Mesuration de la Colonne, d’après Savary
Chapiteau 9 pieds de haut.
Fût et tore supérieur de la base 90 » »
Base 15 » »
Totaux 1 14 pieds de haut.
5. Statue en porphyre retrouvée par Mr le comte Choiseul- Gouffier. « M. le comte Choiseul-Gouffier a trouvé au pied de « la colonne un fragment de colosse qui est maintenant à Paris. »<2 3) Et Letronne: « .... la statue en porphyre, de 1 1 pieds, dont les « débris furent retrouvés au pied de la colonne de Pompée. (Dubois, « Catalogue de la Collection Choiseul-Gouffier, p. 1 17). »
6. Édifice romain signalé par Bremond. « Poco discosto (délia « Colonna), a 80 passi verso mezzodi, sulla riva del Canale, osser-
(1) Savary: Lettres sur V Egypte. Paris, Bleuet, 1798: Vol. i*1', page 22.
(2) Description de l’Egypte: V. 475.
(3) Recueil, tom. I; 177.
« vansi ancora le rovine di un palazzo di cui restavano solo in « piedi alcune colonne di porfido ».
(Brémond, Viaggi inEgitto, Bologna 1680).
La distance actuelle de la Colonne au Canal, vers le Sud, est de 520 mètres environ: les 80 pas vers midi nous conduisent au côté méridional de l’acropole, qui est le plateau de la Colonne. Il y avait encore quelques colonnes. en porphyre.
7. Cirque, signalé par Sonnini. M. Lumbroso, dans ses notes à la Colonne Pompée , reproduit cet intéressant passage de Sonnini : Voy. en Ég. 1778, I, p. 135. « M. Rotoli avait découvert près de la « Colonne des morceaux d’une statue.... prodigieuse.... du plus beau « porphyre. Si en quittant la Colonne, Von continue à marcher vers le « midi, on traverse une gorge oblongue, spacieuse et asse% profonde. « Elle contient des restes de bâtiments anciens, parmi lesquels on dis- « tingue, au niveau du sable, des murs épais et solides, disposés en « forme de T; vers l’extrémité même de la branche longitudinale de « ce T, il y a des fragments de colonnes de granit, et à l’ extrémité « même un souterrain, dans lequel il 11’est plus possible d’entrer . Les (( gens du pays nomment cet endroit Guirghé. De là on arrive au « canal ou Kalish d’Alexandrie ». M
Le Guirghéh des Arabes c’est bien le latin circus (Ituuxôv); il se trouve ’sv xoïç ôcpv ]Xoiç Xocpotç à Rhacotis et il a bien l’air d’avoir été construit, de bonne heure, lorsque les constructions ptolémaïques n’avaient encore dépassé le mesonpédion.
Le Lagium (AaCov). Des édifices que les Ptolémées ont bâti sur les collines les plus occidentales de Rhacotis nous ne pouvons citer que le Lagium et 1 ’lsium, étant donné que le sanctuaire d'Osiris existait bien avant les Ptolémées. Originairement la colline la plus occidentale offrait deux sommets séparés par une gorge étroite, semblable à une vallée de tombeaux. Les premiers Ptolémees ont travaillé cette gorge en forme de stade (axdc&ov) et l’édifice dans ses transformations successives prend les noms de stade, hippikon, circus (en arabe guirguéh).
Le Pseudo-Callisthène, IIIme siècle deJ.-C., d’après une ancienne XTtotç ’AXeÇavSpeÉaç, en parlant d’une visite d’Alexandre-le-Grand
(1) Lumbroso : L’Egitto etc. 1895, p. 231.
aux hauteurs de Rhacotis, dit (ch. 33): Eupev bè ’AXiÇa vbpoç èv x oTç ô^YjXotç Xôcpoiç Xeîov (vabv?) tbpupivov, xal xobç Y]Xf'ou axuXouç, xal (xaxà?) xb fjpcpov, èÇrjxet bè xal xb Saparceîov xxX. J’ai donné ici le texte, tel qu’il a été publié par Meusel (Leipzig, Teubner, 1871 ; p. 728 de labrb. f. class. Philol, Suppl, Bd. V. Hft. 4).
