DEUXIÈME PARTIE
tout à celle des vases attiques. Elles consistent d'abord seulement soit eu des tètes humaines à forte saillie, appliquées à l'attache des anses (formes 81, 109, 112, 113, les deux œnochoés LXV, A, 3 et 4), ou de distance en distance sur la panse (112) \ on le long du rebord (voir les plateaux mentionnés p. 451), soit en des têtes d'animaux flanquant l'attache de l'anse sur les lèvres (85, mais je ne puis affirmer que ces têtes soient obtenues à l'aide d'un moule; cf. les formes plus récentes 77 et 100). Sur la partie de l'aiise qui s'élève au-dessus des lèvres, ou bien sur une mince plaque qui surmonte cette anse, il y a dans les formes 112 et 113 des figures entières ou des têtes a relief peu saillant. — Quant aux figures entières moulées sur la panse des vases, elles n'apparaissent qu'à l'époque de l'importation des vases attiques.
Si l'on compare les buccheri trouvés à Vulci avec ceux qui ont été recueillis à Corneto, on observe que presque toutes les formes de Corneto se retrouvent à Vulci mais que la réciproque n'est pas vraie ; notre ville présente une plus grande variété de types que la ville voisine, surtout k l'époque de l'importation des vases attiques: à ma connaissance, les formes caractéristiques 77, 100, 63, 120, 121 n'existent pas à Corneto. En outre le nombre des vases de buccliero est en général plus grand dans les tombes de Vulci que dans celles de l'autre nécropole. — Je n'entreprendrai pas de comparer la fabrique de bucchero de Vulci avec celles des autres villes étrusques. D'ailleurs, il n'y a guère que celle d'Orvieto qui soit connue avec quelque pré-
^ Cf. des têtes de béliers sur un calice de la forme 120: p. 474, n. 1.
^ Certaines formes de bucclieri qui sont assez fréquentes à Corneto et qui ne sont pas représentées dans nos fouilles se rattachent à la céramique dite impasto italico : pots de la forme 38 (cf. plus haut p. 371), pots avec deux anses tordues comme des cordes et à panse profonde (cf. p. 353), œnochoés de la forme 65 (cf. p. 450). — D'autres qui sont rares à Corneto ont pu cependant exister à Vulci, quoique nous ne les ayons pas rencontrées. Telles sont des gourdes sphériques aplaties avec un goulot cylindrique (on en a trouvé en bronze aussi bien à Corneto qu'à Vulci et à Cosa dans le territoire de Vulci: voir Undset, Annali deU'Inst., 1885, p. 99-100). — Enfin d'autres vases rares aussi à Corneto y ont été probablement importés de l'Etrurie méridionale (de Cervetri ou de Véies). Tels sont des calices semblables à ceux publiés par Micali, Monumenti inediti, pl. XXVII, fig. 1 et 2; des seaux semblables à Micali, ihid., fig. 11.
ÉTUDE DES FOUILLES
cision ^ Cette étude comparative, si on peut la faire un jour, sera trës difficile, car il est probable que dans bien des cas on n'aura pas les éléments suffisants pour résoudre d'une manière certaine la question de savoir si tels vases de buccliero trouvés dans un lieu y ont été fabriqués ou importés d'une autre ville étrusque. D'une manière générale, on arrivera peut-être à cette conclusion que les fabriques de l'Etrurie centrale durent beaucoup à celles de l'Etrurie maritime, que le point de départ de cette influence fut surtout Vulci, et le point intermédiaire Orvieto, l'ancienne ville de Volsinii, qui semble avoir été étroitement unie à Vulci
Je signalerai h la fin de ce paragraphe quelques autres poteries locales.
Simples coupes hémisphériques de terre rouge avec un omhilic au fond: LXV, B, 34, 35. Cette forme existe dans la céramique corinthienne ^ et en bncchero Elle est imitée d'un modèle métallique : des coupes de bronze semblables sont fréquentes ^.
On recueille dans les tombes qui contiennent des vases peints attiques de petites écuelles ou assiettes de terre jaune pâle, ornées de bandes ou de lignes de points noirs ou bruns (XXXIV, 5, 6; XLV, 19-36; LXII, 9-13)^. — Je ne saurais dire si les pots de terre jaune avec couverte rouge de la forme 28, qu'on trouve à la même époque, sont importés ou de fabrication locale.
» Voir les dessins de M. Cozza, Not. d. Scavî, 1880, pl. XVI; 1887, pl. X-XII (cf. Cozza et Pasqui, ihid., p. 366 sq.).
- On sait que Coruncanius triompha des deux villes le même jour, l'an 474 de Rome. Voir les observations de M. Gamurrini, Annali deU'Inst., 1881, p. 36 sq. ; il pense même qu'Orvieto était une colonie de Vulci.
^ Voir plus loin, § 4.
^ Nombreux exemplaires à Orvieto et à Chiusi.
= Par exemple, Not. d. Scavî, 1880, pl. XVI, fig. 25; 1887, pl. XII, fig. 30. Helbig, Mitth. des arch. Instituts, Rom. AbtJi., T. I, 1886, p. 28, n° 4. Cf. plus loin au § 6.
® Mes fouilleurs m'ont assuré que dans les fouilles précédentes, ils ont toujours trouvé un certain nombre de ces assiettes avec des vases peints (il n'y en avait pas dans la tombe LXXIX).