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TOTAUX

671. Unité de lumière. PonYoirs éclairants des différentes matières.

Péclet a adopté, comme type de lumière, celle fournie par une lampe Carcel dépensant 42 grammes d'huile à Theure. Les Anglais ont adopté celle de la bougie de spermaceti (blanc de baleine) de 6 à la livre, brûlant 88',207 à l'heure. En France, on adopte souvent celle de la bougie stéari, que dite de TÉtoile (voir n*» 656 les mesures de la lumière électrique).

M. Penot a constaté que la bougie de 5 à la livre brûlait 98',60 par heure. Quand on néglige de la moucher, elle peut perdre de la lumière dans le rapport de 1 à 0,88. Aussi recommande-t-on de maintenir la mèche dans le même état, à une hauteur de 0",01 environ.

D'après M. Penot, la bougie anglaise de blanc de baleine (candie) équivaut aux 0,9 environ de la bougie française stéarique.

L'unité allemande (kerze) est la bougie de paraffine de 20 millimètres de diamètre, brûlant avec une flamme de 0",50 de haut; elle vaut 0,855 bougie française.

D'après Péclet, une lampe Carcel Brûlant 42«' d'huile à l'heure équivaut

à 7 bougies; ce qui donne pour l'équivalent de 100«' d'huile -j^ = 16,67»

Mais en 1889 il a été décidé que la bougie théorique = — de Carcel = ^

de l'étalon Violle (656).

D'après M. Penot, un quinquet brûlant 31«',94 équivaut à 6,15 bougies, et une lampe modérateur brûlant 28«%60 à 6,21 bougies; ce qui donne, pour l'équivalent de 100«' d'huile, 19,25 pour le quinquet et 21,71 pour la lampe à modérateur. Ces derniers chifires, comparés à celui de la lampe Carcel, indiquent une grande supériorité des petites lampes sur les grandes.

D'après Kelly et C, F. Chandler, le pouvoir éclairant d'une lampe à pétrole à mèche plate de 9"",5 est égal à celui de 9 bougies de blanc de baleine brûlant 7«%8 par heure, et le coût moyen par heure d'une lumière égale à celle de 8 bougies de blanc de baleine est de 0^,88 avec le blanc de baleine et de 0S014 avec le pétrole rectifié.

La comparaison des pouvoirs éclairants se fait au moyen d'un ph^tomèlre (Rumford, Foucault, Bunsen, Weber, Mascart), en exprimaût que les intensités varient en raison inverse du carré des distances des sources lumineuses. Un bec de 1" série (ville de Paris), brûlant 100 lit. de gaz à Theure, produit une intensité de lumière équivalant aux 0,77 de celle de la lampe Carcel brûlant 42 gr., et par conséquent équivavalente à celle de 0,77 x 7 = 5,39 bougies; un bec de la 2" série, brû-

lant 140 lit. , produit une intensité de 1,10 fois celle de la lampe Carcel, et équivaut à 1,10 x 7 =7,70 bougies; enfin un bec de 3» série, brûlant 200 lit., produit une intensité de 1,72 fois celle de la lampe Carcel, et équivaut à 1,72 x 7 = 12,04 bougies. En prenant les équiva-

lents pour 100 lit. de gaz brûlés à l'heure, on trouve^ ,r:= 5,39

pour le titre du bec de la 1' série, -2 — r-r^r = 5,5 pour celui de la 2%

IsU

^^ — onn = ®»^^ P^^'' ^^^"^ ^^ ^^ ^ » ^® ^"^ montre que les gros

becs sont les plus avantageux. Mais on a dépassé grandement aujourd'hui tous ces rendements.

Les nouvelles lampes intensives au gaz (679), Siemens, Wenham, etc., produisent maintenant le carcel avec une consommation de 50, 40 et même seulement de 35 et 28 litres à Theure. Un bec du 4 septembre modifié donne 80 carcels pour une dépense horaire de 4500 litres et le nouveau bec industriel Bengel frères donne 150 carcels pour 5000 litres par heure.

Tableau des diverses natures d*éclairage produisant la lumière dune bougie Étoile {ancienne unité de lumière), (De Téclairage au gaz, par Af. D'Hurcourt.)

'il

NATUBL

de réclairage.

Bougie stéariqtie ait» de l'Etoile.

Chandelle. . . .

BIPLIGÀTION.

Huile. ......

Gas de houille. .

Gaz de boghead.

Gaz portatif. . .

Gac hydrogène. .

1 livre de bougie (485 gr.) donne 50 heures d'éclairage

A poids égal, elle donne autant de lumière que la bougie (M. Fenot) ...

Lampe carcel de 42 gr., lumière de 7 bougies, (42 gr. à 1^,60 le kil. 6*,72, mèche et entretien 0%40, total 7«,lt). Soit pour Funité de Inmière

Lampe modérateur dépensant 28 gr., lumière 6»«««,20 (28 gr. à KcO le kU. 4%48, mèche et entretien 0 ,40, total 4*,88). Soit pour l'unité de lamièr<%

Bec d'Argantt dit Ben^hd, sans panier, dépense 105 litres, lumière de? bougies. Pour l'unité de lumière

Bec fendu. Largeur de la fente 0»,0006, pression 0"',007, dépense 138 litres, lumière de 7 bougies. Four l'unité de lumière (expérience).

Usine à gaz de Mulhouse, titre 6,28 (M. Fenot)

Expérience de Mulhoase, titre de 28,20. . . .

Titre de 25

Id, de 30

Mixtures ffrasses, titre de 40

Titre maximum 5,22

MÀTIÉRI

brûlée

en 1 heure.

4S,51 15 lit.

paix

de

la matière.

l'.ôOlaUT.

0',901aliT.

l',60 le kil.

t',601ekil.

0',30 le m.

0^,30 le m.

0',30 le m.

1 ,20 le m.

id.

id.

id.

0',30 le m.

TÀLBU^

de l'unité

de lumière.

centimes.

~ii'

di

Les becs Wenham les plus perfectionnés ne demandant que 5 litres de gaz environ, en une heure, pour produire Tintensité d^ne bougie Étoile, la valeur de Tancienne unité de lumière roTient ainsi avec eux à 5 X O'jOOOS = 0*«»,15 seulement. Le bec Auer, qui ne demande que 3 litres 1/2 enyiron, la donne donc pour 3,5 x 0^,0003 = 0««*S105.

