V.»LKNTix -Smith
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'Kf S ^LETTRE DE M. QUiaUEREZ A M. VALENTIN-SMITH.
Bellerive, près de Delémoiit, psir B Aie-Suisse, t3 novembre 1864.
Très hokorë Monsieur,
Votre lettre du 14 septembre m'est bien arrivée i temps ; mais comme je ue savais pas si vous séjoumeriez longtemps à Trévoux, j'ai attendu jusqu'l ce jour pour vous répondre, à votre adresse d* Paris.
Je ne sais si l'on se propose de faire des fouilles dans le Jura-Suisse, ausujet du cbamp de bataille tant controversé OÙ César a diifait Arioviste.
Cette année encore Ja Société d'émulation du département du Doubs, a publié un mémoire à ce sujet, rédigé par M. L.~L. Col-Sarrette, qui place ce champ de bataille près de Belfort; mais comme il fait partir l'armée de César d'Autun, au lieu du pays de Langres, et que dis lors toute son ai^umentation paraît videuse, je me suis permis de combattre son opinion dans un mémoire que la même Société a publié A la suite du précédent.
Les fouilles opérées par M. l'abbé Vaucrey n'ont guère eu pour but de rechercher le champ de bataille.
Il n'y en a eu qu'une seule commencée près de la Fieire-Percée qui a rencontré des amas d'osssements, mais qu'on n'a pu continuer, parce que ce terrain est cultivé en verger. Tout le restant de la plaine a oSêrt des débris, mais bien petits et peu rcconnaissables, parce qu'on y laboure depuis un grand nombre de siècles.
Par contre les fouilles continuées au Mont -Terrible, fournissent constamment des objets constatant l'exactitude de mes premières observations.
Ne connaissant pas les environs d'Autun, je ne sais trop ce qu'oti doit dire des localités assignées 1 la défaite des Helvètes. Il faut se défier des tonibeiles et sépultures qui ont été faites avec art, parce qu'elles ne peuvent être un travail opéré i la suite d'une grande bataille ou l'on a toujours hiie d'ensevelir les morts après les avoir totalenieni dépouillés.
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APPENDICE t09
Qlie restt-t-il sur les champs de bataille modsrnes peu d'années après l'événeraent? i peine quelques projeciiles et débris d'armes eafuncà dans le sol, et quelques fasses où les ossements se décomposent plus ou moins rapidement selon la natuie du terrain.
Durant cci été, une mission oSidelIe dans le Jura-Bernois, m'a fait faire plus de 200 lieues à pied, d'une commune à l'autre, et m'a fourni l'occasion de vérifier mes recherches primitives et d'en faire de nouvelles. Aussi, ai- je retrouvé des preuves multipliées de l'occupation de cette contrée dès la plus haute antiquité et des soins qu'ont pris les Romains de la fortifier, même dans des localités qui passent actuellement pour inaccesùbles.
J'ai de même recueilli de nouveaux renseignements sur l'âge du fer et découvert plus de 160 emplacements sidérurgiques d'époques diverses, remontant pour quelques-uns fort au-delà des temps romains. J'ai déiené des fourneaux encore presque tout entiers et de forme inconnue et je prépare un mémoire sur ce sujet.
Je viens d'en écrire à M. le professeur Fournet qui, je présume, doit être rentré i Lyon. 11 y a U un sujet d'études fort intéressant, mais long et dispendieux pour un particulier. Ces établissements ùdérurgiques sont dispersés dans les montagnes inabordables en hiver et toujours éloignées de quelques lieues de mon domicile.
Je vous suis fort reconnaissant des offres obligeantes renfermées dans votre lettre, je ne me permettrai de les accepter qu'avec U plus grande discrétion, sachant qu'il n'est pas toujours facile de faire des commissions à Paris.
Je connais plusieurs personucs dans la capitale et mon frère y est établi depuis plus de 40 ans, rue du Louvre, 2.
Veuillez bien, très honoré Monsieur, agréer l'expression des sentiments les plus respectueux de
Votre très humble
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IIO FOUItLES DANS LA VALLÉE DU FORMANS
LETTRE DE M. ARCEUN, ANCIEN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE DES CHARTES A M. VA LENTIK -SMITH
Mâcon, 5 août 1867.
MOKSIEUR,
Je lemiine, en ce moment, un travail sur les ïniiquités préhistoriques des bords de la Saône, et )e désire, autant que possible, compléter les nombreuses reclierclies que j'ai faites sur ce terrain par l'étude des objets se rapportant i l'époque préhistorique, conservés dans les diverses collections privées ou publiques.
Dans ce but, Monsieur, je prends la liberté de m'adresser i vous, avec l'espoir que vous vaudrez bien me donner quelques renseignements sur les objets de cet âge, faisant partie de votre belle et précieuse collection. Possédez-vous des objets en silex et en roches siliceuses,
taii]és, polis, etc , se rapportant i l'époque de la pierre et recueillis
soit dans la Saune, soit sur ses bords, provenant de gisements sûrs et scientifiquement dé terminés?
Auriez-vousaussides instruments de bronze ou de fer ou des bijoux, du même temps et des mêmes lieux? Dans le cas oCi votre réponse serait affirmative, j'ose espérer, Monsieur, que vous voudrez bien me permettre de me présenter chez vous, pour voir les objets en question et les comparer i <xu% de même nature recueillis sur d'autres points de ta rivière et de son litEOral.
Veuillez, je vous prie, Monûeur, excuser ma demande, et agréer l'expression de ma considération la plus distinguée.
Adrien Arceuk.
jiticitn élève de VÈcoU des Charles, Membre corresponiaat de la Sotiili iilUraire de Lyon et de plusieurs luilrts Sociétés samtttes, rue dis Minimes, 3' > Mdcoti
(Saône-et'LoiTe).
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/Kf 10
NOTE SUR LES FOUILLES FAITES EN 1862, A SAINT- BARNARD (AIN), PAR M. ADRIEN ARCEUN, ANCEN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE DES CHARTES.
Février 1868.
