G. Ebers, îoc. cit., pp
Depuis plusieurs années, les recherches relatives au Mestem en étaient restées là, lorsque, en 1892, X. Fischer publia sa thèse de doctorat, — Ueber die chemische Zusamniensetiung altdgyplischer Aiigemchminken, ' — dans laquelle se trouve l'analyse de trente-six nouveaux échantillons de collyres égyptiens. Ce furent les fouilles de Flinders Pétrie au Fayoum qui fournirent les éléments de cette étude, et ce fut dans le laboratoire et sous la direction du D' A. Hilger, professeur de Chimie appliquée à l'Université d'Erlangen, que les fards envoyés d'Egypte furent très minutieusement analysés.
On comprend que nous ne puissions reproduire ici, in extenso, le détail de ces longues et patientes recherches. Nous n'indiquerons que les résultats auxquels est arrivé M. Fischer.
Sur les 36 collyres qu'il a analysés, 2 étaient verts (n°* 1 1 et 17). Ils ne rentrent pas, par conséquent, dans l'étude qui nous occupe présentement, et nous les retrouverons plus loin. Parmi les 34 fards noirs, le plus grand nombre avaient pour l)ase le sulfure de plomb; d'autres, de l'argile ferrugineuse, du manganèse, etc. Voici, au reste, la liste de ces divers genres de fards, désignés par le nom des éléments qui y prédominent, et suivis du nombre d'échantillons qui en ont été étudiés par M. Fischer :
Sulfure de plomb 23
Argile fortement ferrugineuse 5
Bioxyde de manganèse 3
Fer oxj^dulé i
Sulfure d'antimoine i
Oxyde de cuivre i
C'est donc, de beaucoup, le sulfure de plomb qui se rencontre le plus fréquemment dans la préparation de ces 34 spécimens de Mestem. La proportion des collyres au sulfure de plomb était, en 1888, comme on l'a vu, de 7 sur 8. Dans la série étudiée par X. Fischer, elle est de 23 sur 34. Cela constitue un total de 3o fards au sulfure de plomb sur 42.
Mais nous devons tenir compte d'un fait : sur les 34 fards noirs adressés à M. Fischer, 5 provenaient d'une seule et même tombe, la tombe de la dame Maket. Ces 5 fards étaient différents les uns des autres. Un seul d'entre eux, au plus, peut par conséquent être considéré comme du Mestem. La tombe de Nefertari a également fourni 6 fards, tous différents; là aussi on ne peut voir le Mestem que dans un seul spécimen. Enfin, un porte-collyres à quatre compartiments, dont un était vide, contenait trois espèces de fards. Là encore on ne doit s'attendre à trouver qu'un seul échantillon de Mestem. Les 5 fards de Maket, les 6 de Nefertari et les 3 du porte-collyres représentent 14 échantillons, sur lesquels 3 seulement peuvent revendiquer le nom de Mestem. Il reste donc 11 échantillons que nous devons défalquer de la hste. La proportion définitive du Mestem au sulfure de plomb, au lieu d'être de 3o sur 42, est donc de 3o sur 3i, ce qui est bien près de représenter la totalité.
MM. Salk-OWSki et A. von B^eyer, on l'a remarqué, n'avaient trouvé aucune trace d'antimoine dans les collyres qu'on leur avait donnés à analyser. Sur les nombreux spécimens qu'il a étudiés, M. Fischer n'en a trouvé qu'un seul ( n° 2 1 ) qui renfermât cette substance, sous forme de trisulfure d'antimoine (Sb-S^). Ce collyre, provenant de Gourob, est un des .six que contenait la tombe de Nefertari et date de la xix" dynastie. Mais, comme la même tombe renfermait, entre autres, trois étuis emplis de collyres variés à base de plomb, rien ne prouve, en somme, — puisqu'il
I. Ce travail parut dans le recueil Archiv fiir Pharmacie, 1892, t. ccxxx, pp. g et stiq., en même temps qu'il paraissait, comme thèse, en tirage à part (Berlin, G. Schen-ck, sans date).