‹ Fouilles à DahchourChapitre 28 sur 69 · V\AA · texte numérisé non relu

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Fig. 210.

Qu'était ce roi Hor? Aucune inscription n'en avait fait mention jusqu'alors, aucun auteur de l'antiquité n'en avait conservé le souvenir. Cette tombe dans laquelle nous allions entrer était-elle la sienne, et comment se faisait-il qu'une statue fut ainsi placée au milieu des débris?

Notre attente ne fut pas de longue durée, car, le lendemain, les ouvriers rencontrèrent vers la paroi méridionale quelques planches qui fermaient un orifice. Des spoliateurs étaient entrés dans le tombeau, non par la porte que, plus tard, nous devions retrouver intacte, mais en brisant le plafond d'une chambre funéraire.

Dès que l'entrée artificielle fut déblayée j'y pénétrai, accompagné de MM. G. Legrain et G. Jéquier.

PYRAMIDE MERIDIONALE

Les chambres, fort petites (fig. 211) étaient encombrées de caisses, de couvercles, des débris d'un naos, d'un autre naos entier renfermant une statue de bois, de stèles et de fragments de toute sorte. Partout on rencontrait les titres et les noms du roi Fou-ab-Ra Hor ou Aou-ab-Ra Hor, de ce souverain inconnu qui nous avait été signalé par la statuette de bois que les spoliateurs avaient

Fig. 211.

abandonnée dans les déblais et aussi par des fragments de vases d'albâtre brisés par les voleurs et rejetés dans la tombe.

Le mobilier funéraire qui gisait à terre dans le plus grand désordre était cependant fort nombreux et couvert d'inscriptions du plus haut intérêt. Le plan donne la position dans laquelle ont été trouvés les objets. M. G. Legrain a bien voulu en dresser le catalogue qui suit.

Catalogue des objets trouvés dans le tombeau du roi Hor-Aou-ab-Ra."

- Grand naos renfermant la statue du double l[ jl du roi Hor-Aou-ab-Ra (ou Fou-ab-Ra).

Le fronton était décoré du disque solaire aux ailes étendues (fig. 21 3). Le protocole royal (fig. 214) se lisait en entier sur les montants des portes, brisées jadis et aujourd'hui disparues.

Le disque solaire et les textes hiéroglyphiques étaient peints en vert sur une feuille d'or reposant sur une assiette de plâtre.

Bois.

Voir figure 215.

Haut. 2^09, larg. o'" 68, profondeur o™92.

Ce naos était renversé à plat dans l'angle est de la première chambre.

- Statue du double ([J| du roi Hor-Fou-ab-Ra. Cette représentation de l'ombre d'un défunt est

unique. Lorsqu'elle fut trouvée, gisant dans le naos sous un amas de bâtons et de poteries, elle était encore revêtue d'une couche de peinture grise qui tomba au premier attouchement.

Le bord frontal et le bord inférieur du claft, les sourcils, les paupières, le support de barbe, le gorgerin, les bouts de seins, les ongles des pieds et des mains étaient recouverts de feuilles d'or.

Une mince ceinture du même métal entourait les reins, se nouant à la région suspubienne pour laisser retomber ses extrémités, larges d'un doigt, jusqu'à la moitié des cuisses.

I. Voir pour la prononciation du signe (!-'-\ le mémoire de M. Jéquier.

On retrouva épars dans le fond du naos les fragments du signe hiéroglyphique [J qui surmontait la tête (fig. 212), ainsi que les yeux et la barbe qui avaient été, jadis, violemment arrachés.

Cette représentation de l'ombre d'un roi ne porte aucun emblème attestant la souveraineté de celui qui réunissait de son vivant les deux couronnes de l'Egypte. L'ombre est nue et marche posément, un l^âton dans la main gauche guidant sa marche.

La statue ne s'appuyait pas directement sur le fond du naos ni n'était soutenue par les deux grosses poutres qui guindent sa base à droite et à gauche (la disposition des glissières rend cette hypothèse impossible). On trouva entre le socle et le fond du naos une masse compacte faite de petits copeaux de bois auxquels se mêlaient de menues offrandes que nous décrirons plus bas.

Fig. 212.

Il y a sans doute dans cette disposition singulière une observation de la règle religieuse qui voulait que lors des funérailles, la momie fut posée .sur le sable, un sol mouvant.

L'artiste qui fit cette statue s'est peu inquiété des matériaux qu'il employait. Il a pu faire la tête, le torse et la jambe gauche dans un seul bloc de bois; mais, arrivé là, il a rajusté avec des grosses chevilles les bras et la jambe droite et complété son œuvre en ajoutant de nouveaux morceaux aux omoplates et aux doigts de pied.

Tout ceci, d'ailleurs, disparaissait jadis sous la couche de peinture grise.

Quoi qu'il en soit et malgré les difficultés qu'il a pu rencontrer dans l'accomplissement de sa tâche, l'artiste a fait œuvre de maître. Le corps est parfait d'équilibre et de proportions et l'étude de ses différentes parties décèle une connaissance approfondie de la myologie dissimulée sous le jeu large du ciseau.

Chaque muscle est placé juste à la place qui lui convient et joue selon l'action qui meut le membre.

Nous n'avons pas à apprécier davantage cette œuvre de l'art égyptien. Les planches xxxm, XXXIV et xxxv permettront au lecteur d'en observer la grâce et la souplesse.

Bois.

Haut. i'"35.

PYRAMIDE MliRIDIONALE.

Fig. 21 3.

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Fig. 214.

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Fig. 215.

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Fig. 216.

Stèle rectangulaire portant un texte de quatorze lignes gravé en creux et peint en l)leu. Trouvée sous le naos.

Albâtre. — Voir figure 217.

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