Ea 1862, S. M. l'Empereur, dans le but de reuouver des indices archéologiques propres à justifier l'opinion qui place sur le plateau de Saiat'Bamard, près Trévoux (Ain], le champ de bataille où César défit les Helvètes, (il euiceprendre des fouilles qui amenèrent bientôt d'importants résultats. Un grand nombre de tumuli renfermant des sépuliuies furent ouverts et mirent au jour de nombreux débris de poterie, d'ornements et d'instruments en bronze, de silex iiillés, qui font mainteiiant partie du Musée de Saint-Germain et dont on peut voir quelques échantillons dans la riche collection de M. le conseiller Valent! n-Smiih à Ttévoux.
On a conclu de l'étude de ces documents qu'ils doivent se rapporter â l'époque gallo-romaine, contemporaine de la Campagne de César et OD les a considérés comme autant de preuves évidentes que c'est véritablement sur ce point qu'eut lieu la première rencontre des Romains et des émigrants Helvètes.
Des travaux entrepris depuis quelque temps par moi sur l'archéologie préhistorique de la vallée de U Saône m'ayant conduit i étudier le produit des fouilles de Saint-Barnard, j'ai dû ariiver i des concluions contraires â celles de l'auteur de la vie de César et basées sut des documents nouveaux et récemment mis au jour, je crois qu'il est utile dans l'iniérét même de notre archéologie bourguignonne de revenir sur cette question et d'interjeter appel du premier jugement (1). Mais avant d'entrer dans la discussion des faits particuliers à Saint-Batnard, je dois faire conuaitre mon point de départ et mes termes de compa-
d, dlpnû au Hui^ de S*!»-
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'est toute une vaste question, je me contenterai d'ioJi.]uer ici ;onclusions d'un travail encore iuâdit que je prépare
La Ssàae chaque ann^e se répanÛ, en le sait, par suite des crues du printemps et d'automne sur les vastes prairies qui forment li partie inférieure de la vallée ; il arrive alors que les eaux chargées de particules terreuses et très lentes dans leur cours déposeut à la surface du sol une certaine épaisseur de limon, qui produit â la longue un exhaussement de la plaine.
Ce linceuil naturel recouvre peu i peu les débris de chaque siècle qui se trouvent ainsi enfouis sous un dépdt d'alluviou dont l'épaisseur croit avec le temps.
Il se produit de cette fa^ou une sorte de stratification légulière sans confusion, dont chaque couche correspond i un ige différent et renferme des fossiles caractéristiques de cet Ige, La tiature forme donc en quelque sorte un vaste musée, où chaque objet occupe rigoureusement sa place chronologique relative. Il y a plus. Le Rot, en rongeant les bords du lit normal de la riviè.'e, forme des grèves escarpées qui sont autant de bonnes coupes naturelles du terrain d'alluvion et nous permettent d'en scruter les mystères.
Cette étude des berges de la Saâne, je l'ai faite avec un soin minutieux, parcourant pas à pas les deux rives du fleuve depuis Trévoux jusqu'à Chàlon, recueillant tous les objets qui se montraient en place dans la tranche de la berge, notant exac.emenc leur profondeur audessous du niveau actuel de la rivière rapportée i l'échelle du pont de Mâcon. '
Contràlant toujours les données archéologiques par l'état géologique du terrain, de façon i tenir compte des remaniements accidentels qui ont pu se produire par le fait de l'homme et à ne point introduire dans la question d'élément erronné et artificiel.
J'ai formé ainsi une collection, oii chaque objet de provenance bien déterminée peut recevoir une assignation chronologique, relative, exacte. Je ne puis ici entrer dans l'étude détaillée des soixante gisements ou stations que j'ai explorés.
Je vais simplement donner le résultat qu'en a fourni la comparaison de toutes mes cotes de niveau, et décrire les types caractéristiques qui s'y rapportent.
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Je figure d-conire une coupe théorique de la berge de la Saône ; à i mètre environ audessous du niveau actuel de la prairie se présente la couche romaine ji, bien caractérisée par ses médailles et ses poteries, Je n'ai pas besoin d'inùsier sut la nature de ces objets, ni de les décrire, parce qu'ils sont sufîîsammeut connus.
Au-dessous de la couche romaine, apparaissent des poteries grises, grossières, faites au tour, ornées de bandelenes qui se rapportent évidemment aux diverses périodes de l'époque gauloise et du fer mélustérique, mais parmi lesquelles je n'ai pu encore éubtir des distinctions suffisamment justifiées.
A une profondeur moyenne de i°'so, la nature des poteries change complètement [B), on ne trouve plus que des poteries faites i la main, travaillées au polissoir, ce qui leur donne un aspect très particulier, très caractéristique sur lequel il est impossible de se méprendre ; i premièie vue on n'y aperçoit plus, en effet, les stries régulièrement concentriques, inévitablement produites par le travail au tour et constantes sur les poteries de la dernière époque ; leur surface est ou â peu prés polie, ou plus généralement formée d'une infinité de petites facettes ou stries, allant en tout sens, produites par le polissoir qui était sans doute un petit instrument arrondi en bois ou en os. — La terre est tantât d'un brun lougcitre, tantôt noire, et souvent recouverte d'un vernis noir mat (I).
A ces caractères on reconnaîtra déjà les poteries Je l'âge de bronze des palafiiies de la Suisse. Qjiant aux formes je n'en puis rien dire, les échantillons que j'ai recueillis n'étant que des fragments.
Cependant, j'ai cru pouvoir reconstruire théoriquement certains vases qui auraient leurs analogues dans la collection de l'ige du
bronze. Les fonds étaient généralement étroiis, mais plats : cependant des anneaux en torches en terre cuite retrouvas dans la SaAne, m'autorisent â croire que certains vases se terminaient en pointe. Les anses sont rares et tràs rudimentaires, simplement arrondies en demi-cercle. Q)iant à l'amemeniation il est plus facile de s'en rendre compte. Les lignes parallMes des impressions grossiires, faites soit au doigt soit à l'aide d'instruments taillés en pointe, en rond ou en triangle, des cordons rapportés en forme de bords de tarte coitsii tu aient tout l'arr diScoraiif du potier de cet âge. Les bords sont très rarement arrondis mais ordinairement taillés en biseau ou en méplats. Ces poteries sont généralement à pâte fine brune ou noire, comme je l'ai di: plus haut. Pourtant on y trouve mêlés des fragments de grands vases ù pâte jaune et grossière, pétrie de gros grains de quartz. Plus on descend à la partie inférieure de la couche plus cette poterie épaisse et grossière devient prédominante, plus l'orne m en ration devient primitive et rare. Elle ne consiste plus guÈre à la base de l'étage qu'en bandes rapportées et ondulées au doigt, ou simplement en impression des doigts ou des ongles paraissant appartenir à de petites mains de femme ou d'enfant.
