IV. — Céramiques grecques. Vases de type corinthien
Il y avait dans nos tombes à chambre les plus anciennes un certain nombre de poteries jaunes à décoration géométrique. Je n'ai pas à en parler ici, les ayant déjà étudiées avec celles qui ont été trouvées dans nos fosses \
Mais dans les tombes à chambre antérieures à l'importation des vases attiques la plupart des poteries importées appartiennent à une autre classe. Ce sont des vases de terre jaune fine (quelquefois légèrement verdâtre), faits au tour, avec des figures d'animaux et des ornements de couleur brune ou noire, où les incisions et l'emploi des couleurs rose (ou lilas, ou violette) et blanche (ou jaune-blanc) sont fréquents. On peut les appeler vases de type corinthien, quoique rien ne prouve que la fabrication des céramiques de ce type ait commencé k Corinthe. De pins, les exemplaires que nous avons trouvés n'ont pas la finesse de ceux que l'on a recueillis à Corinthe même ; ils font partie de la catégorie à laquelle on pourrait donner le nom conventionnel d'italo-corinthienne: du reste on ne saurait dire encore où ils ont été fabriqués. Je les répartirai en deux séries: 1" ceux qui ne présentent que des ornements, ou bien dans lesquels les représentations figurées consistent presque uniquement en des suites de quadrupèdes courant: ce seront les vases corinthiens primitifs; 2" ceux sur lesquels on voit des suites d'animaux empruntés à l'art oriental : ce seront les vases corinthiens récents.
M. Helbig donne à des poteries que je classe dans la première série le nom de chalcidiennes et les distingue nettement de celles de la seconde série \ Je pense, comme je viens de le dire, que la question
^ Voir plus haut, chapitre III, § 3, p. 380 sq.
2 Die Italiker in der Poehene, p. 84-86 (cf. Bull. delVInst., 1885, p. 78; Das homerîsche Epos, p. 89).
ÉTUDE DES EOtJILLES.
d'origine ne peut être résolue à l'heure actuelle; quant à la distinction entre ces vases dits chalcidiens et les vases dits corinthiens, je ne la crois pas juste: la ressemblance de l'argile, des formes et d'une partie des ornements me semblent prouver que les deux séries appartiennent à une même fabrique, peu-à-peu modifiée par des influences extérieures. Je pense qu'il n'y a dans les plus anciennes tombes étrusques que deux grandes catégories de poteries importées: 1°) les vases h décoration géométrique dont j'ai parlé plus haut au chapitre III, paragraphe 3 ; 2°) les vases dits corinthiens. A mon avis, il convient de distinguer ces deux catégories, quoique, comme je l'ai déjà fait observer \ il existe des vases présentant à la fois des caractères propres à l'une et à l'autre : ce qui permet de supposer qu'il y a eu soit un ou plusieurs centres communs de fabrication, soit des rapports fréquents entre les villes où ces deux classes de poteries se fabriquaient.
Le style moins développé des vases que j'ai appelés corinthiens primitifs suffit à prouver que leur fabrication a commencé avant celle des autres. Ils ont été aussi importés en Etrurie à une époque un peu antérieure. La tombe à fosse LXXVIII (n° 1 2) contenait un cotylisque appartenant à cette série, et dans des tombes à chambre qu'il y a lieu de considérer comme très anciennes, il n'y avait que des vases de cette sorte ^. A Corneto, dans les tombes à fosse et dans les tombes à chambre les plus primitives, ces vases étaient en plus grand nombre que les vases corinthiens récents ^. — Mais l'importation et par conséquent aussi la fabrication des poteries corinthiennes primitives s'est continuée à l'époque où les autres étaient déjà répandues en Etrurie
2 Voir plus haut, p. 432.
^ Pour les fosses, voir plus haut, p. 429, n. 1. Pour les chambres, voir: Ghirardinî, Not. d. Scavî, 1882, p. 206-207. Helbig, Bull. delVInst., 1882, p. 46; 1885, p. 78; p. 121, t. III; p. 123, t. VII; p. 124, t. IX; p. 125, t. X; p. 126, t. XIV et XV; p. 128, t. XVII et XVIII; Mittli. des arcli. Instituts, Rom. Âhtlu, T. II, 1887, p. 153, 150; Not. d. Scavi, 1888, p. 692; 1889, p. 101 et 102.