‹ Formules, tables et renseignements usuelsChapitre 191 sur 296 · ÉVALUATION DES TEMPÉRATURES · texte numérisé non relu

ÉVALUATION DES TEMPÉRATURES

470. Thermomètres. Ces instruments, fondés sur les variations de volume que font subir aux corps les changements de température, servent à apprécier l'état de chaleur dans lequel se trouvent les corps.

Dans le thermomètre centigrade, le nombre 0* de l'échelle correspond à la température constante de la glace fondante, et le nombre 100°, à la température, aussi constante, de l'ébullition de l'eau pure sous la pression atmosphérique de 0",76 de mercure. Chaque division du thermomètre représente 1 degré centigrade.

Dans le thermomètre de Réaumur, 0° correspond à la glace fondante, et SO"" à l'eau bouillante.

Dans le thermomètre Fahrenheit, 32° correspond à la glace fondante, et 212° à l'ébullition de l'eau. Le zéro correspond au degré de froid qu'on obtient en mélangeant des poids égaux de sel ammoniac et de glace pilée.

Les relations qui existent entre les températures indiquées par ces différents thermomètres sont :

C=|r, C = |(F — 32) et R = |(F-32).

G température en degrés centigrades; R id, id. Réaumur;

F td. id, Fahrenheit.

De ces formules on conclut les résultats du tableau suivant :

DEUXIÈUE PARTIE.

ROHBRES

TEMPÉ&ATIIIIZS

HOMBUS

TEMfÉRATUBES

de

en degrés centigrades.

de

en degrés centigrades,

degrés Réamnar

les nombres de la première

degrés Réaomur

les nombres de U première

eolonne exprimant des degrés

colonne exprimant des degrés

oa

on

iFahrenheit.

Réanmnr.

Fahrenheit.

Fahrenheit.

Réanmnr.

Fahrenheit.

deg. cent.

deg. cent.

deg. cent.

deg. cent

THERMOMÈTRES

NOMBW

de

dtgrés

Réanmiir

oa Fahienheit.

TEMPÉRATUBBS

en degrés centigrades,

les nombres de la première

eolonne exprimant des d^pr6f

Réanmnr.

deg. cent.

Fahrenheit.

deg. cent.

de

degrés

Béanmnr

on Fahrenheit.

TIMPÉRATimBS

en degrés centigrades,

les nombres de la première

colonne exprimant des degrés

Réanmnr.

deg. cent.

Fahrenheit.

deg cent.

THERMOMÈTRES

471. Les thermomètres à gaz présentent sur le thermomètre à mercure, et en général sur les thermomètres formés avec des substances solides et liquides, un avantage qui tient à la grandeur de la dilatation de la substance thermométrique. Dans un thermomètre quelconque formé par une substance liquide ou gazeuse^ les indications de Tinstrument dépendent de la dilatation de cette substance et de celle de Tenveloppe. Or la dilatation du mercure n'est guère que sept fois celle du verre qui le renferme; les variations que Ton remarque dans la loi de dilatation des différentes espèces de verre forment donc des fractions très sensibles des dilatations apparentes du mercure, et influent par suite d'une manière notable sur les indications de l'instrument. Dans le thermomètre à gaz, au contraire, la dilatation du gaz étant 160 fois celle du 'verre, les variations dans la loi de dilatation des diverses espèces de verre n'influent plus sensiblement sur les indications de l'appareil, et n'empêchent pas les instruments d'être comparables.

Le gaz d'un thermomètre peut se trouver dans des conditions telles que la pression soit constante et que son volume varie, ou que son volume soit constant et que sa pression varie.

jRg. 124. , I^ans le premier cas {fig, 124) :

^ 1 I ^(1^ Le thermomètre k gaz- est composé dhin réscnroirî A,

^^ qu'on place dans l'enceinte dont on veut connaître la température ; d'un tube calibré df, réuni au réseiToir A par un tube capillaire ab qui l'éloigné de l'enceinte ; d'un tube crf, ouvert k sa partie supérieure, et par lequel on introduit du mercure dans l'appareil ; enfin d*un robinet r, établissant èi volonté la communication : 1^ entre le tube df et l'atmosphère ; 2» entre le bas du tube cd et l'atmosphère ; 30 entre les deux tubes df, cd ; 4« simultanément entre les tubes df, cd et l'atmosphère. La plaque de fonte i, qui relie les tubes et le robinet, porte deux pattes qui servent k fixer l'appareil contre une cloison pendant l'expérience.

