‹ Fortunio, comédie lyrique en quatre actes et cinq tableauxChapitre 42 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JACQUELINE

C'est dommage.

J'y vivais calme et sans souci.

JACQUELINE

Ciel, comment peut-on vivre ainsi?

J'aimais la vieille maison grise Où j'ai grandi près du foyer, Les jours y coulaient sans surprise Sous les branches du vieux noyer,,

Les choses m'y sont familières, Elles m'accueillaient doucement Et dans leurs réseaux les lierres Enlaçaient mon âme d'enfant.

Hélas ! mon âme, s'est reprise, D'autres pensers m'ont envahi, Déjà s'efface dans l'oubli Ma pauvre vieille maison grise !

JACQUELINE

Monsieur Fortunio, vous parlez tendrement; Mais puis-je me fier à vos bons sentiments?

Madame, je l'ai dit, si c'est votre caprice Je mourrai de bon cœur pour vous rendre service En vous disant : merci, tout bas.

JACQUELINE (surprise.)

Quoi? Vous ne me connaissez pas.

L'étoile qui scintille au fond du ciel sans voile Ne connaît pas celui qui regarde si haut, Mais le plus petit berger du coteau Connaît l'étoile !

JACQUELINE

Le compliment est fort galant, Mais ce sont là propos d'enfant.

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