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EXTRÉMITÉ OUEST

à lui. I/arête N.-E. du bloc J est contiguë à la face Ouest du premier bloc de l'assise de fondations de la crépis, qui a été taillé de telle sorte que sa hauteur est moindre dans la moitié Ouest que dans la moitié Est (pi. XXVIII, 3). Au même niveau que G et J et orienté dans la même direction, un autre bloc de calcaire (H) demeure complètement isolé. Aucune pierre de la crépis n'y prend appui ; il est séparé de G par un intervalle qui était peut-être à l'origine bourré de pierraille comme l'est encore partiellement l'espace compris entre H et J. Au lit d'attente du bloc G se voient deux trous de levier, respectivement parallèles à la face N.-O. et à la face N.-E. de la pierre. L,e lit d'attente du bloc H a été préparé avec plus de soin vers le Sud, sur 2 /3 environ de sa surface ; le niveau de la partie Nord est plus haut de o m. 015 environ. I,a même observation vaut pour le bloc J, mais la différence de niveau entre les parties Nord et Sud du lit d'attente ne dépasse pas o m. 006.

Les blocs G et H reposent directement sur le sol. L,e bord antérieur de J prend appui sur une rangée de petites pierres qui se prolonge vers le S.-O. et à laquelle était accolé un autre alignement dont subsistent dix petits blocs, tous légèrement et régulièrement creusés à leur face supérieure comme pour s'adapter à la forme semi-circulaire des tuiles d'une canalisation (pi. XXXV, 3).

Depuis l'époque de la fouille d'Haussoullier était posée sur le bloc J une pierre inscrite portant une dédicace à Constantin (1). Elle ne figure pas sur le plan publié par Haussoullier en 1881, et il n'en est nulle part question dans le compte rendu de sa fouille ; elle a dû être trouvée à proximité. I^a pierre a été transportée entre le portique et le rocher du Sphinx et omise sur le plan de la pi. I, de même qu'un fragment de dédicace à Apollon où se lit la signature du Thébain Sopatros (2), découvert également en 1880 devant le portique et posé plus tard sur le bloc H (3).

Extrémité Est. — A l'Est, la pierre terminale du stylobate a disparu. A la place qu'elle occupait apparaît actuellement le lit d'attente du bloc qui, au niveau du degré intermédiaire de la crépis, lui servait de fondations (fig. 2). Ce lit est uniformément dressé à la pointe, sauf à l'angle S.-E. où la surface de la pierre est demeurée en saillie de 0 m. 01 à o m. 02 sur le reste du lit. Cette partie où le travail n'a pas été achevé a la forme d'un triangle rectangle dont les petits côtés mesurent à peu près, à partir de l'angle, o m. 21 au bord Sud de la pierre et o m. 23 au bord Est. Du côté Sud de la pierre, la bordure du lit d'attente non recouverte par le stylobate a été creusée de o m. 01 environ, sur une longueur de o m. 74.

Entre l'extrémité Est de la crépis et le mur polygonal sont conservés quel-

(1) PomTOW, Beitr'dge, p. 49 et n. 1, p. 113, n° 2, pi. II, 2 b (pierre m), IX, 22, XIV, 41. Texte publié dans GDI, 2964 ; Syll.3, 903 A. E' attribution du bloc à la crépis du temple d'Apollon, suggérée par BourguET, De rébus, p. 93, est erronée.

(2) Texte publié par G. Daux, BCH, EXVIII-EXIX, 1944-1945, p. 114, E.

(3) Ea photographie de la pi. XXXV, 3, a été prise avant le déplacement des deux pierres inscrites.

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ques blocs de fondations en calcaire, disposés obliquement par rapport à la direction de la crépis et du mur polygonal (pi. I, XX, 2, XXXII, 5, 6, XXXIII, 3, et fig. 2). Ces blocs sont de forme irrégulière, et seule la face latérale Ouest du bloc Iv, en calcaire rougeâtre, est taillée verticalement. L,e lit d'attente de ce bloc et des pierres contiguës vers le Nord et vers l'Est se trouve au même niveau que celui du stylobate et du massif de fondations accolé à la base du mur polygonal. Cette assise était recouverte par une autre, qui n'est plus représentée que par le bloc M ; bien qu'il soit haut de o m. 34, son lit d'attente n'est qu'à o m. 30 audessus de celui du bloc L, car, à cause de la pente du terrain, il repose directement sur le sol ; un léger affaissement n'est donc pas exclu. Au lit d'attente, une bande large de 0 m. 17 à o m. 19 a été préparée au long du bord Est de la pierre. Une bande un peu plus étroite, dans le prolongement de la précédente, se voit au lit d'attente des deux petits blocs contigus vers l'Est au bloc I, (ces détails apparaissent sur le dessin de la fig. 2, plus précis que celui de la pi. I).