Le tube calibré d/ remplit les fonctions de la tige divisée du thermomètre à mercure, et sert à recueillir le gaz que l'élévation de la température chasse du réservoir A ; ce tube

renierme aans 1 appareu se composts ue ucujl pa* wco . x«. ^i^.***^.*-, ^~. occupe le réservoir A, se trouve à la température x\ la seconde, recueillie dans le tube df, se trouve à la température ambiante t. Ces deux portions de gaz supportent la même pression, que l'on peut d'ailleurs rendre aussi rapprochée qu'on veut de la pression atmosphérique à l'aide du robinet r; on établit la communication simultanée entre les deux tubes df, cd, et avec l'atmosphère, de manière à faire écouler le mercure jusqu'à ce qu'il ait pris le même niveau dans les deux tubes. Appelons :

V volume du réservoir A k la température 0«; »fc.i„.f»m

k le coefficient de dilatation cubique moyen du réservoir A depms 0« jusqu a la wm-

pérature k évaluer ar ; .

a le coefficient de dilatation du gaz, que Ton -suppose constant;

JS:

V le volume qne Tair occupe dans le tube gradué df li la température t, quand le

réservoir A est placé dans la glace fondante ; V* le volume que l'air occupe dans df h, la même température t quand le résenoir A

est à la température x ; H la force élastique du gaz en millimètres ; H sera égale k la pression atmosphérique

si le mercure a le même niveau dans les deux tubes df^ cd ; H' la force élastique du gaz quand le réservoir A est à la température x; k l'aide du

robinet r, on pourra faire en sorte que H' diflFère le moins possible de H ; 8 la densité du gaz à 0" et sous la pression de 760 millimètres.

Suivant que le réservoir A est à la température 0* ou à la température j?, le poids du gaz contenu dans l'appareil est exprimé par :

ou

1 -f- a<y ■ ' ^ 760 Ces deux poids étant nécessairement égaux, on a donc :

\ ^ i + at) H'

i 4- kx

i + ax i -{- at

Équation qui permet de calculer x.

C'est cette disposition que Pouillet a employée comme pyromètre à air (473) ; mais Regnault a cru devoir la rejeter pour thermomètre à air. Elle présente un inconvénient très grave quand l'appareil est destiné à mesurer des températures élevées ; dans ce cas, la plus grande partie de Tair vient dans le tube calibré d/, et il n'en reste plus qu'une portion très petite dans le réservoir A; de sorte que la partie qui sort encore pour une nouvelle élévation de température est très petite, et se mesure difficilement dans le tube calibré avec une précision suffisante.

Si la température x s'élève de dx, le volume v' devient v' + àv' et l'on déduit de Téqualion précédente :

j i dv' i + kx

V ^ 1 + a< ^ da; "" " (4 -f ax)^

4 4- ax

Ainsi dt?', qui représente la sensibilité de l'appareil, varie à peu près en raison inverse du carré de 1 + ox.

Regnault, dans ses recherches, a fait usage du thermomètre à air, dans lequel le volume du gaz est maintenu constant. La température est évaluée à l'aide de l'augmentation de force élastique du gaz, due à la dilatation qu'il aurait subie par suite de son accroissement de température, et cela en admettant la loi de Mariette sur la compression des gaz (483). Ce thermomètre est plus commode que celui à pression constante, et il donne plus de précision; de plus, il a l'avantage de présenter autant de sensibilité dans les hautes températures que dans les basses.

Si J*on veut mesurer des températures très élevées, par exemple si l'appareil doit servir comme pyromètre à air (473), la force élastique du gaz intérieur devenant très considérable, il est à craindre que l'enveloppe ne subisse une déformation permanente sous l'influence de cette grande pression intérieure. On remédie à cet inconvénient en introduisant dans l'appareil de l'air sous une pression initiale plus faible que

THERMOMÈTRES

celle de Talmosphère, lorsque le réservoir est à 0». On peut, de cette manière, maintenir les forces élastiques entre des limites aussi resserrées qu'on le veut. Il est clair, d'ailleurs, que Tappareil devient d'autant moins sensible que la force élastique du gaz à 0^* est plus faible; mais comme la mesure des forces élastiques se fait avec une précision extrême, les indications de l'appareil présentent encore une exactitude suffisante dans le plus grand nombre de cas^ lors même que la pression initiale du gaz à 0° n'est que de 1/4 d'atmosphère.

