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Fig. 121.
Son éloignement de la tombe princière, la négligence avec laquelle il a été creusé, la direction incertaine des travaux en galerie me portent à croire qu'il fut un ouvrage clandestin, car s'il eut été simplement destiné à l'aérage, les travaux eussent été menés avec plus de précision et de méthode. La galerie ne déboucherait pas dans un caveau funéraire, mais bien dans le souterrain principal. Enfin elle aurait été dirigée en ligne droite et ne présenterait ni ces changements de direction, ni ce cul de sac qui témoignent des hésitations des ouvriers.
Mais pour exécuter un pareil travail qui bien certainement dura plusieurs mois, pour déterminer la profondeur du puits, la pente et la direction de la galerie, il était nécessaire que les spoliateurs fussent admirablement renseignés sur la position des souterrains et ces détails ne purent être connus que des contemporains de la construction et des prêtres qui pendant des siècles furent les gardiens de ces tombeaux. Ces faits semblent indiquer que la spoliation date du moyen empire, que les prêtres étaient probablement de connivence avec les voleurs et que, n'osant ouvrir le puits principal, ils creusèrent une entrée factice d'après les indications qu'ils possédaient encore sur la topographie souterraine des lieux.
Ces exemples de spoliation des tombes peu d'années après leur établissement sont très fréquents dans l'Egypte antique. Nous possédons même les procès -verbaux dressés par les scribes officiels après le pillage des tombeaux.
Fig. 122.
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Fig. 123.
Quatre tombeaux s'ouvraient sur la galerie principale (fig. 1 19 — 120 et 121, pp. 54 — 55); le premier, le troisième et le dernier étaient anonymes, le second était celui d'une reine. L'étage inférieur contenait huit sarcophages dont deux seulement portaient des inscriptions. Ils avaient appartenu aux princesses Ment (fig. 122) et Sent-Senbet-s (fig. i2 3), filles royales. La nécropole souterraine que je venais d'ouvrir n'était donc pas le tombeau du roi, mais bien la galerie des princesses, l'une des annexes du tombeau principal. Plus tard, je découvris dans les trésors les noms des princesses Hathor-Sat et Mérit et sur les débris vermoulus d'un coffret de bois les titres d'une sixième fille royale. Ces découvertes successives vinrent affirmer mon opinion, mais elles ne fournissaient pas le nom du roi.
J'étais toutefois surpris d'avoir rencontré dans le premier tombeau de l'étage supérieur des fragments de statue portant un nom d'homme : comment se faisait-il qu'un prince, chancelier royal, gouverneur, secrétaire, préposé au palais eut sa statue dans le tombeau réservé aux princesses?
Les fouilles furent continuées avec activité; j'avais recommandé à mes reïs de ne laisser aucun coin inexploré, aucune surface sans avoir gratté jusqu'à la roche, en place les moindres débris et les sables. J'espérais trouver l'entrée d'un caveau conduisant à la chambre royale; je pensais également (juc sous les débris je rencontrerais quelques objets, peut-être môme une cachette.
Dans la tombe n" 3 (fig. 124, p. 57) une muraille de grès et de briques n'avait pas été détruite par les spoliateurs. J'ouvris cette porte et trouvai derrière une seconde muraille en calcaire de Tourah. Cette deuxième fermeture ayant été brisée, j'entrai dans un petit caveau carré au milieu
PYRAMIDE SEPTENTRIONALE UE BRIQUES
duquel était un coffre cubique en granit. Cette caisse n'avait jamais été ouverte, elle contenait de superbes canopes d'albâtre malheureusement sans inscriptions.
Une autre caisse semblable située près du sarcophage n" 1 1 était également restée vierge. Je l'ouvris et trouvai au milieu d'une caisse de bois vermoulu quatre canopes sans textes. Mais si les vases étaient muets, la caisse ne l'était pas, car une longue inscription était tracée sur ses quatre faces. Autrefois cette caisse avait été ornée sur ses angles de feuilles d'or qui gisaient au milieu des débris lors de la découverte. L'inscription, malheureusement très mutilée, était d'une extrême fragilité. J'en pus copier quelques lignes qui fournissent les titres et le nom de la princesse royale (fi.?- 125).
Lorsqu'on est accoutumé à fouiller des mastabas de l'ancien empire, on n'est pas surpris de la sobriété d'inscriptions des monuments funéraires de la xii" dynastie. En effet, les murailles, quoique parées avec le plus grand soin, sont restées d'une blancheur immaculée; les canopes (fig. 126, p. 59) sont presque tous lisses et les sarcophages eux-mêmes ne portent que très rarement des textes d'un laconisme excessif : comme dans les tombeaux des premières dynasties, tout le luxe de bas-reliefs et d'inscriptions était à l'extérieur.
Jusque là, je ne pouvais apprécier l'âge de cette tombe de princesses que par la comparaison du travail avec celui usité dans les mastabas de la xii"^ dynastie, et les documents les plus importants que je possédais étaient ceux fournis par les fouilles de la surface où des fragments de bas-reliefs m'avaient donné le cartouche d'Ousertesen III (fig. 127, p. 59). Mais, fort heureusement, une découverte imprévue allait jeter un jour nouveau sur le monument et prouver définitivement qu'il a bien été construit sous la xn" dynastie (fig. 128, p. 58).
