EXEMPLES D^ÉDIFIGES PUBLICS CHAUFFÉS ET VENTILÉS
en cuivre avec raccords taraudés ou joints à bride avec bague intérieure, conviennent parfaitement suivant les cas.
« 3* Appareils de chauffage proprement dits ou surfaces de condensation. Quel que soit le type de tuyaux convenant à une canalisation donnée, c'est cet établissement rationnel de la canalisation d'ensemble, combiné avec remploi des appareils spéciaux, qui permet de résoudre toutes les difficultés propres à l'emploi de la vapeur.
« Les surfaces de chauflFe apparentes peuvent affecter diverses formes et être construites avec divers matériaux. La surface de chauffe avec la vapeur a l'avantage de chauffer rapidement et de modifier et d'activer son action proportionnellement aux exigences de la température extérieure, exigences constamment variables sous notre climat. Cette souplesse d'action convient surtout aux services intermittents.
« Choix du système de ventilation. Les systèmes de ventilation applicables aux grands édifices peuvent se diviser en deux catégories : ventilation par insufflation; ventilation par appel.
a En principe, il faut enlever Tair vicié là où il se produit, et introduire Tair pur de façon à n'amener aucune gêne ni aucun courant d'air nuisible à l'intérieur des locaux.
« Si l'on examine les faits comparatifs produits par une bouche soufflant de Tair et une autre Taspirant à la même vitesse, on constate que la première bouche produit un courant d'air sensible à une distance notable de la bouche, tandis que le courant produit par la seconde est à peine appréciable sur la bouche même. Nous concluons qu'on doit répartir, sur toute la surface ventilée, des bouches d'aspiration d'air aussi près que possible, soit de la partie habitée, soit des appareils d'éclairage qui sont une cause de viciation.
« Il ne suffit pas d'enlever l'air vicié, il faut encore, et surtout, que le mouvement inévitable de l'air qu'on est obligé de produire se fasse sans trouble et quelles que soient les conditions accidentelles des locaux.
a Or, la ventilation par appel, employée seule, produit à l'intérieur des salles ventilées une dépression qui, quoique minime, n'en suffit pas moins pour déterminer un mouvement rapide d'air affluant de l'extérieur par toutes les ouvertures normales ou accidentelles; une porte ouverte, une fissure de fenêtre deviennent autant de bouches d'insufflation dont l'effet nuisible se fait sentir à grande distance.
« La ventilation par appel doit être doublée d'une ventilation par insufflation^ amenant à grande distance des parties habitées, par des orifices ménagés à cet effet, de Vair préparé, c'est-à-dire chaud en hiver, froid en été, et dont le volume doit être réglé de façon à établir dans les pièces une surpression très minime, suffisante pour empêcher toute entrée d'air non préparé venant de l'extérieur.
« Tous les locaux n'ont pas les mêmes exigences. S'il convient dans un salon d'établir la surpression, il faut, dans les cuisines, les écuries, les cabinets d'aisances, les offices et salles à manger, établir une dépression, afin que les odeurs qui y sont produites ne puissent se ré-
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pandre dans les autres parties de Tédifice. A ce point de vue, Fétude de la répartition générale de l'air est indépendante de celle des appareils qui doivent le mettre en mouvement.
V Etant donné que la ventilation par insufflation est nécessaire dans la majorité des locaux, il faut recourir à des moyens mécaniques de mise en mouvement d'air; la force mécanique est d'ailleurs, dans l'espèce, facile et économique à produire au moyen des générateurs chargés de fournir la vapeur nécessaire au chauffage.
« Les constructeurs ont donné la préférence à des hélices mues par la vapeur, vu le rendement de ces appareils. Toutefois, lorsque la ventilation naturelle peut être rationnellement employée, Tayantage économique qui en résulte doit primer toute autre considération.
« Les appareils d'éclairage peuvent être employés au point de vue de l'aération, notamment pour les locaux nécessitant une ventilation de nuit.
« Division des locaux en cinq services. Quelques-uns des services de l'Hôtel de ville, tels que celui du conseil municipal, celui des fêtes, n'exigent qu'un fonctionnement intermittent, tandis que d'autres demandent une action plus continue. On a donc réuni les divers locaux, suivant leurs exigences, en cinq grandes divisions :
« !• Service du conseil municipal; 2* service du préfet; 3** service des bureaux; 4<> service des emprunts et tirages; ^'* service des fêtes.
a La production de vapeur nécessaire a lieu dans la partie centrale du bâtiment, au moyen de générateurs placés dans les sous-sols et alimentant des prises de vapeur répondant aux différents services. Les générateurs donnent une puissance suffisante pour qu'on n'ait jamais besoin de leur demander un service simultané, alors même que tous les services de l'Hôtel de ville fonctionneraient en même temps, ce qui n'arrivera jamais. Cet excès de puissance a pour but de permettre le nettoyage périodique et les réparations, et de n'avoir, en aucun cas, à redouter une interruption dans le service.
