SARCOPHAGE
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Fig. 19. — Mastaba n"
l6 FOUILLES A DAHCHOUR.
Le caveau funéraire est, lui aussi, construit en calcaire de Tourah. Les murs en sont très soigneusement appareillés. Le plafond est formé de deux séries de dalles inclinées qui s'appuient les unes sur les autres suivant une crête absolument régulière.
Dans la paroi de l'est, vers le fond de la chambre, s'ouvre une niche carrée jadis fermée par une dalle qui, glissant dans des rainures, pénétrait dans une cavité ménagée dans la muraille du sud.
Le sarcophage (S), en granit rose d'Assouan, repose au milieu de la chambre; il est d'un travail très soigné, mais ne porte aucune gravure. Il semble qu'il n'avait pas été ouvert par les spoliateurs, car il renfermait encore les débris d'une momie et d'un sarcophage de bois. Près de lui étaient des vases en terre grossière presque tous brisés.
Lors de la construction du tombeau, les ouvriers avaient creusé dans la roche une cavité beaucoup plus grande que la chambre actuelle, puis ils avaient bâti les murailles en pierre de Tourah en calant chaque pierre contre la roche vive au moyen de briques crues et d'argile.
La galerie d'entrée (A) n'avait été construite qu'après l'entrée du sarcophage de granit dans la chambre funéraire, et la muraille (n) qui ferme la porte ne s'était élevée qu'après l'introduction du mort et la fermeture définitive du cercueil. La porte elle-même du couloir avait été bouchée par un mur de briques crues, de telle sorte que, le puits ayant été rempli de déblais, la chambre funéraire et son vestibule restaient vides.
Les spoliateurs, lors de leur entrée dans le tombeau, brisèrent les murailles m et n et n'en laissèrent c^ue la base. Elle suffit d'ailleurs pour qu'il soit possible de reconstituer avec certitude l'état primitif du monument.
Il serait difficile de préciser l'époque à laquelle le tombeau fut violé; mais il est un fait certain : c'est que les spoliateurs étaient fort expérimentés et ne faisaient pour chaque sépulture que le minimum du travail nécessaire. En effet, le puits du mastaba n" i avait jadis été fouillé sur toute sa largeur jusqu'à .six mètres environ de profondeur, puis les spoHateurs avaient abandonné la moitié .septentrionale de sa section remplie de débris présentant une consistance .suffisante pour bien se tenir. Ils avaient alors creusé au sud un puits plus étroit, afin d'atteindre le mur de briques crues (m), dans lequel ils avaient pratiqué un simple trou d'homme. Une fois entrés dans le couloir (A), ils avaient brisé l'assise supérieure du mur de pierre (n), et étaient ainsi parvenus jusqu'au sarcophage.
Malheureusement le tombeau n" i ne renfermait aucune inscription. Il ne m'a donc pas été possible de déterminer l'époque de sa con.struction et ce n'est que plus tard que, par comparaison avec les monuments datés qui l'entourent, il m'a été donné de l'attribuer à la xii^ dynastie.
Ma.staba n" 2. — Tombeau de Khnoum - Hotep. Cette sépulture est la plus importante de toutes celles que, ju.squ'à ce jour, j'ai rencontrées dans la nécropole de la xii" dyna.stie à Dahchour. Elle se compose d'un vaste mastaba de briques crues revêtu de calcaire, finement sculpté et couvert d'inscriptions, et d'un puits donnant accès dans un véritable appartement funéraire (fig. 20—21, p. 19).
La disposition singulière qui affecte deux chambres séparées au sarcophage et à la boîte à canopes est à retenir. On verra plus loin que des puits de grandes dimensions m'ont mené à des chambres ne renfermant que des boîtes à canopes sans qu'il m'ait été po.ssitile de trouver la place où gisait le corps du défunt.
MASTABAS DU NOF^D.
