DEUXIÈME PARTIE
chéri proprement dits. — Dans les tombes à chambre qui contenaient des vases corinthiens récents, les buccheri sont nombreux et il n'y a presque plus de poteries en impasto italico. — Certaines autres tombes où l'on a trouvé des vases corinthiens primitifs, mais non des vases corinthiens récents contenaient seulement des poteries en impasto italico ^ ou bien à la fois des poteries en impasto et des buccheri ~. Mais il faut se souvenir que si l'importation des vases corinthiens récents a suivi celle des vases corinthiens primitifs, elle ne l'a pas fait cesser; que nos observations portent sur un petit nombre de tombes, tandis qu'à Corneto on en a ouvert beaucoup ; que dans cette ville, plus rapprochée de la mer et peut-être plus riche à cette époque, les poteries importées sont plus fréquentes, ce qui permet des conclusions plus précises ; qu'enfin Corneto semble avoir, d'une manière générale, précédé Vulci dans la voie des progrès industriels.
J'incline donc à croire que la fabrication du bucchero n'a pas commencé plus tôt à Vulci qu'à Corneto : la date approximative que je proposerais serait le dernier tiers du septième siècle.
Il est difficile de dire à quelle époque a cessé la fabrication du bucchero à Vulci : nos fouilles ne nous ont pas fourni de renseignements suffisants à cet égard ^. Je ferai observer que dans chacune des deux chambres de la tombe LXXIX (commencement du cinquième siècle environ) il n'y avait plus qu'un vase du bucchero ; et qu'il en était de même dans la tombe XXXIV qui est de la première moitié du cinquième siècle. Dans ces exemplaires l'argile a été tellement enfumée qu'elle se brise avec une extrême facilité, et qu'il suffit de passer l'ongle sur la surface pour en détacher des parcelles : ils appartiennent à la dernière période de la fabrication des buccheri. Cependant il ne faudrait pas trop insister sur la rareté des buccheri dans ces deux
^ XII, A (non entièrement fouillée) ; XIII et XIV. . 2 1, A; II; IV; V; X; XII, C; LV; GXVI. J'ai déjà dit (p. 433) qu'elles présentent une grave lacune pour le cinquième siècle.
ÉTUDE DES FOUILLES
seules tombes, car on a trouvé à Vulci d'autres tombes contemporaines et même plus récentes où il y en avait un assez grand nombre \ En tout cas, vers la fin du cinquième et le début du quatrième siècles, l'industrie du bucchero était à peu près morte à Vulci : dans un groupe de tombes de cette époque que nous avons fouillées à la Polledrara ^, il n'y en a presque plus ^.
Vases d'lmpasto italico. J'ai parlé plus haut de quelques bassins des formes 136, 138^, 135, 177, ayant servi d'ossuaires.
Fois de la forme 25 (voir l'index des formes de vases) ^. Cette forme semble se rattacher à la céramique des terramares ''. Les rayures que
1 Helbig, Bull. delVlnst, 1883, p. 40, 162, 164, 167, Je dois ajouter qne des fragments de vases en bucchero à moulures, conservés à Musignano et trouvés à Vulci dans des fouilles faites vers 1883-1884 , me semblent provenir d'une fabrique de l'Etrurie centrale (Chiusi ou Orvieto) : entre autres une anse d'ampliore ou d'hydrie avec un guerrier exactement semblable à ceux qu'on voit par exemple dans Martha, L'Art étrusque, p. 472, fig. 316 (cf. Furtwàngler, Beschreibung der Vasensammlung, n° 1610.
^ Voir chapitre V, § 1,
^ Cette conclusion ne s'applique qu'à Vulci; je ne prétends pas la généraliser. Voir du reste Martha, VArt étrusqu.e, p. 488 ; cf. p. 470, n. 3. * P. 440.
■"'Nous avons déjà trouvé cette forme dans les tombes à fosse: voir plus haut, p. 368. — Les n"» LXXIII, A, 4 ; XCV, 9 ; CXVI, 4 n'ont pas servi d'ossuaires. '' Le n° XII, A, 5 est en terre rougeâtre.
' Cf. Pigorini, Not. d. Scavi, 1878, pl. III, fig. 4 et 5; Bull, di palet. îtal, T. VI, 1880, pl. XII, fig. 1 et 2. Coppi, Monografia ed iconografia délia terramara di Gorzano, pl. LXXL Crespellani, Atti délia Depntazione di storia patria per le provincie delVEmilia, Nouvelle série, T. VII, partie II, 1882, pl. II, fig. 4 et 5. La même forme s'est retrouvée à Civita-Castellana (musées de la villa du pape Jules et préhistorique romain) et à Bologne (fouilles Benacci II et Arnoaldi, au musée). Forme voisine, mais avec les bords droits, à Albano {Archaeologia, T. XXXVIII, partie I, pl. VII). — Je ne prétends pas du reste que dans la fabi'ique de Vulci cette forme soit un héritage direct de la céramique des terramares, puisque nous ne l'avons rencontrée ni dans nos puits, ni dans nos fosses. Elle a pu être importée d'un autre lieu où elle s'était conservée dans le cours des siècles.