Quoique la valeur absolue du coefficient de dilatation d'un gaz change

*très notablement avec sa densité, il résulte des expériences faites par

Regnaull que des thermomètres à gaz chargés avec des gaz de nature

différente marchent d'accord entre eux lorsqu'ils ont été réglés pour

des points fixes de 0" et de 100».

Kg. 125. La figure 125 représente la disposition employée par Regnault pour son thermomètre à gaz.

L'appareil se compose de deux tubes en verre dft crf, de 12 k 14 millimètres de diamètre intérieur, mastiqués dans une pièce de fonte i à robinet r, comme pour le thermomètre figure 124. Le tube cd est ouvert h, sa partie supérieure, et celui df communique avec le ballon A par un tube capillaire a6. B représente le couvercle de la chaudière dont on veutéva-'

luer la température. CD cloison en bois à laquelle est fixé le manomètre-thermomètre^ et qui le sépare de la chaudière.

La réunion des deux parties du tube capillaire ab se fait en amenant les bouts en contact, et en mastiquant par-dessus les deux bouts, qui ont le même diamètre, une petite tubulure g en laiton qui passe exactement à frottement. Cette tubulure reçoit un troisième tube capillaire h qui sert à mettre Tappareil en communication avec une pompe pneumatique, au moyen de laquelle on peut dessécher Tappareil et y introduire le gaz.

On commence par dessécher complètement l'appareil. A cet effet, on fait passer un peu de mercure dans le tube bd, et l'on tourne le robinet r de manière qu'il n'y ait communican tion du tube bd, ni avec le tube cd, ni avec l'ouverture libre du robinet; puis on met le tube h en communication avec une pompe aspirante munie de plusieurs tubes remplis de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique concentré, qui sont destinés à absorber l'humidité. On fait le vide un grand nombre de fois, et on laisse rentrer chaque fois l'air très lentement. Pour être sûr que la dessiccation est complète, on maintient le ballon chauffé à 50 ou 60 degrés. On sépare alors la pompe, mais en laissant le tube h en communication avec un tube desséchant.

Cela fait, on enveloppe le ballon A de glace fondante, on établit la communication entre les tubes bd, cd; on verse du mercure dans le manomètre, de façon à affleurer le sommet de la colonne à un trait de repère / tracé sur le tube 6d, très près de son extrémité supérieure. Les deux colonnes de mercure se mettent de niveau, puisque l'appareil

ri- *

communique avec Tatmosphère par le tube A. On ferme alors le tobe^

à la lampe.

Si Ton voulait que la pression dans l'appareil fût inférieure à Vàtcao^ sphère, on pomperait par le tube A, et d*après la dififéren«e de niveau dans les deux colonnes du manomètre on jugerait quand la raréfaction serait convenable; on fermerait alors l'appareil en fondant à la lampe le tube h, puis on verserait du mercure dans le manomètre de manière à aflfleurer le ménisque au repère/.

Soient :

H la pression atmosphérique ;

h la différence de niveau du mercure dan» les deux branches du manomètre quand le

ballon A est dans la glace fondante ; H — A la force élastique du gaz dans Tappareil ;

V la capacité à 0" du ballon A et de la portion de tube capillaire qui sera dans la chaudière ; le petit volume d'air contenu dans la portion bf du tube ;

id. dans le tube ab et l'appendice gh ;

la température indiquée par un thermomètre placé près de bf; id. id, près ôe aà ;

t et t' doivent être les températures moyennes de l'air dans ces tubes, et dans la formule suivante on les suppose les mêmes avant et après Texpérience ; 5 la densité de Pair à 0* et sous la pression de 760 millimètres ; a le coefficient de dilatation de l'air pour une force élastique initiale H — h;

le poids de Tair contenu dans le thermomètre a pour expression :

