H. Demangel, ibid.,p
LE SANCTUAIRE D'ATHÈNA PKOXAIA
du temple. L'appareil est analogue à celui du grand péribole néo-polygonal '. Le coté oriental mesure 9 '" oô* ; son parement extérieur vient buter contre l'extrémité du vieux mur des autels, sans qu'on ait cherché à masquer le raccord (v. (ig. il et 02) ; le niveau tlu sol antique est indiqué par une pierre dont l'extrémité, non rabattue, dépasse le nu tlu mur de plus de 0 '" 20 (v. fig. 15). A la jonction, la hauteur actuelle du mur néo-polygonal est de 2 m 80, les deux assises de fondations comprises. Le soutènement Nord de la niche du temple, très endommagé par la dernière avalanche de rochers de 100'i, mesure environ 18'" 10 ; le retour de l'Ouest environ 9m 50, Il '" 10 avec les quatre blocs ajoutés plus tard
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Extrémité méridionale. du mur polygonal situe à l'O. du temple en tuf.
à son extrémité méridionale '' (iig. 72). Les pierres du soutènement Ouest de la niche vont en diminuant d'épaisseur vers le Sud : ce qui semble prouver que, suivant la déclivité, le remblai des terres étayées par le mur diminuait aussi de hauteur.
Quel était le tracé possible de l'enceinte classique entre la niche néo-polygonale du temple en tuf et les angles Nord-Ouest et Nord-Est du péribole ?
On voit encore, au Nord de la tholos, les fondations d'un large mur de soutènement (fig. 73), construit en matériaux exceptionnellement — à cause de leur faible densité — employés dans les soutènements :i. Ce soubassement se compose, en ell'et, de grandes dalles de poros, irrégulières, avec parement au Sud. On a peut-être employé là le surplus des matériaux utilisés dans la construction du deuxième temple en tuf, matériaux neufs ou pro-
I. H. Démange!, Fouilles de Delphes, fig. 8, hors-texte VIII, et 2fi, hors-texte X.
%i Cf. supra, p. 12 et n. 2.
3. A Delphes même, existe un mur de soutènement en tuf à l'Ouest de l'escalier du théâtre.
venant déjà de la ruine du premier temple : c'est dire qu'il ne s'agissait pas d'un tuf poreux, dont la substance se désagrège et fond peu à peu, prenant l'aspect d'une éponge pétrifiée (comme, à Delphes, les murs de la palestre et du bouleutérion. par exemple), mais d'un poros lourd, au grain serré, qui, en s'ell'ritant par lamelles, perd peu de son poids1. On remarque, de plus, sur la face Sud du mur, en fondations, une sorte de blocage de déchets de tuf : cette couche compacte, de 1 mètre à 1 '" 40 de largeur, a pu augmenter la résistance à la poussée, à la manière d'un contrefort-. Les grandes dimensions des blocs, enfin, et la
courbure générale du mur concouraient encore à assurer la stabilité. Ce mur irrégulier n'était donc pas, comme on l'avait à l'origine supposé, un mur (I édifice déformé par le glissement des terres : c'était bien un soutènement.
La forme générale du mur de tuf est une courbe irrégulière, une sorte d'arc a concavité orientée au Sud : il est construit un peu comme une voûte placée horizontalement pour protéger le sanctuaire contre la poussée des terres. Ce tracé incurvé a fait supposer que le monument rond voisin était, sinon le centre, du moins la raison d'être de la courbe, et que le mur de tuf avait été construit avec la tholos il pour elle. L'étude du mur montre l'inexactitude de cette hypothèse. Sa longueur actuelle est d'environ 27 mètres, mais il était certainement beaucoup plus long à l'origine. A l'Est, il semble ne s'être jamais prolongé plus avant ; la fouille a montré qu il n'en subsiste, en tout cas. aucun vestige. L'extrémité orientale :! amorce un changement de direction vers le Nord-Est (lig. 74)., qu'on peut expliquer de deux manières : ou bien le mur, finissant ici, venait originellement s'appuyer contre le péribole archaïque, maintenu sur ce point où la poussée des terres était faible ; ou bien l'on a voulu laisser un passage plus large entre les trésors et le soutènement, qui se serait prolongé vers l'Est. Quoi qu'il en soit, par la suite, pour une raison quelconque,
1. Ajoutons que certaines pierres de ce mur ne présentent vraiment l'aspect du poros qu'à une de leurs extrémités, alors que le même bloc a par ailleurs toute l'apparence d'un solide calcaire, dur et compact, se fendant ;'i la percussion en arêtes vives — ce qui avait fait supposer à tort une fondation de calcaire mu mur de tuf. C'est en particulier le cas à la jonction de ce soutènement et du mur polygonal Nord-Sud situé à l'Est de la tholos, que nous étudierons plus loin.
2. Au Sud de la tholos, en fondations, il existe une sorte de blocage en moellons qui a pu jouer un rôle analogue. Cf. J. Charbonneaux, La lltolos, p. 24. Les déchets de poros utilisés ici peuvent provenir de la démolition du vieux temple.
3. Les dimensions de la dernière pierre (long., au Sud, 1 m 09 ; au Nord, Om85 seulement; larg., à l'Ouest, 0 '"81 ; à l'Est, 0 m86) montrent qu'elle quitte la direction Sud-Est de la moitié orientale du mur, pour amorcer un retour vers l'Est et venir peut-être s'appuyer sur un mur préexistant. Cf. supra, p. 42.
Fig. ::i. — Mur de tuf,
LE SANCTUAIRE D'ATHÈN.A PRONAIA
vieillesse du mur, accident, nécessité d'élargir le passage ou désir de mieux protéger l'angle du trésor dorique et ses stèles à l'Est; le péribole archaïque a cessé d'exister sur ce point.
Fig. "1. — Extrémité orientale du mur de tuf.
On a pu construire, peut-être seulement à l'époque de l'implantation des stèles, le petit mur en fausse équerre actuel1, qui réserve deux passages: l'un à l'Est, de deux mètres, entre
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Fier. 75. — Extrémité occidentale du mur de tuf,
lui et l'extrémité tardivement ajoutée au mur polygonal Ouest du temple en tuf, l'autre, à l'Ouest, de un mètre, entre lui et l'extrémité Est du grand mur de tuf. Les pierres termi-