CHAPITEAU
trace. On relève, dans la hauteur de la moulure lesbique de l'abaque, à la face principale du chapiteau, une différence de 5 millimètres entre les deux fragments ; la différence de hauteur atteint 8 millimètres à la petite face, du lit d'attente au départ du bandeau médian. De même qu'à la base de la colonne (cf. plus haut, p. 43), quelques irrégularités ont pu se produire dans le travail des moulures du chapiteau. Cependant, compte tenu du mauvais état de l'abaque du grand fragment, si l'on fixe à 0 m. 233 la hauteur du chapiteau d'un lit à l'autre (1), on est sûrement très près de la vérité. Pour les autres mesures du chapiteau, telles qu'elles ont été calculées par Y. Fomine (pi. XXX et XXXI), la marge d'erreur ne saurait excéder quelques millimètres.
I^es dimensions des deux fragments n'excluent pas la possibilité de leur appartenance à un même chapiteau ; mais leur état de conservation est si différent qu'ils proviennent plus vraisemblablement de deux chapiteaux. Il n'est guère douteux qu'ils aient appartenu à la colonnade du portique. I^es mesures du diamètre et du trou de goujon concordent avec celles des éléments correspondants du fût ; les deux fragments sont taillés dans le même marbre de Paros que la base de la colonne ; la moulure lesbique au lit de pose et à l'abaque et le bandeau du balustre caractérisent une série de chapiteaux attiques contemporains de la construction du portique (cf. plus loin, p. 99). I^e lieu de trouvaille du petit fragment n'est pas sans intérêt : il a été recueilli, à l'Est du sanctuaire d'Apollon, parmi des fragments de marbre provenant de la région du sanctuaire comprise entre la partie Est du mur polygonal et le mur Est du péribole ; il a donc été découvert lors de la grande fouille aux abords du portique.
Intérieur du portique. — Entre le bord intérieur du stylobate et le mur polygonal, la distance est de 3 m. 10 environ (2). En avant du mur polygonal, contre les blocs irréguliers qui en constituent la base, s'étend un massif de fondations, sur une profondeur de 1 m. 40 environ par rapport à la paroi du mur. Ces fondations sont séparées du stylobate par un intervalle de 1 m. 70 environ (pi. I et XX).
Iye massif de fondations est fait de blocs de calcaire de longueur et de forme irrégulières, dont la hauteur, généralement voisine de o m. 30, atteint en un cas 0 m. 42, tandis que, près de l'extrémité Est, elle n'est que de o m. 24 à o m. 27. Complètement bruts à l'arrière, ces blocs sont sommairement taillés aux faces de joint de façon à former, au moins dans leur moitié antérieure, une assise con-
(1) A l'extrémité Est du portique, une cavité a été taillée dans le mur polygonal pour l'encastrement d'un chapiteau de pilastre ou d'une assise de couronnement de mur (cf. plus loin, p. 54 et 80). Elle est haute de o m. 255. Mais il n'était pas nécessaire que la pièce engagée dans cette cavité fût rigoureusement de même hauteur que le chapiteau de la colonne : il suffisait que le niveau des lits d'attente coïncidât.
(2) A cause des glissements qui ont légèrement déplacé la crépis du portique et le mur polygonal, cette distance varie de 3 m. 08 à 3 m. 12.
tinue. Iyeur face antérieure dessine une ligne droite dans l'ensemble. Au lit d'attente de certains blocs se voient des trous de pince et, surtout dans la partie Ouest, une bande large de o m. 25 à o m. 30 au long du bord antérieur, travaillée avec plus de soin que le reste de la surface. I^e lit d'attente de cette assise, compte tenu de légers affaissements de terrain, notamment vers l'Ouest, qui ont affecté également la crépis du portique, est pratiquement sur toute sa longueur au même niveau que le stylobate. Cette assise est complète, sauf sur une longueur de 4 m. 50, dans la partie orientale du portique ; dans cette lacune apparaissent des blocs d'une autre assise, sous-jacente à la précédente et semblable à elle.
Sur le mur polygonal, à o m. 93 environ au-dessus du niveau du lit d'attente du massif de fondations, se distingue nettement, sur la plus grande partie de la longueur du portique, une trace horizontale (pi. I, XXXVII, XXXVIII). Cette trace résulte d'un léger refouillement qui a égalisé la surface de la paroi, aux points où certains blocs faisaient saillie, dessinant sur le mur comme une bande d'anathyrose presque continue. Dans le tiers oriental du portique, où, à cause de la pente du terrain, les blocs des fondations du mur polygonal sont posés à un niveau plus élevé que dans les parties centrale et occidentale, ce qui a obligé les constructeurs du portique à déchausser largement le pied du mur, ces blocs sont arasés à leur face supérieure à o m. 31 environ au-dessous de la trace horizontale et l'un d'eux, en plus forte saillie que les autres, est en outre ravalé sommairement à sa face antérieure et entaillé en forme d'emmarchement à o m. 31 environ au-dessous de son lit supérieur (pi. XXXVIII, 1 et 2). Sur le mur polygonal même, immédiatement à l'Est de la 5e colonne, on distingue trois traces superposées, séparées par un intervalle de o m. 31 environ (pi. XXXVII,
Sur toute la longueur du portique, les inscriptions gravées sur le mur polygonal, au lieu de recouvrir capricieusement les pierres comme sur le reste du mur, sont disposées en panneaux rectangulaires, de largeur pratiquement constante (o m. 60 à o m. 63), séparés par des intervalles larges de o m. 31 à 0 m. 33 (pi. I, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, 1). Le bas de ces panneaux se trouve dans deux cas à o m. 15 seulement au-dessus de la trace horizontale, mais généralement à o m. 30 ou o m. 40. L,eur hauteur dépend du nombre et de la longueur des textes gravés (cf. plus loin, p. 67). L,es intervalles entre les panneaux ne constituent pas à proprement parler des traces : la surface du mur y est demeurée brute ; c'est le polissage ou du moins le ravalement plus soigné des panneaux préparés de part et d'autre pour la gravure des inscriptions qui, par contraste, révèle l'existence de ces intervalles, où des poteaux étaient évidemment appliqués contre la paroi du mur (cf. plus loin, p. 60-61). En plusieurs endroits, des inscriptions ont été gravées dans ces intervalles (pi. XXXIX, 2 et 3). On étudiera plus loin (p. 61 sq.) les conclusions à tirer, pour l'histoire du portique, de la disposition des inscriptions sur le mur polygonal.