Le silex, qui manque presque complètement à la partie inférieure sous forme d'éclats, devient de plus en plus abondant et taillé inteniîonnelleraent â mesure qu'on descend. Mon savant collègue, de l'Académie de Mîcon, M. de Ferry, membre de la Société géologique de France, qui a entrepris eu même temps que moi cette intéressatite étude des berges de la Saàne et dont les convictions concordent avec les miennes, a retrouvé à la partie supérieure de cette couche (i) associé aux poteries noires et fiocs dont j'ai parlé, un fragment de bracelet en bronze, à large ouverture avec crëie i l'extrémité, ce qui est, comme on le sait, caractéristique de l'âge de bronze. 11 n'y a donc pas lieu d'hésiter. Vu sa position relative, vu le caractère des poteries et autres objets qu'elle renferme, on doit rapporter cette couche à l'âge du bronze proprement dit (2).
Nous trouvons immédiatement au-dessous une couche dont la profondeur moyenne est de deux mètres (C), qui appartient sans a
a powriei de ]* Situe ai
i l'âge Je pierre polie, et bien caractiîriséc par la présence des haches polies, de gaines en cornes de cerf, de couteaux, de grattoirs, de nombreux éclats de silex, eic. ; sans parler de la faune qui est aussi concluante, — Les poteries de cette couche sont invariablement en terre jaune, grossière, épaisse, toute pétrie de grains de quartz, travaillée â' la- main et polie. — Si, à la partie supérieure, on trouve encore quelques essais d'ornementation grossière, on ne rencontre plus i la partie inférieure que des poteries frustes, grossières, très mal cuites (i), se désagrégeant et dont les bords, au lieu de se terminer, comme â l'âge de bronze par une moulure en biseau ou en méplats, sont irrégulièrement arrondis.
Mais leur caractère distinctif est d'être toujours, sauf le cas d'altération, i surface polie et, par conséquent, douce au toucher, tandis que toutes les grosses poteries faîtes au tour de l'époque celtique ou de l'époque romaine sont striées et rudes. Ce qui d'ailleurs distingue le polissage néolithique, du polissage de l'époque de bronze, c'est que le premier offre des surfaces i larges méplats et non plus les surfaces â Stries et i petites fasses des seconds.
Plus bas, les traces de l'âge de pierre continuent, mais deviennent de plus en plus rares. Enfin on atteint â une profondeur de 4™;o ou ; mètres, des couches marneuses (Dj, pétries de coquilles paludéennes, de débris de végiitaui, d'ossements de mamraiftres.
Ces couches doivent leur formation â des eaux stagnantes et sont sans doute contemporaines des lacs et des marais qui durent remplir la'vallée.
Elles paraissent se rapporter à l'époque du renne.
En effet, M. de Ferry a ramassé devant moi sur les marnes bleues qui affleurent en aval du port d'Ouroux un fragment de crâne humain que le docteur Pruner-Bey rapporte à cet âge.
Je terminerai cet exposé en renvoyant 1 deux notes insérées dans la Rtvut du Lyonnais [septembre 1867 et janvier 1868), où j'ai cherché à
uinifiiiciiieiit IiusK. De i'argile licbie au loleil h Kriii compliteneiit diugil l'humidili du ul, Mail il cit viaî que la plupgrl du f astîei ntolitbiqun sont in mnit cuilci, tt par Aiufquent frlablei. Uarr do cuire lea poteri» eu du leite um n» coDUiet, puiaque J^ai truuvi des poleriei biea cuLici dans Le< fuyera de Si
tl6 FOUILLES DANS LA VALLÉE DU FORMAKS
lîMblir le rapport chronolt^que qui doit exister entre ces différents étages .
Considérant qu'il a fallu iSoo ans environ pour enfouir la couche ronuine sous un mètre de limon. J'en ai conclu que U couche de la terre polie ne peut pas avoir moins de 3 à 4000 ans. La partie supérieure de l'ige de bronze aurait 2700 à )000 ans; et enSn les marnes inférieures de l'âge du renne remonteraient d une antiquité d'environ 8000 ans.
Cela posé, nous pouvons aborder l'étude des aniiquiiés de Saint- Bamard, puisque nous avons en main toute une série chronologique de documents se rapportant â l'âge de la pierre polie, i l'âge du bronze, aux époques celtique et romaine du fer. Ce soi:t autant de termes de comparaison d'auunt plus sûrs et plus concluants qu'ils proviennent des mêmes régions.
Je tiendrai compte de deux ordres de faits dans Teiïmen critique des objets provenant de Saint-Bamard ; d'abord des caractères intrinsèques de ces objets eax-niÉnies; ensuite des circonstances dans lesquelles ils ont été retrouvés. Je m'appuyerai, pour ce dernier point, sur le rapport officiel de M. l'ingénieur Cadot et sur la note de M. Guigue, ancien élève de l'école des Chartes, qui ont été chargés des fouilles.
Parcourons d'abord la riche collection de M. Valentin-Smicli, qui, avec la plus rare bienveillance, a bien voulu mettre à' ma disposition tous les documents de nature â faciliter l'étude de la question. Tout y est méthodiquement classé, étiqueté, et se présente en un mot avec toutes les garanties possibles d'authenticité.
Du lumulus a° 1 (je me sers des numéros correspondants au plan et au rapport de M. Cadot], situé sur la propriété Jaquet, proviennent des fragments de poterie présentant deux caraaères distincts (i).
