrement sur les cales, lesqadks, en pourrissamt, occasionnent des tassements conBidérables dans les maçonneries.
Lorsque la pose die la pkirre se fait dans VeaM^ il y a impossilaililé de faire usage de moirtier, qui serait délayé et lav^é; alors on se coAteoite de poser simplement les pierres sur cales, qui doivent être en plomb, de préférenee au bois. Un bon mortier à pivLse irspide et énergique, comme celui de ciment romain, par exemple, peut cei^endant être employé fK)ur poser la pieire sous l'eau.
Quand toutes les pierres d'une assise staut poséesi, il arrive presque toujours que quelques-unes sont plus élevées que les autres ; il y a alors nécessité de dresser tout le lit supérieur de l'assise, en enlevant toutes les saillies, avant de poser les pierres àe l'assise qui doit la couvrir; sans cette précaution, il est impossible d'obtUîniT une belle et solidie maçonnerie.
Emâni, q'uaod l'efisemble de la maç(mnerie est terminé, on procèsde au raioaiemeni, au ra^^fémeni «t au repsiniotemmit des surfaces apparentes.
Les maçons, aidés de leu^rs gairçons^ posent ordinairement les ILbages, les bornes, les auges, les seuils, les marches, les appuis^, les dalles, et en général toutes les pierres isolées, ainsi que celles^de massifs de maço-ranerie; mais la pose de quelque importance, comme celle de pierres d'assises, de claveaux, de vorussoirs, etc., doit, autant que possibihe* être conôée à des ouvriers qui s'occupent 6ipécialeme»t de ce geaire de travaiL
Une brigade de oesouivriersest ordinairement composée d'an poseur, d'un contre-poseur et de deux garçons qui seareat le po»e»r et fitîhent les pierres.. Le tableau suivant donne le temps que mieA une iell& équipe pour piâser i mètire cube de divetrses noaiçoiiDeries de pierne de talâe*
Ouvrages ordinaires, parements de murs, chatnes, parpaings, parapets, cor-
âaae, etc, . . . ♦ ^ 4'»,fia
As&ises «& n^sefi, piieite54i«ade& droites, voûtes ea bcxeeiiu. ..,..* 5 ,Û(^
MAQOMIIIIIKB. ^433
Atssis6s ea repriMs par petites portites» dans Tambarnis des étais ^^^50
l^oûies en arcs de clettre, roêim d'arête, voûtes aiphériiivee ou eatoMee . /. . fO ,09 Motmmix p«8é8 par mcnisteraenit .....••» fS* ,99
Pose par un maçon nvee son garçon.
Libages, auges, bornes et autres ùwrmg^ s6mbUUile&. • * M ,00
Seiûlsi», mardies, appuis, caiûveaax. •..«.• ».«.*. 27 ,00
Dalles de O^jOS à O^^IO d'épaissear, par uètse saperiiciel. * 9êl
IMeau àm noiume de mortier ou de plâtre empècnfé pmr nÊèére cube de âifé^entts maçomneries ée pierres ée émtie^
m. cnb.
iîbages ordinaires 6,090
Assises ordinaires de O^jSO k O^jSO de hauteur 0,075
fd. de 0*,5« k 0^,80 id 0,«65
Parpaings et assises de 0^^ h 0*,30 d'appareil 9,M0
CiaYieaiix de plates-bandes droites* «. 0,065
Yeûtes en bereeau et en arc de cloître, 0,100
Voûtes d'arête et sphériques 0,105
Marches, seuils et appuis pour garnissage et pouteroent. . . . 0,175 Dattes de 0^,06 à 0",I0 rëfutieseur,. Cp'^OOI par mètre s^^ep-
àcieL 0,290
77S. Maçonnerie de moellons. On distingue^ quant à leur nature, trois espèces principales de moellons :
1* Les moellons de roche (723), que l'on emploie pour les travaux hydraufiques, les mors et les massifis qai deiveift «foirine très-grsnde résistance, et les enrochements <fti ont besiHQ d'une densité maxima ;
2" Les moellons de banc-franCy eu moyennement tendres^ qui servent k élever le^ murs de clôture et ceux des bâtiments en élévation, k cause de la légèreté qu'ils acquièrent eu séchant;
3* Les fnêeilons tendre», wet lesquels oa peat ftiire à pea de frais des parements psrfaâtenent dreasés, k eaïuae de la-fhciMté ajirec Jaqnelle «n les tailW.
Les moellons de roche et de banc-franc qu'on emploie à Paris et dans les environs viennent des plaines de Yitry, d'Ajcueil, de Montrouge, de Passy, du Moulin de la Roche, de Yaugirard, etc. Les moellons tendres qui sont les plus traitables et qui Routiennenl le mieux les arêtes sont tirés des carrières de Saint-Maur, Creteil, Carrière-Saint- Denis, Houilles, Nanterre^ Mx>ntesson, ainsi que du Buiason-Richard, situé à Carrières-s<»us-Bois, près Saint-Germain-ext-Laye.
