HYGROMÉTRIE
M. P. Planât a combatta cette opinion, en 1877, dans la Semaine des constructeurs, dans les termes suiyants :
« Chauffer un certain espace, cela veut dire qu'il faut y transporter, en un temps donné, une certaine quantité d'air k une température déterminée. Un cube de 1 000 mètres par exemple pris k 10° et dont on porte la température à ^O"" , c'est-kdire 1000 mètres cubes qu'on aura échauffés au préalable de 30* : c'est l'hypothèse de M. Trélat.
« Supposons, en premier lieu, un chauffage à air chaud : il faut commencer par échauffer l'air, c'est- k-dire les 1000 mètres cubes^ et la dépense nécessaire pour cet échauffement est de 9 750 calories. Mais, en outre, pour amener cet air à la place où il est nécessaire, il faut le transporter du dehors k l'intérieur; c'est ce qui introduit cette considération de poids mort dont il était question tout k l'heure. Admettons que le trajet soit, par exemple, de 30 mètres ; de ce chef, on aura k effectuer — en dehors de tout frottement — une dépense de 39000 kilogrammètres ou, ce qui revient au même, de 92 calories; c'est finalement une dépense accessoire de chaleur équivalente à moins de un centième de celle qu'exige le chauffage proprement dit. Il vaudrait tout autant n'en pas parler, car il y a d'autres pertes accessoires par le frottement, les refroidissements, etc., qui ont une importance autrement considérable que celle-ci.
« Si, au lieu de calorifères à air, on employait la vapeur, la dépense pour transporter cette vapeur k la même distance ne serait que de 2 calories au lieu de 92^ et c'est la différence de 90 calories sur près de 10000 qui constituerait en tout le bénéfice de la vapeur. Mais il ne faut pas croire que, pour avoir chauffé et transporté de la vapeur, on ait terminé l'opération du chauffage ; en fin de compte, il faut toujours en venir k chauffer l'air lui-même; il faudra donc, après avoir conduit la vapeur aux appareils de chauffage, amener k ceux-ci Pair nécessaire, du comble ou de la cave, tout comme dans le premier cas, et la dépense de transport sera sensiblement la môme.
« Dans le chauffage k vapeur, on n'a donc fait autre chose qu'introduire un intermédiaire, commode, très avantageux à beaucoup d'autres points de vue, mais qui grève Topération de la charge qu'amène forcément tout intermédiaire. On chauffe la vapeur pour qu'elle cède sa chaleur à l'air, ce qui entraine une certaine perte; on transporte de l'air, en volume égal à celui du premier cas, mais de plus on transporte la vapeur. L'avantage théorique, qui ne vaut vraiment pas la peine d*ètre considéré, serait en tout cas au système direct, et non au procédé avec intermédiaire. En outre on a, dans ce dernier cas, à parer aux déperditions par les frottements et par le refroidissement, qui incombent k l'intermédiaire. Enfin, dans le chauffage k l'air chaud, on n'a généralement pas besoin de recourir à des moyens mécaniques pour introduire l'air frais ; avec le système k vapeur, il faut ordinairement faire appel k des ventilateurs, k des hélices marchant k l'air comprimé, nouveaux intermédiaires qui exigent une nouvelle dépense.
« Les véritables arguments qui militent en faveur du chauffage à vapeur sont : salubrité de l'air qui n'est mis en contact qu'avec des parois dont la température ne dé* passe pas 100" ; possibilité de transporter la chaleur k de grandes distances ; grande facilité de régler k volonté les diverses parties de l'ensemble, de porter plus de chaleur sur certains points, moins sur d'autres; de faire, en outre, sur un même point, varier la chaleur suivant les heures, suivant les besoins. Avec le chauffage k air, on est en quelque sorte esclave d'un appareil qui fonctionne comme il l'entend et non comme nous voulons, suivant des lois que nous ne commandons pas. L'insufflation de l'air frais, accompa^ant le chauffage à vapeur, nous rend tout k fait maîtres de la ventilation, — introduction et évacuation. »
NT8R0IÉTRIE
740. L'état hygrométricnid de Fair on hnmidité relative est le rapport de la quantité de vapeur d'eau contenue dans Tair à la quantité qui s'y trouverait s*il était entièrement saturé à la même température; ce rapport est aussi celui des tensions de la vapeur d'eau (voir le tableau» p. 938).