672. Éclairage à rhnile. Dès 1831, Fennings proposait d'appliquer k réclairage un mélange d'alcool et de térébenthine. Ce liquide produit une lumière vive, presque sans odeur; mais il offre des dangers d*explosion. Les huiles végétales sont nombreuses; mais on les falsifie aisément. L'huile de noix est fétide et porte à la tète. A New-York, on emploie Thuile de ricin épurée, qui donne une belle lumière. L'huile de fusain présente les mêmes avantages; 10 litres de graines de fusain donnent un litre d'huile. On connaît Thuile d'oeillette, etc. On obtiendrait un très bel éclairage en mélangeant Fhuile de pomme de terre avec des huiles minérales.

Quant aux huiles minérales servant à l'éclairage, on en distingue trois : Thuile de résine, l'huile de schiste et l'huile de pétrole. On obtient l'huile de résine en distillant la colophane à feu nu; cette huile donne considérablement de noir de fumée; son gaz d'éclairage est très brillant. En Amérique, on a employé le goudron. On a obtenu une belle lumière de certaines houilles, à l'aide d'un bain de plomb et par l'intermédiaire d'un courant de vapeur qui traverse l'appareil. On a donné à cette huile le nom de bokool.

L'huile de schiste est très employée : certaines de ces huiles répandent une odeur infecte. Le schiste d^Ëcosse ne contient pas de goudron, mais quelques traces de matières résineuses. Le schiste de Dorshîre donne 22 p. 100 d'huile; celui d'Ecosse 56, et 47 quand il est rectifié. Ce produit s'enflamme de lui-môme; c'est un sérieux danger. En mélangeant des huiles de colza et de schiste, .on évite le danger el l'on obtient une lumière satisfaisante.

Il est d'autres modes d'éclairage qu'on n'obtient pas à meilleur compte, qui ne donnent pas plus de lumière, et qui présentent plus de dangers : ainsi l'huile-gaz, extraite du goudron de houille; le gaz liquide, courant d'air arrivant sur un gaz hydrocarbure, etc.

673. Éclairage au pétrole. L'usage de l'huile de pétrole s'est rapidement répandu en France depuis une trentaine d'années. L'huile de pétrole du Canada est celle dont l'odeur est la plus infecte, la seule qai présente vraiment du danger pour la santé. L'huile pure et rectifiée est blanche, d'une consistance un peu plus forte que celle de l'eau, et répand une odeur particulière. Jeter de l'eau sur de l'huile de pétrole enflammée, ce serait accroître l'incendie. On étouffe ce feu par du sable, par des cendres ou par une compression quelconque.

Le D' Constantin Paul résume ainsi son opinion sur le pétrole :

L'huile minérald de pétrole n*est pas insalubre, malgré sa mauvaise odeur; elle n'offre de danger que par sa facilité à s'enflammer; l'huile de pétrole rectifiée est moins inflammable que l'huile brute, et l'on peut y jeter des allumettes enflammées sans qu'elle prenne feu ; l'huile purifiée est en même temps plus claire et plus limpide que rhuile brute. Le pétrole doit être conservé dans des bidons en métal.

La lampe, dans la partie qui contient l'huile, doit être large et peu profonde, pour donner un éclairage régulier; quand on veut remplir ces lampes, il est préférable de le faire de jour; si on le fait le soir, il ne faut pas approcher, de l'huile qu'on verse, la flamme d'un objet d'éclairage, sans cela on courrait risque d'y mettre le feu; quand on veut éteindre une lampe, on baisse la mèche, et quand il ne reste plus qu'une pe-

lite flamme bleae, od souffle. Il eal dangereux de cooiinaer h faire descendre la mfccbe', si elle tombait dans la lampe, elle pourrait j mettre le Ten et déterminer l'explosion. (Voir une élude suc l'iaduslrie du pétrole dans le Génie civil, t. XVI, n' 5, noTombre 1889.)

On va chercher le pétrole, au moyen de puits forés au trépan, jusque dans les <c poches » où il est enfermé et on l'amène à la surface >u moyen de pompes, lorsqu'il ne jaillit pas de lui-même, à la manière des eam d'un puits artésien. Le pétrole est reçu dans de grands réservoirs, d'où il est amené, par des tuyaux qui mesurent parfais plusieurs myri&mètres, jusqu'aux centres industriels où on le distille. Le pétrole brut est loin d'être homogène; sa consistance est souvent celle d'une mélasse claire. Il est brun foncé, et vert par réflexion. 11 pèse de 0,78 à 0,92. La distillation de l'huile brute donne d'abord Yéther de pétrole (de 45 à "70 degrés) qui pèse 0,6S, puis Vessence de pétrole, dont la densité varie de 0,702 à 0,740 et qui est connue sous le nom de naphte ou d'essence mirtérale (de 75 à 120 degrés). Au-dessus de 150 à 280 degrés, on recueille l'huile d'éclairage (le kérosène ou photogène), qui n'est d'ailleurs employé qu'après un raffinage spécial (pétrole rectifié). Les huiles lourdes et les paraffines viennent ensuite.

Les lampes alimentées au pétrole présentent des dispositions spéciales, en raison même de la volatilité du combustible. Les huiles végétales, comme le colza, exigent une température élevée pour se décomposer en produits volatils. Aussi doit-on les amener presqu'au contact de la fiamroe pour les « faire brûler i : dans les lampes h. ^- ng huile, la mèche plonge constamment

dans le liquide amené jusqu'au bord du bec à l'aide d'un piston, dépasse ce bord de quelques millimètres à peine, et pénètre immédiatement dans la flamme. Dans les lampes à pétrole, entre lailamme et la surface du liquide, il doit y avoir environ 6 centimètres, la mèche ne dépasse jamais le bec ou du moins n'arrive pas jusqu'à la flamme. Cette disposition évite une volatilisation trop rapide du liquide, qui s'élève par capillarité le long de la mèche; on la complète en refroidissant le brûleur par un courant d'air appelé par la combustion même.

La mcche, pincée entre les deux tubes concentriques a et 6 {fig. liS), plonge dans le liquide combustible, qui est renfermé à l'intérieur d't*n réservoir hermétiquement clos. Un premier appel d'air se fait par la partie inférieure du tube a. Cet air vient d'abord refroidir le pétrole enfermé dans

le réservoir et active ensuite la combustion des produits volatils en pénétrant dans la flamme par les trous du chapeau d. Une couronne c, également percée de trous, donne accès à un deuxième afflux d*air, mais celui-là extérieur à la flamme.

