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Les points les plus saillants de l'histoire de la xii'= dynastie et en même temps de l'époque la plus glorieuse du premier empire thébain, paraissaient jusqu'ici établis d'une manière définitive, quand une découverte inattendue est venue mettre le trouble dans les opinions admises : un nouveau roi venait de s'élever du sol de l'Egypte, livrant en même temps que sa dépouille mortelle, des documents suffisants pour permettre à la science de reconnaître la place qu'il avait occupée dans l'histoire.
A première vue, il semble singulier d'introduire au milieu d'une dynastie dont tous les membres ont porté les noms des deux chefs de la famille, Amenemhat ou Ousertesen, un nom entièrement nouveau. Cependant en étudiant de plus près les deux cartouches du nouveau roi, on peut remarquer que l'un et l'autre de ses noms ont été portés par plusieurs personnages du moyen empire, spécialement à l'époque de la xii" dynastie.
Le plus répandu des deux est le cartouche-nom, écrit le plus souvent [-^^^jj, sauf sur les objets se rapportant au Ka, les inscriptions des deux naos et la base de la petite statue, où il est écrit par l'épervier coiffé du pschent^, nom divin ayant la même prononciation que la variante ordinaire. Je ne connais pas d'exemple de la première forme §■ ^^ comme nom propre, mais par contre nous trouvons bon nombre de fonctionnaires et de simples particuliers portant sur les stèles de la xif dynastie le nom ^. Les premiers en date vivent sous le règne d'Ousertesen P',' puis nous en trouvons un du temps d' Amenemhat II.' D'autres encore ne nous donnent pas de renseignements aussi précis, mais il est permis de les ranger aussi sous la xii' dynastie quand on considère les noms des personnages qui les accompagnent, sur les stèles funéraires.' Il n'y a donc rien d'extraordinaire à voir un prince de la famille royale porter un nom fort répandu de son temps.
Quant au premier cartouche "^^[or^'O)^, il est nécessaire de dire tout d'abord quelques mots au sujet de la lecture du signe f^., qui ne paraît pas être encore complètement établie. Autrefois la valeur fou, fw était adoptée par tous les égyptologues ; ce n'est qu'il y a une dizaine d'années que M. Maspero^ a attaqué la lecture fou des signes r^ et '^, voulant lui substituer celle de (|^, et cest cette valeur que nous retrouvons dans l'ouvrage de M. Wiedemann,- au sujet de la lecture de deux noms du papyrus royal de Turin, sur lesquels je reviendrai plus loin. En 1889, M. Piehl combat l'homophonie de ces deux signes, attribuant à r^ l'ancienne valeur fou," et ce n'e.st que tout dernièrement que M. Max Mûller a publié à ce sujet une étude fort intéressante ^ où, après avoir énuméré de nombreux exemples, il conclut à la valeur aou "^^^ "^ du signe f^. Jusqu'à ce
1. LiEBi.EiN, Dictionnaire des noms hiéroglyphiques, n°^ loi et 257.