Lumbroso, qui connaît l'édition de Muller, cite d’après le cod. A le passage suivant:
Eupe bè èTcl rcévxe u<|;Y]Xoxàxaç Xocplaç, afrtep elalv ^Xioç xal
ifjXloo axuXot (xaxà) xb Vjptpov
et d'après le cod. B :
Eupev xxX. alXwvoç oxDXol xxX. Une variante apportée par Meusel donne xal yjXwvaç.
Nous avons sous les yeux un passage contaminé, nous offrant le texte problématique ci-dessous :
Meusel Eupev bè ’AXé&xvbpoç àv xoiç ucpvjXoïç Xôyoïç,
cod. a.) eupe bè ’AXéfrxvopoç èrcl Ttévxe u^Xoxàxaç Xo^laç
VjXwv
Meusel Xeiov Ibpupivov xal xouç VjXlou
cod. a) atîiep elalv •fjXtoç xal . . . VjXlou
alXcovoç
Meusel axuXouç, xal (xaxà?) xb T^pfpov. ’EÇ^xet, cod, a) axuXot, .... (xaxà?) xb ^p(pov.
Meusel bè xal xb Saparieiov xxX.
Nous avons donc sur le noyau de Rhacotis quatre monuments qui se succèdent de près, et qui existaient (je ne dirais pas, à l'époque d'Alexandre-le-Grand), au IlImo siècle au moins, de notre ère. Dans ces conditions, je propose de lire :
Eupev bè ’AXé&xvbpoç èv xolç ô<J>y)Xoiç Xbcpoiç A dcVov Ibpupivov xal xouç 'HXfou xal SeX^vy]ç axuXouç, xal xàxa) xb cHp(pov. ’E Çïjxet bè xal xb Saparcetov xxX.
Il n’y a presque rien de changé, mais cette rédaction aurait l'appui de la tradition et des fouilles. Meusel n’arrive pas à comprendre ce que c’est le Xeiov. Il a raison, parce que de ce mot on ne tirerait rien. Doit-on lire vabv?
D'abord, le changement est trop considérable: ensuite, en acceptant le mot vaov, nous aurions avec le Sapàxsiov, dont le Pseudo- Callisthène parle séparément, un vaoç, qui peut bien avoir existé à l’époque romaine, lorsque Strabon visitait l’Egypte, mais auquel ne se rapporte pas d’aucune façon l’auteur de la xt Catç insérée dans le roman d’Alexandre cité ci-dessus.
Dans le ms. édité par Meusel, ou au moins dans l’archétype du ms., il y avait probablement A€ION, sans accent, ainsi que d’habitude. Au lieu d’écrire AGION le copiste aurait dû écrire AAION, pas vaov avec Meusel. Le Adftov, dans la prononciation des temps de St. Epiphane, est l’équivalent de Adcytov : seulement on a attribué à Ptolémée Soter, par une confusion que les topographes d’Alexandrie pourront saisir sans aucune difficulté, Yhippodrome que plus tard, (par les Romains peut être), fut bâti au dehors de l’actuelle Porte Rosette.
Mr Sturz (*> au mot tTtxoSpojJioç écrit : « traro8po[Jioç quin Athe- « nis dictus fuerit clrcus, nemo dubitat. Sed cur interprètes Alexan- « drini hoc vocabulo usisint, ut Gen, 35, 19, et 48, y. cum nescirese (( fassus esset Hieronymus {qucestt. ad Gen. II. IL T. lll.opp.p.i 44.H.) « rationem Hodius L. L.p, / 14. maxime probabilem attulit banc, quod « Alexandrice qnoqne fuerit hyppodromus, (v, Strab, i y,p. 795, C. (( Plut, in Antonio c. y 4.) qui non potuerit ignotus esse inter pretibus « illis , Istum autem hippodromum a Ptolemceo Lagida extructum « fuisse , docere possunt hœc verba Epiphanii de ponderib. etmensurisp. (( 5^7. 8, ed, Basil , 1344. fol. èxauaavTo ot Aayfôat paaiXsusiv, « ot fcnb tou Aàyou 8y]Xov6ti xaTayopsvoi ÜToXsjJiaiot, Inet mxbv èv ’AXs£av8pe(qc xaTaaxsudcaaç, Aàïov wvopaasv. modo « cum Bocharto , hiero 3. P. I, 2, 26. p, 264. pro tou Aàyou, legas « tou tou Aayou, np. ulou, (velpotius tou Aàyou per ellipsin note minis utou explices (et Adcyiov pro Aàïov. » Ce commentaire très savant et très nourri nous vient à l’aide dans un moment désespéré. Le passage de Strabon n’est pas cité à propos. Strabon place l’hippodrome de son temps (24 av. J. C.) hors de la porte Canopique.