Depuis quelques années, on utilise la vapeur du pétrole dans des appareils appelés carburateurs^ qui produisent, d'une manière continue, la vaporisation du pétrole et mélangent les vapeurs hydrocarburées à la quantité d'oxygène nécessaire à leur combustion. Pour arriver à ce résultat, on fait passer un courant d'air, sous pression, soit à travers le liquide hydrocarbure (barbotage), soit à la surface de celui-ci, en augmentant autant que possible les surfaces de contact. Parfois, on vaporise le liquide à chaud avant d'introduire l'air nécessaire dans l'appareil. Le mélange d'air et de vapeurs ainsi obtenu {gaz atmosphérique) est reçu dans un régulateur de pression et transmis aux divers brûleurs par une canalisation en plomb. Les carburateurs occupent peu de place. On peut les disposer soit sous un petit hangar à proximité du local à éclairer, soit dans des caves. Les carburateurs sont basés sur l'emploi de la benzoline, gazoline ou pétrole léger, qui s'obtient dans les premières fractions de la distillation des pétroles et qui se vaporise à peu près à froid, chose essentielle. Les gazolines du commerce pèsent environ 650 grammes le litre. Les principaux appareils de ce genre sont ceux de MM. Lothammer, Jaunez, A. Parrot, décrits dans la Semaine des Constructeurs (vol. 14, p. 125).

674. Gisements pétrolifères. Nous indiquons ci-après les principaux gisements de pétrole, avec leur importance évaluée en barils de 4S gallons, soit de 180 litres :

Étais-Unis {\) ; 25000 puits (surtout en Pennsylvanie, Oil-Creck), production en 1861:2113600 barils; en 1881 (apogée): 29 674 500 barils; en 1888 : 16 128000 barils.

Canada : Environ 200 puits, 900000 barils par an.

Pérou : Exploitations récentes, 300000 barils par an.

BoliviCy République Argentine, Venezuela, Trinité, Indes néerlandaises, Indes anglaises, Nouvelle-Zélande : Pas d'exploitations régulières.

Australie : Exploitations récentes, environ 80000 barils.

Japon : 2000 puits, 34000 barils par an.

Perse, Chine et Fonnose : Production inconnue.

Birmanie: Production annuelle, 1000000 de barils.

Région transcaspienne : 1 puits; production annuelle, 116250 barils.

Roumanie : 1200 puits; production annuelle, 125000 barils.

Galicie (Autriche): Production annuelle^ 5000000 de barils.

Allemagne: Environ 200 puits; 300000 barils par an.

Italie: Production insignifiante.

France : Exploitations régulières k peine commencées.

Bakou et Apchéron (Caucase) : 600 puits creusés ; 150 exploites ; 459 irrégulièrement exploités à cause de leur faible rendement. Production du naphte en 1888: 16500000 barils, 165000000 de pouds (1 poud = 16 kilog.), 44000000 de pouds de produits distillés ou raffinés; 20000 pouds de kir; nombre d'ouvriers employés: 4000»

Caucase (Bakou excepté) : 259 puits; 50000 barils.

(1) Aux États-Unis, les pétroles bruts sont envoyés directement des puits aux raffineries et aux magasins d'expédition par des canalisations spéciales ou pipe-lines, dont l'administration centralise la production dans la région pétrolifère comprise entre l'Atlantique et la région des lacs.

En France, le pétrole brut est payé \S francs par quintal à la douane et le pétrole raffiné, 25 francs.

675. Le lucigène, mélange intime d'air et d'huile à l'état d'extrême division, donne une flamme fixe, très claire et très brillante. Le mélange s'effectue au moyen d'un mécanisme empruntant son mouvement à un petit réservoir d'air comprimé. Il suffit de tourner un robinet pour régler la flamme. Le prix de revient varie de 1/10 à 1/12 du prix de l'éclairage au gaz. Le lucigène se prête surtout à l'éclairage de vastes espaces. Plusieurs kilomètres carrés peuvent être éclairés par un seul fanal. La flamme ne donne pas seulement une lumière blanche puissante; elle produit, de plus, une très grande diffusion. La flamme d'un lucigène de 3000 bougies s'étend sur une surface de 0"î,^84, tandis que la surface rayonnante de 6 lampes à arc voltaïque ayant le même pouvoir éclairant total n'est que de 0"',000525, c'est-à-dire 350 fois moindre.

676. Éclai]:age an gaz. La flamme du gaz de l'éclairage est d'autant plus brillante que la densité du gaz est plus grande et que la température de l'air d'alimentation et par suite de la flamme est plus élevée. La densité du gaz de la houille étant 0,529 en moyenne, et celle du gaz. de l'huile 0,960, le pouvoir éclairant du premier étant 100, celui du second a été 272.

Le gaz provenant de la distillation de l'huile a pour densité 1,054 au moment de sa préparation, et suivant qu'on le consomme à cet instant, ou deux ou quatre jours après, il faut brûler par heure 506 ou 544 ou 607 centimètres cubes pour obtenir la lumière d'une chandelle de 6 au 1/2 kilog. Pour le gaz de la houille, ces nombres sont respectivement 1012, 1087 et 1161 centimètres cubes.

La puissance calorifique d'un mètre cube de gaz est de 6000 calories (726).

677. Densité dn gaz. La densité du gaz varie avec sa composition. On admet généralement le chiffre de 0,55 par rapport à l'air se justifiant comme suit :

Composition moyenne j en volume et en poids,

Formène, méthane ou gaz des

marais (G* H*) 60^'* pesant 28»' et renfermant 2 H' de carbone pour 7f' d'hydrogène.

Éthylèneougazoléflant(G*Il*). 8 — 10 ,16 — 8 ,70 — 1 ,46 d'hydrog.

Hydrogène (H) 20 — 1 ,78 — 1 ,78 d'hydrogène.

AzCO et divers 12 — 15 ,01 — 6 ,28 d'azote pour 3,76 de carbone et

^___ 4,97 d'oxygène.

Soil en tout, en gaz d'éclairage, 100^" pesant 54«',95 D'où 1 mètre cabe de gaz pèse S49c^',5.

