Hist. de l'architecture, I, p
Fig. 75. - Le trésor des Massaliètes. Vue prise du S.-O. (1921).
Fig. 76. - Le trésor des Massaliètes. - Partie E. du prodomos (1923).
continentaux { où de telles colonnes jouent un rôle architectural2. La base présente une analogie remarquable avec celles de l'Artémision archaïque d'Ephèse ; il en va de même pour la base du trésor de Clazomènes : une double indication d'origine et de date nous est ainsi fournie. — Pour le chapiteau, il n'a point d'analogues dans le domaine grec (à l'époque hellénistique, les rois de Pergame ont usé, à Pergame et à Athènes, d'un chapiteau analogue, mais simple). L'origine doit en être cherchée soit en Egypte, soit en Perse et en Assyrie3 ; il est d'autre partie précurseur de la corbeille corinthienne. Pourtant, cette série une fois déterminée, il convient d'insister sur le caractère original du chapiteau massaliète ; en l'absence d'indication positive ou ne saurait tenir pour assuré que le chapiteau — plus ancien — ■ du trésor de Clazomènes répondit déjà à cette disposition ; ou imaginera plutôt que l'architecte de Massalie, parti du chapiteau simple, a voulu innover et que sa tentative est restée sans imitateurs ; tentative pleine d'audace dans la conception, mais combien timide dans la réalisation : car rien n'a été fait pour associer les deux pièces, pour en former un élément architectural, pour leur donner quelque unité ; elles ont été seulement superposées. Ainsi le chapiteau à double corbeille prend place parmi les exemples nombreux, et — circonstance notable — presque tous isolés, de ces chapiteaux « proto-corinlhiens » et « proto-ioniques », essais toujours intéressants et souvent maladroits dont un Callimaque fera son butin 4.
La décoration était abondante, comme sur les trésors ioniques du sanctuaire ; des sculptures se développaient sur la frise, occupaient le fronton. Un tel monument est ionien, « de provenance..., de travail..., d'esprit •'», massaliète, c'est-à-dire phocéen. Voilà pourquoi les analogies sont si nombreuses et si étroites entre le trésor de Clazomènes et le trésor que nous venons d'étudier, avec aussi, quoique à un moindre degré, ceux de Cnide et de Siphnos. Quel rapport entretiennent au juste entre eux ces quatre trésors? C'est ce que nous devons examiner rapidement pour finir, afin de dater notre monument (i.
Les trésors ioniques de Delphes se divisent nettement en deux groupes : le groupe éolique et le groupe à caryatides. L'un et l'autre groupe sont définis par leurs supports in antis, constitués ici par de hautes bases et des statues-caryatides à calathos, là par des colonnes que caractérisent triplement : a) la base à double scotie> b) le fût avec ses cannelures à arêtes vives en nombre non canonique (18 et 22) 7, c) le chapiteau à double cor-