‹ Fouilles dans la nécropole de Vulci (volume 2)Chapitre 273 sur 343 · URNES ET BASSINS EN TERRE ROUGE OU JAUNE · texte numérisé non relu

URNES ET BASSINS EN TERRE ROUGE OU JAUNE

Formes 13 et iP. L'urne de la forme 1 3, extrêmement fréquente \ est de terre rouge (cassure intérieure grisâtre au centre), de technique généralement peu soignée. Je n'oserais affirmer que tous les exemplaires aient été faits avec un tour véritable ~. Sur la surface du vase, il y a un engobe d'argile plus fine. — M. Lanciani, dans sa relation des fouilles de Véies dit que " la caractéristique du cimetière de Picazzano lui semble être la présence dans presque toutes les tombes d'une urne à deux anses, semblable au type des stamnoi, mais avec l'ouverture un peu plus étroite. Ces urnes sont d'argile rouge et ont une hauteur de 0"\ 25 à 0°". 30^,,. Les tombes du cimetière dont parle M. Lanciani sont d'après la description qu'il en fait contemporaines des nôtres. Une forme presque semblable à la nôtre se trouve aussi très fréquemment à Orvieto, dans des tombes du sixième siècle ^.

La forme 19 est de même technique.

Formes 40 et 21. Les jarres des formes 40 et 21 ne sont pas rares non plus ; la terre est généralement rougeâtre, quelquefois jaune, avec une couverte blanche ; on n'a pas employé pour les fabriquer un tour perfectionné. Il y en a d'analogues à Orvieto ^.

Forme 41. Nous avons trouvé quelques grandes amphores de fabrication locale, de la forme 41, en terre rouge (VII, A, l et 2; LXV, B,

' Voir l'index des formes de vases.

^ Quand j'ai indiqué dans la première partie de ce travail qu'un vase a été fait au tour, il s'agissait toujours du véritable tour, semblable à celui dont on se servait en Orient depuis une époque très ancienne.

3 Not. d. Scavi, 1889, p. 61.

< Cozza et Pasqui, îMd., 1887, p. 370, pl. XI, fig. 19.

^ Cozza et Pasqui, Not. d. Scavi, 1887, p. 370, pl. XI, fig. 20.

21, 22) ou jaune (X, 1). Les n°' VII, A, 1 et 2 présentent une couverte noire, avec quelque emploi des couleurs rouges et blanches; le n° X, 2 a aussi une couverte noire. Cette forme est évidemment imitée de la céramique grecque. On la trouve avec des vases corinthiens primitifs (X) et corinthiens récents (VII et LXV).

Formes 177 et 139. Je citerai encore quelques poteries grossières: cuvettes de la forme 177, en terre jaune: VII, A, 29; IX, D, 10; XVIII, 4; LXXX, B, 7; CV, 14 (cette forme existe aussi en impasto italico, voir plus loin); exemplaire monté sur trois pieds, forme 139: X, U\

VASES D'IMPASTO ITALICO ET DE BUCCHERO.

Il y avait dans nos tombes à chambre beaucoup de céramiques de terre foncée, brune ou noire. Les unes appartiennent à la classe qu'on peut appeler Vimpasto italico, les autres sont des huccJieri~. Sauf de rares exceptions, les poteries d'impasto ne se trouvent que dans les tombes les plus anciennes. Ce sont en général les mêmes formes que celles des fosses, avec la même technique : la terre, de composition volcanique, est grossière et d'ordinaire le tour n'est pas employé. — Les buccheri sont bien plus nombreux. Dans un opuscule publié il y a quelques années ^, M. Klitsche de la Grange a indiqué de quelle ma-

^ Cf. Bull, délia commîssione municipale di Roma, T. III, 1875, pl. VI-VIII, fîg. 28. Un exemplaire au musée de la villa du pape Jules, provenant de Civita-Castellana.

^ Par le terme buccheri je désigne, ainsi que le montrera du reste la suite de ce chapitre, des vases façonnés avec une argile fine, faits au tour, cuits au four, ayant en général des formes qui diffèrent de celles des poteries de l'époque antérieure, présentant une surface brillante de couleur noire ou, en cas de fumigation insuffisante, de couleur cendrée: dans les exemplaires à surface noire appartenant aux premiers temps de la fabrication des buccheri, les cassures intérieures sont noires près des bords avec im filet cendré plus ou moins large au centre,- dans les exemplaires plus récents (à peu près à partir de l'époque de l'importation des vases attiques), ce filet disparaît et tout l'intérieur est aussi noir que la surface.

^ Sulla tecnologia del vasellame mero degli antichi, Rome, 1884. Cf. Martha, L'Art étrusque, p. 462.