678. Becs de gaz. La combustion d'un corps n'est que sa combinaison avec Toxygène de l'air, et un gaz est d'autant plus éclairant qu'il est plus riche en carbone. Dans les débits faibles, le peu de gaz qui s'écoule

est entouré d'une grande surface d'air; les becs brûlent à bleu. Une Ji

addition de 6 p. 100 d'air dans une flamme diminue le pouvoir éclai- 1

rant de près de moitié (p. 849); avec 20 p. 100 d'air, on n'a plus de [

lumière. Si l'on augmente le débit du bec, le centre de la flamme ij

échappe à Taction directe de Faîr, et Ton obtient une belle lumière blanche. Si Ton exagère le débit , la flamme devient bleuâtre et le pouvoir éclairant est mal utilisé. Les brûleurs à fente large sont donc supérieurs à ceux à fente mince.

Le pouvoir éclairant maximum du gaz coïncide avec les faibles pressions au bec et avec la section d'écoulement la plus grande pour m débit donné. Examinons les principaux becs employés :

Becs papillons ou chauves-souris. Le bec papillon est un boutoo sphérique creux en acier de 6 millimètres de diamètre traversé par one fente régulière pratiquée à la scie, d'où le gaz s^écoule en produisant une flamme en éventail, La fente peut avoir de 2/10 à 7/10 de millimètre de largeur.

La sphère est réunie à un pas de vis par une petite gorge. Ce bec consomme 120 litres de gaz à Theure pour produire un carcel d'intensité. L'augmentation du débit fait varier la largeur, mais non la hauteur de la flamme.

11 est excellent pour l'éclairage public et particulier à l'air libre. Ces becs sont vissés dans un petit tube en cuivre soudé à la conduite.

Becs bougies. Dans ce système, le bouton métallique est percé d'un trou circulaire dans son axe. La flamme est comparable à celle d'ane bougie. On l'emploie dans les lustres, appliques, girandoles, etc. Les diamètres varient de 5/10 de millimètre à 3""l/2. Le pouvoir éclairant croît plus vite que la consommation. Le meilleur bec est celui de 2 millimètres de diamètre qui dépense 34 litres à l'heure, et dont la flamme est haute de 0",10.

Bec Manchester, Ce bec est formé d'un cylindre terminé à la partie supérieure par un disque percé de deux trous inclinés, de telle sorte que les jets gazeux se xencontrent et forment en s' aplatissant une flamme allongée analogue à une queue de poisson. C'est, en quelque sorte, la réunion de deux becs bougies* On l'emploie pour l'éclairage extérieur à l'air libre et quelquefois dans de grandes pièces où les becs sont nombreux. La supériorité du bec Manchester sur le bec a deux bougies augmente à mesure que le diamètre des trous grandit Ces becs ont une utilisation supérieure à celle des becs bougies et inférieure à celle des becs papillons. La forme plus allongée de leur flamme évite le bris des globes de verre. Ils font entendre un sifflement particulier lorsque la consommation dépasse la limite de bonne utilisation.

Becs d'Argandf à double courant d'air. Ces becs sont composés d'une couronne circulaire en métal, porcelaine ou stéatite, percée de trous circulaires, espacés de 3 millimètres de centre en centre et dont le nombre varie. La couronne est entourée d'une galerie métallique sur laquelle repose une cheminée en verre. L'air arrive au bec par des ouvertures ménagées dans la galerie, ainsi que par le panier placé à la partie inférieure. Ce panier en métal , porcelaine ou verre régularise l'arrivée du courant d'air qui circule autour de la flamme, augmente le pouvoir éclairant de 3 p. 100, et il pénètre à l'intérieur par Taxe du

bec. Ce bec donne une lumière constante et s'emploie pour l'éclaîrage intérieur. Sa flamme offre plus de fixité que celle des becs précédents. La bonne utilisation du pouvoir éclairant varie avec le diamètre des trous, le nombre de ces trous, la distribution de l'air et la hauteur de la cheminée de verre. On peut assimiler ces becs à la réunion d'un certain nombre de becs bougies.

Les expériences faites sur les becs à 30 trous ont permis de constater que le pouvoir éclairant maximum correspond au diamètre des trous de 6/iO à 8/10 de millimètre pour une dépense de 100 à 110 litres à rheure. On peut employer des becs dont le diamètre des trous atteint 1 millimètre, mais en faisant usage du cône de métal qui active la combustion en dirigeant l'air sur la flamme. Il faut multiplier les trous autant que possible: car s'ils sont trop éloignés, l'air peut s'introduire dans les intervalles compris entre les jets distincts, et la combustion devient trop complète pour être assez éclairante.

Le bec de 30 jets est le plus employé. La quantité d'air nécessaire à la combustion diminue quand la dépense augmente. La hauteur du verre la plus favorable est O'^jSO.

Les becs d'Argand en métal s'échauffent beaucoup, et leur rayonnement est gênant. Aussi adopte-ton souvent la porcelaine pour le bec, et le verre, le cristal ou la porcelaine pour la garniture. Les becs à verre sont trop sensibles aux variations de pression et ont une tendance au filage. Le tableau suivant indique les conditions d'établissement et de rendement des becs de ce système :

Nombre de trous.

Lumière

Dépense

Intensité relative.

li8

679. Becs de gaz perfectionnés. Par suite de la concurrence de l'éclairage électrique, les fabricants de gaz ont été stimulés à perfectionner leurs appareils. Ils sont arrivés à réaliser des progrès considérables. Les becs perfectionnés peuvent se diviser en trois classes :

1° Becs dans lesquels la température de combustion est augmentée en chauffant l'air d'alimentation par sa circulation en sens inverse des produits de combustion, dans un appareil appelé récupérateur de chaleur.

2» Becs dans lesquels le gaz porte à l'incandescence une matière donnant une intensité lumineuse supérieure à celle du carbone incandescent en suspension dans la flamme.

3» Becs dans lesquels le gaz a son pouvoir éclairant augmenté par l'addition d'hydrocarbures riches.

