‹ Fouilles de Delphes (volume 2)Chapitre 4 sur 58 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

La Colonne des Naxiens

I^es principaux éléments du monument du Sphinx des Naxiens sont connus depuis 1861. C'est en dégageant la partie centrale du mur polygonal que P. Foucart et C. Wescher mirent au jour un rocher sur lequel demeuraient en place une dalle de marbre à peu près carrée, un socle cylindrique portant un décret qui renouvelait aux Naxiens le privilège de la promantie, et la partie inférieure d'un fût de colonne à 44 cannelures (pi. II, 1). Autour du rocher furent retrouvés trois autres tambours de la colonne, deux fragments du chapiteau et les trois morceaux principaux du corps du Sphinx. Mais, trompé par les arêtes vives des cannelures qui lui parurent incompatibles avec l'ordre ionique, Foucart n'établit pas de rapprochement entre les tambours, le chapiteau et le Sphinx (1).

Entre 1861 et 1893, ces vestiges du monument naxien connurent des vicissitudes dont l'histoire a été contée par Th. Homolle (2). Des tranchées ouvertes par Foucart et Wescher, les unes furent immédiatement comblées, les autres le furent progressivement par l'accumulation des détritus du village. L,es fragments du chapiteau et de la statue du Sphinx disparurent ainsi ; ils devaient être retrouvés en 1893 dans l'état et à la place où ils avaient été dessinés en 1861 (pi. II, 2) (3). Mais la partie inférieure du monument demeurée en place sur le rocher avait subi des dommages, dont furent cause sans doute, plus encore qu'un tremblement de terre en 1870, les déprédations des habitants de Castri. L,e tambour inférieur fut déplacé ; une partie seulement en fut retrouvée en 1893, brisée en plusieurs morceaux. L,a dalle de marbre carrée fut également brisée ; on n'en récupéra que trois fragments. Quant au socle cylindrique, on le voyait dès 1880 tel qu'il apparaissait encore en 1893, posé sur un fragment de rocher au S.-B. de son emplacement véritable et surmonté d'un tambour qui, d'après les dimensions indiquées par Pomtow et les photographies et dessins de cette époque, était le troisième de la colonne, dressé sur son lit d'attente (4).

(1) Foucart, Mémoire sur Delphes (1865), p. 90-93, pi. XI.

(2) FD, IV, 1 (1909), p. 41-44.

(3) Sur la découverte des divers éléments du monument en 1893, cf. Hojioue, BCH, XXI, 1897, P- 585-588.

(4) Cf. Pomtow, Beitr'age (1889), p. 46, pi. VIII, ncs 19 et 19 a ; FD, IV, 1, p. 44, fig. 20. On voit cet état artificiel sur des photographies anciennes. Il est reproduit également sur les plans d'état actuel de la période 1893-1895 {BCH, XXI, 1897, pi. XVI ; FD, II, Album (1902), pi. V, VII, VIII ; sur ces plans, le corps du Sphinx est représenté sur un autre rocher, plus loin vers l'Ouest, où il est demeuré jusqu'à son transport au musée), tandis que, sur le plan et le dessin restaurés du sanctuaire {FD, II, Album, pi. VI et IX), la colonne est figurée à sa place véritable.

L,a fouille de 1893, aux fragments antérieurement connus qu'elle remit au jour, ajouta la tête du Sphinx, qui était maçonnée dans un mur de basse époque près du trésor des Athéniens (1), et un tambour, probablement le deuxième. Enfin, en 1894, le tambour supérieur de la colonne fut identifié dans la chapelle de Saint Elie, où il servait de support à la Sainte Table (2). Vers le même temps, Convert établissait l'appartenance du Sphinx et de la colonne à un seul monument (3).

(1) FD, IV, 1, p. 42.

(2) Ibid., p. 43.

(3) BOURGUËT, Ruines de Delphes (1914), p. 19.

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