TA A
BGûAI . . •
; rétrograde.
GYNOYC
GKFAGJ. .
; rétrograde.
Médailles trouvées sur le flanc oriental de la colline.
Un bronze de la dernière émission de Soter 1, ou de la première émission de Philadelphe ;
Deux petits bronzes, à Ptolémée III ;
Deux cents pièces en bronze de Ptolémée X Soter II, en union avec Cléopâtre III ;
Neuf bronzes ptolémaïques indéchiffrables ;
Un petit bronze de l'an 28 d’Auguste ;
Un bronze moyen de l’an 2 d’Antonin le Pieux.
Total; 2 14 médailles.
L’édifice principal à la Colonne est d'époque romaine. On peut l’affirmer par les motifs suivants:
i° l’emploi de la voûte dans les fondations. Les galeries souterraines dans le cimetière de la Colonne correspondent au front septentrional de l’édifice. Le puissant bétonnage qu’on voit au pied de l’enceinte funéraire de la famille de S. E. Ahmed Mazloum pacha fait comprendre l’importance de l’œuvre et du poids à soutenir par ces fondations. Le béton repose immédiatement sur le roc tendre: afin de consolider le roc, soit qu’il y eut des excavations plus anciennes, soit qu’on le fit exprès, on a voûté les galeries et on les arevêties d’un parement de maçonnerie en brique et pierre alternées. Rien de plus solide que ces voûtes, tantôt basses et en plein cintre, tantôt presque en ogive : par ces galeries la stabilité de l’édifice était assurée et inébranlable.
20 Les fondations tout en béton, les murs alternativement en brique et en pierre calcaire du mex. Sur le flanc oriental on a renforcé la colline à l’aide d’une puissante fondation en béton et ciment hydraulique et sur les points les plus escarpés on a construit des terrasses. La résistance de ces fondations soumises à l’épreuve a donné les résultats les plus flatteurs pour la bonne renommée des constructeurs de l’époque romaine.
Avec le même procédé on a comblé un couloir du souterrain du Sud. La muraille du lavacrum est d’époque romaine ; les citernes diffèrent de tout autre citerne d’Alexandrie. Mais est-ce bien des citernes ?
Colonne de l'ouest. Près du puits n° 6, nous avions déjà trouvé la moitié d’une base de colonne ; un fût de colonne, en granit gris, brisé en deux, a été trouvé à 75^6 ouest de la Colonne. C’est un beau fût qui mesure: diam. au sommet, 0^90; diam. à la base om98, sur une hauteur de sept diamètres et demi. Dans l’absence de tout renseignement sur les colonnes trouvées par Mahmoud el Falaqui c’est un fait bon à retenir. Je dois aussi ajouter qu’une base en granit rose trouvée en parfait état à l’Est donne les mesures suivantes : diamètre à la base de la colonne — om98 tore supérieur
baguette ....
scotie
tore inférieur, plinthe
ce qui est un demi diamètre de la colonne trouvée à l’ouest.
On aurait -r- chapiteau 0,98 diam. 1
fût 7,10 » 7 »/4
base 0,49 » '/,
hauteur de la colonne 8,57 9
La base peut être ionique, ou corinthienne à la mode romaine, puisque le tore inférieur repose sur une plinthe carrée : le fût en question, tout en étant d’époque romaine, ne pourrait être ionique, parce que la colonne surpasse le maximum de huit diamètres, indiqué par l'ordre ionique du théâtre de Marcellus.
Mais on ne pourrait de même nier qu’une colonne existant déjà quelque part à Alexandrie ait, après la prise de cette ville par Dioclétien, changé son ancien nom en celui de Colonne Dioclétienne. Dans ce cas, la chose était bien simple : on n’avait qu’à descendre la statue du dieu, ou à effacer l’inscription d’un empereur damnatce memorice ou oublié, pour y substituer une dédicace nouvelle.
Je me dis que l’inscription dioclétienne ayant été tracée sur la base et non sur le piédestal, on ne s’est pas donné la peine d’ériger à Dioclétien une colonne honoraire à fundamentis, mais on a modifié une colonne honoraire existant déjà. A l’issue delà révolte
d’Achilleus, l’Egypte était épuisée ; les carrières d’Assouan étaient à la merci des Nubadæ ; la ville d’Alexandrie était tombée dans une telle misère que Dioclétien dût lui faire des largesses en grenailles, aux frais de l’Etat. C. zAurelius Serapion veut-il dédier une statue à Dioclétien ? 11 renverse une des statues du Musée, s’empare du du piédestal en y Elisant graver une dédicace latine pour Dioclétien, sans se donner la peine d’effacer sur le verso une inscription grecque plus ancienne en l’honneur de Aelius Demetrius. Plus tard c’est Barouch, fils de Barachias qui s’empare d’une colonne ayant appartenue au Césareum et fait graver sur sa base, et non sur le piédestal, l’épitaphe de sa fille.