Comme tous les monuments de Dahchour, le mastaba de Khnoum-Hotep avait été complètement ruiné, mais la plupart des pierres de taille dont il était jadis construit gisaient dans les sables
Fig. 20
où les fouilles les ont retrouvées. Beaucoup avaient été précipitées dans le puits (fig. 22, 23), de telle sorte que, si la reconstitution du monument ne peut être faite en entier, les textes du moins nous sont-ils parvenus presque complets.
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Fig. 22.
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Fig. 23.
Voici, par exemple, le texte qui courait autour des faces du mastaba (fig. 24, p. 20).
Puis encore de nouveaux débris qui permettent de reconstituer presqu'entièrement la liste des titres que posséda le défunt (fig. 25 et 26, p. 21).
Le puits, large de 2"'oo, long de 3" 35, est profond de 14"" 35. Contrairement à ce qui se rencontre dans tous les tombeaux voisins, sa longueur est dirigée d'est en ouest, alors que dans les autres, elle est toujours nord-sud.
La porte (a) des appartements funéraires s'ouvre dans la paroi orientale du puits; elle donne
accès dans un vestibule carré (A), creusé dans le rocher. Puis vient un couloir (B), dirigé vers le
sud, et enfin la chambre funéraire (C). Toutes ces pièces sont creusées dans le grès tendre de la
FOUILLES A UAHCHOUR.
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MASTABAS DU NORD
montagne. Seule la chambre du sarcophage est construite en pierres de Tourah (fig. 21), d'après les mêmes principes que le caveau funéraire du mastaba n" i .
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Fig. 26.
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A l'est de la chambre (C) est un couloir coudé {D, E), au fond duquel .se trouvait un coffret de grès, renfermant les canopes du défunt.
Fig. 27. (Grandeur n^iturelle.)
Le sarcophage {S) e.st en granit rose, d'un travail très soigné, et ne porte aucune inscription; il a été ouvert par les spoliateurs, mais renfermait encore quelques débris de feuilles d'or et un uraeus en or massif oublié par les chercheurs (fig. 27).
FOUILLES A DAHCHOL'R.
La pièce la plus intéressante que renfermaient les caveaux, est sans contredit la caisse de grès dans laquelle se trouvaient jadis les canopes (fig. 28). Elle avait été ouverte à l'époque de la violation de la sépulture, son couvercle gisait à terre, mais on ne l'avait pas brisé.
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Fig. 28.
Cette caisse est faite de grès siliceux très compact et sonore; elle est ornée de bandes d'inscriptions horizontales et verticales, peintes en vert; les parties lisses sont recouvertes de peinture imitant le granit.
L'inscription du couvercle, qui adresse la formule funéraire à Seb, nous montre la place prépondérante qu'occupait encore sous le Moyen Empire ce dieu des morts très ancien dont le rôle s'est effacé peu à peu pour faire place à Osiris.' J. de Morgan.
I. Pour le rôle funéraire de Seb voyez Jèquier, Le livre de ce qu'il y a dans l'Hadh, p. lo.
MASTARAS DU NORD. 23
Note sur le tombeau de Khnoum-Hotep. — Un point intéressant à noter, à propos du nom et des titres de Khnoum-Hotep, est leur grande ressemblance avec ceux des grands seigneurs féodaux (lui régnèrent sur le nôme de la Gazelle au commencement de la xii'' dynastie et dont les tombeaux de Béni -Hassan nous racontent l'histoire. Notre personnage, qui porte le même nom c|uc trois de ces princes, serait -il un de leurs descendants, ou tout au moins pourrait -il appartenir à leur famille? C'est ce c^u'il est permis de supposer, quoique nous n'en ayons aucune preuve décisive. De même qu'Ameni Amenemhat, il est l^v ^^ ^ n ©^i^^, I S^-t'^' ^ ©' etc., et comme Khnoum-Hotep, ^7^ "v" ^) P^f/^' ^^^•' tandis que comme tous deux et d'autres de leurs parents, il porte les titres les plus élevés du royaume d'Egypte, o
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Une autre plirasc, gravée sur une des murailles du mastaba, vient confirmer cette idée d'une manièri; plus concluante encore : c'est, mise en parallèle avec d'autres prières adressées aux dieux vénérés par toute l'Egypte, l'adoration à une divinité locale, dont le nom se retrouve à chaque instant dans les inscriptions de Beni-Hassan et t^ui appartient bien certainement au xv!*-" nôme de la Haute-Egypte. Il s'agit d'un Khnoum, dieu de la ville de ^ ^^ ® qui appartient au territoire des princes de Menat-Khoufou,- et qui est peut-être le berceau de la famille, à en juger par la grande vénération que ses membres ont conservée pour le dieu Khnoum de cette bourgade. Si notre Khnoum-Hotep descend de ces grands vassaux de la couronne, il n'y aurait rien d'étonnant à le voir adresser un culte au dieu de ses ancêtres dépossédés de leur fief, à un moment donné, par les rois thébains dont le trône était assez affermi pour pouvoir supprimer des feudataires puissants, peut-être même dangereux. G. Jéquier.