Le bec à récupération le plus ancien est celui de Ghaussenot, qui date de 1836; mais le bec Frédéric Siemens ne date que de 1879. Ce système (fig. 149) est constitué par trois boîtes concentriques A, B, G. Le gaz arrive par une tubulure inférieure, traverse un régulateur de pression F et se répand dans la chambre A; il monte jusqu'au bec pro-

ment dit par les tubes verticaux m. La flamme est aspirée dans h |

minée centrale B, et les produits de la combustion redescendem, j

aufTant ainsi les parois de la boite C, par laquelle arrive l'air eilé- I

ir, et s'échappent par la cheminée latérale G. Ud nouveau brûleur |

mens, à flammes plates, date de 1S83. Vinrent ensuite les becs \ iulke (bec parisien), l'Industriel, Guibout-Giroud, Delmas-Âzéma, in le bec Wenbam (en 1

e dernier est un des plus répandus. Dans son modèle perfectioDué implihé (fig. liW), le brûleur B est un bouton en sléatite [\) percé le couronne de trous circulaires, fixé à reitrémité du tube d'ar- , ie du gaz A, au centre du récupérateur. Celui-ci est constitué psr •t cylindres concentriques en fonte, reliés par des tubes paralléli- Sdiques, de section presque carrée, disposés en quinconce et incliné» l'axe du système. L'air, arrivant de l'extérieur, traverse les tubes r se rendre dans le cylindre intérieur, d'où il redescend vers 11

) La stéatjte eM ua sUic!it« complexe dans lequel il e.

e lai

agnrisii

flamme. Les produits de la combustion remontent par l'espace cylindroannulaire, entre les deux cylindres, et s'échappent par la cheminée après avoir considérablement échauffé les conduits parallélipipédiques dans lesquels passe l'air froid pour se rendre au bec. L'inclinaison de ces conduits constitue le dernier perfectionnement de la lampe Wenham. Cette disposition augmente beaucoup la surface de chauffe et les sections d'évacuation des produits de combustion. Le récupérateur est surmonté d'une cheminée et enfermé dans une enveloppe en métal ou en faïence. Autour du récupérateur, entièrement venu de fonte, se trouve une couronne faisant corps avec lui et percée d'une rangée de petits trous. Cette couronne supporte la 'verrine, et l'air extérieur, pénétrant par les orifices, a pour but d'empêcher une trop grande élévation de la température à l'intérieur du verre, en même temps qu'elle influe sur la forme et l'épaisseur de la flamme.

Un grand nombre de lampes dérivent du type Wenham : telles sont les lampes Ezmos, Sée, W. Sugg, Lebrun-Deselle, Danichewski, Croniatie, etc. On en trouvera la description dans une intéressante conférence faite par M. Auguste Lévy, ingénieur de la Compagnie du gaz, et publiée dans le Bulletin de la Société d'encouragement pour Vindustrie nationale (mai et juin d891). Nous nous sommes aidé de ce travail. Les lampes à récupération donnent le carcel avec 60 litres de gaz consommé pour les petites lampes, et avec 28 pour les grosses.

Régulateurs -rhéomètres. Dans les lampes à récupération, les sections d'arrivée de l'air comburant et de départ des produits de combustion sont équilibrées pour une consommation déterminée de gaz. Pour assurer l'arrivée régulière du gaz, on fait usage de régulateurs spéciaux appelés rhéomètres.

Les rhéomètres sont secs ou humides. Celui de Bablon est sec; il est formé (fig. d51) d'une boîte cylindrique A contenant un petit tube creux I,

sur le milieu duquel est fixé, normalement à son axe, une petite rondelle. L'extrémité de ce tube, audessus de la rondelle, porte une fente d'une largeur déterminée. Enfin, un morceau de tube entre à frottement dur dans cette extrémité et porte une fente semblable à celle du tube extérieur. Selon que le tube s'enfonce plus ou moins, l'orifice d'écoulement du gaz, représenté par l'espace libre entre les deux fenêtres, est plus ou moins grand. L'extrémité du tube s'engage de plus dans l'orifice de sortie du gaz ménagé à la partie supérieure de la boîte. La pression du gaz soulève le flotteur d'autant plus qu'elle est plus grande; l'orifice d'évacuation est donc par suite plus ou moins fermé, et la pression reste constante. En effet, soit S la surface du disque, h la pression au-dessous, N la pression au-dessus, P le poids du disque, l'équation d'équilibre est :

Fig. 151.

838 DEUKIÈMB PARTIE.

S — A' est la pression qui détermine la consommation du gaz; elle est

p constante et égale àg-

Parmi les régulateurs humides figurent ceui de Giroud et de P&rsj- Dervsl. Le rhéomètre Giroud, à glycérine, se compose {fig. 152) d'une boîte cylindrique renfermant «ne clocbe ^' '* très légère, percée d'un trou à la partie

I supérieure et surmontée d'uo petit cône G.

La cloche, dont le poids est calculé suivant la densité du gaz, repose sur an bain de glycérine GG, el le petit cône C ' s'engage dans l'orifice 0 de sortie du gai.

Le gaz arrive sous la cloche qu'il soulève plus ou moins, selon la pression, el s'échappe par la petite ouverture ménagée dans la cloche; mais à mesure que celte dernière se soulève, l'orifice d'évacuation du gai est plus ou moins obstrué par le petit cône. La cloche joue le râle du disque t dans le régulateur Bablon (p. 837).

' Becs à incandescence. Le bec Sellon se compose d'un brûleur Bunsen portant à l'incandescence une mèche en toile de platine iridié. II est nécessaire que le mélange d'air et de gai Boit do 1 volume de gaz pour 5,7 d'air. Ce Lee donne le carcel avec 75 litres (mèche neuve) ou 130 litres (mèche usée).

Le bec Clamond est un bec circulaire à trous et à double courant d'air, dont la flamme porte à l'incandescence un morceau de magnésie filetée posé sur le bec.

Le bec Auer von Welsbach se compose d'un brûleur Bunsen qui porte à l'incandescence une mèche de tulle imbibée de chlorure de zircooe, mélangée à des oxydes de lanthane et autres métaux. Le mélange d'air e( de gaz doit se faire dans la proportion de 2''',8 d'air pour 1 de gaz. Le bec Auer a un pouvoir éclairant de 18 bougies et donne une économie de 60 p. 100 de gaz en le comparant aux meilleurs becs d'Argand (p. 83t). Bect à hydrocarbures. Le principal est le type albo-carbon; c'est un bec k fente ordinaire placé devant une boule métallique renfermant des crayons d'albo-carbon ou naphtaline. Le gaz traverse la boule el se charge de vapeurs de naphtaline avant d'arriver au bec, qui échauffe d'ailleurs la boule el la naphtaline qu'elle renferme. Cette matière fond ^ B0°. La flamme est blanche. Un mélange d'albo-carbon el de gai d'éclairage, brûlant dans un bec de 90 litres, a le pouvoir lumineux de 3 lampes carcel.

680. Service da gaz à Paris. La Compagnie parisienne d'éclairage et de chauffage par le gaz traite annuellement environ 870000 tonnes de matières premières. En 1890, elle a distribué À Paris 268441 472 métrés cubes de gaz, se répartissant ainsi :

tonnes.