Le récit d’Epiphanius, pour ce qui a trait au Lagium, mérite bien qu’on lui accorde toute confiance, pareequ’il est singulièrement
(\) Sturçii: Je dialecto Macedonica. Lipsiæ, 1808, p. 74.
confirmé, d'une façon tout-à-fait inattendue, par le décret découvert en 1893 à la pointe S.-E. de la petite île de NixoupytÆ, située en face de la côte N. -O. d’Amorgos. Le décret a été édité de cette même année parM. Delamarre j1*, que j’ai eu occasion d’apprécier lors de sa visite au Musée d’Alexandrie. Le roi Ptolémée Philadelphe a invité les insulaires des Cyclades à envoyer des théores à les représenter aux jeux isolympiques d'Alexandrie. Les insulaires acceptent : les conséquences de cette acceptation émergent du dispositif du décret :
« Pour ces motifs,
<( 11 est juste que les insulaires, qui ont été les premiers à rendre « des honneurs égaux à ceux des dieux au sauveur Ptolémée , en « retour de ses bienfaits envers la communauté et des services « rendus à chacun, se montrent en toutes circonstances dévoués au « roi Ptolémée (Philadelphe) et qu’en cette occasion ils votent suivant
« son désir, avec tout le zèle possible de prendre part
<( au sacrifice, d 'envoyer perpétuellement des théores, à l’époque fixée, (( conformément aux instructions du roi : de reconnaître les jeux « comme isolympiques et d’accorder dans chaque île aux insulaires « vainqueurs les mêmes honneurs que les lois y attribuent aux vain - « queur s des jeux olympiques.
« Enfin on décernera au roi Ptolémée fils de Ptolémée roi et saute veur, une couronne d’or de mille statères, prix de la valeur, pour ce son mérite et sa bienveillance envers les insulaires
« Les synèdres éliront trois théores, qui, dès leur arrivée à Ale- « xandrie, féront un sacrifice à Ptolémée Soter pour la confédération « et remettront au roi la couronne etc. (Traduction de M. Delamarre).
11 est cependant vrai que les jeux olympiques, voir même isolympiques, ne demandaient pas seulement un Im uxôv, mais aussi le stade.
Près de la Colonne Dioclétienne il existe un édifice qui, à plus grand titre, peut avoir anciennement été nommé Adcy iov.
A ce sujet il me suffira de reproduire les passages suivants de M. Saint Génis, de la Commission Française de l'Egypte.
« En descendant au pied de cette colline (celle de la colonne dite
(1) I. Delamarre : Les deux premiers Ptolémées et la confédération des Cyclades. Dans la Revue de Philologie.... Année et tome XX. (Avril-Juin 1896).
« de Pompée) directement vers le sud, on entre dans une gorge « artificielle, ou qu’au moins on avait achevé de creuser dans le « roc. Elle est oblongue, spacieuse et assez profonde, entourée de « ruines d’édifices souterrains comblés, et son fond a été disposé « pour servir à des jeux publics de courses. C'est cet espace désigné « par les noms de cirque sur la planche 84, É.M., et à! hippodrome (( sur la planche 31, A. — Les gens du pays lui donnent divers « noms, et entre autres celui de Girgeh.