Sx

Le ballon A étant placé dans ia chaudière ou dans tout autre mîlîta dont on veut évaluer la température, appelant :

X la température à déterminer ;

k le coefficient de dilatation du verre du ballon A ;

H' la pression barométrique au moment où se termine Texpérience, H' ne peut différer de H que de très peîi ;

A' la différence de niveau du mercure dans les deux branches du manomètre ;

H'±:/i' la force élastique du gaz dans l'appareil. Le niveau du mercure devant être maintenu en /"dans le tube ôrf, ce que l'on fait en introduisant du mercure dans le manomètre, h! s'ajoute à H' ou s'en retranche suivant que le niveau du mercure est au-dessus ou au-dessous du repère f dans le tube cd \

le poids de Tair contenu dans l'appareil a alors pour expression :

+ hx

. ir

+ ax ' 1 + a^ ' 1 + a^y " 760

Le poids de Tair de l'appareil n'ayant évidemment pas changé, on a :

équation de laquelle on tire x.

Quand l'air est introduit à la pression atmosphérique H dans l'appareil, on fait A = 0, et l'on remplace ±: K par + h! dans les expressions et l'équation précédentes. ;

THERMOMâTRES. 607

On conçoit qu'un second thermomètre à gaz placé à côté du premier, dans des conditions identiques, fournirait une formule semblable à la précédente, et donnerait pour x la même valeur que celle-ci, si les deux thermomètres sont comparables. C'est en opérant ainsi que Regnault a reconnu :

1" Que Tair atmosphérique suit la même loi de dilatation depuis 0" jusqu'à 300", lors même que sa force élastique initiale à 0* yarie depuis 0*|*,400 jusqu'à l'^SOO ; d'où il résulte que dans la construction d'un thermomètre à air on n'aura pas k se préoccuper deja densité de l'air introduit; les instruments seront comparables quelle que soit cette densité,

^ L'air atmosphérique, l'hydrogène et l'acide carbonique possèdent, entre O** et 3S0*, sensiblement la même loi de dilatation, bien que leurs coefficients'de dilatation soient notablement différents. Ainsi des thermomètres construits avec ces différents gaz marcheront d'accord, pourvu qu'on calcule les températures avec le eoefficient propre à chacun d'eux. Il résulte de là que les coefficients de dilatation de ces gaz présentent sensiblement le même rapport à toutes les températures.

3^ Le gaz acide sulfureux s'écarte notablement de la loi de dilatation que présentent les gaz précédents. Le coefficient de dilatation de l'acide sulfureux diminue avec la température prise sur le thermomètre à air ; c'est ce que fait voir le tableau suivant, qui donne le coefficient moyen de dilatation par degré centigrade :

de 0» à 98«,i2 0,0038251

id. i02«,45 0,0038225

id. 185%42 0,0037999

id. 257», 17 0,0037923

id, 299S90 0,0037913

id. 310°,31 0,0037893

11 est évident que la variation du coefficient de dilatation réel est encore plus grande que ne l'indique le tableau, qui donne les coefficients moyens toujours à partir de 0^

Lorsqu'on n'a qu'une température à déterminer, on peut opérer ainsi qu'il suit avec le thermomètre à air.

472. On munit la tubulure g [fig, 125) d'un robinet semblable au robinet r. Etablissant la communication de hg avec gh, on remplit le manomètre de mercure jusqu'au pointer; on intercepte cette communication, puis on établit la communication du ballon A avec gh, et l'on remplit ce ballon d'air sec. Cela fait, on place le ballon dans l'enceinte, de manière qu'une très petite portion de son tube capillaire, qui peut être droit suivant les circonstances, sorte de l'enceinte; on laisse libre la communication du ballon avec le tube desséchant. Au moment où l'on veut déterminer la température, on supprime toute communication de gh avec A et le manomètre, et Ton observe le baromètre qui donne la pression atmosphérique à cet instant. On retire l'appareil et on le laisse revenir à la température ambiante.

