‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 45 sur 148 · AJA · texte numérisé non relu

AJA

3. Concernant le dessin Donaldson, invoqué par M. Dinsmoor, je crois d'abord qu'on ne peut tenir pour exactes à la rigueur ses proportions; quant à L'étrange présentation de la partie inférieure, j'y vois plutôt un artifice destiné à marquer le profil des cannelures que la trace d'un astragale : dans ce dernier cas en etïet il faudrait supposer ou que le dessin est incomplet sur un point essentiel (la limite inférieure de l'astragale n'étant pas indiquée), ou que l'astragale, sur toute la longueur d'une demi-circonférence, avait pu sauter suivant son propre contour, sans bavure, avec une netteté parfaite.

4. Signalée déjà par Pomtow, BPW, 1912, col. 1043, et Klio, l. L, p. 213.

rieure seule (diamètre : 0 m. 24) a subsisté (pi. XXI). Le fait est d'importance, sinon décisif, et me permet de maintenir, malgré l'autorité de M. Dinsmoor, une disposition qui n'est satisfaisante ni pour la construction, ni pour l'aspect.

Nous n'avons conservé des colonnes du trésor que des fragments misérables et très frustes, au nombie de vingtcinq environ. Ils nous permettent cependant d'affirmer que les cannelures étaient à arêtes vives. M. W. Lauritzen a mesuré sur le marbre et sur des moulages les plus importants de ces fragments (fig. 68, en hors texte) ; l'arc de cercle d'une cannelure correspond parfois à plusieurs centres ; mais il n'y a jamais place entre les cannelures pour le filet ionique ' : car il faudrait donner à ce filet une largeur, ou à la cannelure une profondeur, également ridicules. Ainsi l'examen de ces fragments mutilés nous conduit à la même conclusion que M. Dinsmoor : les colonnes du trésor avaient vingt-deux cannelures à arêtes vives ; le rapprochement s'impose avec le très beau fût de marbre - (fig. 67) découvert dans le grand sanctuaire et qu'il faut probablement attribuer au trésor de Clazomènes. La colonne du trésor des Massalièles appartient donc par son fût comme par son chapiteau à l'oidre dit éolique 3.

Le fût de la colonne était-il monolithe comme au trésor de Clazomènes ? C'est probable. La hauteur est obtenue par une simple soustraction :

Hauteur du mur

Somme des hauteurs de la base (Om.236),

du tore (0 m. 18), des deux chapiteaux

Le diamètre supérieur, donné à la fois par le chapiteau et par un morceau de colonne (fig. 68Ï, est approximativementde 0 m. 41 ; le diamètre inférieur est connu grâceà un autre fragment ; il est de 0 m. 49 au-dessus de la baguette'' ; à la baguette il est de 0 m. 53, mais au lit de pose, de 0 m. 50 seulement, ce qui nous permet de donner au tore un profil légèrement parabolique analogue à celui du toichobate (la largeur du lit de pose du fût

ni .

Fig. li". — Colonne éolique (au Musée), appartenant probablement au trésor de Clazomènes : 18 cannelures.

1. Ici comme dans presque toutes les colonnes doriques qui nous ont été conservées, l'arête ne devait pas être absolument aiguë : un méplat de 0 m. 002 environ était sans doute réservé.

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