Les uns ont appartenu â des vases Sus, travaillés au polissoir, et qu'il suffit de comparer aux poteries recueillies par moi dans les sta-
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le matte de Saùn-Genubi ;
B» ji (fuc-fimile du souttiiu-poigniiid i
IDiUo, qUiCLU
nu<ic de StiBt-Genuus i sa
lions de l'Age de bronze des bords de la SaAne pour constater leur ideoiité. Il D'y a pas i s'y tromper, ni à héàter.
Ce sont franchement des poteries du premier Age de bronze. Je remarquerai qu'elles n'ont pas de vernis noii : ce qui se rencontre souvent sur les bords de la SaAne, surtout à la base de l'éuge de brome.
Les autres fragments de poteries, ont avec la même évidence, le caractère des poteries néolithiques de l'âge de la pierre polie. Elles sont d'une plte grosàère, épaisse, jaunâtre, travaillées â la main et polies â larges coups. Remarquons que, dans celte fouille se sont rencontrés des é;lats de silei ; ce qui ne peut que confirmer mon juge- Une note de M. Valentin- Smith, jointe à ces poteries, nous apprend que le grund et le petit vase du lumulus a' 12 (i]i sont de la même pâte et de la même couleur que la poterie que je considère comme étant de l'âge de bronze.
Du n^ i, proviennent également des poteries caractéristiques de l'âge de bronze {2) et, entre autres, un petit plat (j) où le.travail est parfaitement visible.
On y distingue tous les coups de polissoir produisant de petites stries ou des facettes irrégulières, dirigées généralement suivant les rayons; ce qui diflËie radicalement des stries régulièrement concentriques du travail au tour. L'ornementation de ce plat, formée de chevrons compris entre des lignes parallèles, n'est point caractéristique. J'ajouterai que des ornements en bronze étaient associés aux débris de ce tumulus et que la sépulture était faite par incinéra lia a.
Duno 19, proviennent des poteries associées â un couteau de silex (4) et présentant des caractères incontestablement de l'époque de !a pierre polie, dite néolithique, pâte grossière, épaisse, jaunâtre, travaillée â la main, polie, etc.
Du no 26, proviennent des poteries de l'âge de bronze, Men caractérisées et associées en effet â une douille de lance en bronze.
(1] Voir, dui 1( Rnwl ifn Ijmui'i de nonmlnc liSé, fàge ^6, et I» figum D» i d> Il rlinchc I.
(i) Voir iNi. pmp ]47, et Ici figum n" j tl 4 lU li pUnehe I.
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I 1 8 FOUILLES DAÎIS LA VALLàE DU FORMANS
Du n" 37, de la poterie mal cuiic, grossière, décomposée de telle façon que le travail a disparu, mais présentant un bourrelet au bord, et qu'on doit en conséquence rapporter au type néolithique, ou à la base de l'âge de bronze. Elle était associée à du silex. La sépulture avait été faite par incinération.
Du n" )2, un beau et grand couteau ou poignard i relouches sur les bords, avec taille caractéristique de la pierie polie (i). Ce couteau n'est qu'un long éclat à trois pans, retaillé d'un seul côté, et dont la moitié est arrondie comme pour former un manche. Il était associé i\ d'autres éclats retouchés et de la poterie du type franchement néolithique, comme celle décrite plus haut.
C'est tout ce que renferme la collection de M. Valentin -Smith, provenant des tumuli fouillés en 1862. 11 est facile d'en concUtre tjue les tumuli n<» 2, }, 12, 19, 28, j2, 37, se rapportent à deux époques bien caractérisées par les ppteries et les produits divers; savoir ; les tumuli 2, 5, 13, 28, au premier âge de bronze, et les tumuli ii), }2, 37, d l'dge de la pierre polie ou néolithique.
Est-ce i dire que le plntcau de Saini-Barnard n'a renfermé que des sépultures de l'âge de bronze ou de l'âge de pierre? Non assurément.
Les rapports de M. Cadol du 2; octobre i86z (2) et la Note de M. Guigue du 20 octobre i3Ô2, nous apprennent le contraire (;).
En effet, du tumulus n" 30, qui parait avoir renfermé uu corps non brûlé, on a retiré cinq bracelets en bronze, disposés en croix et marquant apparemment le cou et les quatre extrémités d'un squelette détruit par les agents extérieurs, dont on n'a retrouvé qu'un fragment de crâne fusé. Trois de ces bracelets éiaient formés d'un simple fil de métal orné de stries circulaires plié en cercle et presque fermé. Les deux autres sont faits d'une mince lame de bronze presque fermée, convexe par l'estampage et orné de compartiments au trait, en lozange, remplis de lignes contrariées en chevrons. Ces formes sont caractéristiques de l'âge de fer.
Trois autres sépultures par inhumation, n<" 4, 27, 36, peuvent
[1} Voir l'ii'i. pige ;49, pliDfïc III, fig. i
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appartenir au même âge. Malheureusement il ne s'y est pas trouvé
d'objets caraciétistiques.
Les rapports signalent enfin des fosses communes divisées en deux compartiments, renfermant, l'un des squelettes, l'autre des cendres humaines ; aucun objet caraaéristique, ne s'y est trouvé associé, et malheu' rcusément l'étude des crincs,quî seule aurait pu jeter quelques lumières sur la questioQ, n'a point été faite. Cependant il faut remarquer qu'on a rencontré sur plusieurs points de la France, des sépultures mixtes, avec inhumation et incinération se rapportant au premier âge du fer.
Pour coropléier ces données, je rappellerai que depuis longtemps le plateau de Saint-Barhard est livré â la culture, que la charrue a maintes fois ouvert les tumuli â peu près nivelés aujourd'hui et qu'i différentes époques des trouvailles analogues à celles de 1862, ont été faites. Le Musée de Lyon possède une magnifique épée en bronze donnée par le baron delà Chassagne et trouvée en ce lieu (i), sous un tas de pierres qui n'était apparemment qu'un tumulus.