On enveloppe le réservoir A et son tube capillaire de glace fondante, puis on fait couler Je mercure du manomètre, de façon à avoir dans le tube d/une dépression de 6 à 7 décimètres au-dessous du niveau ah\ on établit alors la communication entre le ballon A et le manomètre, une portion de l'air du ballon A passe dans le tube df. On verse du mercure dans le tube cd pour amener exactement le niveau au repère^ marqué sur le tube hd. On mesure la différence des colonnes de mercure

du manomètre, et Ton observe de nouveau la hauteur du baromètre. Appelant :

V la capacité du ballon et de son tube capillaire jusqn^à ^ à 0" ;

H la hauteur barométrique au moment de la fermeture du robinet g; T la température de Tenceinte et dn réserToir au moment de la fermeture du robinet g';

V la capacité du tube capillaire gbf;

h Ja différence de hauteur des deux colonnes du manomètre quand Tair de l'appareil

est ramené à 0** ; H' la hauteur du baromètre à cet instant ;

t la température marquée par un thermomètre dans le voisinage du tube gbf; A; et a les coefficients de dilatation de TeuTeloppe et du gaz ;

le poids de l'air contenu^dans l'appareil a pour expression, quand on ferme le robinet g :

1 + aT 760

Ce poids, quand Tappareil est à 0*, a pour expression

(^ + ''rTT.)^x

On a donc, en égalant ces deux poids, supprimant les facteurs communs et divisant par V :

équation qui donne la valeur de T.

L'avantage principal de cette manière d'opérer consiste en ce que le réservoir éprouve toujours la même pression sur ses parois intérieure et extérieure pendant qu'il est échaufifé, et qu'il n'y a pas de déformation permanente à craindre tant qu'on n'atteint pas la température à laquelle le verre commence à se ramollir.

473. Psrromètre à air (475). La disposition précédente est aussi très convenable pour un pyromètre à air. Le ballon de verre A est remplacé dans ce cas par une boule en platine d'une aussi grande ciapacité que possible, sur laquelle on a soudé à l'or un tube capillaire en platine, qu'on peut fabriquer en étirant à la filière un tube d'un diamètre plus grand rempli de plomb ou d'étain. Quand le tube est étiré, on fait fondre le plomb ou Tétain, dont on facilite l'écoulement avec un petit fil de fer. On achève le nettoyage du tube avec un acide.

La sensibilité de l'appareil sera moins grande dans les hautes que dans les basses températures; mais elle sera toujours suffisante, parce que la mesure des forces élastiques du gaz comporte une grande précision.

Suivant que l'appareil aura été porté à la température de :

à 0% la force élastique en millimètres sera respectivement ; 237, 163, 117, 91.

THERMOMÈTRES. 609

La plus grande cause d'incertitude provient de ce qu'x)n ne connaît pas la loi de dilatation de Tenveloppe, c'est-à-dire les valeurs de A; à ces hautes températures; mais cette cause ne peut jamais amener d'erreurs bien considérables.

Il convient, toutes les fois que cela est possible, de disposer le thermomètre à air de manière qu'on puisse déterminer directement, par l'expérience, les forces élastiques à 0» et à lOO', le réservoir étant plongé dans la glace fondante ou maintenu dans la vapeur d'eau bouillante. Mais il arrivera souvent que la détermination directe des deux points fixes de l'échelle thermométrique sera impossible, lorsque, par exemple, le thermomètre sera disposé dans des vases où il est difficile de pénétrer; on sera alors obligé de prendre le point de départ du thermomètre à air à la température du milieu ambiant, prise sur un thermomètre à mercure, et de déduire ensuite par le calcul des éléments qui conviennent k l'appareil pour la température de la glace fondante.

Si le thermomètre renferme de l'air ayant une force élastique de 760 millimètres à 0", aux températures plus élevées :

il représentera en millimètres les forces élastiques respectives :

Si la température ne dépasse pas 350°, la force élastique de l'air intérieur ne deviendra pas plus grande que 1720 millimètres; la pression effective, sur les parois, ne dépassera pas 1720 — 760 = 960 millimètres; elle sera donc trop faible pour qu'il y ait à craindre une déformation permanente de l'enveloppe. Mais dans les températures plus élevées on a à craindre une déformation permanente pour deux raisons :

1« La pression intérieure devient considérable ;

2** Le verre peut éprouver un ramollissement sensible.