Voies publiques 27010376

Établissements municipaux 18431409

Administrations, établissements publics 4355986

Particuliers 218643701

Au 31 décembre 1888 , la compagnie avait à Paris 1 960 kilomètres de conduites en tdle et bitume , et 240 kilomètres de conduites en fonte. Ces dernières tendent à diminuer. Les conduites en tôle et bitume ont, au contraire, augmenté beaucoup depuis âO ans (693).

Un décret, du 25 juillet 1855, approuve le traité du 23 juillet de la même année, entre la Ville et la compagnie du gaz, pour la concession de l'éclairage et du chauffage au gaz dans Paris. Nous allons donner un extrait du cahier des charges, en indiquant les modifications qui résultent des traités postérieurs du 25 janvier 1861 et du 7 février 1870.

La Ville de Paris concède à la compagnie du gaz le droit exclusif de conseryer et d'établir des tuyaux pour la conduite du gaz d'éclairage et de chauffage sous les voies publiques.

Cette concession est faite pour 50 années^ qui commencent le l**" janvier 1856.

La Ville se réserve le droit de faire déplacer et même enlever, aux frais du concessionnaire et sans aucune indemnité, les tuyaux de conduite, toutes les fois que Tintérêt public Texige.

L'administration aura le droit d'autoriser des essais d'éclairage et de chauffage par tous les systèmes qui pourront se produire, dans une limite de 1000 mètres de longueur par chaque essai, et sans que Texercice de ce droit puisse donner lieu à aucune indemnité en faveur des concessionnaires.

Cette société ne pourra demander d'augmenter son capital en actions au delà de 84000000 de francs qu^après un avis du préfet de la Seine et du conseil municipal.

Depuis le l**" janvier 1869, la Ville a droit à la moitié des bénéfices réalisés par la compagnie. Avant tout partage, il sera prélevé : l"* les sommes nécessaires pour annuités d'amortissement des actions et obligations émises ou à émettre ; 2<* la retenue fixée pour la réserve par les statuts; 3'' une somme, pour dividende et intérêts des actions, de 11200000 francs, depuis le 1*' janvier 1888.

Les usines à gaz et les usines annexes de la compagnie qui se trouvent comprises dans les limites de Paris, seront considérées comme entrepôt réel, c'est-à-dire qu'elles se trouveront dans le même cas que si elles étaient situées en dehors des limites de l'octroi. Les composés de houille, coke, goudrons, brais, naphtaline, huiles lourdes ou essentielles, essence de houille, produits ammoniacaux, etc., n'auront à supporter les taxes d'octroi que pour les quantités livrées dans Paris à la consommation locale. £n revanche , la compagnie payera à la caisse municipale une redevance de 0'',02 par mètre cube de gaz consommé dans Paris.

Dispositions communes à Véclairage public et particulier. L'éclairage se fait par le gaz extrait de la houille. Il ne pourra être employé d'autre gaz sans le consentement du préfet de police , après délibération du conseil municipal. Le gaz sera parfaitement épuré, et son pouvoir éclairant devra être tel que, sous une pression de 2 à 3 millimètres d'eau, l'éclat d'une lampe Carcel brûlant 42 grammes d'huile de colza épurée à l'heure puisse être obtenue avec une consommation de 105 litres de gaz à l'heure en moyenne. La compagnie sera tenue de fournir les appareils et les locaux nécessaires à la constatation du pouvoir éclairant , qui s'effectuera chaque jour de la manière suivante :

. Les expérimentateurs prendront pour t3rpe du brûleur de gaz le bec Benghel en porcelaine, à 30 trous, brûlant sous 2 à 3 millimètres d^eau de pression, avec un verre de 0'",20 de haut, et 0'",049 de diamètre en bas et O'^^OSS en haut. Ils en régleront la flamme pour avoir une lumière d'une valeur égale à celle de la lampe Carcel, brûlant 42 grammes d'huile à l'heure, sous les conditions spécifiées dans l'Instruction de Dumas et Regnault, jointe au présent traité (681).

Les deux flammes ayant été maintenues bien exactement égales en intensité pendant

le temps nécessaire pour brûler iO grammes d'huile, les expérimentateurs mesureront le gaz consommé, qui devra s'élever en moyenne à 25 litres. Les essais se feront an moyen de Tappareil décrit et suivant le mode indiqué dans rinstruction de Dumas et Regnault (681). Chaque appareil devra être reçu par les ingénieurs de la Ville de Paris, et il ne sera mis en service qu^aprës avoir été vérifié contradictoirement par les agents de la Ville et ceux de la compagnie. Les appareils d'essais seront placés dans les bureaux de section de la cofhpagnie, dans une pièce dont les agents de la Ville auront seuls la clef; ceux de ses bureaux destinés aux essais seront choisis, d'accord aTec la compagnie, vers la région moyenne du réseau alimenté par l'usine à laquelle correspondra le bureau. Il y aura autant de bureaux d'essai qu'il conviendra à l'administration municipale d'en établir, mais au moins un par chaque usine & gaz et deux sur les usines importantes. Les essais seront effectués de 8 k 11 heures du soir. Les expérimentateurs feront trois essais à une demi-heure d'intervalle, et ils en prendront la moyenne.

Si la consommation du gaz, qui doit être de S5 litres, dépassait 27^50, il en serait donné immédiatement connaissance k M. le préfet de la Seine et & la compagnie.

Si, par suite du progrès de la science, Tadministration, de l'avis du conseil municipal, jugeait convenable d'imposer à la société l'emploi de procédés étrangers aa système actuel de fabrication du gaz , celle-ci serait tenue de se conformer aux prescriptions de l'administration. Dans le cas où l'emploi de ces nouveaux procédés anrait pour résultat un abaissement notable dans le prix de revient du gaz, la société serait obligée de faire profiter l'éclairage public et particulier de cet abaissement de prix, dans les proportions déterminées par l'autorité administrative, toujours de l'avis da conseil municipal. 11 en serait de même pour le cas où, sans attendre l'intervention administrative, la société aurait pris l'initiative de l'application de procédés nouveaux. Ces stipulations ne seront applicables que par périodes de cinq ans.

