Recueil de travaux, XV
moment là, la plupart des ouvrages égyptologiques lisent fou,' et encore à ce moment, cette lecture est loin d'être rejetée complètement; elle est même la plus employée. D'après l'état où en est actuellement la question, on peut dire que dans le plus grand nombre des cas, la valeur aoii est indéniable, ainsi que le prouvent les variantes de l'ancien empire, dans les textes des pyramides. Il ne faut cependant pas encore rejeter absolument la lecture fou pour laquelle nous trouvons le signe r^ précédé d'un =t^^, sans qu'il y ait de traces d'une autre lettre entre le ^-^^ et le ©; c'est le cas pour le mot fi ri IHII^, copte ^oq «serpent», et plus évidemment encore pour le mot \v^ rz \>'[ ^x v"^^^^ «grandeur, puissance», mot qui paraît souvent et dans lequel on ne constate jamais la présence d'un ^è^ après le =^^^.- La question est donc loin d'être tranchée définitivement, et il est permis, jusqu'à nouvel ordre, d'employer pour les cas douteux les deux lectures, spécialement la plus ancienne qui est en même temps la plus connue.
Comme nom propre, '^ ^'^^ remonte à la iv'^ dynastie;^ nous le retrouvons au papyrus de Turin, sous la forme (©r^^'O'J ou (©O^l'^] porté par deux rois que MM. Brugsch et Wiede- MANN classent dans les xni" et xiv'' dynasties, '• noms qui avaient été mal transcrits avant eux; nous n'avons aucun renseignement sur ces deux souverains, auxquels ils donnent les n°* 14 et 70; je dirai plus loin ce qui m'empêche d'assimiler notre roi à l'un ou l'autre d'entre eux.'
Le protocole royal, conservé tout entier sur les bandes d'or qui ornaient les montants du naos du Ka," est identique pour sa composition à ceux des autres rois de la xii*^ dynastie.
Examinons maintenant les conditions dans lesquelles la tombe royale a été découverte et les renseignements qu'elles peuvent nous fournir. Le puits, situé dans l'intérieur de l'enceinte de la pyramide sud, est le premier d'une série de puits dont un seul aboutit à une autre sépulture. Tous sont parfaitement alignés et forment une ligne parallèle au mur extérieur et à la face nord de la pyramide. Cette circonstance permet de dire avec certitude que l'époque à laquelle ils ont été creusés est contemporaine ou postérieure à celle où le monument lui-même a été construit. Je pencherais plutôt pour la première hypothèse, ne connaissant pas d'autre exemple d'un roi prenant pour sa demeure éternelle une parcelle du domaine funéraire choisi par un de ses ancêtres. En outre, sa position analogue à celle de la galerie des princesses dans la pyramide du nord paraît indiquer que le tombeau rentrait dans le plan primitif de l'ensemble du monument qui, comme son voisin, aurait eu pour but de réunir autour du souverain les différents membres de sa famille. Cette idée est confirmée encore par le fait que l'appartement funéraire avec ses deux petites chambres, irréprochable comme construction, e.st de dimensions si restreintes qu'il semble être destiné plutôt à un prince de peu d'importance qu'à un roi : les chambres des mastabas de la nécropole nord, qui appartenaient cependant à des simples particuliers, sont souvent plus grandes que celles-ci.
Je n'insisterai pas ici sur les autres puits, grossièrement creusés dans un terrain défavorable.
1. Voir par exemple : Brugsch, Dictionnaire hiéroglyphique, II, 538—543; Brugsch, Hieroglyphische Griwimatik, 135; Mas- PERO, Histoire ancienne (1886), p. 755; Er^fan, Marchen des Papyrus Westcar, II, 10; Erman, Aegyptische Grammatik, p. 50*, etc.
2. Voir Brugsch, Dict., 6, 37; Lei'sius, Todtenlmch, 78, 6, et de nomlireuses autres variantes citées par M. .MCt.i.er qui envisage cette orthographe comme incorrecte (Recueil de travaux, XV, 35).
3. LuBMN, Dictionnaire des noms, n° 6, et Lepsius, Denkmàler, II, 23 — 25.
4. Brugsch, Geschichte Aegyptens, p. 177 et 179, et Wiedemann, Aegyptische Geschichte, p. 266 et 274. Ils se trouvent aux fragments 76, 77 et 98 du papyrus de Turin, pi. III de l'édition Wii.kinson.
5. M. Maspero a eu l'obligeance de nous signaler l'existence de deux scarabées portant le même nom et appartenant à des collections particulières.