LETTRE DE M. AMÊDÊE THIERRY A M. VALENTIN-SMITH
Monsieur, Je suis tout honteux du reuid de cette réponse, mais je viens de traverser une série de petits événements domestiques, ennuyeux, tels que grippe, maladies d'entants, etc. Aujourd'hui mfrae je ne suis pas en pleine possession de mes yeux, et c'est une main étrangère qui rempbcera ici la mienne. Tout cela m'a mis vis-il-vis d'un correspondant ausM aimable et aussi bienveillant que vous. Monsieur, dans une apparence d'oubli, dont j'ai voulu avant tout me justifier,
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- - PrècES JUSTIFICATIVES S9
' J'ji lu tvec un grand' intérêt, dans le procÈs-verbal du Gimilé d'histoire de Lyon, l'interpréta lion donnée par M. Allmer aux deux inscriptions, mais surtout votre discussion du texte de César, au sujet de rémigration des Helvètes ; c'est un excellent conimeniaire des Com* meniaires, et j'y adiitre de toute mon âme. L'archéologie gauloise possède aujourd'hui des moyens de découvertes bien puissants, par le dragage des rivières, et c'est merveilleux de voir fies ÏDgéuieurs des Ponts-et-Chauuées se mettre sous la direction d'un savant qui n'est pas de leur ordre.
L'Ëcolé polytechnique va donc enfin s'apercevoir qu'il y a quelque part un passé et une science du passé.
Je ne cannab point M. le baron StoRèl qui est venu vous trouver, Monsieur, sur rindicaiion de M. Mocquard. Ce que je sais, c'est que M, Mocquard ne pouvait mieux choisir pour le but qu'il se proposait.
J'espère que vous vous occupez du travail que vous a demandé le Ministre de l'Instruction publique; comme antiquaire et comme jurisconsulte, vous êtes mieux 1 même que personne d'exposer les coutumes de l'andenne Gaule et de donner le vrai sens des passages si controversés de César et de Strabon.
Pour mon compte, j'attends votre travail avec impatience, d'autant plus que ce sera une occaâon de vous revoir i Paris.
Mon (ils vous remercie, Monsieur, de votre bienveillant souvenir, et je vous prie d'agréer l'expression des seniiments de respcaucuse considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être :
Votre très humble et trèj dévoué serviteur.
Amédée Thierry.
LETTRE DE M. FRANaUEVILLE A M. THIOLLIÈRE
MoK CHER Camarade, Je vous envoie .ci-joint copie d'une note que l'Emperear a remise au Minisire au sujet des dragages i faire sur la Sadne. C'est un rcoseigneipent que vous pourrez consulter utilement.
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éO FOUILLES DANS LA VALLÉE DU FOEUIANS
Je vous pHe de nous faire UToir quelle est la dtutioii et ()ucl est qaaDt Jt préseat le résultat de vos dragages. Voire tout divoutf.
Signé : E. Frak^ueville.
Poar copie conforme délivrée sar aatorîsation de M. le Directeur général 1 M. Valeatin-Smith.
L'Ingénieur en chef,
P. TtUOLUÊRE.
'K' 7 bis
Carlsbad, le lo juillet iSéj.
Mon cher Smith,
Je n'ai pas voulu vous répondre avant d'avoir lu votre travail sur le Tribunal de police en Angleterre, et je n'ai trouvé le loisir nécessaire pour le faire qu'i Carisbad.
Ce travail est fait avec une grande clarté et une extrême précision. Le Tribunal de police est iiÈs nettement défini dans ses attributions et par les textes que vous citez et par les exemples que vous racontei:. Comme vous, je suis convaincu que le dernier mot de nos réformes législatives sur cette matière n'a pas encore été dit.
Je ne vois aucun inconvénient i ce que vous fassiez photographier U carte de l'Empereur. Je suis sûr de l'assentiment de Sa Majesté même sans lui en faire la demande.
Recevei, mon cher Smith, l'assurance de racs sentiments bien affectueux.
Rocher.
Vous savez, sans doute, que je marie Ltl-onie. Elle épouse le fils du marquis de Ijivalette, ancien ambassadeur i Rome et s^oattur>
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PIÈCES JUSTIFICATIVES 6î
LETTRE DE M. THIOLLIÈRE A M. VALENTIN- SMITH Chaloli, le 30 décembre 1861.
