‹ Fouilles à la colonne ThéodosienneChapitre 7 sur 29 · OCCIDENTAUX · texte numérisé non relu

OCCIDENTAUX

Norry, de la Commission Française de l’Egypte en 1799, dit que ce serait se jeter dans le champ des conjectures que de chercher à éclaircir ou mettre en accord les différentes opinions, plus ou moins accréditées, au sujet de V édifice dont cette colonne a pu faire partie. (*) Lumbroso, en 1895, écrit; Quale sia stato propriamente il posto, lo scopo e l'integro aspetto del monumento nella città antica , è quesito che si affaccia cou un corredo di documenti, op portuni aile congetture, ma insufficienti ad una conclusione che piaccia ed appaghi.

Je ne prendrai donc parti pour personne ; je me tiendrai à la tradition des Alexandrins, et aux résultats des fouilles en 1895 et 1896. En m’aidant des notes de ceux qui m’ont précédé, je vais d'abord passer en revue la tradition que les voyageurs du Moyen Age ont reçue des Alexandrins ; je viendrai ensuite aux fouilles.

Au XIme Siècle.

M. de Sacy a traduit, d’après le ms. 580 de la bibliothèque du Roi à Paris, une Description d’Alexandrie rédigée en langue arabe l’an 1067, d'après un écrivain antérieur. Il y est dit :

« Le grand Palais d’Alexandrie est ruiné aujourd’hui ; il est placé « sur une grande colline, en face de la porte de la ville ; sa longueur « est de 500 coudées, et sa largeur de la moitié ou environ. Il n’en

(1) Descr. de l’Egypte. V.

(2) L’Egitto dei Greci e dei Romani; 1895, p. 231.

« existe plus rien, si ce n’est ses colonnes ou piliers, qui sont en- « core sur pied , sans qu’aucune soit tombée , et sa porte, qui est de « la bâtisse la plus solide et la mieux construite. » (O

Corollaires. — i° C’est la plus grande ruine d’Alexandrie, avant l’an 1067.

20 Cette ruine était «le Palais».

30 Elle est située sur une grande colline, qui fait face à la porte de la ville.

40 Elle forme un rectangle mesurant 500 coud, x ± 250 coudées.

50 II y avait des colonnades.

Ces données concordent avec celles que nous fournissent les ruines actuelles à Y Hamoud-es-Saouari. Pour les dimensions de l’édifice,

il est à noter que

la coudée hachémique vaut om 592593

» noire » om 490196

» » rectifiée » om 493827

la petite coudée de Mésoudi et Edrisi vaut. . . om 370370

la grande coudée d’Abou’l féda °m 555555

la petite » » » om 416667

En conséquence la longueur de l’édifice en question serait en grandes coudées

hachémiques

noires

d’Abou’l féda

en petites coudées

de Mésoudi et Edrisi

D’après les fouilles de 1896 la longueur réelle de l’édifice entre N. et S. est de 185™ 185 : ces sont cinq cents coudées de Mésoudi et Edrisi.

Nous pouvons donc établir que l’auteur du ms. 580 de la Bibliothèque du Roi à Paris a placé, en 1067 et d’après un écrivain antérieur, le grand palais d’Alexandrie à l’Hamoud-es-Saouari.

(1) De Sacy — Abd-Allatif, p. 232. Matter observe que du mot Saouary (piliers) ' Michaëlis a fait S^veri.

L’auteur du ms. ne dit rien de l’escalier, dont les fouilles ont découvert les ruines : il parle cependant de la Colonne d’Alexandrie, il l’appelle Hamoud-es-Saouari ; c’est bien le nom qu’on lui donne depuis huit siècles.

Comme Micbaelis propose d’y lire Hamoud-es-Severi (colonne de Sévère) il est bon d’étudier, au point de vue historique, si la variante proposée parM. est acceptable ou non.

D’abord nous avons

a) L. Septimius Severus Pertinax (193-21 1).

b) M. Aurelius Severus Antoninus (Caracalla f 2 17).

c) M. Opellius Severus Macrinus (217).

d) M. Aurelius Severus Alexander (222-235).

e) Fl. Valerius Severus (305-307) (O

Auquel de ces cinq Souverains pourrait-on attribuer la columna Severi ?

Septime Sévère fut proclamé empereur le 1 Juin de l’an 193 de notre ère, à la mort de Pertinax. Doué de qualités solides, incliné à améliorer la condition de ses sujets, il traita avec bienveillance la ville d’Alexandrie, à laquelle, suivant le témoignage formel de Dion Cassius W et de Spartien<1 2 3), il accorda le droit d’avoir un Sénat. Malgré les prudentes réserves de M. de Ruggiero, qui hésite (+) à se rallier à Dion Cassius au sujet de la non existence du Sénat Alexandrin depuis Auguste jusqu’à Septime Sévère (à cause de l’importance de la ville), on peut, je crois, tenir comme suffisamment constaté que le Sénat Alexandrin, aboli probablement par Evergète II, ne fut rétabli que par Septime Sévère.

Nous manquons absolument de documents épigraphiques qui puissent nous permettre d’établir qu’après le coup d’État de Ptolémée Evergète II, et avant Septime Sévère, la condition politique des Alexandrins ait été pareille à celle des grandes villes de la Grèce. L’empereur Auguste, à ce que nous en dit Tacite, (5) avait pour les Alexandrins les mêmes sentiments qu’Evergète II.

(1) Je crois inutile d’y ajouter M. Didius Severus Julianus (193).

(2) I.L. 17. (3) invita Severi, c. XVII. (4) De Ruggieit), Diz. epigr. vol. I. pag.

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