On voit dans la collection de M. Valentin-Smith, une hache en bronze du premier âge de bronze, venant auiheniiquement de Saîni- Bamard, ainsi que plusieurs bracelets ou anneaux en bronze fondu, massif, de forme ovale, à large ouverture et pourvus de petites crêtes aux extrémités types de l'âge de bronze (planche IIl, fig. i) ; deux bracelets en lames de bronze, repoussés et circulaires et presque fermés, de l'âge du fer ; un bracelet en bronze massif, formé d'une tige carrée, repliée en rond, les deux extrémités se louchant, aussi de l'âge de fer; une fibule faite d'une tige de bronze, formant l'arc, s'enroulant d'un côté en double ressort et s'aminciisant pour constituer l'aiguille. De l'autre cAté, après avoir formé l'agrafe en cheneau,Ia tige se recourbe et vient sa fixer à l'arc par enroulement (planche III, fig. s) (2). C'est on le sait, un type caractéristique du premier âge de fer (5). Enfin, je
[1} OiH tfic 1 éit troiiTti au iTni< litclc lui k plittiD dei BruyirM, tôt Rcjri«ui, iu-d«sus de lu momie BalmoDI.
Kbulc de l'igc du Fer, iaaaéc pu M, di Uanlllei. Milcrùiu, III, p. i8t. — V ÎI2 eiîij de 1« JÎWM d" i>itiin>J deTTOiemliiï iSSÉ, eileipUnchei VI «VU.
()| Ne pourrail-on pu rapporter aufsi l rige du fer eclliiiue ou prihinoriqu. tftc ngnite ISiim-Bamard, en ie(4 cl oiTene i l'Empereur pir U, Valentio-Si CH UigE, i deuil imnehinU, pebiiue, tt le lemlDe pat uns uie uni gude, ni ci
mentionnerni un fragment de poterie néolithique bien uraclérisée par une anse mamelonnée percée d'un trou de suspeosioQ, ainsi qu'une hache en pierre polie.
En résuma, les fouilles de Saint-Barnard ont raïs t)u jour des sépultures pouvant se rapporter 4 l'ige de pierre polie, 1 l'ige de bronze et au premier âge du fer, appartenant par conséquent aux temps celtiques bien antérieurs â la conquête.
Si de nombreuses traces gallo-romaines ont été signalées dans le voisinage, il est impossible de Its confondre avec les sépultures ouvertes en 1862. C'est tout au plus si l'on pourrait rapporter les fosses communes i l'époque romaine. Mais ce ne serait qu'une prob:ibilité, une hypothèse toute gratuite. Je ne crois donc pas qu'on soit autorisé à conclure des fouilles de Saint-Barnard que ce lieu fut le champ de bataille où César atteignit pour la première fois les Helvètes,
Je n'ai pas d'aillecrs i examiner id si les considérations d'un autre ordre viennent corroborer ou combattre cette opinion.
L'Jge des sépultures de Saint-Barnard étant bien établi, il en résulte des renseignements fort précieux pour l'archéologie de la vallée de la Saône.
En effet, la Note de M, Guigue nous apprend que les 32 sépultures faites par incinération sont précisément celles que )e rapporte soit d l'âge de bronze, soit i l'dge de la pierre polie. Tantôt, dit U Note, les cendres étaient r<:nfermées dans des vases, tantôt laissées sur le point même où l'incinéra lion av.iit été faite. Dans ce dernier cas, elles reposaient ordinairement sur une aire battue ou formée de cailloux roulés juxtaposés. D'autres cailloux roulés ou des pierres plaies les protégeaient contre le contact immédiat des terres amoncelées audessus. Dans le tumulus a" ; (âge de bronze), les pierres supérieures étaient remplacées par un vase très plat en terre rougeâtre et mal cuite, que l'on n'a pu recueillir qu'en fragments, son diamètre est de 0"}o.
Ici doit se produire une observation essentielle.
Je me suis appuyé plus haut pour diviser les objets recueillis dans les fouilles en deux groupes se rapportant, l'un à l'âge néolithique, l'autre i l'âge du bronze sur les caractères intrinsèques de ces objets.
[iSSf'.et pUwheX.flg. 4
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Mais je craindrais d'ftre trop absolu à je ne forniulib une cenaine indédsion. — En effet, est-on bien autorisé à scinder en deus catégories les sépultures de Saint-Barnard faites par incinération, et i les ailribaer à des époques diffirentes ?
Oui, si l'on considère qu'elles présentent les caractères très tranchés appartenant à deux couches distinctes des alluvions de la Saône.
Non, si l'on tient compte du tnélange des types qu'y s'est produit manifestement dans les niveaux intermédiaires.
Il est évident que l'âge de bronze a succédé progressivement dans nos contrées à l'âge de la pierre polie, et qu'JL la base de l'étage du bronze on rencontre encore tous les types de l'âge néolithique.
Il fut un temps où le brome était encore une matière de prix et de luxe, où par conséquent son usage n'était point général. Il n'est donc point impossible que la nécropole de Saini-Bamard se rapporte toute entière au pretnier âge de bronze (i).
Cette hypothèse est fort acceptable, et même elle prend un certain degré de probabilité si l'on considère que toutes les sépultures, qu'elles aient les caractères de l'âge de bronze ou ceux de l'âge de pierre, sont faites par incinération. On sait, en effet, qu'à l'âge de la pierre polie proprement dite, l'usage prédominant était d'inhumer et non pas de brûler les corps comme on le fit généralumeni plus tard.
htablirat'ie une distinaion entre les sépultures où les cendres sont renfermées dans des vases ei celks où clk-s reposent sur un lit de galets, sur une aire battue? Sont^elles contemporaines? Sont -elles d'âge ditlérent?
Les éléments nous manquent pour trancher la question. Cependant je ferai remarquer que le tumulus n" i$ où la poterie faisait défaut, et où la sépulture par incinéraiion, renfermait une pointe de fer (?]. Peutêtre alors ce mode de sépulture par incinération, sur aire battue ou sur lit de galets, appartient-il i un âge de transition entre l'âge de bronze et l'âge de fer. On ne peut pas l'attribuer â l'âge de fer proprement dit, puisque alors on inhumait généralement les corps sans les brûler.
Dix-neuf vases contenant des cendres et des ossements humains ont été retirés brisés des fouilles. lis étaient fermés par des couvercles en terre ou des pierres plates.
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122 FOUILLES DAMS LA VALLËB DU FORUANS
Trois de ces vases en contenaient d'autres pins petits (tumuli a"* 12, jj). Les vases du n" 12 déposés au Musée de Saint-Germain et parfaitement intacts, seraient d'après ce que j'ai dit plus haut de l'époque du btonze (i).