MOKSIKUR,
J'abuse de votre excellente obligeance et de votre science. Je reçois une note émanant de Sa Majesté, qui confirme bien ce que vous me disiei au sujet de sa dissidence avec M. de Saulcy.
« Les Helvètes voulant traverser la Gaule pour se rendre en Sain-
■ longe, s'étaient dirigés de Genève sur la Sadne en passant par le fas m de l'Ëcluse. Gésar ayant établi son camp probablement vêts la panie
■ Nord de Lyon, il apprend par ses éclaireurs que les Helvètes ont
• déjà aux trois quarts passé la Saune. 11 ne restait donc plus qu'cnvi-
• ron zjfioo combaiiaais Helvètes sur la live gauche. 11 paît A minuit
• avec trais légious de Lyon et atteint les Helvètes le lendemain matin.
• Où se trouvaient les Helvètes?
■ Sans aucun doute, à une petite journée, ce qui nous conduit i
■ Trévoux ou tout au plus i Villefranclie.
» Voici le teïte de César : — Suit le n» XII du livre i".
• Plusieurs personnes placent le passage des Helvètes plus haut vers
• M3con et même Chllon, mais d'abord César n'aurait pas eu besoin
■ de partir à minuit de Lyon pour atteindre des ennemis qui auraient « été il plusieurs jours de marche de lui, et ensuite comme k partir du
• point du passage de la Saune les Helvètes ont mis i ; jours pour se « rendre i 18,000 d'Autun, il est clair qu'ils ne pouvaient pas être si
■ avancés vers le Nord. ■
Vous savez mùntenant qui met en avant Trévoux comme point du passage. L'Empereur me parait poser à priori le camp à Lyon, et en déduire ainsi !e lieu de la rencontre avec les Helvètes.
Vous m'avez au contraire semblé placer i priori le passage à Montmerle i cause de la voie romaine et en déduire le camp à Trévoux.
Je ne puis demander que le raisonnement qui place le camp à L}'on me soit expliqué; s'il l'est plus tard je vous en ferai part. Q,uant à présent, je me contente de voir condamner l'hypothèse qui me parait inin-
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62 FOUILLES DAXS LA VALLKE DU FORMAKS
tdligible, par laquelle M. de Saulcy fait traverser le Rhône 1 Vienne et la Sadne au-dessus de Lyon avant le combat des HelvËies ; puis je vois diacun d'accord pour faire marcher ces derniers de Genève par le pas de l'Écluse et la vallée de Saint -Ram bert (Ain), jusqu'à la plaint d'Ambétieu i Pont-d'Ain.'
Permettei-moi maintenant de vous demander quelques explications.
I*. Concernant U route de C&ac avant le camp :
Qji'éiait Lyon i l'époque du commencement de la guerre des Gaules?
La ville appartenait-elle aUx Ségusiavcs ?
Comment pourrait-on supposer que César y place son camp?
Ce dernier établi au Nord de la ville, ne vous paralt-il pis faire comprendra que l'Empereur admet que César traversa le RliAne en amont de'la même ville?
Peut-on supposer qu'il existlt un pont sur la'SaAne à Lyon i cetfe époque?
3^ Concernant le passage de la SaAne :
Pourquoi admettei-vous le point de Montmerle?
N'est-ce qu*i cause des traces de la voie romaine que l'on rencontre <iaos la Bresse et qui conduisent i. ce point?
L'établissement du camp à Trévoux n'est-il pas, de votre pan, la conséquence de lafixation du point précédent, d'apris les mêmes motifs que l'Empereur fait valoir pour Trévoux une fois son camp mis i Lyon ?
M. Cadot m'écrit qu'il a parcouru la vallée de Formans avec M. Guigue, et qu'il a reconnu les restes des fours dont je vous ai entretenu et qui lui ont paru fart intéressants. — Quelle origine peut-on attribuer i ces restes ? Je lui en demande un dessin avec une notice.
Nous draguons en amont de TrévoUx depuis 4 jours, nous n'avons encore rien trouvé. ' '
Vous m'obligerez beaucoup, si vous voulez bien, en excusant mqii ignorance, l'édairei un peu sur les points dont il s'agit, nous avons une occasion bonne pour résoudre un point fort intéressant pour Ik science, et vous serez sans doute d'avis qu'il convient de ne rien néglîgeV pour en profiter,
Veuillez, Monsieur, agréer la nouvelle assurance de mes si respectueux et dévoués.
' P. Th[ou.(^e. ,
PlàCES JUSTIFICATIVES ÔJ