Dans les derniers mois de chaque période , tous les procédés étrangers an système actuel de fabrication qui seraient jugés de nature à constituer un progrès , seront examinés par une commission qui sera désignée par le ministre de l'intérieur, et qui indiquera les perfectionnements ou inventions qui lui paraîtront pouvoir receyoir une application industrielle et manufacturière. En cas de découverte d'un mode d'éclairage autre que l'éclairage par le ^z, l'administration se réserve le droit de concéder toute autorisation nécessaire pour l'établissement du nouveau système d'éclairage, sans être tenue k aucune indemnité envers la société actuelle.

L'administration^ après avoir entendu la société, pourra prescrire soit dans la direction des conduites, soit dans la dimension et la nature des tuyaux, toutes les modifications successives que lui paraîtra exiger la bonne exécution du service.

La compagnie sera tenue de poser deux conduites sous les trottoirs, dans toutes les voies k canaliser ayant 14 mètres de largeur et au-dessus, et dans celles qui recevront une chaussée en asphalte comprimé, quelle que soit leur largeur. Afin de garantir des effets du gaz les arbres des promenades publiques, la compagnie exécutera le drainage des conduites à établir sous les voies plantées et entourera les branchements de drains en terre cuite. Le drainage des conduites consistera k garnir les deux côtés et le dessus de la conduite de pierres cassées, sur une épaisseur de 0'",15 k O^fSO, suivant le diamètre des conduites, et k couvrir cet empierrement d'une enveloppe s'opposant à l'infiltration des sables et des terres dans les interstices des pierres. Le prix de réfection des chaussées et trottoirs k payer k la Ville , pour les conduites et branchements de toute nature k établir ou k réparer, est fixé k 3 francs par mètre carré.

Pendant la durée de l'éclairage et pendant toute la durée du jour, dans les quartiers où l'état de la canalisation et le nombre des consommateurs le permettront, le gaz devra être tenu, dans les conduites, sous une pression de O'",020^ afin qu'il arrive aux becs en quantité suffisante, même dans le cas où il aurait à traverser un compteur.

Pour assurer les services public et particulier, la société aura constamment en magasin, ou en cours de transport, un approvisionnement d'un mois en matières premières destinées k la fabrication du gaz.

Éclairage public. Cet éclairage comprend non seulement toutes les voies publiques existantes et celles qui pourraient être créées^ mais encore tous les établissements et propriétés de la Ville de Paris (notamment les théâtres lui appartenant) et de l'Assistance publique qui seront désignés comme tels k la compagnie par le préfet de la

Seine, pendant le cours de la présente concession. Il comprendra en outre les établissements départementaux et les établissements militaires situés dans Paris et qui seront indiqués h la compagnie de la même manière. Il y aura trois séries de becs. La dimension de la flamme sera au minimum, savoir :

1'* série, consommant 100 litres à l'heure, 0"»,057 de largeur sur O^jOSO de hauteur; 2* — 140 — O'-jOeT — 0°>,032 —

Le prix est fixé par heure, pour les becs de la 1" série, k. . . . 0'',015

Lorsque le gaz sera livré au compteur, il sera payé à raison de 0''",15 le mètre cube

Les modèles des brûleurs employés seront déterminés par le préfet de police.

L'éclairage public est divisé en éclairage permanent et en éclairage variable. L'éclairage permanent fonctionne du soir au matin, sans interruption. L'éclairage variable est subordonné aux besoins des localités. La nature de l'éclairage sera fixée par le préfet de police, qui aura toujours le droit de la modifier.

Éclairage particulier. La société sera tenue de fournir le gaz k toute personne qui aura contracté un abonnement de trois mois au moins, et qui se sera d'ailleurs conformée aux dispositions des règlements concernant la pose des appareils. Les polices en vertu desquelles seront souscrits les abonnements devront être conformes k un modèle approuvé par l'administration. Les abonnements pourront être faits pour tous les jours, sans exception, ou en exceptant les dimanches et fêtes. Aucun abonnement ne pourra être refusé, mais la société sera en droit d'exiger que le payement s'en fasse par mois et d'avance.

Le gaz sera fourni, soit au compteur, soit au bec et k l'heure, k la volonté des abonnés.

Un modèle de chaque système de compteur, approuvé par l'administration, sera déposé à la préfecture de police. Les compteurs seront k la charge des abonnés, qui auront la faculté de les prendre parmi les systèmes autorisés, et de les faire poser et entretenir par des ouvriers de leur choix, sauf les droits des fabricants brevetés. Ils ne pourront être mis en service qu'après avoir été vérifiés et poinçonnés par l'administration. Ils seront soumis, quant à leur exactitude et à la régularité de leur marche, k toutes les vérifications que l'administration pourra prescrire, sans préjudice de celles que les abonnés ou la société voudraient faire effectuer par les voies de droit.

Les abonnés au compteur pourront distribuer leur gaz comme bon leur semblera soit k l'intérieur, soit k l'extérieur de leur domicile, sans que, dans le cas où le nombre de becs éclairés serait augmenté, il puisse en résulter aucune action contre la société, à raison de la faiblesse de l'éclairage.

Le prix du mètre cube de gaz vendu au compteur est fixé k 0',30 pour les 50 années

de la concession.

Elle sera tenue de fournir, en location, des compteurs d'un système de son choix k tous ceux de ses abonnés qui lui en demanderont. Le prix de celte location sera déterminé par le préfet de police, et indiqué sur la police d'abonnement.

Les prix de vente du gaz livré k l'heure au moyen de becs cylindriques, k double courant d'air, dits à'Argand (p. 834), seront débattus de gré à gré entre la société et les abonnés.

La société devra, pour tous les consommateurs qui le demanderont, convertir immédiatement les abonnements k l'heure en abonnements au compteur.

Pendant toute la durée de la concession, le prix de tout autre bec que celui qui est déterminé dans l'article précédent, ou d'un éclairage qui aurait lieif hors des heures de service , sera débattu de gré k gré entre la société et les abonnés. Il en sera de même pour les becs cylindriques percés de 20 trous, qui seraient placés k l'extérieur.

Les abonnés ne pourront exiger d'éclairage soit au compteur, soit au bec, que pendant le temps où les conduites de la société seront en charge pour le service ordinaire; les conditions des livraisons de gaz qui devraient avoir lieu en dehors de ce temps, seront réglées de gré k gré entre la société et ses abonnés, sauf le cas prévu par l'article 13.

Chauffage, En ce qui concerne l'application du gaz au chauffage, la société se

conformera k toutes les dispositions qui lui seront^prescrites par radministration municipale, sans toutefois que celle-ci puisse lui imposer des prix autres que ceux qui sont fixés pour le gaz dMclairage.