On n'a du reste qu'à les comparer aux vnses de l'âge du broDze, figurés par M. Desor, dans ses Palajitlts du lac àt Neu/ehalel (pp. jj et Î4), pour être frappé de l'analogie de forme qu'ils présentent avec ces derniers. La seule différence est que les vases suisses se terminent en pointe et reposent sur des lorchcs. Mais on remarquera que le petit vase funéraire de Saiui-Barnard fe termine vériiablemeut en pointe et qu'il repose sur un anneau en torche, qui, au lieu d'être mobile comme ceux des lacs de la Suisse est adhérent au vase mêrac, M. Guigue considère les vases des a" 19 et 37 comme romains.
Mais j'ai dit plus haut que les fragments qui en provieoneni ei qui ont été recueillis par M. Va len tin-Smith, sont pour moi frandiement de même style néolithique (ou du premier âge de bronze). — Quant aux autres vases, M. Guigue observe que leur forme rappelle celle des vases trouvés par M. de Ring dans les tombes celtiques de l'Alsace; ce qui confirme tna manière de voir.
Donc pour conclure, nous trouvons l'incinération pratiquée au premier âge de bronze et peut-être à l'époque de la pierre polie. Tantôt les cendres ont été renfermées dans des vases funéraires, tantôt laissées sur une aire de galets ou de terre battue. Ce dernier mode pouvant se rapporter â une époque de transition entre l'âge de bronze et l'âge de fer primitif Ce n'est qu'à l'âge du fer proprement dit que l'on renonce â l'incinération et que les sépultures se font par inhumation sur des liis de galets (2).
Ici se pose une question des plus intéressantes â étudier.
Comment se iàit-il que ce mode de sépulture par incinération, si fréquent sur la rive gauche de la SaAue, qui, de Châlon â Lyon, est
(j) Au premier ige du ici. il ] CoiDKn (CbttHU GiilliidJ, qui »épDlturci pu* incinémîop et de:
APPE^lDtCE I2J
toute parsemée de tumûli, paraît fiire complètement défaut sur la rive
Cette question se joint îatimement à une amie.
La civilisation de la pierre polie et celle du bronze, si développées sur la rive droite, semblent i peine avoir pénétré sur. la rive gauche. Je ne connais pas d'instruments ou d'ornements de l'âge de bronze, retrouvés i l'occident de la Saône. — El de plus, si on y a rencontré fà et U quelques liadies polies, les flèches de silex barbelées, type caractéristique si fréquent dans les stations néolithiques de la Bresse, y manquent complètemenc.
Peut~âtre les races celtiques immigrantes, qui ont importé dans nos pays la civilisation néolithique et plus tard celle de bronze, sont-elles venues se heurter vainemeni contre les rudes habitants de la montagne, • représentants de la vieille race autocihone, de la race mongoloïde.
On est tenté de le croire, et la Saône aurait formé une barrière naturelle entre les deux peuples.
Aux uns, les vastes plaines qu'ils ont pu couvrir sans résistance des peuplades vivantes ; aux autres, les solides remparts que la nature avait fortifiés pour eux, et qu'ils ont dû défendre contre les envahisseurs. Il y aurait donc U deux rivales en présence, l'une fidèle à ses vieux usages, à ses vieilles armes, enterrant ses morts entre des d.tlles brutes empriintées aux roches voisines^ adoptant l'usage des haches cti pierres dures et polies, mais proscrivant les types de iiéches de ses voisins (i) ; l'autre brûlant ses morts et recevant successivement, par les régions de l'est, restées ouvertes, les importations successives et les lumières des dvilisations orientales. Je ne désespère pas qu'un jour des fouilles et des trouvailles nouvelles viendront éclaircir ce point curieux de notre ethnographie Bourguignonne.
Signé : Ad. ArCeun.
(i) Dm dboUTCno Tt^emnini faiiet i, Solutri, en Hlrapnaii, ni mongoloïde ou ibfr», persiitint «n ce lieu jusqu'à l'^oque de Ji^ieti »u-dell ; pais te type Celle j ■pp»riimni peu k peu pir voie de {loiiei
dfKcudinu des vieux peuples ujongoioTJcs de l'âge du renne.
D,„i,„db,Goo<^lc
Dins la dernière séance de la Société archéologique de l'Ain, M. Ar-
celin a ctudié l'alluvioa de la Saône, il y voit et y montre an musée archéologique loui classé. La première couche, d'un mètre d'épaisseur, contient des débris de l'époque romaine; la seconde (en descendant de ;o ceniim.), les débris de l'époque celtique, la poterie faite au tour notamment ; la troisième, les restes des époques préhistoriques dites du bronze et de la pierre polie; les poteries de cette date sont faites i la main. Ces renseignements sont matériellement certains.
Or, on a ouvert récemment cinquante tombelles à Saint-Barnard, dans lesquelles on avait pu reconnaître les vestiges delà destruction des Helvètes par César à leur passage de la Sadne, D'un simple rapprochement des poteries trouvées dans les tombelles avec celles que t'alluvion de la Saône garde et classe, il résulte que les tombelles de Saînt-Barnard seraient de l'époque préhistorique.
M. Arcelin, constate de plus qu'à cette époque si lointaine, la population de la rive gauche de la Saône incinérait ses rnorts, tandis que celle delà rive droite les inhumait. Ces populations appartenaient donc il deux civilisations et peut être i deux races différentes.
M. Arceliu dans l'espoir de confirmer par une nouvelle preuve des résultats si curieux, a demandé i la Société l'autorisation d'appliquer une allocation déjà faite 1 l'ouverture d'une des grandes poypes sur le territoire des Dombes. La Société a donné celte autorisation avec empressement.
On a considéré les poypes, soit les tertres circulaires et coniques qui ont été créés de main d'homme sur divers points, dans b Bresse et les Dombes, tantôt comme des restes d'éminences fortifiées, tantôt comme des monuments sépulcraux.
