‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 51 sur 148 · CU · texte numérisé non relu

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(cf. ci-dessus, p. 70), puis viennent trois bandes de 0 m. 081 , 0 m. 073, 0 m. 061, analogues aux bandes des architraves ioniques du type courant, mais disposées inversement. Du côté de la cella, partant du bas, nous rencontrons d'abord une surface mal taillée, irrégulière, sur une hauteur totale de 0 m. 18, ensuite une recoupe large de 0 m. 0G et une surface verticale haute de 0 m. 09 '. Le seuil, à la partie supérieure, était large de 0 m. 475 ; le bord intérieur était sensiblement (à 0 m. 004 près) a l'aplomb du mur ; du côté du prodomos la double saillie des bandes augmentait la largeur de 0 m. 013 (0 m. 475 -|- 0 m. 01 5 == 0 m. 49, c'est-à-dire, à 0 m. 004 près, la largeur du mur transversal ). et l'astragale lisse se raccordait exactement du seuil aux orthostates.

Fig. 72. — Coin S.-O du prodomos. A droile, le seuil. La croix marque le tambour inférieur de la colonne du trésor dorique.

Voici dès lors les trois éléments du problème :

1° Une surface de calcaire, haute de 0 m. 013, sous les orthostates du mur transversal, ne peut avoir été visible. Gomment la dissimuler?

2° Sur un orthostate intérieur du mur transversal (elle existait probablement sur tous) se voit une bande d'anathyrosequi donne un niveau maximum de (0 m. 155 -f- 0 m. 1 13 =)

1. Une recoupe minuscule (visible sur la fig. 73), à la partie supérieure, est probablement d'époque tardive f travail °rossier).

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1 i- 73. — Pierres détachées (n°9 -2ô-~2fi. $0.34. 14 : marche, dalles, seuil du trésor des Massaliète;

LES DEUX TRESORS i;\

0 m. 168, minimum del'O m. 12 -\- 0 m. 013 =) 0 m. 133 au-dessus du dallage. A quoi servait cette anathyrose ?

3° Le seuil vers l'intérieur présente une recoupe et une surface verticale qui, d'après le travail, étaient certainement cachées Par quelle disposition ?

Une hypothèse séduisante est celle-ci : le dallage aurait été d'abord au niveau donné par l'anathyrose visible sur l'orthostate du mur transversal, et c'est seulement à l'époque romaine, quand on construisit la base dont il sera question plus loin, que le dallage aurait été abaissé jusqu'au toichobate. Mais le travail des bandes, préparées sur le côté dutoichobate pour recevoir le dallage, me paraît tout à fait semblable dans le pronaos et dans la cella, et contemporain du trésor lui-même ; de plus, les dalles ainsi disposées auraient laissé quelque trace sur le lit supérieur du toichobate à l'intérieur du mur : il n'en est rien ; enlin le problème posé par la jonction du seuil et du dallage ne se trouve point supprimé par là.

Il est difficile non pas d'établir, mais d'imaginer même une solution satisfaisante. L'anathyrose du mur transversal invite à restituer au long de ce mur un degré, haut sur le dallage de 0 m. 16 environ, et cachant la minuscule saillie de l'assise calcaire ; ce degré, formant banquette, aurait pu porter des ex-voto et devenir ainsi autre chose qu'un artifice malhabile de construction. — Quant au seuil il devait être revêtu de bois sur toute la partie intérieure, recoupe et plans verticaux (en pointillé, à titre d'indication, sur la coupe, pi. XXVI; sur le plan restauré, pi. XXIV, nous avons supposé une manière de plate-forme destinée aux battants de la porte : ce n'est qu'une hypothèse, et fragile).

Aucun fragment de Yencadrement de la porte n'a pu être identifié ; il faudra donc le restituer en partie d'après les trésors du sanctuaire. Nous avons supposé que la disposition du seuil faisait retour sur les jambages et sur le linteau ; l'astragale, alors, devait s'orner de perles à nouveau, et une décoration de palmettes et de lotus (cf. le trésor de Siphnos) devait occuper la largeur d'une ou de deux fasces ; cependant nous n'avons indiqué sur la planche XXV que le cadre de cette restauration hypothétique. On pourra conserver aux 3 fasces même largeur sur tout le cadre de la porte (c'est la solution adoptée pour la restauration de la façade, pi. XXV) ou plutôt, et surtout pour des raisons de construction, admettre que la fasce extérieure s'élargit sur le linteau (cf. le trésor de Cnide) jusqu'à lui donner la hauteur d'une assise ordinaire (solution figurée sur la coupe, pi. XXVI). Pour la largeur, une indication nous est donnée par les orthostates en place du mur transversal ; comme nous venons de supposer pour les jambages une épaisseur équivalente à celle du seuil, l'ouverture se trouvera être large de 2 m. 06, dimension fort convenable et qui correspond d'ailleurs aux trous du seuil. Pour la hauteur, aucune donnée.

Le fond de la cella est occupé par une base de construction romaine (fig. 74). Des éclats et quelques pierres de calcaire constituent un semblant de fondations ; puis une assise de tuf donne le niveau de la deuxième assise de la krépis; au-dessus, une assise de calcaire, haute de 0 m. 20o, correspond au toichobate et au dallage1. Au-dessus venait une autre assise calcaire, haute de 0 m. 373, dont la rangée de fond nous a seule ]été conservée ; elle n'était pas appliquée contre le mur de fond de la cella (intervalle : 0 m. 15) ; les anathyroses

I. Le travail est ici beaucoup moins soigné que dans le trésor; les niveaux de la krépis el de la base ne coïncident qu'à un centimètre près. La base, mal l'ondée, a d'ailleurs pu s'affaisser légèrement.