Annexe, A l'expiration de la concession, la Ville de Paris deviendra propriétaire de plein droit, et entrera en possession des tuyaux, robinets, siphons, regards^ yahes et autres accessoires qui existeront alors sous les voies publiques.

681. Yérification du pouvoir éclairant (d'après J.-B. Dumas et V. Regnault). La flamme de la lampe Garcel prise pour type et celle du bec de gaz normal sont amenées et maintenues à une égale intensité^ sous le rapport du pouvoir éclairant. Quand la lampe a brûlé 10 grammes d'huile, le bec doit avoir brûlé 25 litres de gaz, s'échap* pant sous la pression de â à 3 millimètres d*eau.

V Description des appareils :

mill.

Lampe Carcel. Diamètre extérieur du bec 23,5

Diamètre intérieur du bec (ou du courant d'air intérienr). . . 17

Diamètre du courant d*air extérieur 45,5

Hauteur totale du verre 290

Distance du coude à la base du verre 61

Diamètre extérieur au niveau du coude 47

Diamètre extérieur du verre pris au haut de la cheminée . . 34

Epaisseur moyenne du verre 2

Conditions de la mèche. Mèche moyenne , dite mèche des phares. La tresse est composé de 75 brins. Le décimètre de longueur pèse Sb^G. Les mèches doivent être conservées dans un eadroit sec, ou, si le local est humide, dans une boîte contenant de la chaux vive dans un double fond ; cette chaux sera renouvelée avant sa complète extinction.

Conditions de Vhuile. On emploiera de Thuile de colza épurée.

Bec à gaz. Le bec dressai est un bec Benghel en porcelaine à 30 trous, ayec panier

et sans cône, comme on le voit en B, figure 153, p. 844.

mill.

Hauteur totale du bec 80

Distance de la naissance de la galerie au sommet du bec. . . 31

Hauteur de la partie cylindrique du bec 46

Diamètre extérieur du cylindre en porcelaine 22,5

Diamètre du courant d'air extérieur 9

Diamètre du cercle sur lequel sont percés les trous .... 16,5

Diamètre moyen des trous 0,6

Hauteur du verre 200

Épaisseur du verre 3

Diamètre extérieur du verre | ^JJ ^af 49

Nombre de trous percés dans le panier 109

Diamètre des trous du panier 3

Les becs qui seront employés aux essais devront avoir été préalablement comparés aux becs types conservés sous scellés.

2"* Préparation de V essai. L'essai comprend l'allumage et les mesures.

Allumage de la lampe. Mettre une mèche neuve. La couper à fleur du porte-mèche. Remplir la lampe exactement d'huile , jusqu'à la naissance de la galerie. Monter la lampe. L'allumer, en maintenant d'abord la mèche h 5 ou 6 millimètres de hauteur. Placer le verre.

Pour régler la dépense, on élève la mèche aune hauteur de 10 millimètres, et le verre de telle sorte que le coude soit à une hauteur de 7 millimètres au-dessus du niveaa de la mèche. Pour obtenir ces conditions, on fait affleurer la pointe inférieure du petit appareil qui est adapté au porte - mèche avec la mèche elle-même, et la pointe supérieure avec un trait en diamant marqué sur le col du verre.

La lampe doit consommer 42 grammes d'huile à l'heure, et il importe de la régler h ce chiffre. Quand la consommation descend au-dessous de 38 grammes, ou qu'elle s^élève au-dessus de 46 grammes^ l'essai est annulé.

Allumage du bec: Oa allume le bec, en ayant soin de faire porter la partie inférieure da verre sur la base de la galerie. On le laisse brûler, ainsi que la lampe, une demiheure avant de commencer Topération.

On mesure la pression sur le manomètre adapté au porte-bec. Elle doit être de 2 à 3 millimètres d'eau.

Mesures, Tarer la lampe. Pour cela, la placer dans le cylindre fixé k l'un des plateaux de la balance, et établir Téquilibre au moyen de grenailles de plomb. Ajouter^ sur le plateau où se trouve la lampe, un petit poids supplémentaire (A). Établir la communication du fléau de la balance avec le timbre. S'assurer, au moyen des mires, que la flamme de la lampe et celle du bec sont k la même hauteur et & une même distance de récran. Ramener au zéro TaigulUe mobile sur l'axe du compteur k gaz, et celle du compteur k secondes.

3° Essai. Se placer derrière la lunette. Pour obtenir des lumières égales dans les deux moitiés de l'écran, on fait varier la dépense de gaz au moyen du robinet à vis placé sur le compteur. Il est commode, pour apprécier plus justement les intensités relatives des deux lumières, de se servir des petites lames mobiles au moyen d'une vis^ qui servent k diminuer le champ de l'instrument.

Quand le marteau frappe sur le timbre , on fait partir l'aiguille du compteur en tirant à soi le levier qui met en mouvement les deux aiguilles.

Accrocher le poids B au plateau dans lequel se trouve la lampe. Rétablir la commu* nication du fléau avec le timbre.

Pendant tout le temps que dure Tessai , on doit observer dans la lunette si l'égalité des deux lumières se maintient; au besoin, on la rétablit en réglant l'arrivée du gaz k l'aide du robinet k vis. Au moment où le marteau frappe de nouveau sur le timbre, on presse sur le levier pour arrêter les deux aiguilles.

4* Résultat de Vessaù Calcul, Lire la dépense sur le cadran du compteur. Lire la pression sur le manomètre adapté au porte-bec.

Exemple de calcul» Le compteur marque 24^,5

Comme le poids B pèse 10»%

la dépense de gaz pour 42 grammes d'huile sera 2,45 X 42 = 102^,9.

Cet essai sera répété trois fois, de demi-heure en demi-heure. La lampe et le bec allumés au commencement de l'opération serviront^ dans les mêmes conditions, pour le reste de l'expérience. On prendra la moyenne des trois résultats.

La consommation normale de la lampe étant de 42 grammes d'huile à l'heure^ pour brûler 10 grammes d'huile, il faudra 14' 17".

Ainsi, le compteur k secondes permet de déterminer, dans chaque expérience, la consommation d'huile que la lampe fait par heure, et de reconnaître si Ton est dans les limites indiquées plus haut. Par exemple, le compteur k secondes marque 15' 30'S soit 15\5. D'après la proportion suivante, on aura :

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