DEUXIÈME PAETIE.

niève il a pu fabriquer des bucclieri. Les vases sont façonnés avec de l'argile ordinaire , cuits à une température peu élevée, enfumés dans un récipient clos qui est a moitié rempli de sciure ou de copeaux de bois résineux ; grâce à cette fumigation la pâte devient noire. L'auteur a montré comment le bucchero dérive de l' impasto. Cette poterie primitive (qui se rattache directement h celle des terramares), faite avec de l'argile tufacée, façonnée à la raain^ cuite à feu libre , fut transformée: 1°) par l'emploi du tour; 2°) par l'introduction du four qui permit l'usage de l'argile plastique, plus fine que l'argile tufacée; 3°) par l'imitation sur une très grande échelle des formes grecques, figulines ou métalliques. — Ces diverses innovations ne se produisirent pas brusquement et en même temps: il semblerait que l'emploi du four ait un peu précédé celui du tour \ quoiqu'on n'ait pas changé tout de suite la qualité de l'argile employée; des formes grecques sont déjà imitées à l'époque des fosses ^, où l'on trouve aussi certaines poteries qui pourraient bien avoir subi une fumigation dans un récipient clos ^.

Par suite d'une fumigation insuffisante, un assez grand nombre de buccheri ont un aspect cendré Je ferai remarquer que cette couleur s'observe en particulier sur certaines formes: 84, 166, 174, 179, 187, 188, et surtout sur des formes qui rappellent les céramiques des fosses : 105, 107, 125, 126. Il ne s'agit donc pas seulement d'accidents de fabrication. Etaient-ce les produits d'un atelier particulier? Voulait-on, par une technique spéciale, montrer que ces vases représentaient des types

^ Voir plus haut, p. 367.

■ Voir p. 378.

^ Voir p. 367. — Je ne veux pas nier du reste que l'idée de faire des poteries noires ait été inspirée aux artisans italiens par la vue de certains vases importés (voir à ce sujet Gardner, Journal oj hellenic Studies, T. X, 1889, p. 127-128). La question est encore très obscure, et je n'ai pas à ma disposition les éléments nécessaires pour l'examiner.

* Cf. Klitsche de la Grange, 1. c, p. 5, n. 1. Milani, Alttseo italîano di antîchîtà classica, T. I, p. 290, n. 10.

très anciens, conservés peut-être parce qu'ils avaient une signification rituelle? Pour les formes 105 et 107, je serais tenté d'accepter cette dernière hypothèse. A Corneto ^ et à Orvieto ~ on a trouvé en effet dans des tombes a chambre des tasses analogues, d'une argile brune ou grise et faites à la main, au milieu de buccheri qui montrent une technique très avancée; à Vulci même, cette forme 105, faite à la main et avec une terre grossière, se trouve encore parmi des buccheri, alors que les autres poteries d'impasto ont presque entièrement disparu (XY, A, 7 ; XVII, A, 6 ; XVII, B, 5 ; XLIX, 63, 64; LI, B, 8 ; LU, 20; LXVIII, 9; XCV, 8 (cf. XLIV, B, 4, qui est de la forme 107). J'en dirai autant pour la forme 126, qui se retrouve aussi avec une technique primitive à Orvieto, à l'époque du plein développement du bucchero ^.

Pour déterminer l'époque à laquelle on commença à fabriquer dans la région de Corneto et de Vulci les buccheri proprement dits, nous ferons les observations suivantes :

A Corneto, on rencontre quelques buccheri accompagnés de poteries d'impasto italico dans des tombes où il y a un assez grand nombre de vases corinthiens primitifs (avec des quadrupèdes courant ou de simples ornements), et parfois aussi, mais en petite quantité, des vases corinthiens récents (avec des animaux de style oriental) ^.

A Vulci, dans nos fosses oii nous avons trouvé d'assez nombreuses poteries importées à décoration géométrique, il n'y avait pas de buc-

1 Helbig, Bull. deWInsL, 1885, p. 81, n° 8 et p. 118; cf. Not. d. Scavi, 1890, p. 74.

2 Cozza et Pasqui, Not. d. Scavi, 1887, p. 367, pl. XII, fig. 28 et 29. — Cf. peutêtre aussi à Véies (Lanciani, Not. d. Scavi, 1889, p. 61).

3 Cozza et Pasqui, ibid., 1887, p. 369, pl. XII, fig. 22.

^ Helbig, Btill. deU'Inst., 1882, p. 10; 1884, p. 122-123; 1885, p. 121 sq. Mitth. des arch. Instituts, Rom. Ahtli., T. II, 1887, p. 154; Not. d. Scavi, 1890, p. 74. — La tombe du Guerrier qui renfermait des vases importés de style géométrique et aucun vase de type corinthien ne contenait pas de buccheri proprement dits (voir plus haut, p. 317, n. 3). Cf. aussi les tombes à couloir très anciennes décrites par Helbig, Not. d. Scavi, 1888, p. 181-184.

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