DjETJXIÈME PARTIE.
Ton voit sur les bords rabattus dans la plupart des exemplaires s'y retrouvent aussi \
Pots des formes 26 et 27. Ils sont rares (VIII,B, 5; XVIII, 3; - XVI,1).
Formes lU, 105, 104, 125, 126, 80, 83, 55, 30, 128, 57. Nous avons déjà trouvé toutes ces formes, sauf la dernière, dans nos tombes à fosse ^ La forme 57 (X, 3) se rattache à la forme 36 de la céramique primitive ^.
ŒnocJioé de la forme 65: XII, 0,7. Elle est d'une technique pins soignée que la plupart de ces poteries et elle semble avoir été faite au tour. Cette forme est peut-être copiée sur des œnochoés importées de terre jaune à ornementation géométrique * ; d'ailleurs elle existe aussi en métal ^. , -
Comme les poteries brunes des fosses, celles des chambres présentent parfois des ornements: croix gammée incisée (I, A, F) ; lignes de petites hachures obliques faites avec une roue dentée: simple cercle (XII, C, 13), demi-cercles (X, 3), croix gammée et zigzags (1, A, 7); ornements estampillés : triangles (XVIII, 3), croix gammée (IV, 6 et 7) ; décoration à la peinture blanche (VIII, B, 1 0 ; X, 3 ; XII, B, 3 ; XII, C, 13 et 15)1
Quelques poteries d'impasto italico ont des formes qui n'appartiennent pas à la céramique primitive et qui se rattachent h la fabrique
^ Cf. Pigorini, Not. d. Scavî, 1878, p. 78, pl. III, fig. 10 ; BtiU. di palet, ital., 1. c, et T. XVI, 1890, pl. II, fig. 6 et 6^^. Crespellani, l. c, fig. 4. ^ Voir plus haut, p. 369 sq.
. 3 Voir p. 352.
Voir p. 382. — On la retrouve à Corneto (assez fréquente), à Civita-Castellana (musée préhistorique romain avec des figures et des ornements incisés), à Véies (Campanari, Descrizione dei vasi di Veîo, pl. A, deuxième rangée).
^ Museo etrusco gregoriano, pl. XIII, fig. 3. Cf. aussi Not. d. Scavi, 1887, pl. XVI, fig. 3 (en argent).
" Pour ces ornements, cf. plus haut, p. 376 sq.
ÉTUDE DES FOUILLES
du bucchero. De plus, elles sont presque toutes faites au tour. Ce sont: des bassins de la forme 137 : LXIV,4; LXVII, 10 ; CVII, 14 (les n"^ VI, 1 et 2 ne sont pas faits au tour); — un plat de la forme 179: VII, B, 16; — deux pyxides de la forme 187: LXXX, A, 13; XCV, 11. Enfin dans la tombe LXV, A (n°' 15-18; planche III, fig. 10) nous avons trouvé quatre plateaux qui sont décorés sur les bords de têtes barbues en relief de style archaïque : on sait combien ces figures appliquées contre les bords sont fréquentes dans la fabrique de bucchero de Chiusi \
Vases de bucchero. Bassins de la forme 137. Cette forme est imitée d'un modèle métallique: il en existe un exemplaire en bronze au musée Grégorien du Vatican ^, et nous en avons trouvé un autre dans nos fouilles (tombe LUI, A, n" 28). Au même musée est conservé un bassin en terre brune d'une forme semblable ; il est décoré sous les bords d'ornements en relief qui imitent des attaches d'anse demi-cylindriques, des anses en forme d'anneaux ^ et au-dessous des godrons ^: pour ce vase l'imitation d'un modèle en bronze n'est pas douteuse. — Dans nos chambres, la forme 137 apparaît en bucchero ou en terre brune avec des poteries de type corinthien. Avec le temps elle se transforma ; on la retrouve dans la fabrique de Chiusi avec un pied, quatre attaches d'anses demi-cylindriques, des figures et des ornements
^ Par exemple Micali, Monumenti inediti, pl. XXVIII et XXX, fig. 1.
^ Museo etrusco gregorîano, T. I, pl. XIII, fig. 13. Voir aussi les bassins de bronze à bords rabattus de nos fosses et de nos chambres. — Vase François {Wiener Vorlegehlâtter fiir arch. Uehungen, 1888, pl. II, deuxième rangée) : il est probable que le bassin qu'on y voit représenté est en bronze.
^ Cf. plus loin, § 6, les anses de plusieurs bassins de bronze. Museo etrusco greg. T. II, pl. I, bas; Semper, Der 8tyl, deuxième édition, T. II, p. 126. Cf. Hawldns, Catalogue of the greek and etruscan vases, n" 178, forme LXVII: cet exemplaire me semble appartenir à la classe des buccheri de l'Etrurie maritime.