« Cette ruine semble d’abord n’avoir rien de fort remarquable si « ce n'est Y épine. . . . dont on voit encore un reste bien reconnaissable (( s’élever un peu au dessous du sol. Celle-ci avait été ménagée dans « la masse du rocher, qu'on avait creusée plus profondément de (( part et d'autre ; c'était la partie essentielle des stades, cirques « et hippodromes des anciens, une espèce d t plate-forme longue et « étroite, autour de laquelle tournaient les athlètes en doublant et (( évitant la borne (meta). On voit encore ici, auprès de l’épine, les (( traces des colonnes de granit qui servaient à dessiner et orner cette « plate-forme. Cette extrémité occidentale du plan, qui se trouve (( assez bien conservée, à la suite de l’épine, est terminée en demi- « cercle, comme toutes les arènes connues. Sa forme a servi à retrouver (( celle de l'autre bout. . . . L'amphithéâtre qui régnait autour paraît « avoir été composé de deux plans inclinés, séparés par une allée « horizontale et assez large. Le talus supérieur par sa forme aujour- « d’hui peu déterminée sur le terrain, mais qui paraît avoir toujours « été fort allongée, permettait la vue des jeux à un grand nombre de « spectateurs. Le sommet du plan incliné le plus bas était bordé par « une espèce de parapet, dont on voit encore les restes, avec ceux « des gradins qui couvraient ce talus. Son pied s'appuyait sur « une dernière banquette appelée stylohate dans l'explication de la « planche. Ce soubassement correspondait, quoique plus étroit, à « X allée ou esplanade intermédiaire, et faisait le même office, s’il ne (( servait pas plutôt à asseoir les premiers spectateurs et à former « un rang de place privilégiées (le podium par exemple), car il avait « environ sept pieds de hauteur, et l’on y aperçoit aussi des « vestiges de gradins.
(( On trouve, sur le côté septentrional du stylobate, vers l’extré- « mité orientale, les fondations d'une petite salle qui pouvait bien
(( être le podium , cette place qu’occupaient les juges et directeurs des a jeux, ou quelque autre dépendance de leur administration
« De tous côtés, et particulièrement au bout oriental de l’épine, « on aperçoit des débris nombreux de colonnes en granit et un « petit fragment d’obélisque qui feraient croire que la spina en était « ornée, et que le monument lui-même était entouré de galeries en « péristyle. Les buttes de décombres qu’on y voit au sud et à « l’ouest, de même que dans l’emplacement de la borne et d’une (( partie de l’épine, prouvent du moins qu’on y a fait beaucoup de
« démolitions et de fouilles le sol était recouvert d’un pavé
« en pierres de taille assez épaisses et formant aujourd’hui des
(( éminences très sensibles il a partout une largeur déterminée,
« régulière, et qui était moindre que celle du fond de la cuvette « excavée dans le roc, comme s'il eût existé tout autour une zone « ou allée , dépourvue de pavé, ou propre à l’enchâsser. Rien, au « reste, ne semble indiquer que cette zone soit un ancien euripe « comblé. »
L’arène avait 51™ 60 de largeur intérieure; les autres dimensions sont données par M. Saint Génis tantôt en stades, tantôt en toises : il en arrête la longueur intérieure entre les deux extrémités du stylobate à trois stades olympiques infiniment justes: d’après quoi nous en arrivons aux dimensions suivantes :
largeur intérieure : 100 pieds ptolémaïques = 51™ 60
longueur intérieure: 3 stades olympiques = 555™ 60
De ce qui précède M. Saint Génis veut conclure que le Guirguéh près de la Colonne Pompée n’est pas un cirais , un l7i7t68po|ioç, un im uxov, mais bien un stade ;
Que ce stade est très-ancien ; il est grec et de la famille des stades d’Athènes, de Byzance et d’Olympie etc.
Que, en tant que stade , c’est le seul qui puisse nous éclaircir sur le théâtre spécial de la course à pied chez les anciens et sur les exercices gymnastiques, tels que la lutte, le pugilat, le disque, le saut, le javelot etc. ;
Que ce n’était autre chose qu’un stade vraisemblablement diaule, mais qui sort des proportions connues ;
Que I’ltuuxov est à chercher, avec Strabon, hors de la porte Canopique.
Cependant, la ville d’Alexandrie, à la première époque ptolémaïque, était limitée, à peu près à l’actuelle porte Rosette; de sorte que la distance de la ville à l'hippodrome aurait était considérable, si l’on veut placer, pour cette époque reculée, l’hippodrome près de la vallée des tombeaux de l’Est.
