‹ Fortunio, comédie lyrique en quatre actes et cinq tableauxChapitre 81 sur 84 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

F0RTUN10

Oui, madame.

Je vous ai juré sur mou âme Que ma vie était à vous.

Je tiens parole ! . . .

JACQUELINE, avec élan.

Ainsi, vous saviez tout Que j'étais indigne et menteuse Et lâche, et vile, et trompeuse, Que je vous envoyais à la mort par plaisir, Vous le saviez et vous veniez mourir !

(Il baisse la tète sans répondre, elle va à lui.)

Eh bien, toi qui sais tout, le sais-tu que je t'aime? Le sais-tu, le vois-tu que je sens en moi-même L'amour s épanouir comme un matin d'été Dans la splendeur, dans la ferveur, dans la clarté? Je t'aime ! Je t'aime ! Je t'aime !

FOKTUNIO

Dieu ! je rêve, être aimé de vous !

JACQUELINE

Ce n'était pas un rêve fou.

Que dites-vous, que dites-vous?

JACQUELINE

Oui, ma main frissonna bien souvent dans la tienne. Le soir quand nous allons doucement tous les deux Je te la laisserai sans que lu la retiennes, Mes yeux n'auront plaisir qu'à regarder tes yeux.

Non, ce n'est pas un rêve fou...

Elle m'aime !

Oui, je t'aime.

(Ils astreignent. On entend au dehors la voix de maître André et des pas dans l'escalier.)

JACQUELINE

On vient... C'est Clavaroche... et mon époux.

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