‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 106 sur 148 · Cf. H. Demangel, Feuilles de Delphes, p · texte numérisé non relu

Cf. H. Demangel, Feuilles de Delphes, p

2. Il mesuré encore là environ 0 m 70 de hauteur, et se trouve à un mètre plus bas que le dessous des fondations de la cella du premier temple en tuf. Les fondations du deuxième temple en tuf, plus profondes (pie celles du premier, ne reposent pas sur lui : il y a entre les deux murs une épaisseur de terre d'environ 0m30.

3. Il-existait vraisemblablement un temple» pré-archaïque, sur lequel nous n'avons même pas de données légendaires (cf. temples de laurier, de cire, de bronze, du sanctuaire d'Apollon: F. Courbv, ibid., p. 109).

i. P. Perdrizet, ibid., p. 133.

LE SANCTUAIRE D'ATHÈNA PRONAIA i?

fîcation de la terrasse du temple archaïque, seraient de la même époque. Les objets recueillis dans cette région ne s'opposent pas à l'hypothèse : la fig\ 55 montre, avec plusieurs lances en fer, des perles ou pendeloques d'ambre, et d'os avec matière vitreuse (en haut, ;i gauche), et plusieurs fragments de céramique géométrique et « protocorinthienne » *. Des mêmes environs proviennent de nombreux petits bronzes archaïques (fîg. 56), surtout objets de parure féminine, comme épingles, fibules, bracelets, bagues, boucles d'oreilles, miroirs, crochets; une phiale à omphalos (diam. 0'" 15 ; haut. 0 m 052) ; un couvercle avec pièce

Fig. 57. — Autel primitif (x pierre des konklès).

rivée dans l'antiquité (diam. 0 '" 21) ; un grand lébès ovale (diam. max. 0 '" 60 ; poids, 5 kil.) ; plusieurs fragments d'orbes de boucliers, décorés au repoussé ; une cuirasse, en mauvais état de conservation (haut. 0 m 495).

La terrasse qui s'étend à l'Est du temple, celle dont le sous-sol renfermait tant d'idoles et de tessons « mycéniens », semble avoir toujours été la région la plus sainte du téménos : là se sont succédé les divers autels de la déesse. Le plus ancien, qui correspondrait peut-

1. Les tessons attiques ou hellénistiques (même fig., au centre) furent recueillis dans les couches supérieures ; le fragment de pithos « mycénien » vient de la cella du temple.

is F.OUILLES DE DELP.HES

être à la période pré-archaïque indiquée plus haut1, se trouvait (il est très ruiné) près de l'angle Sud-Ouest actuel du grand autel, mais à un niveau sensiblement inférieur (v. pi. I et fig. 57), avec la même orientation Nord-Sud permettant au sacrifiant de lâé\ tourner vers l'Est; il mesurait approximativement 3 "' 40 -de longueur' sur:2 " XO de largeur. Les trois autres autels (v. pi. I) ont été déjà, à plusieurs reprises, longuement décrits -. Le plus grand, celui de l'Est, doit être, ainsi que l'a justement noté A.-l). Kéramopoullos :i, le plus récent. Même mutilé comme on le voit aujourd'hui 4, il obstrue complètement l'entrée orientale de la petite enceinte archaïque: son extrémité méridionale avance encore presque jusqu'au-dessus du mur vieux-polygonal . Il dale donc d'une époque où le sanctuaire, agrandi, permettait un libre passage plus au Sud, et légitimait l'emploi d'un autel de ces dimensions .

Cet autel le grand autel — se compose d'uu terre-plein, bordé de grandes dalles polygonales, en calcaire du pays, posées de champ avec un parement extérieur, qui atteignent jusqu'à 2 mètres de longueur, sur une épaisseur de 0 '" 20 à 0 '" i'i ; l'appareil est assez analogue à celui du mur d enceinte néo-polygonal ou de F « habitation des prêtres >», qui sont contemporains du deuxième temple en tuf, c'est-à-dire de la fin du VIe siècle '. La plate-forme supérieure des blocs est a 0 "' 68 au-dessus du roc entaillé, à l'Ouest, pour former une sorte de thynièlèr'\ au centre de l'autel affleure également la roche aplanie intentionnellement. Le terre-plein constituait-il à lui seul l'autel et l'autel entier, ou bien seulement une esplanade portant un autel de dimensions plus restreintes, au moins en largeur? On peut poser la question, mais non y répondre, n ayant aucun débris de la partie supérieure, et le vieux mur des autels n'oll'rant aucune marque capable d'orienter la recherche. Notons cependant qu'il ne subsiste aucune tract- de degrés permettant l'accès à une plate-forme où eût été située Vkr/jipa.

De nombreuses victimes furent sacrifiées sur cet autel, si l'on s'en fie à l'épaisseur de la couche dos calcinés et de cendres '. qui, partant de son extrémité méridionale, se poursuit vers le Sud jusqu'à une distance (h' S mètres et plus, entraînée par les eaux s.

Les autres autels sont plus petits. Le principal d'entre eux. l'autel occidental (fig. 1 et

1. Il est étrangement difficile, dans une région aussi souvent bouleversée que celle des autels depuis l'antiquité jusqu'aux grandes fouilles de 1901 inclusivement, de décider avec quelque assurance de l'ancienneté relative de tel ou tel débris antique (cf. R. Demangel, ibid., p, 26, n. 1).

2. Cf. Fr. Poulsen, Recherches xur quelques questions relatives à In topographie de Delphes, dans llull. Acad. Dan-, 1906, p. 343-346 : A. Fi-ickenbaus, ibid., p. 243-4; A.-l). Kéramopoullos, Tôt:. Af/.s., p. .'Jo-61 ; É. Bourguet, ibid., p. 308-9.

3. A -D. Kéramopoullos, ibid.. p. 57. Fr. Poulsen écrivait, au rebours ibid., p. 346) : « l'autel principal et le plus ancien qui ait été consacré à la divinité du temple. »

t. Il mesure encore environ II "'80 de longueur à l'Est, mais il se prolongeait au Sud ; sa largeur moyenne est 5 m 50.

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