Le cirque , ou stade des Ptolémées existe encore près de la Colonne: de l’hippodrome hors de la porte Canopique, voir même à Nicopolis, personne ne pourrait indiquer les restes. Il sera donc bien de placer le Lagium au Sud de la Colonne, ainsi que d’établir qu’il a été creusé en l’honneur de Ptolémée Soter par son fils, le Philadelphe, l’instituteur des Sotèria. Je dis « Sotêria », bien que M. Delamarre, n’en trouvant pas le nom dans le décret de Nikourgia, hésite entre nToXepaia et Sa)X7]pia. Pour les Alexandrins il ne peut pas y avoir de doute, si l’on se rappelle l’inscription trouvée dans le tombeau des théores, hors de la porte Rosette :
L0 CCOTICON KAGGONOC A£L<t>OC
eecopoc ta
CGÛTHPIA
sic
GnANTGAACON AIA OGOAOTOY ATOPACTOY
inscription qui doit être rapportée à l’an 238 av. J.-C. , (l’année IXmc de Ptolémée III, quelques jours avant la réforme du calendrier à Canopus), par le motif que mention y est faite de l’agorastês Théodote.
Le décret de Nikourgia est plus ancien. M. Delamarre le place entre l’an 280 et l’an 274 avant J. C.
Que le Lagium fut d’abord un hippikon, on peut le conjecturer par sa longueur inusitée et aussi parceque les premiers Ptolémées étaient très épris des courses de chevaux. On érigeait même des statues aux chevaux vainqueurs. La reine Bérénice II avait un haras de chevaux de prix, qu’elle envoyait aux courses d’Olympie : elle était aussi une amazone intrépide. Evergète Ier, son mari, était un
cavalier accompli. Philadelphe avait un goût fort prononcé pour les courses. 11 aima passionnément la dame Stratonice, une amazone émérite, qui, aux applaudissements de toute la Grèce, remporta le grand prix aux courses d’Olympie vers l’an 274 av. J.-C.
Si je suis dans le vrai, on ne peut s’empêcher de réfléchir sur cette proximité du Lagium, de la base honoraire pour Arsinoé II et d'une inscription aussi de Bérénice II provenant de nos fouilles à la Colonne ; il faut aussi mettre dans le compte les hypogées d'époque ptolémaïque que le Musée a remis au jour, à l’autre bout de l’hippikon, près de Kom el Chogafa.
L'œuvre des Ptolémées est manifeste aussi bien sur la colline Hamoud-es-Saouari que près d’Abou’l Cassim.
Il est inexact que de dire qu’à partir de Ptolémée Evergète II le stade près de la Colonne Dioclétienne fut abandonné. Ce roi, il est vrai, frequens juventute Gymnasium armis et igni circumdedit ; qui in eo erant, partim ferro, partim fl anima necavit. (l) 2 Diodore Sicule l’atteste lui aussi. fO veto! epoç nioXspatoç è6ao£- Xeuoe. . . TtoXXdcç ts Tiapavojiûxç 8is7ipdc£sTO. . . 7 toXXooç £ia- 6àXXwv <};si>5ü)ç cbç buêooXeuovTaç aûiq), xal zobç pèv àvaiptov, toûç Sè aoxocpaviûxç cpuyaSsucov, xal xàç ooai'aç aoxwv àcpaipoûjievoç.
Après la destruction du Gymnase par Evergète II, il y eut un moment fie répit, dans lequel les exercices athlétiques reprirent force et vigueur. Nous avons en 65, av. notre ère, Stratonicus, fils de Coragus acclamé quintus ab Hercule ! En 52, Marion de Marion est sextus ab Hercule !
Puis ce sont des gymnasiarques, mais sans grand éclat pour les jeux olympiques. Marc Antoine, lui aussi, est gymnasiarque lorsque les temps tournent aux revers politiques. Nous avons bien en 36 ap. J.-C. Sarapion vainqueur dans la course du stade, mais il faut attendre autre 40 ans avant de compter un vainqueur. C’est à partir de la dynastie Flavienne et jusqu’au massacre d’Alexandrie par Caracalla que les jeux athlétiques se mantiennent en honneur. Nous trouvons, en effet:
(1) Valerius Maximus, IV, 25.
(2) Diodorus Siculus, XXXVIII, 8.
an
Straton,
vainqueur dans la course du
Sarapion,
à Olympie.
Apollonios,
dans le Stade,
Heraclides,
dans le Pugilate.
Acbillas,
dans le Stade.
Théonas,
Isarion,
Dyonisios,
Lucas,
zAmmonios,
Didymos,
Aetales,
Eudæmon,
Démétrios,
dans le périodos; il
père de M. Aur. Asclepiades.