A l'Est du bloc M et au même niveau que lui, le bloc N, haut de o m. 30, présente diverses particularités : au lit d'attente, un trou de levier ; à la face actuellement tournée vers le Nord, un cadre ; à la face Ouest, seulement dégrossie sur la quasi totalité de sa surface, une bande en retrait, taillée avec soin, haute de 0 m. 02 sur presque toute la longueur et de o m. 055 vers l'extrémité Nord. Ces particularités n'ont aucune raison d'être dans la situation actuelle de la pierre. Alors que le bord Est du bloc M et des pierres de l'assise inférieure qui lui font suite dessine une ligne continue, aboutissant à l'angle S.-E. de la crépis et au bord Est des entailles du mur polygonal (cf. ci-dessous), le bloc N demeure isolé à l'Est de cette ligne. S'il a été placé là dans l'antiquité, il fait partie d'un arrangement d'époque tardive, qui n'aurait pas affecté le portique même. Par souci de reproduire exactement l'état actuel, on l'a fait figurer sur le dessin de la pi. I, mais il a été omis, ainsi que la pierraille visible à l'Est des fondations obliques, sur celui de la fig. 2.

Au-dessus de l'assise à laquelle appartenait le bloc M venait encore une autre assise. A l'endroit où elle rencontrait les fondations du mur polygonal, la face Sud de deux blocs de ces fondations est taillée en biais et présente même une sorte de cadre d'anathyrose (pi. XXXIII, 4). Ces deux blocs sont soigneusement aplanis à leur face supérieure, dont le niveau se trouve actuellement à o m. 33 au-dessus de celui du lit d'attente du bloc M.

Au-dessus de cet arasement des blocs des fondations, la paroi du mur polygonal présente une série de cavités et de refouillements, de bas en haut (pi. XXXIII et fig. 3) :

i° Une cavité de forme légèrement trapézoïdale (pi. XXXIII, 4), large dans l'état actuel (1) de o m. 62 environ à la partie inférieure et de o m. 54 environ

(1) Dans l'état primitif, la largeur devait être légèrement moindre, les pierres du mur polygonal étant disjointes. En outre le bord de la cavité n'est bien conservé qu'à la partie supérieure et vers l'Est.

à la partie supérieure, haute de o m. 235, profonde, à l'angle supérieur droit (1), de o m. 05. La paroi Est de la cavité est taillée obliquement par rapport à la face Sud du mur polygonal : l'angle est de 770.

2° Une trace verticale, haute de 2 m. 20 environ, large de 0 m. 37 en bas et de o m. 35 vers le milieu, apparente seulement dans sa partie inférieure grâce à un refouillement des blocs du mur polygonal dont la profondeur diminue à mesure qu'on s'élève ; vers le haut, la trace se perd complètement. Le refouillement, destiné à rétablir la verticalité parfaite de la face du mur, n'a été pratiqué que sur les blocs qui faisaient une légère saillie. La même constatation a été faite à propos de la trace horizontale décrite plus haut (p. 48). Alors que les poteaux placés entre les panneaux inscrits étaient simplement appliqués contre la paroi brute du mur, on a préparé ici une surface de contact parfaitement régulière. Mais, vers le bas, sur la pierre où est creusée la partie supérieure droite de la cavité trapézoïdale n° 1, à o m. 15 environ à l'Est de la trace verticale décrite ci-dessus, se voit une autre trace parallèle à celle-ci, moins nette et de travail moins soigné.

30 Une autre cavité de forme à peu près trapézoïdale (pi. XXXIII, 1 et 2), évasée vers le haut, large de o m. 49 en bas et de o m. 63 en haut, haute de o m. 255. I/angle inférieur droit, comme l'angle supérieur droit de la cavité n° 1, se trouve à o m. 17 à l'Est du bord Est de la trace verticale. Le bord supérieur de la cavité est au même niveau que le lit d'attente des chapiteaux de la colonnade (2). La forme de l'entaille, aux bords Est et Ouest, n'est pas absolument identique. Le travail, dans les deux cas, est peu soigné, sauf à la partie inférieure du bord Ouest taillée verticalement, à peu près dans le prolongement du bord Ouest de la trace n° 2, et perpendiculairement à la face du mur polygonal. La paroi du fond de la cavité présente un aspect uniforme et régulier sur une largeur de 0 m. 30, mesurée à partir de l'angle inférieur gauche ; la profondeur, dans cette partie, est de o m. 06 à o m. 07, Dans la partie orientale de la cavité, sur une largeur de o m. 11 à partir de l'angle inférieur droit, une pointe plus grosse a attaqué la pierre avec moins de soin ; la profondeur atteint o m. 08. Entre ces deux parties nettement distinctes, il semble qu'une autre main encore ait opéré, sur une largeur de 0 m. 08 et une profondeur de o m. 075.

40 Une cavité limitée à droite et à gauche par des entailles verticales, à peu près à l'aplomb des angles inférieurs de la cavité n° 3, et en haut par une entaille oblique. Le bord Ouest est taillé obliquement par rapport à la face du mur, le

(1) Ea pierre du mur polygonal dans laquelle est taillée la moitié inférieure de la cavité est actuellement déplacée de o m. 02 à o m. 04 vers le Nord.

