‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 39 sur 148 · F. Courby, Fouilles, II, I, p · texte numérisé non relu

F. Courby, Fouilles, II, I, p

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irrégularités '. Le chapelet de perles tourne autour de Tante2, traverse le stylobate, puis fait

place à un simple boudin de même dimension qui se développe sur les trois côtés du pronaos3.

Il nous faut à présent essayer de reconstruire les murs et de déterminer la disposition

des assises. De quels éléments disposons-nous ? Et d'abord les deux premières assises sont partiellement en place : une assise d'orthostates et une assise de parpaings. Pour le reste du mur quelques pierres détachées une trentaine, y compris les fragments) nous ont été conservées : ce sont pour la plupart des parpaings, mais il y a aussi cinq orthostates ; voilà une première indication : 1° les murs du trésor ionique comportent des assises de parpaings et des assises d orthostates. Un autre principe de classement est donné par: 2° la hauteur des pierres. Mais on voit aussitôt combien incertaines et insuffisantes de telles indications : plusieurs assises peuvent avoir eu même hauteur — et c'est ce qui advient en effet. De plus ces deux remarques ne permettent pas de rien avancer quant à la disposition respective des assises.

Ici intervient un nouvel élément : 3° le lit d' attente des pierres montre deux anathy roses longitudinales r/uand l'assise supérieure est de parpaings, et trois (une sur chaque côté, une au centre) s'il supporte des orthostates. La disposition respective des parpaings et des orthostates se trouve ainsi partiellement déterminée. Mais le fait capital qui donne la clé de la construction, c'est : 1° le fruit des murs*: alors que la paroi intérieure est absolument verticale, la surface extérieure s'incline légèrement et va rétrécissant le mur depuis la base jusqu'au faîte. Ainsi l'épaisseur de chaque pierre sera plus forte au lit de pose qu'au lit d'attente. Le travail de restauration deviendrait donc relativement aisé si nous possédions un

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Alternance des assises.

1. Toutefois, sur le mur .Nord, la variation n'est que de 0 m. 003 au maximum (0 ni. 07l> à 0 m. 072). On a donc employé à ce travail des ouvriers plus ou moins habiles, plus ou moins précis, et le meilleur semble avoir été l'artisan du chapelet Nord. La longueur des orthostates devait être calculée pour contenir un nombre entier d'éléments.

2. Une cassure, qui a affecté également le stéréobate, a rendu nécessaire, à une époque indéterminée, la pose d'un bouchon à l'angle intérieur de l'orthostate d'ante Est; ce bouchon a disparu.

3. On emploiera indifféremment pronaoset prodomos,le sensdes deux termes n'étant pas fixé pai'l'usage.

4. A Bassae, c'est le finit notamment qui a permis une reconstruction exacte des murs ; cf. P. Kavvadias, Le temple d'Apollon à Phiyalie, dans Compte rendu du congrès international d'archéologie d'Athènes, i905, p. 171 : « Die Steine jeder Reihe haben die selbe Hôhe, aber an der Unterflache eine um etwa 1 cm. grôssere Tiefe als an der Oberseite. Es lasst sich so mit unschwer feststellen, welche Steine zu jeder Reihe der Mauer gehôren. » Sur les murs de l'Érechtéion nous n'avons aucun renseignement ; il faut attendre la publication américaine annoncée. Pour le trésor d'Athènes, où le fruit existe, mais différent, cf. ci-dessous, p. 82.

nombre de pierres suffisant, et si l'épaisseur des murs à la base ne différait pas ; mais, par exemple, le lit d'attente de la IIe assise du mur Est est large de 0 m. 488 ii 0 m. 486, tandis que le mur Nord, au même niveau, est épais seulement de 0 m. 472 à 0 m. 471; d'où il résulte que, compte tenu seulement du fruit, une pierre épaisse de 0 m. 47 au lit d'attente peut appartenir aussi bien à la IVe assise du mur Nord qu'à la Xe du mur Est. Dans ce cas, la hauteur de la pierre (2°) et les anathyroses du lit d'attente (3°) décideront. De plus, il semble que : 5° le fruit soit plus fort aux assises supérieures, et passe de 2 mm. en bas a 3 mm. 3 en haut ; toutes réserves faites d'ailleurs (vu la difficulté dune mesure absolument exacte et l'existence possible de certaines irrégularités), cette remarque peut nous fournir d'utiles indications. Enfin, quetques pierres sont pour nous d'un intérêt particulier : 6° celles qui appartiennent à la fois aux murs latéraux et au mur transversal de la cella : elles répondent en effet à deux dispositions, suivant qu'elles amorcent à peine le mur de la cella ou qu elles s'y engagent plus avant (fig. 56). Or une construction soignée, comme est évidemment celle des murs du trésor, ne saurait admettre des joints superposés, des « coups de sabre » : l'une et l'autre disposition devront donc alterner.

Voilà en somme six indications, de valeur inégale, mais toutes insuffisantes à les considérer isolément. Cependant, rapprochées et combinées, elles imposent une restauration et une seule, quelle que soit d'ailleurs la pauvreté des matériaux épars autour du trésor. Le dessin des pierres et des fragments retrouvés ' est donné dans les figures 58-61 (en horstexte à la page 56), leur classement dans le tableau qui suit (pages 60-61).

Dans quelle mesure pouvons-nous considérer ce tableau comme assuré, et particulièrement le chiffre de treize assises? Remarquons d'abord qu'il ne risque guère d'être inexact par défaut : a priori, le classement était plus facile en multipliant les assises ; et surtout la hauteur totale obtenue (5 m. 30) est un maximum que la dimension des colonnes nous interdit de dépasser (cf. ci-après, p. 66). 11 s'agit donc seulement de savoir si nous avons péché par excès, si les murs du trésor n'avaient pas plutôt onze ou douze assises, et c'est dans ce sens que doit s'exercer notre critique.

