‹ Fouilles à DahchourChapitre 56 sur 69 · LE COLLYRE NOIR ET LE COLLYRE VERT, ETC · texte numérisé non relu

LE COLLYRE NOIR ET LE COLLYRE VERT, ETC

Le troisième, communiqué par M. Brugsch, était contenu dans un petit vase d'albâtre, — probablement de la xxi' dynastie, — appartenant au Musée de Boulaq. Résultat de l'analyse : « La poudre noire examinée se dissout lentement, mais entièrement, — à l'exception de quelques petits grains de sable, — dans l'acide chlorhydrique chaud, en dégageant de l'hydrogène sulfuré. Par refroidissement de la solution, il se sépare des aiguilles cristallines de chlorure de plomb. L'hydrogène sulfuré donne avec la solution étendue un précipité noir, dans lequel l'analyse permet de reconnaître du sulfure de plomix — La substance soumise à mon examen est donc du Sulfure de plomb (Galène). y>'

Les quatrième, cinquième et sixième spécimens de collyre noir provenaient du Musée de Turin. Tous trois étaient contenus dans de petits vases d'albâtre auxquels il était difficile d'assigner une date précise, bien que F. Rossi, directeur du Musée, ait cru pouvoir les attribuer à la xtx'= dynastie. Un de ces vases portait gravé le nom ^|'=^'^|f ^ fl^l 5I' "^^ ^^^^^ ^® maison Ta-hou.si». M. Salkowskt a fourni sur ces trois spécimens le renseignement suivant :«.... Il en ré.sulte que les trois échantillons sont formés en majeure partie de Sulfure de plomb, et contiennent accessoirement du carbonate de chaux et du fer. L'antimoine y fait complètement défaut.»'

Plus tard, un septième et un huitième spécimen ont été fournis par G. Ebers et analysés par le professeur A. von Byeyer , de Munich. Le premier des deux était enfermé dans un petit sac de cuir, de ceux que les Égyptiens appellent ^^ 'g, et avait été découvert dans la nécropole d'Akhmim. Voici les intéressants détails que reçut G. Ebers à ce sujet : «La poudre noire de la pochette de cuir est formée principalement de charbon et de sulfure de plomb. On y trouve en outre un peu de fer, des traces de chaux, de magnésie et de sable, qu'il faut considérer comme des impuretés accidentelles. Selon toute probabilité, la poudre a été obtenue par calcination de charbon avec du sulfate de plomb. J'ai transformé ces deux substances en une poudre pareille, qui présentait exactement les mêmes propriétés. On peut maintenant se demander comment les Egyptiens obtenaient le sulfate de plomb. Cette substance existe dans la nature, — c'est le vitriol de plomb, — mais je ne sais si ce minéral se rencontre en Egypte. D'ailleurs, il est présumable que les Egyptiens savaient le préparer artificiellement. Le plomb, qu'ils possédaient certainement, donne, par calcination à l'air, de la litharge. Celle-ci se dissout dans le vinaigre et, en y ajoutant de l'alun, on obtient un précipité de sulfate de plomb. Pourtant, la présence de sable et de fer m'amène à considérer comme plus vraisemblable l'emploi du vitriol de plomb dans la préparation de la poudre. Aucune trace d'antimoine.»-*

Le huitième spécimen provient de l'étui à quatre compartiments n° 2605 du British Muséum. Là encore, l'analyse chimique n'indiqua que du sulfure de plomb, comme le résume brièvement G. Ebers en ces termes : «Dans ces étuis il ne fut pas trouvé d'antimoine, mais bien de ce même sulfure de plomb que de nombreuses analyses antérieures, puis celles de M. le professeur von B^eyer (Akhmim) et de I\L Salkowski (pour Virchow), avaient déjà signalé dans des poudres analogues de l'ancienne Egypte. s-*

On voit en somme que, sur les huit échantillons de fard noir examinés jusqu'en 1888, sept ont fourni du sulfure de plomb comme élément principal, et un seul (le second), du bioxyde de manganèse. On n'a trouvé nulle part la moindre trace d'antimoine.

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