‹ Fouilles à DahchourChapitre 25 sur 69 · Rasoirs et outils divers · texte numérisé non relu

Rasoirs et outils divers

Bronze.

Voir figures 157 — 159.

FOUILLES A UAHCHOUR.

Fig. 157-

Fig. 158.

Fig. 159.

68. — Deux morceaux d'or ayant probablement fait partie d'un bijou.

Voir figure 160.

Long, o™ 029. Poids total 3 gr. 6.

69. — Pièce coudée à angle droit et munie d'un tenon à sa partie postérieure.

Argent.

Voir figure 161.

Haut, o"^ 10.

Fig. iCo.

70. — Garniture de miroir. Plaque d'or découpée et ciselée. Voir figure 162.

Fig. 162.

Fig. 161.

Georges Legrain.

Fig. i63.

Lorsque, parcourant les galeries peu après leur découverte, j'avais été sans cesse arrêté par des encombrements de débris, j'avais espéré que sous ces décombres s'ouvrirait un chemin conduisant aux appartements de la tombe roj^ale, mais le déblaiement m'avait détrompé bien vite et aucune communication n'existait entre ces caveaux et le centre de la pyramide. La galerie toute entière avait été creusée pour les princesses; il fallait chercher ailleurs l'entrée des autres souterrains et reprendre les fouilles de la surface.

La galerie principale (fig. i63) est, je l'ai dit, dirigée de l'est à l'ouest, mais elle n'est pas placée sous la pyramide, son axe est distant de 15 mètres du pied du revêtement de calcaire. Ces tombeaux ne sont donc que des annexes de la tombe principale.

PYRAMIDE SEPTENTRIONALE DE BRIQUES

Parmi les objets découverts dans la galerie des princesses, en dehors des deux trésors, je dois citer deux vases de terre cuite portant des inscriptions hiératiques (fig. 164, 165), d'autres (fig. 166, 167, 168, 169) oubliés dans les couloirs, soit par les ouvriers lors de la fermeture des tombeaux, soit lors du creusement de la galerie, une sorte de table d'offrandes circulaire (fig. i yS) en calcaire de Tourah grossièrement travaillé, quelques vases d'albâtre (fig. i 70, 171, 1 76) gisant à terre près des sarcophages, deux têtes de massue, l'une de granit, l'autre de quartz (fig. 172), placées toutes deux près du sarcophage de la reine Nefert Hent, une demi sphère de grès, un tube de terre émaillée, un pilon de bronze (fig. 174, 175) et une petite statuette mutilée (fig. I75'"0-

Près du sarcophage n" 3, dans une chambre restée fermée, se trouvait une caisse de granit renfermant les canopes de la défunte. Ces vases d'albâtre (fig. a) étaient divisés en deux paires, l'une d'elle, composée de vases coniques, l'autre de canopes plats d'une forme inconnue jusqu'alors.

Fig. li.

Fig. «.

Dans la galerie inférieure, une caisse à canopes (fig. (3) mérite une attention spéciale : elle figure des bottes de roseaux et est faite de grès; c'est non loin de là, près du second trésor, qu'ont été rencontrés les fragments de canopes nous donnant dans leurs inscriptions (fig. 126, p. 59) le nom d'une princesse.

Comme on le voit, en dehors des deux trésors, la galerie des princesses ne renfermait que fort peu de choses. La spoliation avait été faite avec tant de soin que jusqu'aux moindres fragments avaient été enlevés; les débris des squelettes eux-mêmes avaient presque tous disparu. Je dois toutefois en excepter quelques crânes fort intéressants qui ont fait l'objet du travail spécial de M. le D'' FouQUET.

Un fait intéressant à observer est que, dans les centaines de sondages qui furent pratiqués sur les quatre faces de la pyramide, on rencontra partout les débris du revêtement, mais que trois façades seules fournirent des fragments de stèles et de constructions ornées, celle du nord, celle de l'est et celle du sud.

Si nous rapprochons ce fait de l'étude des mastabas situés au nord de la pyramide, nous voyons que dans les petits monuments aussi les faces orientale et septentrionale étaient seules

FOUILLES A UAHCHOUK.

Fig. 173

Fig. 175 fci's.