« Service du conseil municipal. — Le service du conseil municipal comprend la grande salle du conseil avec ses dépendances : yestiaire, buvette, etc., les salles des commissions et des bureaux. La partie importante consiste dans le chauffage et la ventilation de la grande salle des séances.
« La destination de la salle ne permet pas rétablissement de surfaces de chauffe apparentes ; ces surfaces seront établies au dehors et fonctionneront comme calorifères envoyant de l'air chaud :
u i^ Par des bouches réparties au pourtour de la salle, au niveau du sol ;
u S" Par des ouvertures ménagées en contre-haut à une distance suffisante pour éviter aux personnes Faction directe des courants entrants. Les bouches placées au niveau du sol sont spécialement destinées k établir le régime ou la température voulue, avant que la salle soit occupée ; alors, on ralentit considérablement ou même on arrêté le débit de ces bouches qui pourraient incommoder les personnes placées h, proximité, et Ton fait arriver Tair chaud par les bouches supérieures, tandis que l'aspiration de Tair vicié est produite à la partie inférieure, à travers des ouvertures ménagées sous les gradins.
« La température d'arrivée de Tair pur est toujours réglable à volonté ; dans tous les cas elle ne doit pas dépasser 35°.
« Les appareils de ventilation secont établis de telle façon qu'il y aura toujours une
EXEMPLES d'Édifices publics chauffés et ventilés. 935
petite surpression d*air dans la salle, pour éviter tous les courants d'air gênants de Textérieur.
« Les divers autres services du conseil municipal seront chauffés et ventilés par des surfaces de chauffe apparentes et par des prises d'air spéciales.
« Service du préfet, — Le service du préfet comprend : au rez-de-chaussée, le grand escalier, les services secondaires, les écuries ; à Tentresol, les bureaux et appartements particuliers; enfin, au premier étage, des salons de réception, le cabinet du préfet et la grande salle à manger.
« Salons du préfet. En admettant 4 personnes par mètre carré, ce qui semble le maximum de l'agglomération, on a compté sur un renouvellement de 30 mètres cubes par heure et par personne. Cet air doit être aspiré près du sol, et l'air chaud sera d'abord introduit par des bouches également placées au niveau du sol, au commencement du chauffage, pour obtenir le plus rapidement possible, avant l'arrivée des invités, le degré de température convenable ; ensuite, cet air chaud est introduit par les ouvertures placées dans le haut. Bien que la majeure partie de l'air vicié doive être aspirée près du sol^ cependant^ pour donner issue aux gaz viciés proyenant des appareils d'éclairage, il est bon de ménager, k la partie haute, une évacuation d'air que des expériences faites h. l'ancien Hôtel de ville de Paris ont conduit à désigner comme devant représenter 1/4 du cube total de la ventilation. L'air introduit mécaniquement établit dans les pièces une surpression très faible, mais suffisante pour éviter tout courant d'air. Les entrées d'air doivent être disposées de façon k être aussi éloignées que possible du courant ascendant gazeux produit par les appareils d'éclairage, afin d'éviter tout mélange d'air pur avec les gaz viciés.
« Les dégagements, couloirs, escaliers seront chauffés par le sol k une température supérieure à celle des salons. Avant la réception, le chauffage aura lieu, à la façon habituelle, par de l'air k une température suffisante pour combattre les déperditions.
« A mesure que les salons s'emplissent, chaque individu amenant une source nouvelle de chaleur, la température de Pair introduit devra être progressivement diminuée, et si l'on veut maintenir une température constante, il faudra, au bout d'un certain temps, introduire de l'air k une température inférieure k celle du milieu où on l'introduit. Les surfaces de chauffe placées au-dessus du plafond sont alimentées par de la vapeur dont l'émission peut être réglée k volonté. L'air vicié des grands salons du premier étage s'évacue par des bouches placées près du sol, le long des murs, de façon k n'amener aucune gêne, et va rejoindre les cours intérieures oii un appel est produit.
(( Salle à manger. Les mêmes dispositions ont été adoptées pour la grande salle k manger. L'air chaud à température réglable est introduit^ soit au niveau du sol, soit en contre-haut; l'air vicié est aspiré pour les 3/4 par le sol et pour 1/4 par la partie haute, afin de permettre l'évacuation des gaz provenant des appareils d'éclairage.
« Cabinets d'aisances, écuries, cuisines. Tous les locaux pouvant produire une odeur quelconque doivent être ventilés par appel. Les cabinets d'aisances seront largement pourvus d'air et communiqueront k un conduit d'aspiration énergique. L'air sera mis en mouvement, pendant le jour, par les moyens généraux, tandis que la nuit les appareils d'éclairage suffiront k assurer une ventilation convenable.
