SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE. — PALÉONTOLOGIE. — TOME XII
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nalement et laisse entre lui et le denticule interne i., une fossette allongée d’avant en arrière. La muraille externe se courbe à son bord postérieur e., envoyant un prolongement presqu'aussi étendu que le denticule interne ji. : avant de se confondre avec lui par l’usure, il forme une fossette longue et étroite. Cette complication, jointe à la présence d’un cément abondant, constitue un type plus franchement herbivore que chez ses contemporains : le Coresodon devait se nourrir d'herbes ou de plantes herbacées.
Nesodon, rare dans le Deseado et au Coli-Huapi, a été le plus commun des grands animaux du Santacruzien :; c’est de cet étage que proviennent les premiers échantillons décrits par Owen! ; M. Tournouër en a rapporté plus de quarante crânes, sans comprendre une multitude de portions de mâchoires et de dents séparées. Il constituait sans doute d’étranges troupeaux. Sa dentition a été très étudiée ?. MM. Lydekker et Ameghino ont mis en lumière les changements d’aspect que les dents ont pris suivant leur degré d'usure. M. Ameghino a décrit douze stades dans le développement des dents du Vesodon * ; ces changements ressemblent à ceux d’après lesquels la plupart des naturalistes ont l'habitude de créer de nouvelles désignations d'espèces et mème de genres. Malgré ces changements, il est possible d'établir les caractères essentiels des dents de Vesodon.
Les molaires supérieures (fig. 21) se distinguent de toutes les précédentes, parce qu'elles ont la forme de prismes quadrangulaires très obliques, et parce que leur fût est considérable. A part ces différences, elles ressemblent tellement à celles de Coresodon par la composition de leurs denticules qu'au premier abord on peut les confondre. Néanmoins, si nous les comparons minutieusement, nous voyons que, chez Nesodon (fig. 21), le crochet du denticule externe E. du premier lobe est plus fort que dans Coresodon et que le denticule médian m. du second lobe, au lieu de se prolonger longitudinalement, se serre contre le denticule transversal 1. Il résulte du parallélisme des denticules |., E., i., et e. disposés transversalement que ces denticules se rejoignent tardivement, lorsque les dents sont usées, pour produire des fossettes. Ainsi le Vesodon mérite moins que la plupart des autres genres associés avec lui le nom qu'Owen lui avait donné pour marquer la présence de ces fossettes qu'il appelait iles d’émail (soc, île : 636, dent). Sur les prémolaires, le premier lobe est très développé : le second lobe l’est moins.
1. Nous avons des Nesodon de toutes les tailles. Richard Owen a appelé : les petits, ovinus ; les moyens, ünbricatus ; les grands, Sulivani. Les deux molaires supérieures de sa planche XVII, fig. 10 (Philosophical Transactions, 1853) représentent nettement son Vesodon imbricatus. Burmeister a dit que le Nesodon Sulivani d'Owen est un Astrapotherium (Anales del Museo nacional de Buenos-Aires, t. III, p. 474, 1891). En regardant les figures 15, 16, 17, 18, 19 et 0 de la planche XVIII d'Owen, je pense qu’elles ne peuvent appartenir à ce genre. C’est pourquoi, dans notre collection, nous appelons Nesodon Sulivani les grands individus de Wesodon.
2. Parmi les nombreux travaux sur la dentition du Vesodon, il faut mentionner, outre ceux d'Owen et de Burmeister, les suivants : MERCERAT, « Sinopsis de la Familia de los Protoxodontidæ (Revista del Museo de La Plata, 1891); AMEGHINO, plusieurs mémoires et notamment « Énumération synoptique des espèces de Mammifères fossiles des formations éocènes de Patagonie », où il a figuré les dents supérieures, p. 22, fig. 3, 1894; LYDEKKER, ouvrage in-f de 1863 déjà cité, où les mâchoires supérieures sont figurées planches XII, XIV, XV et XVI.
3. « Sur les Ongulés fossiles de l'Argentine », p. 35 et suivantes, 1894.
Quoique Toxodon' et Toxodontherium ne se trouvent point dans le Tertiaire de Patagonie, je joins leurs figures pour montrer que, s'il y a eu des complications successives, il y a eu aussi des diminutions. Les molaires supérieures de Toxodon (fig. 22) semblent des dents de Vesodon où le dernier lobe s’est simplifié *. Celles de Toxodontotherium (fig. 23) sont l’exagération de celles de Toxodon : leur second lobe n'est plus différencié. Il est curieux de constater qu'elles retournent à
la simplicité du type Trigonostylops.
MÂCHOIRES INFÉRIEURES QUI SE RAPPORTENT AUX ANIMAUX OÙ LES DENTS SUPÉRIEURES N'ONT PAS DE DENTICULES ISOLÉS
Je passe à l'étude des mâchoires inférieures. Comme les supérieures, elles ont leurs arrière-molaires formées de deux lobes. Mais leur développement présente une singulière opposition, car aux dents du haut le second lobe est le plus petit, tandis qu'il est le plus grand aux dents du bas, et parfois même il a une longueur démesurée.
Trigonostylops (fig. 24) a des croissants incomplets ; le premier lobe de ses molaires est une crête oblique, à peine arquée ; il y a vers l'arrière . du second lobe des trois arrière-molaires un petit denticule interne.
Notostylops (fig. 25) a son premier lobe un peu plus courbé que dans Trigonostylops, c'est-à-dire tournant davantage vers la forme en croissant. Les denticules internes du second lobe sont mieux développés. Les prémolaires sont plus compliquées.
Pleurostylodon (fig. 26) se distingue des deux genres précédents, parce que la pointe antérieure de son premier croissant esi un peu moins rudimentaire, et surtout parce que sa pointe postérieure déborde du côté interne sur le second croissant, simulant un denticule supplémentaire.
Colpodon (fig. 27) a ses croissants mieux formés ; le premier croissant à sa pointe antérieure presque aussi haute que sa pointe postérieure ; le second croissant est plus courbé ; on y remarque deux dentieules internes, qui par l'usure se joignent
1. Beaucoup de travaux ont été publiés sur Toxodon et ses alliés ; M. Roth a fait dernièrement un Mémoire spécialement consacré à ces fossiles.
2. L’avance E des molaires supérieures de Toxodon doit correspondre à celle que l’on voit chez Colpodon, Astrapotherium, Nesodon et appartenir au premier lobe ; car M. Roth a figuré sous le nom de Polyeidodon des dents trouvées dans le Neuquen, qui ressemblent aux dents de Toxodon, mais ont à la fois l'avance E et une avance interne i du second lobe « Apunteo sobre la Geologia y la Paleontologia de los territorios del Negro y Neuquen, Museo de la Plata, p. 49, pl. VIE, fig. 2, 1898,»
bientôt, formant une très petite fossette. Les prémolaires 3 p. et 4 p. montrent comment le second croissant se contourne, quand il n’a plus place pour s'étendre !.
Les molaires inférieures d’'omalodontherium (fig. 28), de même que ses molaires supérieures, sont difficiles à distinguer de celles du Colpodon. Il me semble que ses arrière-molaires présentent moins d'inégalité entre le premier et le second
Fig. 24. — Les sept molaires inférieures de Trigonostylops Wortmani, Amegh., grandeur naturelle. — Casamayor.
Fig. 25. — Les molaires inférieures de Notostylops murinus, Amegh., grandeur naturelle. — Casamayor.
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