Fig. 176.

l'YRAMIDlî SKPTENTRIONALK Dli liRIQUIîS.

ornées : quand le tombeau était unique, c'est à l'est (jue se trouvaient les stèles; quand, au contraire, le caveau renfermait plusieurs sarcophages, les tables d'offrandes et les stèles se trouvaient au nord et à l'est. Si nous admettons que la pyramide a pu être construite dans les mêmes principes que les mastabas, nous pouvons déduire de la position de la galerie des princesses que les sarcophages situés au nord étaient dans la position secondaire du tombeau et que, par suite, c'est sur la façade de l'est que se trouverait le monument du roi. Les stèles dont les fragments ont été rencontrés au nord de la pyramide ne montrent que des prières et des offrandes, elles sont toutes en calcaire de Tourah. Sur la façade orientale, au contraire, nous avons rencontré des fragments de monuments plus importants : les morceaux d'une stèle de granit et deux cartouches au nom d'Ousertesen III dont un brisé : l'importance prépondérante de la façade orientale est donc démontrée par

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Fig. 177.

les fragments rencontrés, tout comme elle l'est par l'étude des mastabas voisins. Les stèles, en effet, étaient placées au-dessus ou devant les sarcophages, et les tombeaux les plus importants étaient situés à l'orient.

Il était dès lors nécessaire de continuer les sondages sur les faces de la pyramide. Je divisai alors les 250 ouvriers que j'employais en deux chantiers, l'un conduit par le reis Mohammed Hagazi, celui de l'ouest, l'autre par le reïs Roubi Hamzawi, celui de l'est. Ces deux chantiers avaient leur limite commune dans l'axe nord-sud du monument et procédaient en sondant du nord au sud.

Les travaux de l'occident amenèrent la découverte de deux puits situés au nord-ouest, dans l'espace compris entre les deux enceintes du nord et non loin de l'entrée des spoHateurs.

Au fond de chacun de ces puits s'ouvrait, vers l'occident, une chambre creusée dans le rocher et dans chacune de ces cryptes était un sarcophage d'albâtre très remarquable par la matière et par le travail. L'un de ces sarcophages avait été ouvert, le couvercle gisait à terre, l'autre était resté intact. Malheureusement il ne renfermait que quatre jarres d'albâtre couchées sur le flanc et bouchées avec des étoffes.

Je n'ai pu encore m'expliquer comment il se peut que des puits aussi profonds aient été creusés pour ne renfermer qu'un sarcophage vide. La présence des vases d'albâtre, l'état parfait

de conservation dans lequel se trouvait la chambre et le sarcophage lui-même prouvent bien qu'il n'existe pas de tombeaux dans ces puits.

Mais cette déception ne devait pas être la seule, car le 14 mars, le reis Roubi découvrit l'entrée d'un puits dans l'angle du sud-est de la pyramide; ce puits aboutissait à une galerie coudée à angle droit, au fond de laquelle était une chambre construite en calcaire de Tourah (fig. 177). Les spoliateurs étaient entrés dans le caveau et n'y avaient rien rencontré. Aucun fragment de sarcophage ou de caisse à canopes ne venait prouver que cette excavation avait été employée comme tombeau.

Pendant près d'un mois les sondages furent continués sur tout le pourtour de la pyramide à l'intérieur du mur d'enceinte. Ils mirent à jour sur beaucoup de points les fondations de la pyra-

Fig. 178.

Fig. 179.

Fig. 180.

mide et son revêtement. Les trois angles du nord-ouest, du .sud-ouest et du sud-est furent découverts et me mirent à même d'établir d'une manière définitive les dimensions du monument.

Au sud, trois vastes constructions de briques furent rencontrées sous les sables. L'inégalité de leurs faces prouve qu'elles formaient jadis de grands mastabas. Ces massifs de briques crues étaient jadis revêtus de calcaire de Tourah, ornés de stèles, de tables d'offrandes et d'inscriptions qui, malheureusement, nous sont parvenues en fort mauvais état (fig. 178, 179, 180). Au centre du mastaba du milieu s'ouvre un puits carré, profond de 11 mètres. Vers la moitié de sa hauteur se trouvait une muraille de briques crues qui ne cachait qu'une cavité peu profonde creusée dans les grès. Au fond se trouvaient deux petites niches et une porte formée de calcaire blanc et hermétiquement close. L'ouverture de cette galerie encore vierge me donna de grandes espérances; malheureusement elles furent déçues (fig. 181, plan et coupe), et je me trouvai en face d'une caisse de granit renfermant quatre canopes d'albâtre dans une double coffre. Le fond de la chambre était dallé : je le fis enlever de même que les murs de pierre blanche, et de tous côtés je ne rencontrai que les grès de la montagne.