Sous le rajpport de leur emploi, les moeUons se divisent en cinq classes :
1"* Les moellons bruts, que Ton emploie tels qu'ils arrivent de la carrière, avec la seule précaution de les humecter pendant les grandes chaleurs. Ou en fait spécialement uÈBge pour les muts, les» nurssife et les remplissages qui ont une ferle épaisseur, ou qui wmt sinplenneBi bloqxbés et m» parementés.
Les moellons bruts tendres ont toujours besoin d'être on pea ébousinés.
Quand les moellons bruts ont des dimensions qui n'excèdent pas 0™,10 k 0«n,15 de ttkéy ils prennent le nom de garnis, et on les emptoie avec avantage pour caler les iiocéloM et femplir les vides eocasioimés par les fomes iivégvlières des meeUoiis bmta;
â" Les moellons ébousinés, qui sont ceux que le maçon taille lui-même légèrement sur les lits et les joints, avec sa hachette, au fur et k mesure qu'il les emploie ; on en construit ordinairement les murs de fondation, et les autres murs qui doivent recevoir un enduit;
3** Les moellons smillés. On désigne ainsi les moellons dont on a taillé assez proprement les parements, les lits et les joints, et qu'on emploie & la construction des voûtes et des murs dont la surface est seulement rejointoyée ;
4* Les moellons piqués. Ces moellons sont taillés comme les précédents, mais avec plus de soin, de manière k en rendre les arêtes vives et hien droites ;
5" Les moellons d'appareil. On nomme ainsi les moellons parfaitement équarris et parementés comme la pierre de taille, et que Ton taille sous di£férentes formes pour carreaux, angles et soupiraux, sommiers et voussoirs pour baies de portes cintrées ou en plates-bandes, etc. Les ouvrages faits avec ces moellons ne diffèrent de ceux construits en pierre de taille que par les moindres dimensions de leurs matériaux.
Pour liaisonner les moellons, on suit les mêmes règles que pour la pierre de taille (770); ainsi il faut avoir soin, dans une même assise, de placer un moellon court à côté d'un long, et de ne jamais mettre les joints en ligne droite; il faut éviter aussi que les joints verticaux se correspondent dans des assises en contact.
La pose des moellons n'offre pas les difficultés de celles des pierres de taille; les morceaux étant plus petits, ils sont moins lourds, et par conséquent plus maniables; aussi les pose-t-on toujours directement sur plâtre ou sur mortier de chaux, sans faire usage de cales.
Pour la maçonnerie de moellons bruts ou smillés hourdée en mortier de chaux, après avoir nettoyé et mouillé l'endroit oii il doit poser ses moellons, et arrosé ceux-ci s'ils sont trop secs, afin de faciliter l'adhérence du mortier à la pierre, le maçon étend une couche de mortier de 0",02 à 0",03 d'épaisseur sur l'assise, le long du parement du mur ou du massif qu'il construit; cela fait, il commence par poser sur cette couche de mortier les plus beaux moellons pour continuer le parement, en les tassant au fur et à mesure avec sa hachette sur la couche de mortier, et en les amenant dans le plan des lignes ou cordeaux. Après avoir posé un moellon, l'ouvrier doit avoir soin de garnir de mortier son joint montant libre, et de poser alors le moellon voisin sur la couche de mortier, en le poussant avec ïa hachette contre le moellon voisin, jusqu'à ce que l'épaisseur du mortier qui les sépare n'excède pas 0'",02. L'ouvrier doit avoir soin de placer en dessous le plus beau des lits de chaque moellon, et de caler les moellons qui sont maigres de queue en enfonçant des éclats de pierre dans la couche de mortier. Chaque moellon doit être bien raffermi et tassé avec la hachette sur la couche de mortier; sans cette précaution, les vides qui pourraient rester dans la maçonnerie occasionneraient des tassements qui nuiraient considérablement à la stabilité de la construction.
Une fois les moellons des parements posés, l'ouvrier procède au blocage (765) ; pour cela, il étend un lit de mortier, en ayant soin d'en bien garnir le derrière des moellons de parements; alors il pose à bain de mortier les principaux moellons de blocage, en les entremêlant bien les uns avec les autres, et en les affermissant avec la hachette ; enfin, il arase l'assise en remplissant avec soin tous les vides qui se trouvent
MAÇONNIRIES. 1435
entre les moellons avec du mortier, dans lequel il enfonce des éclats de moellons, qu'il frappe avec la hachette jusqu'à ce que le mortier souffle de toutes parts.