Fouilles r>E Delphes. 10

et les demi-crampons visibles sur le joint antérieur de ces pierres, comme les trous de pince et de tenon sur l'assise inférieure, indiquent qu'une autre rangée de même hauteur existait devant celle qui nous a été conservée; la largeur nous en est donnée par la trace laissée sur le lit d'attente de l'assise inférieure et par un canal de coulée visible sur ce même lit ; elle était de 0 m. 32 et le retrait de la deuxième assise sur la première était de 0 m. 08.

Une troisième assise existait certainement, comme en témoignent les trous de pince et de tenons sur la deuxième assise ; elle devait être constituée par \ine seule rangée de pierres,

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Fit. "1. — Base dé calcaire au fond de la cel

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gauche et à droite contre les murs 'du trésor : les traces en sont visibles particulièrement du côté Est ; elles indiquent une hauteur de 0 m. 30. Cette assise était formée de cinq pierres, deux plus étroites de chaque côté, une plus large au milieu; or la rangée antérieure de la deuxième assise présente exactement la même disposition et les joints verticaux coïncident d'une assise à l'autre ' ; le retrait, calculé d'après

I . Les trous de pince et de tenons permettent de suivre très exactement le travail de la mise en place. Pour la rangée intérieure de la deuxième assise on a posé à partir de la droite trois pierres et à l'extrémité gauche une pierre, que l'on a scellées au fur et à mesure; la deuxième pierre en comptant de la gauche, posée en dernierlieu, a été scellée au canal de coulée. Pour la troisième assise (doubles tenons à chaque pierre;, on a posé deux pierres à gauche, deux autres à droite, et c'est la pierre du milieu, la plus longue, qui forme clé : elle devait être scellée par devant au canal de coulée.

les traces laissées sur la pierre 4 (qui fait suite dans l'assise II au tronçon conservé du mur Est) n'était ici que de 0 m. 05 environ. Les statues se dressaient-elles immédiatement sur ce massif? Ou faut-il supposer au-dessus delà base proprement dite des plinthes ? Aucun fragment ne permet de rien affirmer.

Les crampons en forme de < — >, les tenons allongés, les anathvroses d'un bon travail ne donnent point d'indication chronologique bien précise; la base doit appartenir à l'un des deux premiers siècles de notre ère. Il est possible qu'elle ait pris la place d'une hase plus ancienne qui portait la statue d Athèna offerte par les Massaliètes et transportée ensuite dans le temple de calcaire ; le fait est qu'aucune trace de base plus ancienne n'a été découverte dans le reste de la cella. En l'absence de tradition écrite précise, on ne peut dire combien de statues d'empereurs romains se dressaient sur la base de calcaire : « fi toitcç vaiç) xiïjv iv \>m[j.ti j3<x"'.~Aïu:7XVT(Ov -J.yv/ ij îtsXamv t'.vwv slxsva; », dit seulement Pausanias ; cependant la disposition du soûle autorise peut-être a imaginer au milieu une ligure plus importante, encadrée par quatre statues plus petites.

Il nous reste à examiner quel était V accès du trésor. Devant la façade sont disposés quelques tambours de colonne en tuf, retaillés de manière à foi-mer les éléments d'une plate-forme; ils appartiennent, comme on sait ', au premier temple d' Athèna ; selon toute vraisemblance ils ont été disposés là au moment même de la ruine de ce temple, une vingtaine d'années après la construction du trésor '-'. Le niveau de la plate-forme est à 0 m. 65 environ du stvlobate (lit d'attente) ; un dallage faisait gagner une dizaine de centimètres; puis venait une marche haute de 0 m. 277 qui a été retrouvée (fig. 73, nos $5 et $6) et dont la position exacte est donnée par un redan qui correspond à la saillie de la première assise (calcaire) delà krépis sur la seconde (marbre) ; le dernier pas, enfin, de même hauteur, était formé parle stvlobate lui-même. La trace de la marche intermédiaire est visible sur la face Sud de la krépis (fig-. 75 et pi. XVII) ; mais on voit aussi que la krépis en cet endroit n'a pas été travaillée autrement que sur les côtés Est, Ouest et Nord ; l'escalier a donc été ajoute et ne faisait pas partie de la construction primitive. Est-il contemporain de la plate-forme? Ou lui est-il postérieur? La question, de maigre intérêt, est sans réponse possible.

Observations, date.

« Les restes, dit M. Homolle à propos du trésor de Marseille :i, sont, hélas ! plus faits pour exciter nos regrets que pour satisfaire notre curiosité; ils ne laissent du moins aucun doute ni sur l'origine, ni sur la date du monument, ni sur sa splendeur luxueuse » Grâce surtout à ses analogies avec les trésors du grand sanctuaire, nous avons pu remonter pièce par pièce le trésor des Massaliètes. Ainsi, notre étude est par beaucoup de points dépendante et nous n'avons oublié à aucun moment que le trésor de Marmaria. loin d'être isolé, appar-

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