‹ Fortis EtruriaChapitre 13 sur 15 · RÉGIME FINANCIER DES ETRUSQUES · texte numérisé non relu

RÉGIME FINANCIER DES ETRUSQUES

Nous avons peu de renseignements sur le système financier des Étrusques : l'Étrurie e'tait riche et payait peu d'impôts, en dehors des exactions ne'cessite'es par un péril commun.

L'Étrurie était soumise à un régime théocratique, et l'on sait que de tout temps Tautorité sacerdotale a su obtenir des subsides sans les exiger de force. Les frais de gouvernement et d'administration étaient à peu près nuls : aussi à l'époque reculée qui nous occupe, époque relativement heureuse, au moins à ce point de vue, les dépenses publiques, qui ont pris à notre époque des proportions colossales, beaucoup de nations se conduisant en filles prodigues, les dépenses de l'État se réduisaient à cette époque à bien peu de chose, et ce que le particulier avait amassé par son travail, grâce aux garanties qui entouraient la propriété chez les Étrusques, ce que l'individu gagnait honnê-

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tement, il pouvait le garder pour lui et pour sa famille! Aujourd'hui il doit en donner à peu près la moitié à l'État, heureux encore si l'État lui prend cet argent par des impôts indirects, c'est-à-dire sans violence, sans lui mettre la main à la gorge et sans le traîner en prison.

Aujourd'hui les prodigalités de toute sorte, les dépenses exagérées utiles et inutiles ont réduit le gouvernement des Etats à la question financière. Ce qu'il y a de plus important pour les États en temps de paix c'est les finances; pour les États en temps de guerre c'est encore les finances : aussi est-on arrivé, dans les pays riches administrés avec intelligence, à améliorer les moyens de perception des impôts et par rétablissement des impôts indirects à prendre son argent au contribuable sans l'écorcher (i).

A l'époque étrusque, comme dans toutes civilisations primitives, il n'y avait d'autre système d'impôts que les impôts directs; mais ils étaient beaucoup moins lourds qu'aujourd'hui, la plupart du temps volontaires, et n'étaient requis et exigés de force que dans les périls publics.

(i) C'est du moins ce qu'a fait M. Thiers en France : toute la prospérité de la France dans ces dernières années provient du système financier de M. Thiers, mais chaque jour on paraît prendre plaisir à arracher une pierre nouvelle au bel édifice qu'il a élevé!

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