Le mois dernier, à Dompierre, canton de Pont-d'Ain, un laboureur en sillonnant de s) charrue une poype appelée Mas-Vallet a mis i découvert une fosse ou sépulcre en pierres grossièrement taillées qui
s débris humains, un crlne et les plus Celle tombe, d'une longueur d'un mètre Sa centimètres environ, était
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: de dalles à peine ébauchées ; elle n'était plus qu'à }0 ceotimëtresde la stirface; mais il faut remaïquer que la poype, jadis iaculie et couverte de charmilles et de broussailles a été défrichée, depuis vingt ans.
On sait que les archéologues dissertent encore sur ta date et l'origine de ces monuments.
'K/ 12 LETTRE DE M. ARCEUN A M. VALENT IN-SMITH Mâcon, 6 mars 1868.
MoNSIEtJR,
J'ai l'honneur de vous remercier de la lettre pleine de détoib précieux que vous avez bien voulu m'adresser en réponse i mon mémoire (1 ).
Je suis certainement flatté que ma manière de voir se rencontre avec la v6ire sur le plus grand nombre de points.
Voulez-vous me permettre de vous faire pan de quelques réflexions qui me sont venues, après la lecture de votre lettre.
D'abord permettez-moi de reciitîer un détail dans le tourné que vous faites de mes observations sur Us gisements de la Saône; il pourrait avoir quelque iroponance.
Vous me faites ranger, dans la période gauloise, antéromaine, des poteries i. la main travaillées au polissoir, tantât d'un brun rougeitre, tantôt noires. Je me suis probablement mal expliqué i ce sujet ; les poteries i la main, brunes ou noires, ne remontent jamais dans les gisements de la Saône au-deli de l'époque que je considère comme celle du bronze. Voilà puurqucn je n'hésite pas à ranger les poteries du n» 2 dans l'âge de bronze, et, qui plus esc, dans l'ige de bronze primitif.
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De récentes explorations m'ont permis d'entrevoir déjà quelque classidcatioo dans la période antéromaÎDe ou du fer. Dans toutes les stations de cet Age (sur les bords de la. Saône), la poterie est grise, généralement faite au tour, et généralement aussi ornée de bandelettes rapportées.
Votre vase provenant de la terre Peillacd (1865], doit pour moi se ranger dans cette période. Vous avez aussi dans votre collection un bec de vase qui a les caractères de l'époque gauloise.
A la base de l'époque atitéromaine, j'ouvre une division pour la preiniÈre époque du fer, où je trouve des poteries grises aussi, faites au tour ou d la maiti, plus ou moins bien cuites, souvent ornées de bandelettes.
J'ai récemment ramassé des poteries de ce type sur la siation du premier âge du fer de Cormoz, on les retrouve au bord de la Saône.
Vous avez parfaitement raison. Monsieur, pour apprécier tous les éléments de la questiou des Helvètes, il faut nécessairement embrasser les fouilles de Saint-Barnard dans leur ensemble, ce qui n'a point Été le but de mon Mémoire. Je me suis contenté d'étudier les fouilles de 1S63, qui pour moi ne se rapportent qu'à deux époques : premier âge du fer et bronze. Comme au premier ige du bronze, il y avait mélange des types du bronze et des types néolithiques, ou de la pierre polie; je ne crois pas qu'il y ait lieu d'ouvrir une troisième subdivision pour les sépultures avec caractères néolithiques. Je crois qu'on peut sans scrupules les ranger dans la première époque du bronze.
Vous résumez ainsi vos conclusions :
1* Époque antéroraaine, tv» 1, i;, as, 12, j, 2 (î); 2» Époque de l'âge de bronze, no» 2 (î), jo, 28; 3° Époque de la pierre polie, n" 19, 33, 37.
Voulez-vous me permettre encore quelques observations :
1' Les poteries faites â la main et au polissoir, des n» 2 et ), seraient pour moi et d'apiès ce quej'aidii plus haut de l'âge de bronze;
2" Les bracelets du n" jo me paraissent avoir plutôt le style de la première époque du fer que de l'époque du bronze. En effet, le grand collier est de bronze mince et repoussé, ce qui ne s'est pas encore rencontré à l'âge de bronze proprement dît. De plus, ils sont faiblement
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ouverts, tandis que tous les anueaux de l'âge de bronze sont non seulement ea bronze massif, niais largement ouverts, avec de petites crêtes aux extrémités. Cependant, j'ai vu dans votre collection un bracelet de ce dernier type étiqueta sous le n" 30 ; j'en concluais que ce tumulus renfermant les caractères de l'âge de bronze et de l'âge de fer, appartient au premier âge préhistorique (c'est, d'aprts ce que vous me dites, le classement du Musée Saint-Germain) ;
i° La présence de pointes de flèches en fer dans les turuuli n<" 1 et I s ne serait-elle pas accidentelle 7 Ce sout des objets pointus, minces, pénétrants, qui aurâeni pu glisser dans le sous-sol. Par prudence, je n'oserais pas les faire entrer en ligne de compte.
Voici donc quel serait le classement que je proposerais :
Période antéromaine (premier âge du fer préhistorique) n<" i (?), 4, ï5{?). 35. 27. 30-
Age de bronze, ii°> 2, }, 12, 28, et, selon toute probabilité, aussi n"* 19, 32, 37, qui ont le caractère néolithique. Qjjant aux autres, ils me paraissent tous appartenir à l'âge de bronze, mais je n'ai pas vu les poteries qui en proviennent, seuls indices caractéristiques.
Selon moi, c'est â tort que le couteau de silex du n° 19 et le poi' gnard du n" 32 ont été classés au Musée de Saint-Germain. Ces Messieurs ont, de parti pris, attribué toutes les sépultures par incinération des petits tumuli de nos régions de l'est, au premier âge du fer préhistorique. Ils ont raison pour Cormoz, mais il me parait qu'if y a des restrictions â faire pour Saint-Bamard ; c'est, d'ailleurs, dans ce sens que vous vous prononcez.
Pour résumer. Monsieur, je mets en dehors de la question des Helvètes tous les tumuli fouillés en 1 362 qui me paraissent se rapporter i une époque de beaucoup antérieure.