452 DEUXIÈME PAETIE.
moulés sur la cuvette à l'extérieur, quelquefois des têtes appliquées sur les bords K
Urne de la forme 13, présentant de chaque côté quatre séries de baguettes demi-circulaires qui entourent une baguette verticale: LXV, B, 1. Ce motif de décoration a ses origines dans la poterie primitive italiote où Ton voit des ressauts ou des sillons demi-circulaires entourant un mamelon, Nous en avons parlé plus haut
Forme 78. Elle est très fréquente. Souvent elle présente sur le col trois rayures circulaires et quelquefois, au-dessus, des séries d'ornements formés de plusieurs lignes de petits points estampillés, lignes dont l'ensemble présente l'aspect d'un éventail entr'ouvert et couché, et qui ont été faites à l'aide d'une petite roulette ^ Lesn°'lX, C, 2 et XLVIII, 6 ont une zone de stries verticales sur la panse, motif de décoration qu'on trouve déjà dans la céramique des fosses le n° X, 13, des rosettes formées de points estampillés et ressemblant à celles qui sont peintes sur un grand nombre de vases de type corinthien, dont j'aurai à parler plus loin ^. — Cette forme est fréquente aussi à Orvieto, a Corneto et en général dans l'Etrurie méridionale On la rencontre encore, mais plus rarement semble-t-il, dans la région de Chiusi Elle appartient aux plus anciennes formes de la fabrication des buccheri. — Il paraîtrait, à première vue, qu'on pût la faire dériver de l'ossuaire de Villanova auquel elle ressemble^ avec des contours plus perfectionnés
^ Par exemple, Micali, Monumenti inedîtî, pl. XXX, fig. 1. 2 P. 349-350.
^ I, A, 3. Cf. pour ces ornementri planche III, fig. 4. * Voir p. 376.
■' Voir § 4.
Par exemple, Campanari, Descrizione dei vnsi di Vcio, pl. A, troisième rangée. Lanciani, Not. d. Scavi, 1889, p. 156, fig. 7. Cf. à Rome, Bull, délia covimissione municipale, T. VI, 1878, pl. IX, fig. 53.
On y trouve une forme voisine, mais avec des bords plus évasés, certainement copiée sur des vases en métal.
ÉTUDE DES FOUILLES
et une anse différente \ Mais s'il en était ainsi, on devrait en trouver des exemplaires dans les tombes à fosse, type de sépulture intermédiaire entre le puits et la chambre; or il n'y en a pas. Je suis plus porté h croire que la forme 78 dérive d'un modèle métallique^, comme semble l'indiquer l'anse h ruban qu'elle a presque toujours ^.
Forme 84. Fréquente aussi. Elle est souvent d'aspect cendré L'anse relevée est ronde ^; celle du n° 2 de la tombe LXII présente une profonde fente longitudinale. On retrouve cette forme à Orvieto (tombes du sixième siècle), où elle accompagne toujours une petite œnochoé qui est de la même mesure ^. Elle est aussi ancienne que la précédente.
Forme 77. Cette forme imitée d'un modèle métallique ^ est , je crois, particulière à la fabrique de Vulci ^. L'anse plate présente à son sommet une bossette et elle a au-dessus des lèvres des incisions: filets le long des bords, tige à rameaux symétriques, zigzags. De chaque côté de l'anse il y a une pointe dressée, qui dans un exemplaire (LXVI, B, 2) est remplacée par une tête de canard en relief. Sur le rebord et audessous on voit parfois des zigzags incisés. Dans quelques exemplaires le col présente des rayures circulaires. — La forme 77 date de l'époque de l'importation des vases attiques h figures noires.
Forme 81. Nous avons trouvé plusieurs tasses de cette forme avec
1 Cf. par exemple Not. d. Scavi, 1882, pl. XII, fig. 12.
^ Cf. l'exemplaire en bronze publié dans le Museo gregoriano etrusco, T. I, pl. XIII,
^Exceptions: I, B, 1 (ronde et à double ouverture); IX, C, 2; XLV, 6 (ronde); LXVII, 2; LXI, 2 (ronde avec une fente longitudinale).
Le n° XVII, A, 8 est en terre jaune pâle; on a probablement négligé de lui faire subir la fumigation qui en aurait fait un vase de bucchero.
^ Exception : IX, B, 2, où elle est plate.
« Cozza et Pasqui, Not. d. Scavi, 1887, p. 367, pl. XI, fig. 13.
' Cf. un exemplaire en bronze du musée Grégorien {Museo etrusco gregoriano, T. I, pl. LUI, fig. 1, en bas à droite; voir aussi pl. XIII, fig. 7), mais la panse est moins développée.
^ Exemplaires de Peacia Romana (ancien territoire de Vulci), au musée de Plorence.