Il n’est pas admissible qu’à l’époque de Dioclétien même et à Alexandrie on donnât au fût actuel de %'Hamtid une base trop mince et pas en rapport avec les proportions du monument, et de la stabilité à obtenir. On sait que la Colonne a une inclinaison sensible au S. O., dûe probablement au peu d’aisance de la base. 11 était aussi peu probable qu’on donnât un chapiteau trop fort et d’ordre composite, je crois, à une colonne de proportions doriques.
L’inscription d’Arsinoh Philadelphos. Je vais aborder un sujet qui a été récemment l'occasion de vives polémiques à Alexandrie. A la face Est du soubassement de la Colonne, personne ne l’ignore, se trouve engagé, dans les blocs, un socle de statue; l’inscription grecque qu'on y lit, effacée à demi, est tracée en caractères de bonne époque ptolémaïque.
N 4>IAAAEA<J>ON
OEZTOP lATTPOT AAEZANAPETI
Comment doit-on reconstituer la partie effacée de l’inscription?
Par le fait que cette base de statue peut avoir été retrouvée sur le plateau de la Colonne Pompée, lorsqu’on a consolidé le soubassement, doit-on en conclure que le nom de Thestor , qu’on y lit, soit le nom de l'ingénieur qui dirigea les travaux du Sérapée?
Je vais répondre d’abord à la première question :
Nul doute que l’inscription n'est pas funéraire, la formule étant celle d'une dédicace.
Nous sommes portés, en conséquence, à rechercher dans l’histoire de l’Egypte à quels des personnages très connus dans l’histoire on
a donné, de leur vivant, le titre de Philadelphos . Dans mon commentaire à Aphthonius, j’avais tranché la question en optant pour Ptolémée II Philadelphe; comme à dire que Thestor, fils de Satyrus, citoyen d’Alexandrie, a élevé la statue au roi Ptolémée Philadelphe, fils de Ptolémée Sotêr : ce qui ne rencontra pas la faveur du R. P. Sourice, qui trouvait le supplément trop long ; il ne rencontra non plus la faveur du R. P. Mahaffy. Ce dernier savant, dont l’autorité égale à peu près celle de M. Lumbroso, attirait mon attention sur ce fait qu’il n’y a pas d’exemples que le titre de Philadelphe ait été donné, de son vivant, par des actes publics à Ptolémée II. Il y voyait plutôt zArsinoé philadelphos.
Je m’empresse d’avouer que le R. P. Mahaffy était dans le vrai et je suis à même, aujourd’hui, d’en fournir la preuve la plus directe. M.Letronne, notre maître à tous, a signé un commentaire très instructif au sujet d’une autre dédicace copiée par Sir Wilkinson parmi les ruines de l’hydreuma du Panieion. Le texte en est très simple.
AP2INOH GEAI
<DIAAAEA<DH
2ATYP02
A ce propos, M. Letronne observe que Arsinoé, femme de Philadelphe, est appelée tantôt 0sà àôsXcpyj et tantôt <piXa8sXçY], comme dans les protocoles des contrats, dans l’inscription de Rosette (i. 5) et dans cette autre du Musée du Louvre, qui, peutêtre, provient originairement d’Egypte :
AP2INOH2 GEAI 4>IAAÀEA<t>OY
qui a dû occuper le socle d’une statue de cette princesse. Le nom qui suit, Satyros, était suivi d’une ou de deux autres lignes contenant soit le nom du père de Satyros, soit sa qualité, soit les deux à la fois. La perte de la dernière est regrettable, car on y aurait trouvé, peut-être, la preuve de ce que Letronne aime présenter comme une conjecture probable, à savoir que ce Satyrus est le personnage du même nom qui, d’après Artémidore, fonda la ville de Philothera , ainsi nommée d’une sœur de Philadelphe, lorsqu’il fût envoyé par ce prince à l’effet d’explorer les côtes de la Troglodytique, pour y établir les stations propres à la chasse des éléphants.
Il est vraisemblable que cet officier, de retour à Bérénice, rejoignit le fleuve par terre, traversant à dos de chameau la route transversale de Bérénice au Nil, et, à son passage, érigea cet autel à sa souveraine.