Fig. 124.
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Fig. 125.
L'examen méticuleux du sol des galeries fit découvrir le 6 mars une cavité creusée dans le rocher au pied du sarcophage C — Le terrain était meuble et le pied de l'ouvrier s'enfonçait au milieu des débris mobiles. En quelques coups de pioche la cachette, car c'en était une, décela ses trésors : des bijoux d'or et d'argent, des pierreries étaient là, entassés au miheu des fragments vermoulus d'un coffret où jadis ils avaient été renfermés. Cette boîte, cubique, de 3o centimètres
FOUILLES A IJAHC.HOUK.
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Fig. 128. — Étage inférieur de la galerie des princesses. T et 7" de ce plan indiquent la place qu'occupaient les trésors.
PYRAMIDE SIÎPTENTRTONALR ]W. RRTQUES.
environ de côté, n'existait plus qu'à l'état de poussière, mais on retrouva les fils d'or dont elle était incrustée et des hiéroglyphes d'argent qui jadis composaient le nom de la propriétaire du trésor.
Les anciens, au moment de l'inhumation, pensant à juste titre que les richesses accumulées dans les sarcophages, dans les cheimbres d'offrandes et sur les momies elles-mêmes seraient un jour
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Fig. 126.
la proie des spoliateurs, avaient soigneusement caché les bijoux de la princesse Hathor-Sat dans un lieu où personne ne put soupçonner leur existence. C'est ainsi qu'ils échappèrent aux recherches anciennes et que, grâce au soin méticuleux avec lequel les moindres poussières furent enlevées des galeries, ils furent découverts par le Service des antiquités.
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Dans ce trésor, plusieurs pièces portaient des cartouches royaux; le pectoral tournit celui d'Ousertesen II et un scarabée le nom d'Ousertesen III. Il était dès lors démontré que la princesse Hathor-Sat, probablement fille de la reine Nefer-Hent, avait eu pour père l'un des deux souverains de la xii"" dynastie dont elle portait les noms gravés sur ses joyaux.
M. G. Legrain a bien voulu dresser le catalogue des bijoux trouvés en cette cachette. Il en a fait aussi les copies à l'aquarelle et les dessins.
6o FOUILLES A DAHCHOUR.
Catalogue des bijoux découverts dans la galerie des princesses le 7 mars 1894.
Premier trésor.
1. — Pectoral en forme de naos. Pièce d'or massif, incrustée de cornaline, d'émeraude d'Egypte
^^ et de lapis lazuli, découpée à jour. Le bijou est entièrement composé de signes hiérogly-
'^^ phiques qui forment le protocole royal d'Ousertesen U.
J Le revers est ciselé avec une merveilleuse finesse.
^ Voir planches XV, XVI et XXI.
g I Haut. o™048, larg. o'"057. Poids 3j grammes.
2. — Deux fermoirs de bracelet composés chacun d'un signe ÏÏ tat cantonné de deux montants
d'or massif. Deux glissières, percées latéralement de petits trous, se voient sur les côtes. Les bracelets étaient composés de minuscules perles multicolores enfilées qui venaient s'insérer aux glissières.
Or, cornaline, émeraude d'Egypte, lapis lazuli.
Voir planches XV et XVI.
Haut. o™04, larg. o™oi85.
3. — Fermoir de collier composé de deux fleurs de lotus qui retombent épanouies. Leurs tiges
se lient par un nœud de tisserand. Une représentation hathorienne est placée au centre de ce bijou. Un verrou à glissière joue au revers.
Or, cornaline, émeraude d'Egypte, lapis lazuli.
Voir planches XV et XVI.
Haut. o'"oi, larg. o"'029. Poids 4 gr. 7.
4. — Fermoir composé des signes hiéroglyphiques T^l. Un verrou à glissière est placé au revers.
Or, cornaline, émeraude d'Egypte, lapis lazuli. Voir planches XV et XVI.
Haut. o'"oi35, larg. o™oi35. Poids i gr. 4.
5. — Six cyprées formant collier. Une de ces coquilles joue le rôle de fermoir à glissière.
Or.'
Voir planche XVII.
Long, moyenne o™ 087. Poids total o gr. 55.
6. — Coquille bivalve munie d'un anneau ciselé placé près de la charnière dans la face concave.
Voir planche XVI.
Long. o'^o6i, larg. o'"o57. Poids Sg grammes.
7. — Trente et une petites coquilles bivalves munies chacune d'un anneau placé au-dessus de la
charnière.
Voir planche X\'^I.
Long, moyenne o™oi7, larg. 0^014.
1. Nous ne donnerons pas aux numéros suivants l'indication de la matière composante pour tous les bijoux faits en or.
PYRAMIDE SEPTENTRIONALE DE RKIQUES. 6l
8 — 9. — Deux bracelets composés chacun de huit plaques ajourées et percées horizontalement. Ces plaques servaient de supports à des perles de cornaline enfilées, placées entre elles. Un verrou glissière fermait chaque bijou. Voir planche XVII.
Haut. o'"04. Poids total 50 grammes.
10 — 1 1. — Deux bracelets faits d'une simple feuille d'or roulée et découpée. Voir planche XVII et figure 129.
Diam. o^os. Poids total 10 grammes.