‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 53 sur 148 · Journal of Ihe MBA, I. /., p · texte numérisé non relu

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tient à un ensemble de monuments delphiques. Mais si notre reconstruction graphique a largement profité de l'examen des trésors de Clazomènes, de Gnide et de Siphnos,elle n'est pas sans apporter des éléments nouveaux : les uns peut-être sont particuliers au trésor des Massaliètes ; les autres, par un juste retour, jettent quelque lumière sur les trésors du grand téménos, et particulièrement sur le plus mutilé d'entre eux, sur le trésor de Clazomènes.

D'un point de vue purement technique1, la construction apparaît comme simple à la fois et soignée. Depuis la krépis jusqu'au faîte, les assises comme la décoration sont en marbre de Paros ; toutes les pierres sont liaisonnées horizontalement- par des crampons en queue d'aronde à su.SoXov de fer (de section ronde), analogues pour la forme à ceux des trésors doriques de Corinthe, d'Athènes et de Marmaria, des trésors ioniques de Cnide et de Clazomènes ; au trésor de Siphnos les queues d'aronde ont une forme évasée très caractéristique. Il arrive exceptionnellement (par exemple sur le joint de deux orthostates, mur Est, vers l'angle Sud) que l'ëu.6oXsv soit plus long que le lit en queue d'aronde préparé pour recevoir la coulée de plomb, et les deux trous où s'engage la tige coudée sont extérieurs à ce lit. Los anathvroses — qui ne font jamais défaut — des côtés verticaux et du joint horizontal supérieur sont en général interrompues vers l'endroit présumé du crampon ;!.

L'absence de tenons pour assurer la liaison verticale est absolue dans les murs; pour la colonne un trou de goujon est visible au lit de pose du chapiteau, un autre au lit de pose du fût, mais il est étonnant que les deux éléments du chapiteau ne soient pas liaisonnés entre eux. Ce n'est pas la seule faiblesse qui compromette la stabilité de la façade; nous avons insisté déjà sur l'étrange disposition des bases de colonnes, à cheval sur le stvlobate et sur le dallage. Il y a eu probablement sur ce dernier point quelque malfaçon, dont l'architecte du trésor ne doit pas être rendu responsable.

C'est grâce au fruit que la hauteur des murs du trésor et par conséquent de la colonne a pu être retrouvée. On voit par là de quelle importance il peut être pour la reconstruction de monuments analogues; une étude architecturale des trésors de Cnide et de Siphnos devra tenir compte de la méthode suggérée et des résultats acquis grâce au trésor de Marseille.

La colonne de notre trésor est du plus grand intérêt. Par ses proportions d'abord : elle dépasse les limites du canon généralement admis. « (Pour l'ordre ionique) comme pour le dorique, écrit A. Choisy ', la transformation se résume dans le passage de la force majestueuse à la légèreté, puis à l'excès de la légèreté. » Au vrai il faut admettre, comme nous l'avons indiqué (p. (>(> j, une étape antérieure à la force majestueuse, ou plutôt contemporaine ; le même excès où se sont complus les architectes de la décadence existe à l'origine : c'est pourquoi les colonnes du trésor ionique se dressent hardies et grêles.

Le fût encore, et la base, et le chapiteau méritent d'être considérés isolément. Les cannelures du fût, qui se terminent en haut et en bas comme dans la colonne ionique, ont des arêtes vives : les trésors de Massalie et de Clazomènes constituent les deux seuls exemples

1. Bien des remarques sur les joints biais, sur la mise en place, etc., réunies à propos du trésor dorique (pp. 102-105i valent pour le trésor des Massaliètes.

2. Toutefois il n'y a point de crampons transversaux d'une rangée d'orthostatesà l'autre, ni, dans certaines assises de parpaings (pierres 9, 29, 13), à la rencontre du mur transversal de la cella et des murs latéraux.

3. D'où sur quelques orthostates (les moins épais) l'absence d'analhyrose horizontale.

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