‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 263 sur 343 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Il est impossible de ne pas être frappé de la ressemblance de style du seau d'ivoire de la tombe de Chiusi, et de la caisse funéraire de la tomla del Duce {Notine degli Scavi, 1887, pl. XVIII) \ Ce sont, semble-t-il, deux monuments appartenant au même art et à peu près contemporains. Cependant, en tenant compte de la différence des matières employées, la caisse me fait l' impression d'être un peu plus ancienne ~.

Les deux tombes Regulini-Galassi de Cervetri et Bernardini de Préneste sont à peu près contemporaines, a en juger par la ressemblance d'un assez grand nombre d'objets. — Dans la tombe Reguliui- Galassi il y a eu plusieurs dépositions, dont deux principales, l'une dans la première chambre, où l'on a enseveli un guerrier, l'autre dans la chambre du fond oii a été enterrée nue femme avec ses nombreux bijoux ^ Il ne paraît pas cependant que ces deux dépositions aient été séparées par un long intervalle d'années Dans la tombe Bernardini à Préneste, il n'y a eu, semble-t-il qu'une déposition^. — Il n'est pas facile de déterminer exactement l'époque de ces tombes, car dans cette recherche on ne peut se prévaloir du secours de céramiques nationales ou importées ^. Dans la tombe Bernardini ou a trouvé, il

' Cf. aussi la base du buste de femme de la tombe d'Isis (Micali, Monumcnti înedîti, pl. VI, fig. 2). Quant aux œufs d'autruche de cette tombe, ils présentent avec les objets que je viens de mentionner une incontestable parenté: cependant les différences de style sont trop sensibles pour que je croie qu'ils appartiennent au même art.

^ Cf. pour les détails le type des griffons et la forme des ailes. — ■ Les animaux estampés sur plusieurs vases (X'impasto italico de la tomba del Duce (Not. d. Scavi, 1887, pl. XV, fig. 1 ; pl. XVI, fig. 7) sont aussi d'un style un peu plus primitif que ceux de la classe des buccheri à relief plat que l'on trouve dans l'Etrurie méridionale avec des céramiques appartenant à une époque avancée de la fabrique dite italo-corintliienne.

3 Voir Canina, V Antka Eiruria marittima, T. I, p. 181-183. Les deux chambres latérales ovales semblent d'une époque un peu postérieure (Canina, ihîd., p. 184).

^ On connaît du reste à peu près la place des objets. Voir Canina, l. c, p. 199-200 et pl. L; Museo eiruseo gregoriano, T. I, pl. I.

^ Voir les observations de M. Helbig, Bull. delVInst., 1876, p. 119.

" Dans le Museo etrusco gregoriano, T. I, pl. II, fig. 2 sq. ; III, 1 ; IV-VII de l'édition A (cf. T. II, pl. XCVI-XCVIII, C, CIII de l'édition B), sont reproduites comme provenant de la tombe Regulini-Galassi d'assez nombreuses poteries. Je ne crois

ÉTUDE DES FOUILLES

est vrai, quelques misérables fragments de poteries de terre jaune fine faites au tour, avec des ornements géométriques rouges ou bruns, de la classe dont j'ai parlé au § 3 \ Mais la période d'importation de ces poteries a été assez longue, si bien qu'elles ne peuvent servir à fixer une date un peu précise. — La tombe Regulini-Gralassi et la tomha del Duce contenaient, comme on le sait, des vases avec des inscriptions étrusques ~. Or les Etrusques reçurent leur alphabet des Chalcidiens, qui ne s'établirent pas à Cumes avant la fin du second tiers du huitième siècle. Mais il convient de supposer qu'il se passa un certain temps avant que les Etrusques adoptassent cet alphabet et qu'il devînt d'un usage commun parmi eux. Ce serait donc à une époque postérieure au milieu du septième siècle environ, que les vases en question auraient été fabriqués ^ — D'autre part, je suis disposé

pas que cette provenance soit établie. Dans son rapport écrit immédiatement après la découverte {Bull. delVInst., 1836, p. 59), Braun dit qu'une urne dont le couvercle est surmonté d'un petit cheval {Museo greg.^ T. I, pl. II, fig. 1) a été, si l'on excepte des figurines {Museo greg., pl. III), l'unique objet en terre cuite trouvé dans ce tombeau. Canina (Descrizione di Cere antica, 1838, p. 78. == UAntica Etruria marittima, T. I, p. 184), parle aussi de cette urne et de quelques vases de terre cuite trouvés auprès. Cf. aussi Grrifi, Monumenti di Cere antica, p. 161 et 180, n° S : « vaso di argilla chiuso da un coperchio col manico in forma di cavallo, e due vasi ordinari di argilla più grandi e vuoti ». En tout cas, le vase à alphabet publié dans le Museo etrusco gregoriano, T. I, pl. III, fig. 7 comme provenant de ce tombeau, ne lui appartient certainement pas (voir Des Vergers, UEtrurie et les Etrusques, atlas, p. 60-61). — M. Brizio, Atti délia Deputazione di storia patria per la Romagna, Série III, T. III, 1885, p. 149 sq.) se sert de ces vases de provenance incertaine pour fixer l'époque de la tombe Regugulini-Galassi.

' Voir plus haut, p. 393, n. 2.

^ Museo etrusco gregoriano, T. I, pl. XIX, fig. 7, 8, et 10. Not. d. Scavi, 1887, pl. XVI, fig. 5.

^ Je pense que l'on ne peut guère préciser davantage. Les arguments de M. Helbig (Annali, 1876, p. 227 sq. ; cî. Das liomerische E2)os,]).d2) tirés du calcul des siècles chez les Etrusques sont très ingénieux, mais j'avoue qu'ils ne m'ont pas convaincu.

— Selon M. Fabiani (Annali delVInst., 1876, p. 259), l'inscription phénicienne de la coupe publiée {Monumenti dell'Inst., T. X, pl. XXXII, fig. 1) peut se placer au septième siècle, et selon M. Maspéro (dans le Corpus inscr. semiticarum, n" 164, p. 216), le style des hiéroglyphes de cette coupe rappelle celui de la XXVI''""' dynastie (660 environ

— 527 avant Jésus-Christ).

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