‹ Fortunio, comédie lyrique en quatre actes et cinq tableauxChapitre 61 sur 84 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JACQUELINE

Vous étiez un peu pâle et candide et charmant, Et vous m'avez souri délicieusement.

Depuis ce jour-là je suis vôtre Et je vous jure que jamais Je n'eus de pensers pour une autre.

Ce que vous aimiez je l'aimais Et chaque soir je m'endormais En m'enivrant, tendre et farouche De tout ce qui le jour passait sur votre bouche.

JACQUELINE

Non! non, ne parlez pas ainsi, Il ne faut pas dire ces choses Je pourrais les croire... et je n'ose.

Dieu ! dans quel trouble me voici 1 J'ai peur des paroles trop douces Ah! laissez-moi toujours douter!

De mon cœur je vous repousse, Je ne veux pas vous écouter !

108 FOKTUNIO

Jacqueline! Laissez-moi vous aimer tout bas.

JACQUELINE

Non, non, si vous m'aimez, ne me le dites pas.

Je n'en puis plus, pardonnez-moi.

Je meurs d'espoir et d'effroi Jacqueline : croyez-moi.

JACQUELINE

Non, non,..

Je n'ai jamais aimé que vous, Tenez, je suis à vos genoux.

JACQUELINE

Adieu...

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