C’est vers l’an 176 qu’on reprend à Alexandrie les jeux isolympiaques, ainsi que Franz conjecture d’après l’inscription 5913 du C. I. Gr, dont je ne rapporterai que ces mots :
35 àôXvpaç toc xàvxa ex Y]
36 s£, xaoadcpsvoç xŸjç àôXvpswç; ’sxwv wv
37 Bcà xoùç aop6àvxaç poc xtvSuvooç xal cp0<5-
38 vooç xal [jistoc xb xauaaaGac psxà xXelova )(povov
39 àvayxaaGelç ’sv xijj xaxptàc ’AXe^avBpsla xal
40 vtxv^aaç cOX6p7ua Tcavxpdcxcov
fOXupTuà8c §xttt]
dont il paraît que M. Aurelius Asclepiades avait obtenu le record de la gymnastique.
An 180 Anubis, vainqueur dans le Stade :
» 180 M. Aur. Asclepiades , » dans le Panchration.
» 184 Héron, vainqueur dans le Stade.
» 192 Isidôros, » »
» 196 Isidôros, bis, »
» 200 Alexandros , »
» 212 Héliodôros, »
» 216 Héliodôros, bis, »
» 216 Massacre d'Alexandrie.
La liste de ces vainqueurs fait le plus grand honneur à Alexandrie, et spécialement aux exercices dans le Stade.
L'inscription n° 108 de la salle épigraphique du notre Musée, trouvée en 1894, nous fait connaître les gymnasiarques suivants:
Alexandros Ier, jadis agoranome et stratège des nomes Apollonopolite et Sethroïte.
Alexandros II, peut-être frère de M. Aur. Asclépiades.
Apollonios I, ex-agoranome, frère d’Alexandros I.
Apollonios II, allié de M. Aur. Asclépiades, ex-agoranome.
Apollonios III, après avoir été exégète.
Apollonios IV, après avoir été stratège du Sethroïte et basilicogrammate de Boubastis.
Apollonios V, parent des précédents, exégète.
Aur. Asdépiadès I, parent d’Alexandre I, stratège du nome Heracléopolite.
Asclépiades II, basilicogrammate lui aussi du Sebennitique supérieur.
Herennius I. ^ ^
Herennius II, )
Isidôros.
Sarapion Serenus.
Ces treize gymnasiarques, dont l’âge va de Hadrien à Marc Aurèle, appartiennent tous à la même famille : c’était donc une fonction héréditaire dans les familles les plus riches.
A noter que les principaux athlètes d’Alexandrie ont des fonctions sacerdotales dans le culte de Sérapis, à Rhacotis.
Dans l’inscr. 5995 du C. I. Gr. c’est A. Demetrius qui, en dédiant une statue de Ganymède à Rome, prend le titre de vsco xôpoç tou peydcXou SapàTuSoç, et en 202 le vstoxopoç tou psydcXoo SapàmSoç se nomme Gains Valerius Serenus approvisionneur de l’escadre alexandrine, à la suite de Septime Sévère et de Caracalla.
8. Les fouilles de Mahmoud pacha el Falaqui. Notre éminent prédécesseur a consigné le résultat des fouilles par lui opérées en 1865 dans son Mémoire sur l’antique Alexandrie etc. , Copenhague, 1872. En voici le résumé pour ce qui a trait au Sérapée.
a) U ilôt du Sérapée est limité au N. O. par la rue longitudinale
L’6; au N.E. par la transversale R 7 bis; au S.E. par les remparts d’Alexandrie; au S. O. par la transversale R 8 bis.
b) Rue de la Colonne. La rue transversale R 8 coupe par le milieu le Sérapée, en le faisant communiquer directement avec la Grande Place de l’Heptastade et avec le deuxième pont sur le Caanl d’Alexandrie.
c) Enceinte carrée. L’ilot n’est pas carré, mais il a contenu des édifices compris dans une enceinte carrée ayant 188 mètres de côté.
d) Points de répère. Il n’en donne que sur les côtés N. O. (cimetière indigène de l’Hamoud) et N.E. (avenue de Kharmoûz). Ces sont:
Sur le côté N. O. :
Rue longitudinale L’6 om
à l’enceinte extérieure i6m
à l’enceinte intérieure 56™
au centre de la Colonne 1 iom
Et au N.E. :
Rue transversale R 7 bis om
côté N.E. de l’enceinte extérieure, i6m
» » » » intérieure, 56™
centre de la Colonne, 1 iom
e) Colonnades. Mahmoud pacha en a reconnu une au N. O., dans le cimetière Hamoud-es-Saouari et une deuxième au N.E. sous la rue actuelle de Kharmôuz.