« Dans les écuries, les gaz viciés qui s'y produisent par la présence du fumier sont plus lourds que l'air : il faut donc les aspirer près du sol, et l'on peut établir une bouche d'aspiration au-dessous des mangeoires près du sol. Cette bouche d'aspiration doit pouvoir enlever 200 mètres cubes par heure. En temps ordinaire, l'air extérieur peut être introduit directement k l'extrémité opposée, dans la partie haute ; mais^ dans certains cas^ alors que la température extérieure est très basse, il y aurait inconvénient k. introduire de Pair pouvant amener une transition brusque de température. Dans ce cas, au moyen d'un dispositif spécial, on mélange l'air introduit avec une partie plus ou moins grande de l'air de l'écurie, afin d'atténuer l'effet d'une température trop froide, tout en maintenant le bénéfice d'une large aération.
« Pendant le jour, le mouvement d^air sera obtenu dans les cheminées par appel mécanique, et pendant la nuit par les appareils d'éclairage.
« Service des bureaux. Dans aucun des locaux l'agglomération n^est assez grande pour motiver l'emploi de moyens énergiques de ventilation. Pour les couloirs, galeries,
escaliers, on ne s'est pas préoccupé du renouvellement d^air, qui est toujours fourni en quantité plus que suffisante par les ouvertures ou communications permanentes,
« Les poêles placés dans chaque bureau portent un robinet ou bouton de réglage qui permet d'activer ou de ralentir l'introduction de vapeur et par conséquent de faire varier en plus ou en moins le chauffage.
« Service des emprunts et tirages. Il comprend une grande salle au rez-de-chaussée, communiquant avec les bureaux, une salle en sous-sol et la salle Saint-Jean.
« Salle du public et bureaux. 8 grandes surfaces de chauffe apparentes et une introduction d'air chaud par des ouvertures ménagées près de la charpente en fer, assurent le chauffage et la ventilation dans des conditions satisfaisantes. Les bureaux, communiquant avec cette salle, seront eux-mêmes chauffés par insufflation, avec une surpression minimo mais suffisante pour empêcher l'air de la salle de rentrer dans les bureaux. L'évacuation de l'air vicié se fera, partie par des ouvertures au niveau da sol, partie par des ouvertures ménagées dans le plafond vitré; ces dernières plus spécialement affectées au service d^été.
« Salle du sous-sol. Elle sera abondamment ventilée et chauffée à la partie haute et par 20 surfaces de chauffe directes formant la base des colonnes qui portent le plafond. L'air vicié sortira par des orifices établis le long du mur extérieur et donnant dans un caniveau commun.
« Salle Saint-Jean, Elle sera chauffée et ventilée; l'air pur, traversant des surfaces de chauffe placées dans la grande salle en sous-soi, est introduit par une série de bouches réparties uniformément de chaque côté de la salle. L'évacuation se fait, aux deux extrémités, par les escaliers descendant au sous-sol et qui servent de grandes gaines d'évacuation.
« Service des fêtes. Le service des fêtes comporte presque exclusivement Tensemble des grands salons du premier étage ; ils sont chauffés et ventilés comme les grands salons du préfet (p. 935).
a Conclusion. Le projet permet donc d'obtenir le chauffage et la ventilation d'un édifice présentant des services et des exigences aussi complexes que THÔtel de ville de Paris, au moyen d'un seul groupe de foyers; la surveillance des appareils est des plus simples.
€ Dans le cas d'un service maximum, la dépense de combustible spéciale k chacun des cinq services, est :
c( Pour le conseil municipal de 76 kilog. de houille par heure.
« Pour le préfet de 260 — —
« Pour les bureaux de 338 — —
u Pour les emprunts et tirages de 181 — —
« Pour les fêtes de 390 — — »
— MM. Geneste et Herscher, adoptant les idées exprimées par M. Emile Trélat, dans un rapport adressé au conseil municipal, affirment dans le mémoire précédent (p. 930} que la vapeur est le véhicule qui exige le moindre poids mort pour transporter à distance une quantité déterminée de chaleur. M. Trélat dit en effet : « On ne connaît que trois véhicules de chaleur utilisables dans les applications urbaines : Tair, I'eau et la VAPEUR. Gomme la voiture ou le wagon de chemin de fer qui ajoute nécessairement un poids mort h, la charge utile transportée, chacun de ces véhicules de chaleur pèse d*un poids mort spécial sur le transport des calories qui lui ont été confiées. »
Suivent quelques calculs aboutissant au résultat suivant : dans les conditions ob Ton opère pratiquement, il faut pour transporter une calorie ou unité de chaleur :
Poids d'air 133 gr.
Poids d'eau 20 gr.
Poids de vapeur 1ï%81
D'où il conclut que la vapeur est le véhicule par excellence de la chaleur, que les appareils k vapeur prennent 60 fois moins de place que ceux que l'air nécessite, qu'ils sont 75 fois moins lourds que les appareils k eau^ etc.