Th.Homolle, Journal of the R1BA, l. L, p
6. A vrai dire, des résultats chronologiques complets ne pourraient êlre obtenus que par une étude comparée des quatre trésors au point de vue du style comme de la technique. Cette étude a été entreprise par W. B. Dinsmoor dans l'article dont nous avons usé si souvent (BCH, l. /., 1913) ; nous la reprendrons à propos des trésors du grand sanctuaire.
7. Cf. la colonne du sphinx des Naxiens avec ses quarante-quatre cannelures.
beille. Dans les deux groupes l'un des monuments a servi de modèle à l'autre, le trésor de Clazomènes au trésor de Massalie, le trésor de Cnide au trésor de Siphnos. Les deux trésors plus anciens appartiennent au milieu du vie siècle ; le trésor de Siphnos date à peu près de 525 ; le trésor des Massaliètes est antérieur à celui-ci : par le tore cannelé et par le chapelet de perles qui courent à la base du monument, il se rapproche des trésors plus anciens ; mais par la maîtrise du travail il est plus près du trésor de Siphnos. Ainsi on le datera volontiers des années 535 à 530.
On voit alors la place exceptionnelle qu'occupe le trésor de Massalie dans la série des trésors delphiques. Il ne garde plus trace dans sa décoration des maladresses qui font l'archaïsme et le charme du trésor de Cnide. Pourtant, il vient avant la splendeur exubérante de l'édifice de Siphnos. Les hautes colonnes du pronaos, érigeant leurs cannelures doriques, donnent à la façade quelque sévérité architecturale, à quoi ne se guindent point les caryatides souriantes. Mais au-dessus de l'architrave, l'ionisme reprend ses droits ; c'est une débauche merveilleuse — et merveilleusement ordonnée — d'ornements aussi souples que ceux de Siphnos, plus fermes cependant, plus vigoureux. Ionien donc ce trésor élevé par les Massaliètes, colons récents de Phocée, et Phocéens encore à vrai dire; non pas écrasé cependant par sa somptuosité même, et net dans son architecture grâce à la haute surface de ses murs, à l'audacieux élan de ses colonnes.