Mastaba n" 3. — Ce tombeau ne présente aucun intérêt; il est presque détruit en entier. Son puits, grossièrement creusé, donne accès dans une petite chambre creusée dans le rocher à demi éboulée.
Mastaba n" 4 (fig. 29). — Ce tombeau est en très mauvais état de conservation; son mastaba ne présente plus que la base des fondations. Le puits, profond de io"'20, e.st garni de briques
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Fig. 29.
sur une hauteur de 4"^ 20. Au fond, vers le nord, s'ouvre une porte donnant accès dans une chambre simplement taillée dans le rocher (fig. 3o, p. 24).
1. Voir pour les titres de tous ces personnages P. E. Newberry, Béni Hasan, Part I; pour Ameni Amenemhat (tombeau 2), p. :i — 12; pour Khnoum-Hotep (tombeau 3), p. 41 — 42; pour Khnoum-Hotep (tombeau i3), p. 75; pour Khnoum- Hotep (tombeau 14), p. Si.
2. Cette ville, dont le nom s'écrit aussi ^ ^^ , était le centre du culte d'une Hathor nommée f , la déesse à tête de grenouille, parèdre du dieu Khnoum cité dans notre inscription. (Voir à ce sujet Brugsch, Dictionnaire géographique, p. 153, 525 et 1259.)
Il est curieux de rencontrer dans un tombeau d'aussi maigre apparence l'un des plus beaux sarcophages (fig. 3i) qui aient été trouvés dans la nécropole. La cuve et le couvercle sont faits de
Fig. 3o.
grès dur admirablement travaillé. La forme extérieure est la même que celle de tous les sarcophages de cette époque, mais le couvercle est aussi important que la cuve. Tous deux sont évidés.
Fig. 3i.
Le fond de la caisse est garni de rainures, tandis qu'à l'intérieur du couvercle se reproduisent les creux et les reliefs de la surface.
Ce tombeau ne renferme aucune inscription.
Mastaba n° 5. — Il ne reste plus rien du monument extérieur de ce tombeau; quant au puits, il est profond de 12" 60 et communique avec une petite chambre construite en calcaire de Tourah
Fig. 32.
(fig. 32), couverte d'un plafond horizontal. A l'est de cette chambre est une niche également garnie de pierre de Tourah. Ce tombeau ne renferme ni sarcophage, ni inscriptions.
MASTABAS DU NORU.
Mastaba n° 6 (fig. 33). — Le monument extérieur a été complètement détruit. Le puits, profond de lo'^go et garni de briques sur une hauteur de 2'" 90, communique avec une chambre grossièrement taillée dans le rocher. A droite et à gauche de l'emplacement réservé au sarcophage sont deux banquettes ménagées dans le rocher. A l'est, une niche carrée.
Fig. 34.
En fouillant le puits on a rencontré une table d'offrandes en calcaire blanc (fig. 34) au nom
et quelques vases grossiers.
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Mastaba n° 7. — Tombeau très pauvre, bien que possédant un très grand mastaba aujourd'hui totalement ruiné. Sur la face orientale se trouvaient une stèle et une table d'offrandes dont les inscriptions sont effacées.