Il convient donc d'introduire dans le thermomètre de l'air avec une force élastique plus faible, lorsque le thermomètre est destiné à la mesure de températures très élevées. Si l'air présentait à 0° une force élastique de 300 millimètres, il acquerrait à 500» une force élastique de 850 millimètres, qui ne surpasse la pression extérieure que de 90 millimètres.

474. Thermomètre à mercure. Ce thermomètre n'étant pas un instrument comparable au delà des températures qui ont servi à déterminer les points fixes de son échelle, on ne devra pas s'en servir, dans des expériences précises, pour mesurer des températures élevées; il faudra avoir recours au thermomètre à air (471). Mais l'emploi de ce dernier appareil est beaucoup plus difficile; il exige des manipulations très délicates, et il peut se présenter des circonstances dans lesquelles le thermomètre à air devient complètement inapplicable : telle est, par exemple, celle où l'on a à déterminer des températures dans des espaces très rétrécis ; il faut alors se servir nécessairement d'un thermomètre à mercure; mais il convient de faire préalablement une comparaison directe de cet instrument avec un thermomètre à air.

êtO

DBOXIÈHB PART».

En opérant comme pour les thermomètres de gaz différents (p. 007), RegnauU a comparé au thermomètre à air des thermomètres à mereare faits avec différents verres ; le tableaa suivant contient les résaltats qu'il a obtenus.

du thermomètre

EUKWftm A Hnco Verre ▼Bit

lU.

Grillai

Terre ordinaire à tnbes . ballons

Vène de SnMe

à tir.

de Ghois74*«oi.

et eumnes.

peafoaiUe.

très infosilde.

Compositions c

lilmiqaes moyennes des enrelopp

^es de ces therm

omètres à mer-

Gure^ densité i

de ces enveloppes, dilatation k de

) ces enveloppes <

[{uaod on porte

leur tempérai

ture de 0* à 100*, et dilatation a

pparente ib' du n

lercure qu'elles

contiennent p

>our la même élévation de tempéj

rature.

Silice

Alumine. . . .

Oxyde de fer. .

Traœi.

Oxyde de man-

ganèse. . . .

id.

Chaux

PotasM

Soude

Magnésie. . • .

Traces.

Oxydedeplomb.

UtianM. >• • • •

THERMOHlTIUn. 6ii

1 Regnault a posé la formule d'interpolation à trois termes suivante, pour établir la reUUion qui existe entre la dilatation cubique du verre ei sa température. Cette formule ne représente pas ses observations d'une manière satisfaisante; mais elle suffit cependant lorsqu*on se propose seulement de calculer les tables de dilatation du verre, qui ^ont nécessaires pour corriger les thermomètres à air des dilatations de leurs enveloppes.

Cette formule est :

Att ;= a + 6T + cT».

kr dilatation cubique du verre de 0** k T<> ;

T température indiquée p ir le thermomètre k air;|

a=0 pour le cristal de Choisy-le-Roi, et a=0 pour le verre ordinaire; log 5=4.1957769 id. etlog*=:5;417i928 id. (Jnr 401);

log c=r8,2580666 id, et log c= 8,169 1500 id.

C'est à Taide de cette formule que Regnault a calculé le tableau suivant, pour le cristal de Choisy-le-Roi et le verre ordinaire en tube, seules qualités de verre qu'il y ait employées à la construction des thermomètres à air.

Comme les dilatations absolues du mercure croissent à peu près proportionnellement aux températures, les résultats obtenus par R rg n a ult se trouvent représentés d*une manière satisfaisante par la formule d'interpolation à deux termes :

dont les constantes ont été calculées avec les données suivantes : T=150*, 5^ = 0,027 419, et T = 300% 8t = 0.055 973.

dr dilatation absolue du mercure quand on porte sa tempéraiture de 0* h T*, en

admettant la valeur de kr du tableau suivant; T température indiquée par le thermomètre à air;

log 6 = 4,3528690, log c ==8,401 9441.

C'est à l'aide de cette dernière formule qu'on a calculé les dilatations ^ du tableau suivant.

