‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 236 sur 343 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

des autres: LXXI, 20. — Serait-ce une ciste h cordons en argile M On n'en connaît pas, je crois, d'exemplaires de l'Etrurie propre ; mais à Bologne les fouilles Benacci et Arnoaldi ont donné des cistes en terre, dont les cordons serrés d'abord, s'espacent avec le temps": ce sont des copies d'objets en bronze ^.

Les poteries de terre brune trouvées dans ces fosses sont généralement lisses. Les ornements, quand ils existent, sont de trois sortes : 1° incisés; 2° estampillés; 3° peints en couleur.

1° Ornements incisés. — Ils sont très simples et apparaissent seulement sur quelques formes de vases : stries circulaires sous les lèvres (forme 30: XIX, 8; LVITI, 11; LXXVIII, 7; forme 128: LVIII, 7); série de stries verticales sur la panse (forme 30: LVIII, 10) ou sur l'anse (forme 83: CXVII, 13); zigzags ou dents de loup, quelquefois avec des filets obliques a l'intérieur (forme 30: XIX, 8; LVIII, 11 ; LXXVIII, 7; forme 53: LVIII, 6); méandre à doubles côtés avec des séries des points à l'intérieur (forme 53: XIX, 7).

Nous n'avons pas trouvé de poteries de terre brune avec des dessins incisés, qui consistent en figures d'animaux ou d'hommes et en motifs d'ornementation n'appartenant pas au style géométrique. Dans une tombe à chambre très primitive, fouillée le 11 février 1889,

Ce n'est pas un pied de vase (comme celui des urnes XXXVI, 2, 3, 4), car la forme est tout-à-fait cylindrique, nullement évasée.

^ Zannoni, Gli Scavi délia Certosa, p. 234 sq. Voir aussi Crespellani, Del Sepolcreto e degli nltri monumenti antichi scojierti pressa Bazzano, p. 9 et pl. III, fig. 6 ; Not. d. Scavi, 1876, p. 134; cf. Bull, di palet, ital., T. II, 1876, p. 12 et 220. — Plus tard, dans la période de la Certosa, on voit reparaître les cistes à cordons resserrés, mais en bronze seulement. (Zannoni, l. c, pl. IV, fig. 1; pl. XIII, fig. 41; etc.) Un exemplaire de cette sorte provient de Vulci (Undset, Annali dell'Inst., 1885, p. 36, n. 3).

3 M. Helbig {Annali delVInsL, 1880, p. 240 sq. ; Bas liomerisclie Epos, p. 45-46) voit dans les cistes métalliques des produits de l'industrie de Cumes. Cf. Orsi Bull, di palet, ital, T. XI, 1885, p. 75. Von Duhn, Mitth. des arch. Instituts, Rom. Abth., T. II, 1887, p. 169.

ÉTUDE DES FOUILLES

il y avait une œnOchoé ornée sur la panse d'un poisson incisé, et à l'épaule d'une suite de demi-cercles s'entrecoupant, incisés aussi. Mais c'est un exemplaire isolé et la forme du vase, différente de celles en usage dans la fabrique de Vulci (à col très allongé, h panse presque ovale) semble indiquer un objet d'importation. A Corneto, on n'a trouvé que très peu de poteries avec figures (un seul exemplaire avec des poissons, dans la collection Bruschi) ou ornements non géométriques à incisions, et elles me semblent avoir été importées \ Je crois que cette technique ne s'est pas développée dans la partie de l'Etrurie dont nous parlons ^. — Au contraire, dans l'Etrurie méridionale elle fut très en faveur. Les récentes fouilles de Civita-Castellana ont donné un grand nombre de vases de terre brune à figures incisées ^

2° Ornements estampillés Ces ornements sont rares et consistent seulement en étoiles: voir les deux pots de la forme 83 reproduits planche III, fig. 2 et 3 '\ — On trouve plus fréquemment des lignes de petites hachures obliques faites avec une roulette dentée (forme 114: LXXI, 15-19; LXXVI, 17, 18; forme 83 : XLIII, 8 ; LXXVIL 17-18).

8° Ornements peints en hlanc sur la surface du vase. Les formes 104 et 117 en présentent toujours; on en trouve aussi avec les for-

' Les formes différent assez notablement de celles des céramiques en impasto de Corneto et rappellent au contraire la fabrique de Civita-Castellana.

^ De Bisenzio, je ne trouve à signaler qu'un vase sur la panse duquel on voit deux oiseaux incisés ; il a été trouvé dans une tombe à cercueil (Pasqui, Not. d. Scavi, 1886, p. 198-199).

^ Musée de la villa du pape Jules. On peut voir aussi au musée des Conservateurs quelques poteries semblables. Cf. à Oervetri : Museo etrusco gregoriano, T. I, pl. VU, fig. 5, 7, 10, 11; à Véies: Campanari, Descrîzîone dei vasî di Veio, pl. I, — Deux exemplaires trouvés à Montalto et à Orvieto sont particulièrement intéressants: Micali Monumenti înediti, pl. XXXIV, fig. 1 ; Gamurrini, Not. d. Scavi, 1884, p. 186 (= Martba, L'Art étrusque, p. 455, fig. 294). Cette catégorie de poteries mériterait d'être étudiée. Elles appartiennent du reste pour la plupart à une époque un peu postérieure à celle de nos fosses.