f) Murs de fondation. Il dit aussi avoir reconnu sept murs de fondation à l’Est, qui se trouvent respectivement à la distance de 1 1 , 15, 22, 54, 75, 88 et 94 mètres du centre de la Colonne. Ces murs sont parallèles. Autres cinq murs de fondation auraient été retrouvés du côté du Nord, à 54, 62, 79, 83 et 94 mètres du centre de la Colonne: ces murs aussi sont parallèles entre eux.
En résumant, on a pour le côté Nord-Ouest les données suivantes:
Centre de la Colonne om
Ier mur de fondation 54m
2me )) » » Ô2m
apparition de colonnes 65™
3me mur de fondation 79™
limite des colonnes 8om
4me mur de fondation
rue longitudinale L’6 uom
Sur le côté N.E. :
centre de la Colonne, om
i er mur de fondation, um
2me » » » i 5m
^me » » )) 22m
4me » » » 54m
^me » » »
limite des colonnes, 8om
6me mur de fondation, 88m
7mc » » » 94m
rue transversale R 7 bis. 1 iom
Sur le côté S. O. :
centre de la Colonne, om
rue transversale R 8 bis 1 iom
Sur le côté S.E. :
centre de la Colonne om
' remparts d'Alexandrie, 2oom
2me pont sur le canal 570111
C’est tout ce qu’on peut tirer du célèbre mémoire de Mahmoud pacha el Falaqui.
Si l'on jette un coup d’œil sur la carte annexée à cette brochure, on voit bien que l’auteur a imaginé que la Colonne est au centre d’un triple carré. Le premier carré aurait 44 mètres de côté ; le deuxième en aurait 108 ; le troisième, 188. Après avoir établi que la Colonne est au centre de l’édifice, il trouve des murs de fondation à nra i5m 2 2 111 54™ — 75m — 88m 94™ Est
54™ Ô2m — 79m 83™ — 94ra Nord.
Ce premier carré ayant 44 mètres de côté, est tout à fait imaginaire : la Colonne ne se trouve pas au centre du carré de 188 mètres de côté et le plan est à refaire.
Mahmoud el Falaqui avait sous ses ordres Abdel Halim effendi, surveillant des fouilles, et Emine Sabbagh son dessinateur en chef.
g) Monuments découverts par Mahmoud pacha.
Ces sont : un épervier en granit, ayant le pschent sur la tête : les ossements d’un bœuf, dans une caverne, à 85 mètres au Nord de la Colonne.
h) Les idées de feu Emin Sabbagh bey.
D’après un croquis de mon pauvre ami, la Colonne serait au centre d’unpremier carré ayant 108 mètres de côté. Ce carré peut être partagé en trois parties :
a) anticum (iora X io8m)
b) cella (88m X io8m)
c) posticum (iom X io8m)
le tout encadré par une immense portique de quatre stades. Mais Sabbagh bey n’a pas pû se passer de marquer à 22m Est une muraille qui partage ce carré en deux rectangles, le premier desquels mesure 76™ X 108 et l’autre, 32™ X 108 : ce qui donne à l’édifice central la forme d’un bâtiment à fer de cheval, avec entrée à l'ouest et la Colonne rapprochée du Nord-Est. Malheureusement, il n’a pas tenu compte de la grande différence de niveau entre les deux rectangles : le plateau est représenté par un rectangle de 76™ X 108; quant à l’autre rectangle, dont le niveau est plus bas, nous y reviendrons sous peu.
ï) Monuments découverts par les chercheurs de pierres.
« Plusieurs de ces gens m’ont dit qu’ils y avaient trouvé beau- « coup de statues de chiens, de chacals, d’oiseaux et d’autres figures (( de formes bizarres ; ce sont leurs propres mots » (Mahmoud el Falaqui, Mém. cité, p. 54). C’est de statues de dieux appartenant au cycle d’Osiris ou de Sokit que les carriers voulaient parler. Leurs récits sont confirmés par nos trouvailles.