Le puits (P) profond de 5" 70 seulement et dont 2"" 55 sont garnis de briques, donne entrée dajis une chambre funéraire (C) très simple, creusée dans le rocher (fig. 35).
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Fig. 35.
Mastaba n" 8. — De ce tombeau il ne reste plus aujourd'hui que les ruines informes du monument extérieur; le puits s'est écroulé. Une stèle et sa table d'offrandes, toutes deux faites de grès friable, étaient encore en place dans la face orientale du mastaba. Au moment des fouilles, sur le côté droit de la stèle, on pouvait lire l'inscription suivante (fig. 36, p. 26) qui ne nous donne pas le nom du défunt, mais celui de sa mère; celle-ci porte le même nom ^^ ^ "^^ que la femme de
"=">> nlh ^^v (tombeau ii), sans qu'on puisse affirmer que ce soit la même non plus que
celle du mastaba n° 6.
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Fig. 37.
Fig. 36.
Mastaba n° 9. — Le monument extérieur est presqu'entièrement détruit. Le puits, profond de 13*" 70, est garni de briques sur une hauteur de 3"^ 80. La chambre funéraire (fig. 37), creusée dans le rocher, est d'un travail très grossier. Ce caveau ne renferme pas de sarcophage.
Fig. 39-
Mastaba n" 10 (fig. 3g). — Monument extérieur en briques crues, revêtu de calcaire blanc de Tourah. La paroi orientale est ornée de deux rainures verticales situées près des deux angles de la
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Fig. 40.
construction, et d'une stèle placée en son milieu. Devant la stèle est une table d'offrandes en grès. Les inscriptions de ce monument ont disparu. (Voir planches VI et VIL)
MASTABAS DU NORD
Puits de 8"' 45 de profondeur, garni de briques crues sur une hauteur de 2" 85. Petit appartement funéraire, creusé dans le rocher et composé de deux pièces; les portes étaient fermées à l'aide de murailles de briques (fig. 40, p. 26).
Mastaba n" 11 (fig. 41). — Bien qu'il soit peu important par la taille de ses constructions, ce tombeau est fort intéressant par son état de conservation, ainsi que par les textes qu'il a fournis.
Fig. 41.
Le monument extérieur pos,sède encore la base de son revêtement en pierre de Tourah, il présente une stèle tournée vers l'orient et deux tables d'offrandes; l'une d'elles est accompagnée de deux petits autels en calcaire blanc. Les blocs de calcaire, couverts d'inscriptions et de basreliefs, gisaient à terre près du mastaba ou avaient été jadis précipités dans le puits. Les alentours de l'édicule étaient dallés en pierre de Tourah. (Voir planches VI, VIT, VIII, IX.)
Le puits, profond de 9'" 10, est garni de briques .sur une hauteur de 3" 3o; il donne accès dans deux cases funéraires (fig. 42), où se trouvaient autrefois des sarcophages de bois dont j'ai retrouvé
Fig. 42.
les débris vermoulus : ces petites chambres étaient fermées au moyen de dalles encastrées dans les rainures des portes (fig. 43).
Les bas-reliefs (fig. 44 — 53, p. 28), d'un style fort soigné, qui ornaient les murailles extérieures du tombeau, sont de petites dimensions. Ils nous apprennent que le mastaba appartenait à un simple particulier, qui est q%> fjjh ^>, ; et nous donnent en même temps le nom de sa femme,
, nom qui semble avoir été à la mode à cette époque, étant celui d'une des princesses. Ce
personnage vivait du temps d'Ousertesen III dont nous trouvons le nom en tête d'un proscynème
FOUILLES A DAHCHOUK.
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MASTABAS DL' NOkL).
(fig. 47). Les dieux dont nous trouvons la mention dans ces textes sont Seb, Osiris, Sokari, Ptah et Anubis.
Fig. 54.
La caisse à canopes présente cette particularité que les quatre vases ont été sculptés dans le même bloc qu'elle et font corps avec le coffre (fig. 54). Les couvercles des canopes ont disparu,
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