A l'aide de ce commentaire, vu aussi l’état de notre socle de statue, ainsi que l’arrangement des lignes, on peut compléter, j’ose le dire, avec toute probabilité,
APIINOHN OIAAAEAOON OEITOP IATYPOT AAEIANAPEY2
n’y ayant pas assez d’espace pour lire ’Àpaivorjv Bsôcv cptXdtèsXcpov.
C'est, en conséquence, le socle d’une statue de la reine Arsinoé, femme de Ptolémée II, provenant, on croit, de l’Arsinoeion, temple que Philadelphe érigea à Alexandrie en souvenir de sa bien-aimée.
11 est bon de se rappeler que c’est bien Arsinoé II qui reçut le titre de Pbiladelplm. Ptolémée II eut le malheur d’aimer beaucoup, ainsi que de survivre à toutes les dames qu’il avait aimées. Avec Arsinoé 1 il ne s’accordait pas; s’étant rencontré avec Stratonice, une macédonienne qui aimait le sport , il l’aima avec passion, il la pleura morte, et lui fit élever un mausolée sur le rivage de la mer Eleusinienne. Il aima aussi Belestiche, une dame indigène, dont les charmes durent être très dangereux, si elle lui fit oublier les filles de l’Hellade. La belle indigène, morte probablement dans la fleur de l'âge, fut ensevelie à Rhacolis. Arsinoé, fille de Lysimaque, dont l’ambition fut déçue, jalouse et offensée du manque d égards de son mari, en vint à la rupture la plus complète : elle essaya, dit-on, de l’empoisonner. Ce fut une calomnie, peut-être ; le roi se débarrassa quand même, sans scrupule, de cette reine gênante, qui était bien la mère du futur Evergète Ier. Une union nouvelle fut contractée ; les filles des diadoques furent écartées à jamais: Arsinoé II, la sœur de Philadelphe, se remaria, et, en épousant son frère, devint la reine de l’Egypte. Le souvenir de l’autre Arsinoé fut maudit: Evergète, lui aussi, ne mentionne pas le nom de sa mère véritable dans la plaquette en or déposée dans les fondations du temple d’Osiris à Canope; il ne veut se rappeler que de sa mère adoptive, morte elle aussi avant Philadelphe, à Alexandrie. Le vieux Philadelphe, veuf une fois encore, en fut inconsolable; il éleva à Arsinoé II un superbe mausolée, 1’ ’Apatvosiov, près du Grand Port, à Alexandrie; à
l'entrée de 1’ ’Apaivoetov, un obélisque fut dressé. A l’époque de Pline le naturaliste, l’obélisque avait été déjà déplacé pour élargir les Navalia, ce qui occasionna probablement la destruction de 1’ ’Apoivosiov. Ce dût arriver pendant la préfecture de M. Mcigius M. f. Maximus, sous Auguste.
On croit aussi que le tronçon d’obélisque de Seti Ier qu’on voit au dessous de la Colonne Pompée soit ce qui reste de l’obélisque positus in Arsinoëo.
Pour ce qui est de Thestor qui a érigé une statue d’Arsinoé Philadelphos, il a bien l’air d’être fils de ce Satyros même qui avait fait tracer au Panium la dédicace en l’honneur de la reine encore vivante. L’inscription de la Colonne Pompée compléterait dans ce cas l’inscription du Panium, à peu près ainsi:
AP2INOH GEAI 01AAÀEAOH 2ATTPOI
toû SsTva AAEZANAPET2
11 s’en suit que l’inscription dont il est question plus haut ne peut être qu’une dédicace honoraire pour la reine Arsinoé II, déjà morte, de la part de Thestor fils de Satyros. L’aurait-on tirée de l’Arsinoeion? On place généralement les Navalia à droite et à gauche de la naissance de l’Heptastade ; ce qui fait que l’Arsinoeion était assez loin de la Colonne Pompée. Il ne manque pas cependant à Alexandrie des exemples de déplacements plus considérables d’anciens restes de l’antique cité : il suffit d’aller à l’arsenal et au fort de Kaït bey, localités où l’on a amassé des fûts de colonnes, des bases, des blocs de toutes dimensions provenant de tous les quartiers de la ville. En admettant quand même, que cette inscription soit presque in situ, pourrait-on placer l’Arsinoeion à la Colonne Pompée ? Cela me paraît inadmissible. Doit-on voir, ainsi que d’autres ont vu, dans Thestor le nom de l’architecte qui érigea cette étonnante colonne que nous appelons Pompée ? Ce serait renouveler sans fruit la légende de l’inscription du Phare ; il faudrait aussi démontrer que la statue qui anciennement complétait la Colonne Pompée était bien la statue de la reine Arsinoé IL Je n’y vois que la dédicace d’une statue à la femme de Philadelphe par les soins d’un privé, dans l’Isium.