‹ Fortunio, comédie lyrique en quatre actes et cinq tableauxChapitre 79 sur 84 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Je connais mes torts envers vous.

Votre pardon n'est point de ceux que l'on espère, Je ne puis qu'attendre et me taire, Puisque vous savez tout.

Ne craignez rien. De mon silence soyez sûre. Je ne troublerai pas votre bonheur, Nul ne connaîtra la blessure Que je porte au cœur!

JACQUELINE

Écoutez-moi, je vous en prie...

Au cœur ! Au cœur ! Et pour la vie !

Oui, j'avais fait ce rêve fou !

Je me croyais aimé de vous, Parce que votre main frissonne dans la mienne, Le soir quand nous allons doucement tous les deux Et que vous l'y laissez sans que je la retienne. Et que vos grands yeux doux semblent chercher mes

Oui, j'avais fait ce rêve fou, [yeux.

Je me croyais aimé de vous !

138 FOliTIMo

JACQUELINE

Pardon !

Et vous riiez do ma tendresse ardente, 0 cruelle, lâche, méchante, Ciel, qu'ai -je dit !

JACQUELINE

Non... non !

Je perds la raison, Pardon... pardon !

JACQUELINE

Hélas ! ce n'est pas à moi de pardonner !

J'ose me plaindre! * Et vous vouliez bien me donner

Le droit de frôler votre robe, De surprendre un regard furtif qui se dérobe.

Page 1