Quand l'assise est ainsi arasée, le maçon ramasse avec soin le mortier qui recouvre les joints, et il rapplique sur le blocage. Beaucoup d'ouvriers enduisent les joints à chaque arase d'assise; c'est une trèsmauvaise habitude sous le rapport de la solidité de l'ouvrage ainsi que sous celui de l'économie de temps et de mortier. En effet, les joints étant ainsi enduits, le dessus de l'assise forme une surface lisse à laquelle la couche de mortier qui sert à poser l'assise supérieure adhère difficilement, surtout quand l'enduit a eu le temps de sécher, ou qu'il se trouve couvert de poussière. Pour obvier à cet inconvénient, et pour obtenir l'adhérence complète, sans laquelle la solidité de la maçonnerie ne serait pas peu diminuée, on serait obligé de dégrader les joints pour enlever le mortier sec, afin que le mortier frais, en y pénétrant, relie bien entre elles les deux assises. C'est surtout pour les maçonneries exécutées sur pied, c'est-à-dire sans échafaud, en marchant dessus, que cette précaution a de l'importance.
Dans les murs d'une faible épaisseur, on arase autant que possible chaque assise ; mais pour les massifs il est bon de laisser des moellons faire saillie sur le plan de l'assise, afin de relier cette assise avec celle qui sera placée dessus.
La marche à suivre dans Texécution des maçonneries de moellons hourdées en plâtre n'est autre que la précédente, sous le rapport de la disposition des matériaux ; mais la prise rapide du plâtre oblige d'apporter quelques modifications dans la manière d'opérer. Le maçon commence par préparer les moellons qui doivent former une certaine étendue du parement de l'assise, en les mettant provisoirement en place à sec; il commande alors le gâchage d^une quantité de plâtre au plus suffisante à leur pose; il enlève les moellons préparés, en les laissant dans l'ordre de leur emploi, afin de ne pas avoir à les choisir, et de pouvoir les poser avant la prise du plâtre dans l'auge; il remue le plâtre qu'on vient de lui apporter, il en étale sur le tas avec sa truelle une quantité suffisante pour poser seulement deux ou trois moellons, lesquels étant en place, il pose de même les deux ou trois suivants, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ait employé tout le plâtre contenu dans son auge ; il doit avoir bien soin de remplir les joints et de caler avec des éclats de pierre les moellons maigres de queue, au fur et à mesure de la pose.
Pour faire le blocage ou garnissage, le maçon étale un lit de plâtre entre les moellons des parements, et dessus il pose les moellons, en laissant entre eux des joints d'une largeur suffisante pour qu'on puisse bien les remplir de plâtre; il doit de plus avoir soin de bien poser tous les garnis à bain de plâtre.
Des maçons ont la mauvaise habitude de poser seulement sur plâtre les moellons des parements, et de garnir l'intérieur du mur à sec, en jetant ensuite sur ce garnissage du plâtre pour remplir les vides. On
CINQ!iȉllB 9ASmE.
ooAçolt qu'une telle nmmère d'opérer ne peut fosmiar oiie ma^imerie bien ptleine et présentiMut toute la .solidhé 4ont elle est «useeptibiie ; les ouvriers qui la suivent croient économiser le plaire, mais c'est uq« erreur, car ils en ei»plme«it .autant et qfuel^ueféifi pki6 «{ne s'ils garnissaient conv^edoabJieinent.
La pose de» rmell&ns p^iqués demaiide plus de coins que lOeUe des XQoellôas bruts. Elle se Êtit ecdinaâreioeat sur du mertier de efaauK ml de plâtre très-fin ; répaisseur des joints ne doiÉ pasr exeéder C^Ol; les moellons doix^nt être choisis tous de même bauteudr pour diaque as*sise. Quand ujE^e assise est posée, ou Farase avec soin en taiiiaat tes moellons ^xii 4mi une trap grande épaisseur.
Tableau des volumes de mortier ei de plâtre en poudre employés pm' mètre cuôe
de différentes maçonneries de moellons.
1 VAÇOmORBS.
MOETOR.
en poudre.^
Maçonuerie de blocage £n moellannailles de focmes inrégulières, et dont le volume n'excède pas O'^^jOOS
Maçonnerie ordmaive de massife ou de murs, en moeDons doat les paa?emenls sont bruts ou smillés et ks liXs CKt ioints ébousinés ou éauarris
-m. onb.
nucub.
Maçonnerie de moellons smillés ou d'appareils^ pour parements de mups^ vûôtes, etc « . .i
Tableau du temps employé par un maçon limotisin pour exécuter, dans di'oer&es circonstances^ un mètre cube de maçonnerie de moellons hourdée en plâtre.