■* Voir Martha, L'Art étrusque, p. 454.

•' Ces étoiles se retrouvent en particulier sur des poteries de la même époque, de Corne'to et de Vetulonia. Dans ces deux nécropoles on a trouvé des pots de la forme 83 presque identiques pour la décoration à celui qui est reproduit pl. III, fig. 3.

6 Cf. plus haut, p. 260, et p. 354.

DEUXIÈME PAETIE.

mes 58 (LXXVII, 15, 16) et 105 (LXXVIII, 8). Ils sont du reste très élémentaires : simples filets, lignes en zigzag, demi-cercles (au sommet de godrons), plus rarement des méandres. — Le n° 8 de la tombe XLÏII (planche III, fig. 3) a deux rayures qui imitent la forme d'une plante: elles ont été peintes en rouge. La tasse sans anse LXIII, 3, a reçu un badigeon rouge à l'intérieur.

En résumé, la céramique locale que nous font connaître nos fosses n'est que la continuation de celle des puits, qui elle-même se rattache étroitement h celles des terramares. Mais le goût pour l'imitation des modèles métalliques qui ont été importés devient de plus en plus grand : il se manifeste par la copie de certaines formes (en particulier 138 et 6) ou de certaius détails (godrons, fentes triangulaires) \ - - Il est possible qu'on ait aussi copié à cette époque des poteries importées: cependant nous n'avons rien trouvé qui prouve cette imitation ^. — • Les ornements géométriques incisés, si fréquents dans la période des puits, deviennent rares; on n'a que quelques exemples d'ornements estampillés ; la décoration à la couleur blanche est encore usitée pour quelques formes (10, lOl, 117). La technique se perfectionne beaucoup.

La céramique locale de Vulci diffère peu à cette époque de celle des autres villes étrusques, surtout de la ville voisine de Corneto : les mêmes traditions s'y maintiennent, les mêmes influences s'y introduisent. Il y a cependant certains types de vases qui semblent propres à la fabrique de Vulci, en particulier les formes 10, 104, 117.

' Outre les céramiques que nous avons citées pour les comparer à celle de Vulci, on trouve à cette époque dans d'autres nécropoles des exemples frappants de l'imitation de modèles en bronze. Voir: pour Chiusi, Milani, Museo italiano di antichita classica, T. I, p. 292, n. 1, n° a; p. 302, n° b; n° c; etc.; Helbig, Annali deU'Inst., 1878, p. 298, tav. d'agg. R, fig. 1. Pour Vetulonia, Not. d. Scavi, 1887, pl. XVI, fig. 5 et 7 (tomba del Duce). Pour Bologne et pour Este : Marthn, VArt étrusque^ p. 77-78. Pigorini, Bull, di palet, ital., T. XIII, 1887, p. 87 sq. Ghirardini, Not. d. Scavî, 1888, p. 379, n. 2.

2 Voir ce qui est dit plus haut, p. 370 (cf. p. 354, n. 1), p. 372, p. 375. Pour toutes ces formes, l'imitation directe de modèles métalliques est admissible.

ÉTUDE DES FOUILLES

Avant de terminer cette étude je mentionnerai un petit canard en argile trouvé dans la fosse LVII (n° 8) ; il semble avoir fait partie de la décoration d'un vase de fabrication locale. Le pied en est brisé. Dans une autre fosse, fouillée le 1 2 février (lettre X sur la carte), il y avait deux canards semblables ^ ; le corps de ces animaux repose sur un appendice cylindrique au milieu duquel est pratiqué un trou vertical: les objets en question devaient donc être introduits dans une mince tige. Peut-être étaient-ils placés au milieu de couvercles ^.

' Deux autres ont été trouvés à Vetulonia, dans une tombe à peu près contemporaine de la tomba del Duce (musée de Florence). Ne les ayant pas examinés de près, je ne sais si les pieds étaient percés de trous.

^ Peut-être de couvercles de jarres de la forme 11; dans la tombe du 12 février comme dans la tombe LVII on a trouvé des fragments de ces couvercles. Cf. une urne de Véies (Lanciani, Not. d. Scavi, 1889, p. 62) et un grand nombre de vases en buccbero de la région de Chiusi (par exemple M rtha, V Art étrusque, p. 468, fig. 305 ; p. 469, fig. 306-307; p. 471, fig. 315). Cependant, pour des couvercles de jarres de la forme 11, nos oiseaux seraient de bien petites dimensions. — Il est peu vraisemblable qu'ils aient servi de pendeloques, car dans ce cas le trou serait plutôt horizontal (cf. par exemple, 3Iitth. des arch. Instituts, Eoin. Ahth., T. II, 1887, p. 251, fig. 17). Les petits quadrupèdes en argile, trouvés dans des puits de Corneto (Ghirardini, Not. d. Scavi, 1882, p. 148, 178, 187), n'ont aucun rapport avec nos oiseaux. Ils faisaient probablement partie d'attelages de chars en miniature (cf Undset, Zeitschrift fur Ethnologie, T. XXII, 1890, p. 65).

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