PYRAMIDE SEPTENTRIONALE DE BRIQUES

Cette déception était la (luatrième ([ue j'éprouvais de la part de puits ne renfermant que des canopes. Il est un fait à observer, c'est cjue la section de ces puits trompeurs est toujours carrée et non rectangulaire comme le fait est constant, lorsque les appartements renferment des sarcophages.

Au nord, les recherches, bien qu'incomplètes, m'avaient déjà démontré l'existence de quatre mastabas situés juste au-dessus des caveaux des princesses. Quelques inscriptions rencontrées dans les décombres (fig. 182) semblent prouver que ces monuments extérieurs portaient les stèles des personnages qu'ils recouvraient.

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Fig. 181.

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La pyramide septentrionale se présentait sous des aspects entièrement inédits, aussi ai -je poursuivi mes recherches dans toutes les directions, non seulement afin de trouver une entrée qui semblait si bien cachée, mais aussi pour compléter mon étude du monument.

Fig. 182.

Les sondages pratiqués près du pied de la pyramide me confirmèrent dans l'opinion que je m'étais faite d'une exploitation méthodique des calcaires qui composaient le revêtement. Près de l'angle du nord -est, j'ai rencontré des fûts de colonnes simplement dégrossis, mais de très grande taille et qui, suivant toutes probabiHtés, devaient être transportés dans les temples de Memphis. (Voir planche XIII.) Les débris portent parfois des graffiti en hiératique (fig. 183—187), même en araméen (fig. 188). Un ostracon démotique (fig. 190) fut rencontré avec ces débris.

Le 15 avril les fouilles étaient fort avancées : déjà tous les terrains voisins de la pyramide étaient criblés de sondages et la porte du monument n'avait pas été rencontrée. Je divisai alors mes ouvriers en deux escouades : l'une, sous la conduite du reïs Abou Hagazi, continua les travaux dans l'enceinte de la pyramide du nord, tandis que les hommes de Saqqarah, dirigés par le reïs Roubi Hamzawi, allaient attaquer le monument du sud.

En même temps, je fis commencer au fond du puits de la galerie des princesses une galerie de mine marchant vers le centre de la pyramide à une profondeur de 1 3 mètres au-dessous du niveau du sol. Je comptais explorer ainsi les divers niveaux situés sous le monument dans l'espoir de rencontrer des galeries ou la chambre funéraire royale.

Au sud de l'enceinte principale de la pyramide sont deux larges cours, l'une occupant l'angle du sud-est de l'ensemble des constructions, l'autre se trouvant au sud-ouest. Le sol de cette dernière cour renfermait une quantité considérable de débris de toute nature, fragments de pierres de Tourah, de granit, de briques et de grès de la profondeur. Cinq puits, tous absolument vides, s'ouvraient, rangés en ligne droite, près du mur septentrional.

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Fig. 185.

Fig. 187.

Fig. i83.

Fig. 184.

Fig. 186.

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Fig. 188.

Fig. i8g.

La cour du sud-est, elle-même encombrée de débris, avait été autrefois dallée dans .son entier; quatre rangs de briques superposées supportaient jadis de larges pierres plates de Tourah soigneusement appareillées. Ça et là les ouvriers rencontrèrent des fragments de stèles, de bas-reliefs et de graffiti (fig. igo — 195) des tombeaux de basse époque qui fournirent quelques objets intéressants, entre autres une série d'outils en bronze (fig. 196) et quelques-uns plus anciens placés sous le dallage de la cour où je rencontrai quelques couteaux de silex déposés dans les fondations ain.si que d'autres monuments de moindre importance (fig. 197 — 198).

Dans l'angle du sud -est était autrefois un mastaba fort important dont les colonnes brisées (fig. 199) et les fragments de bas-reUefs gisaient au milieu des décombres. Un puits occupé à l'époque ptolémaïque avait été creusé en son milieu (fig. 200), mais les spoliateurs avaient entièrement dépouillé le mort qui y avait été enseveli.

Au sud de cette cour se trouvait une butte de décombres que les sondages montrèrent avoir été un monument important; il n'en reste plus aujourd'hui que d'informes murailles de briques et un grand nombre de fragments de calcaire blanc.

PYRAMIDE SEPTENTRIONALE ])\i BRIQUES.

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