(2) Ea hauteur de la colonne, base, fût et chapiteau, est, à quelques millimètres près, de 3 m. 31 (cf. plus haut, p. 40 et n. 1). Si, partant des fondations (bloc L) placées au même niveau que le stylobate, on additionne la hauteur de l'assise dont subsiste le bloc M, de l'assise qui butait contre les fondations du mur polygonal, de la cavité n° 1, de la trace verticale et de la cavité n° 3, on obtient une hauteur totale, forcément approximative, de 3 m. 32.

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bord Est, mal conservé, à peu près perpendiculairement, semble-t-il ; il s'ensuit que la largeur, de o m. 515 au bord, diminue progressivement vers le fond, où elle n'est plus que de o m. 50. De même, au bord supérieur, la cavité s'évase légèrement ; à l'Ouest, la hauteur est de o m. 47 au bord et de o m. 46 au fond ; à l'Est,

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Fig. 3. — Partie Est du mur polygonal.

elle est de o m. 38 environ. I^a profondeur, à la partie supérieure et près des bords Est et Ouest, est de o m. 05 environ. L,a partie inférieure, sur une hauteur de o m. 32 et une largeur de o m. 30, plus près du bord Ouest (distance minima : o m. 14) que du bord Est, est creusée en forme de calotte sphérique profonde de 0 m. 10 (1).

(1) Les sondages de Mi'UER, en 1840, n'avaient mis au jour que la moitié supérieure du mur, et

5° Deux rainures verticales dont les bords extérieurs sont très légèrement décalés vers l'intérieur par rapport à ceux de la cavité n° 4. C'est au bord Ouest que le décrochement, d'un centimètre à peine, est le plus nettement marqué. Du côté Bst, où l'angle supérieur de la cavité n° 4 est moins bien conservé et entaillé plus grossièrement, il n'est que de quelques millimètres. La rainure Ouest est haute de o m. 36, la rainure Est de o m. 44. Leur profondeur est de o m. 033. A la rainure Est, le bord Est est taillé perpendiculairement à la face du mur polygonal, le bord Ouest obliquement. Les deux bords de la rainure Ouest sont taillés obliquement, en sens contraire l'un de l'autre, la cavité s'évasant vers l'extérieur. A cause de ces différences dans la taille des pierres, la largeur des rainures Est et Ouest n'est pas identique : elle est respectivement de o m. 087 et o m. 085 au fond, de 0 m. 10 et o m. 095 au bord (cf. fig. 3).

Restes d'installations antérieures au portique. — I. L'espace compris entre le stylobate et les fondations accolées au mur polygonal a été fouillé profondément en 1939. On y a découvert des tessons mycéniens (de même qu'entre l'extrémité Ouest du portique et le rocher du Sphinx) et les restes d'une construction antérieure au portique (pi. XXXVI, 3). Sur une longueur de 6 mètres environ, des pierres irrégulières, hautes et larges en moyenne de o m. 20, dessinent une ligne qui s'incurve en direction du portique et s'engage sous les fondations du stylobate à hauteur de la 3e colonne. Il serait tentant d'y reconnaître les restes d'un cercle de pierres marquant la limite de l'Aire sacrée du sanctuaire. Mais des socles de murs semblables, aussi étroits et de plan également curviligne, ont été découverts à Delphes dans des installations domestiques du vuie siècle av. J.-C. (1). D'après le mode de construction, le tronçon de mur remonterait plutôt à cette époque qu'aux temps mycéniens. Il est vrai qu'on n'a pas trouvé au niveau du mur de tessons de style géométrique ; mais la couche de terre qui s'était formée à cette époque a été enlevée lors de la construction du portique. Les tessons mycéniens ont été découverts à un niveau inférieur à celui du mur. Il n'est pas sûr d'ailleurs que la stratigraphie ait été intacte : dans cette région du sanctuaire, les travaux de terrassement ont souvent bouleversé les couches anciennes.

II. Zippelius a eu le mérite de remarquer la présence dans le mur polygonal de tiges de bronze, dont il compta cinq exemplaires. Pomtow en reconnut trois autres (2). Ces tiges étaient en réalité au nombre de neuf (numérotées de I à IX, d'Est en Ouest, sur la pi. I). Cinq se trouvaient dans la partie du mur abritée par

la destination de ces cavités n'avait pas été comprise : « cellulas vides duas ad recipienda donaria factas », écrit CuRTius, Anecdota delphica (1843), p. 7. En 1849, ChEnavard, Voyage en Grèce et dans le Levant, p. 63, les décrit comme « un recreusement profond en forme de lyre ».

(1) Cf. par exemple BCH, UXXIV, 1950, p. 321.

(2) RE, Suppl. IV, col. 1 304-1 305.

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