D'abord une assise au moins n'est représentée avec certitude par aucune pierre : l'assise III. C'est une assise d'orthostates comme VII et XL Or l'existence de ces trois assises dépend de celle des assises 11, VI et X, dont le lit d'attente est préparé pour recevoir des orthostates. Laissons donc ce point pour le moment.

L'existence des assises I, IV, VII, VIII, X, XI et XII se trouve assurée par la différence des hauteurs. Mais dans les assises II, V, VI, IX et XIII la hauteur varie seulement de 0 m. 389 à 0 m. 391 ; le maximum de la variation en hauteur qui se puisse admettre dans le cours d'une même assise est de 0 m. 0025 ; elle est attestée pour l'assise I (orthostates), et pour l'assise II (parpaings) dont plusieurs pierres encore en place mesurent de 0 m. 389 à 0 m. 3915. Est-il donc possible de réduire à un nombre de 3 ou de 4 les cinq assises II, V, VI, IX et XIII, la hauteur de ces assises nous y autorisant d'ailleurs?

1. Les numéros de ces pierres et de ces fragments ont été donnés au fur et à mesure de la trouvaille; ils sont par conséquent tout à fait incohérents. Toutes les pierres du tableau sont dessinées sur les fig. 58-61, sauf le fragment d'ortliostate 31. D'autre part toutes les pierres dessinées ont été classées dans le tableau, sauf les fragments 10 et 27 qui ne donnent point de mesures caractéristiques. Quelques morceaux insignifiants n'ont pris place ni dans le tableau ni dans les dessins.

Il faut distinguer entre les assises II, VI et XIII qui supportent des orlhostates et les assises V et IX qui supportent des parpaings. Voilà deux groupes qui ne se peuvent confondre. Considérons V et IX. La pierre £/, pierre d'angle, appartient nécessairement à l'angle N.-O. du trésor (et non à l'angle N.-E.) d'après l'épaisseur relative des amorces; la pierre c2 appartient à la fois au mur Est, au mur du pronaos et au mur transversal (ici encore l'épaisseur relative des différentes amorces exclut toute possibilité d'une position symétrique du côté Ouest). Or — si même on admettait dans nos mesures et dans le progrès du fruit un jeu assez fort, — il n'est pas permis d'attribuer à la même assise ces deux pierres, ainsi placées.

Restent les assises portant ortbostates II, VI et XIII. L'assise II est en partie conservée et en place. La pierre 3 (assise XIII) appartient au mur Est et non au mur Ouest (épaisseur relative des amorces) ; en raison de la faible épaisseur qu'elle donne pour le mur Est, elle doit être placée au sommet de la construction et se distingue ainsi nettement de l'assise IL S'agit-il de l'assise VI ? Les trois pierres qui lui sont attribuées (mur Est et non mur Ouest1, toujours pour la même raison) et qui forment un ensemble révèlent une disposition toute dilïerente de la pierre 3 (fig. 56), et l'épaisseur de la pierre 13 exclut également les assises supérieures (donc l'assise XIII, d'ailleurs occupée) et les assises inférieures, donc l'assise IL

Il est impossible par conséquent de réduire le chiffre de treize assises2. On le voit, si tous les éléments d'une restauration nous ont été conservés, c'est avec une extrême parcimonie: c'est à peine si le retour du mur Ouest, vers le Nord, permet une mesure; c'est par une pierre seulement que telle assise (X) est représentée, et telle autre (III) ne l'est peut-être par aucune. Pourtant le tableau proposé est le seul, comme il nous est apparu après de nombreux essais, qui rende compte des débris de murs du trésor ionique et qui en rende compte absolument.

Dans le détail, quelques doutes peuvent subsister3. Il va de soi que les assises III, VII et XI sont interchangeables. Toutefois, pour ca qui est de 1 assise VII, l'ordre que nous avons adopté a l'intérêt de mettre au milieu du mur une assise qui, par sa hauteur, marque comme un rappel de l'assise de base, et d'ailleurs la pierre 40 correspond aux trous de pince des pierres 9 et 13 (assise VI). Quant aux pierres 6 et 1 1 que nous avons placées à l'assise XI elles peuvent avoir appartenu aussi bien toutes deux à l'assise III, ou l'une d'elles seulement; en tout cas il ne convient point de supposer pour l'assise III une hauteur trop forte vvoisine de 0 m. 48 comme aux assises I et VII); de plus, nous décidant pour une hauteur de 0 m. 40 environ, nous réservons la possibilité d insérer dans cette assise la pierre d'angle 12 (qui, par la disposition du crampon, semble être un orthostate, mais qui peul avoir appartenu aussi bien à l'assise IV ou à l'assise VIII).

1. L'état des ruines el notre tableau concordent sur ce point : c'est le côté Ouest qui a été le plus « exploité » dans le cours des temps; le mur Est a été — relativement — favorisé.

2. Ce n'est d'ailleurs pas une, mais deux assises qu'il faudrait supprimer pour ne point interrompre le rythme de la construction (amorces courtes et longues du mur transversal). Ou bien l'on exclura l'assise XIII : mais le chapiteau d'ante (cf. p. 59) prouve que la dernière assise du mur portail des orthostates.

3. Le fruit, l'épaisseur variaient certainement dans une même assise, sur un même côté, de 0 m. 001 à 0 m. 002 (sur la seule pierre du mur Est actuellement en place à la IIe assise on peut constater en effet une variation, au lit d'attente de 0 m. 002); de là quelques irrégularités plus apparentes que réelles :par exemple on peut fort bien intervertir les assises IV et V. Mais ces détails ne modifient point l'ensemble de la reconstruction.

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