Mais j'attribue une grande valeur aux débris gaulois antéromains, que vous me signalez et sur lesquels je n'avais pas porté mon attention, et que j'ignorais.
Quant aux fosses communes, il est évident que lien ne s'oppose â ce qu'elles soient les traces de la bataille, mais vous ne m'en voudrez pas si je suis, en matière d'archéologie, plus iiurédule que Saint-Thomas ; or, ces fosses ne portent pas eu elles-mêmes les preuves de leur
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laS FOUILLES DANS LA VALLÉE DU FORMANS
identité, et i'hésite. Pourquoi ne seraient-ce pas les restes d'un sacrifice humain, comme les gaulois en faisaient?
Je vous remercie, Monsieur, d'avoir bien voulu vous charger de transmettre mon manuscrit i M. Guigue, je serai bien aise d'avoir son avis et de joindre ses observations aux vôtres. Je ne douic pas que de cette façon nous arrivions i une eateiite complËie, ce qui sera un poiat capital et un point de départ des plus importants pour les fouilles à faire plus tard dans nos contrées. J'amènerai aussi la question devant ces Mesâeurs du Musée de Saint-Germain, qui pourront la discuter pièces en mains.
Je serais eut reniement heureux. Monsieur, que vous puissiez me consacrer quelques instants à votre passage à Mâcon, j'aurai le plus grand plaisir i vous montrer le produit des diverses fouilles que )'ai faites dans le courant de l'année dernière. Seriei-vous assez bon pour m'informer de votre arrivée, afin que je ne me trouve pas absent, ce qiiç je regretterais infiniment.
Veuillez agréer, je 'TOUS prie,Monsîeur, avec tous mes remercîments, l'expression des sentiments avec lesquels
J'ai l'honneur d'être votre toui dévoué serviteur.
Ad. Akcelik.
J'ai lu avec autant d'intérêt que de profit votre excellent Mémoin sur l'origine des peuples de la Gaule transalpine.
LETTRE DE M. GtJlGUE A M. VALEN TIN-SMITH
Champagne (Ain), 3 mars i368. Monsieur, J'ai lu et relu avec beaucoup d'attention la note de M. Arcelin sur les fouilles de Saint-Barnard, en i86z, et je n'approuve pas le moins du monde sa conclusion, non pas parce que je fais de la bataille des Helvètes une afiaire de clocher, mais parce que son ai^umentation pèche par les prémisses.
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APPEKDICE 129
A mon avis aussi, M. Arcclin a eu le tort : ]<> de conclure sur les écliamillons qu'il a vus dans votre cabinei et qui constituent tout au plus la ;x)< pnitie des objets recueillis ; et, 2° de ne tenir aucun compte de l'ensemble des faits et surtout des fouilles faites de i8}i à 1S6;.
D'un autre côt^, je suis convaincu que M. Arcelin se trompe grandement dans l'attribution qu'il fait de toutes les poteries de l'âge de la pierre et du bron7e.
S'il est constant, en effi:t, que nous avons trouvé, i la Bruyère, des objets remonunt aux époques les plus reculées des âges préhistoriques {je crois l'avoir expliqué dans mon rapport] ; il est certain aussi que nous en avons recueilli d'autres et les 9/10" au moins de l'époque contemporaine et même postérieure i la conquête. — Je veux parler des poteries noires ou grisâtres que M. Arcelin range toutes dans les âges du bronze ou du fer préhistorique. — L'usage de ces poteries, cependant, a traversil plusieurs siècles.
A la théorie déduite de l'étude des berges de la Saône, je suis en mesure non seulement d'opposer des arguments, mais encore des preuves irrécusables. La petite pièce gauloise que je vous ai remise sur laquelle on lit n^T en caractères grecs, a été trouvée â Montuierlc avec des di;bris de poteries noirâires. Dans la poype du Rïotciers, où ces débris abondent, on a lecueilli des moenaies depuis Auguste jus* qu'à Gordien. — A la Paillassitre, les médailles consulaires ont été trouvées avec ries fragments de vases en terre grisâtre. Enfin, le 24 août i86j, j'ai recueilli moi-même dans un de ces vases, que M. Arcelin reporte 1 une époque si reculée, un moyen bronze de Domitien. Je n'ai pas conservé copie des lettres que j'ai écrites au sujet des fouilles de 186; â M. Stoffel, qui en faisait les frais, mais j'ai gardé quelquesunes des notes que j'avais l'iiabiiude de prendre sur les lieux au moment même de la découverte.
En somme, je vais écrire â M. Arcelin ; je lui exposerai franchement mon opinion et les raisons sur lesquelles je la moiive. Je l'engagerai à ne pas conclure aussi hâtivement qu'il le fait; d'étudier à fond tous les éléments de la question archéologique pure, de les exposer tous, de les discuter tous, â seule fia de ne pas encourir le risque d'être contredit par des faits péremptoires.
Je ne crois pas que M. Arcelin soit partisan d'un système préconçu quelconque. Il sort de trop bonne école pour cela. Comme nous, il cherche la vérité absolue. Il juge d'après ce qu'il a vu et d'après ce
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qu'il a pu apprendre. Mais, mieux que personne, vous savez combien il est loin d'avoir tout vu cl tout connu. — J'ai le ferme espoir d'èire casé i Lyon avant deuK mois. Le Sénateur que j'ai vu, il y a quelques jours, m'en a donné l'assurance,
Donc, je prierai M. Arcelin d'attendre que je sois k proximité des lieui pour que nous lui donnions, de concert, tous les renseignements qui lui sont indispensables.
Je vous adresserai copie de mes observations sur sa note aussitôt que je pourrai trouver le loisir de jeter sur le papier ce que j'ai dans la tète. En ce moment mes heures sont comptées.
Je vous prie de vouloir bien me donner votre adresse lorsi^ue vous serei À Paris ; j'aurai peut-être occasion de vous écrire ; en attendant, je vous prie de me rappeler au bon souvenir de MM. Quiclierat, de Barthélémy, Meyer et autres, qui veulent bien penser à l'exilé du Val-
Je vous prie aussi de faire agréer mes salutations respectueuses A M"" Smith et vous, de recevoir l'assurance que je suis toujours et resterai
Votre tout dévoué et reconnaissant