La cinquième colonne du tableau donne les coefficients réels de dilatation absolue du mercure, lorsqu'il passe de la température T à celle immédiatement supérieure T + dT. Ces coefficients, qui représentent les inclinaisons de la tangente en chaque point de la courbe ayant les valeurs de T pour abscisses et celles de B, pour ordonnées (9 et lOj, sont données par la relation :

La sixième colonne dû tableau contient les températures 6 que marquerait un thermomètre qui serait fondé sur la dilatation aLsolue du mercure. Ces températures sont données par la formule ;

e=:100x Jî- = 100 ^'

DILATAnoil CDHOOS IP,

BIUlTATIOII

coETFicisirr

de cri T».

ab&oloe

Fêel

dédoite

Cristal

Verre

du niereim dea»àT».

de diUtakioD àT».

dS^

de U dilatatloB

abeolue

du mère are.

de Ghoisj^e-BoL

ofdiniin.

dT*

or

Pour avoir la dilatation moyenne pour !•, de 0* a T', il suffit de diviser le nombre d'une des colonnes deux, trois, quatre, correspondant à T% par T ; ainsi, par exemple, le coefficient moyen de dilatation du cristal de Choiay-le-Roi, entre 0» et T = 200% est

475. Pyrométre de Wedgwood (473). Cet instrument, fondé sur le retrait qu'éprouve un cône d'argile lorsqu'on le soumet k une température élevée, sert à évaluer les hautes températures. Le O'' de cet instrument correspond k la température de 580%56 centigrades ; c'est la température du rouge naissant, k laquelle on fait recuire les cônes d'argile. L'échelle porte ensuite 240 divisions qu'on suppose équivaloir chacune

THERMOMÈTRES

:â 72%22 centigrades. L'échelle est placée sur une règle accompagnée <l'une autre faisant avec la première un certain angle ; de sorte qu'en tfaisant glisser entre ces deux règles le cône d'argile, qui a été placé pendant un temps convenable dans le milieu dont on veut mesurer la température pour prendre lui-même cette température, le point de l'échelle où il s'arrête indique la température cherchée. Le retrait de l'ar* gile pouvant ne pas être proportionnel à la température, on ne doit regarder les indications du pyromètre que comme des valeurs approchées, ^et instrument est surtout utile pour reconnaître les variations de tem- 4>érature.

476. T(U>leau des températures de fusion et eTébullttion de quelques corps, d'après ^Annuaire du bureau des Longitudes (1).

NOMS DBS SUBSTANCES.

Acide acétique concentré ,

— azotique anhydre ,

— azotique monohydratô ,

— azotique quadrihydraté. . . . <

— benzoïque

— butyrique

— carbonique

— chlorhydrique du p. sp. 1,110

— chlorique

— cyanhydrique ,

— fluorhydrique

— formique

— hypoazotique

— hypochloreux

— iodhydrique •

— margarique

— nitrobenzoïque

— perchlorique concentré

— périodique.

— stéarique

— succinique ,

— sulfhydrique

— sulfocyanhydrique

— sulfureux

— sulfurique anhydre ,

— sulfurique monohydraté. . . .

— sulfurique bihydraté

Acier

Alcool absolu

— 1 p. et 1 p. d'eau. . . . .

TEMPÉRATUBR

de fnsion

d'ébiltitira (2).

degrés.

degrés.

(1) Un astéris^e * indique un nombre qui ne doit être considéré que comme une valeur approchée; le signe < indique une température inférieure et le signe > une température supérieure à celle qui est inscrite k c6té du signe.

(2) Ebnliition sous une pression voisine de fa pression normale.

BEUXIÊHE PÀItTlB.

1 fuiiOD. d'éballitioa.

ime (bail* d« pomniM de lem)

riique (Mpril a« boii)

. de plomb «t 1 d'étui)

— 9 — et i de linc. ......

ri. plomb, 3 Jtsin, 8 bismolb (mtul de Dsrcet).

ubjdn.

ito) de pboipboi'e

sUicinm

Bornéo.

! potasse (diuolution Mtnrée)

d'ammoniaque —

larjam (dissoIatiOB latnrfs)

calcium —

:isnogène fgtieiii)

— (solide)

aile (liqueur des Hallandiii

d'élaiit (liqaenr de Libellas)

de

nanganise

ito) de phosphore.

') de phospbore

wtassmm (dluelni. dv) p. ip. 1,048 h 18*,S.

l.tu. ....

lilicium

sodium (dissolution satorJe)

soufre (CIS*)

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