Massifs, blocages ^et jReiB;|^aage6 dies roins de ifoûAûs, ssbis moub ébousi'
nage de moellons. . - , . . 3'»,0
Murs de fondations, de terrasses, etc., au-dessus de0",30 d'épaisseur, sans aucun parement, les moellons ébousinés et bloqués le long des terres. . . 4 ^0
Les même», ei-ilessouB de .0^,36 d'épaâsseur 5 ,9
Voûtes eu berceau et jBuns de caves on de clôtuf es aurdessus de Çr^4& d'é^ paisseur, à deux parements, ks moellons étant smillés propremeit avant
leur emploi 5 ,0
Idem, au-dessous de 0»,^ d'épaisseur 6 ,0
Pareimaats èe veiïibeB dravètes ou en arc de <}lo!lre il ,0
Murs en élévation, de 0^,40 au moins d'épaisseur, eoostniite enire deux lignes, jusqu'à 3 mètres de hauteur, les moelloQS étant ébousiaiés et les
parements devant être recouverts d'un crépi ou d'un enduit 6 ,0
Idem^ -de 3 à 8 mètres de li»uteur 8 ,5 (*)
Idem^ sur plan circulaire, élevés au plomb, jusqu'à 3 mètres de hauteur. . 9 ^0 f*) Idem, sur plan circulaire, éJ^vés au plomb, de 3 à 8 mètrefi de hauteur. . . ûâ ^ () Maçonnerie de moellons j;)iqués, exécutée avec soin, pour paxements de murs de caves, de clôtures ou de terrasses, les moellons étant servis tout
piqués aru maçon 11 ,0
Maçonneirie -dé imellims posés à sec pour perrés 4 ,0
(*) Ces trois nombres doivent être augmentés de Jeur 1/5 environ lorsque les maçonseirieB •ont «nniBs «de ^e^yie d'épaisseur.
Lorsque la diistanee de J^quelle on est^oèligé de 'barder les tnatérâHMi
lOUÇMNBKiES*
n'es^ède pas \^ mètvefi, un ^rçon est suffisast pour servir wi maçon, c'est-À-^re ponor ^ch«r aim plâtre et appnodier à pied d'amvre tous Les matériaux: «pu'il peurt employer. Lorsque la distance de baordage excède iO mètres, le ncaolire d'heures de ^ançoit doit être an^uenlé ea raison de l'excès de la distance de traaspart sur 10 mètresi. Quand les maçonneries seul faourdées en mortier de cbaux, il fiuit aj>outer au temps du garçon celai nécessaire à la fabrication du mortier em* ployé (758), cette fabrication ne faisant pas partie du service ordinaire.
776. Maçonnerie de meulière (7âi). La facilité avec iaqttfdle le mortier adhère à la meulière, en pénétrant dans ses nombreuses cavités, ainsi que la presque îndestructibilitéde la plupart des variétés de cette pierre, soiit à l'eau;, soit à bk gelée, la remdeAt très*propre poitr Texécution des constructions hydiaulû|ues.
La pose de la meulière se fait de la même manière que pour Je moellon (775) ; seulement, quand les morceaux sont de forme» très-irrégulîères, au lieu d!araaer chaque assise, on pose les blocs dans tous les sens*, en ks enclavant les uns dans les autres, de manière à rendre répalsseur du mortier aussi uniforme que possible ; on a soin d'affermir chacun d'eux dans son alvéole en le frappant avec la tète de la ha* chette, et d'assujettir, au moyen de cales ou garnis posés à bain de mortier, ceux dont les lits ne sont pas plats.
Lorsque la meulière est couverte de terre, on est obligé de l'en purger ; ce qui se fait très4»ien à l'aide de petits balais en fil de fer. Les meulières des environs de Corbeil, de Châtillon, etc., que l'on emploie oi*dinairemeut à Paris, exigent rarement un nettoyage préalable; elles sont ordinairement assez propres pour que le mortier y adhère suffisamment.
Pour parements, la meulière s'emploie en moellons smillés et quelquefois piqués (775). Dans certaines constructions, auxquelles on veut donner un aspect pittoresque, on l'emploie brute ou quelquefois grossièrement smîUée, et l'on rocaille les joints des parements avec de la pierre meulière brûlée et concasaée, dont on assujettit les fragments avec du ciment romain auquel on a donné la couleur rouge de la meulière brûlée.
Tableau des volumes de mortier et de plâtre en poudre nétesmires à la page
dun mètre cube de ^maçonnerie 4e meulière.
iniffi(A.TlON DBB JAÇONNERIES.
Maçonnerie de blocage ou garni de meulière dont le volume n'excède pas 6^,003
MaçoBBcne erdâuiipe en meulière brute, telle qae mascifK ou juurs dont les piaremfints sont recouverts d'un enduit au. rocaillés
Maçonnerie de meulière piquée ou smillée pour parements de murs, de voûtas, etc. ..,..'
MO&riEB.
m. cub.