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LE TRESOR DORIQUE

Fondations et Krépis.

Les fondations, de calcaire, ont été dégagées sur toute la longueur du coté Ouest et sur une partie du côté Lst ; comme celles du trésor ionique elles sont plus profondes vers le Nord. Viennent d'abord une (au Sud ou deux (au Nord) hauteurs de blocs informes ; puis une assise dont le lit supérieur donne un niveau grossier; enfin et sous l'euthyntéria une véritable assise de réglage; ces deux assises sont dressées sur quelques centimètres de largeur aux angles du monument. Ainsi les fondations du trésor dorique, sans être plus profondes que celles de l'ionique, sont mieux travaillées et mieux nivelées, aptes par conséquent à porter une masse plus lourde.

h'eu/ki/nféria est de calcaire hauteur 0 m. 304); la surface en est piquetée, mais au long de l'arête supérieure court un bandeau poli, large de 0 m. 035, avec retour vertical aux angles du monument. Toutes les pierres sont en place et la plupart a découvert ; elles sont scellées par des crampons en queue d'aronde, de forme très allongée. Il est remarquable que ces crampons ne possèdent point d'ipËtaXsv ; une lige de fer ' droite, plus large peut-être aux

1. W.B. Dinsmoor, BCII, XXXVII, 1913, pp. lOet 82, signale justement, que le plombconstitue parfois tout le crampon (très évasé, d'ailleurs) à l'euthyntéria et sur quelques marbres du trésor de Siphmos ; le principe

bo

extrémités, baignée de plomb, constituait selon toute vraisemblance le scellement ; mode assurément primitif et insuffisant de liaison qui n'établissait pas entre les pierres de véritable solidarité, mais les assujettissait à un certain alignement. C'est la difficulté de tailler dans le calcaire qui a conduit à cette solution médiocre ; un autre système cependant était employé vers ce temps à Delphes où le calcaire de Saint-Elie devenait d'un usage courant : c'est le crampon en r>i qui exige moins de soin et moins de temps1. Deux crampons de cette forme se voient sur l'euthyntéria Est; comment n'ont-ils pas été préférés aux crampons en queue d'aronde sans j'j.SiXcv? Voudra-t-on supposer qu'ils étaient alors dans leur

Fi;?. 77. — Restes d'une construction ancienne enjïiifféo sous les fondations Est du trésor dorique

nouveauté et, par là, dater notre monument? Il y faudrait une singulière audace. Diverse d'un site à l'autre, la chronologie des crampons n'est jamais rigoureuse à l'intérieur du même site, et Delphes en fournirait abondamment les preuves. La présence simultanée de crampons en queue d'aronde et de crampons en m sur l'euthyntéria du trésor dorique ne nous donne donc pas d'indication chronologique précise ; il est vrai que le vie siècle à Delphes semble avoir à peine connu le N, tandis que le ve siècle semble avoir abandonné assez vite la queue d'aronde; mais nous n'irons pas là-dessus fixer une date qui ne saurait prévaloir contre toute autre indication.

général n'en subsiste pas moins, que le plomb sert seulement à établir une liaison, et une liaison élastique, entre la pierre et le crampon proprement dit, qui doit être fait d'une matière plus rigide. Un crampon analogue à ceux que nous imaginons ici est dessiné dans Durm !, p. 145, fig. 118, avec la mention « Samothrace » .

1. Plus simple, et moins solide, que le crampon en h en usage dès la seconde moitié du vie siècle.

Fig. 79. — Pierre de la deuxième assise de la krépis.

L empattement de l'euthyntéria à la lre assise de la krépis est de 0 m. 08 à 0 m. 09. Cette assise est de marbre ; elle est partiellement conservée et en place sur le côté Est, ainsi qu'aux angles N.-E. et N.-O. qui présentent l'un la disposition en besace, l'autre la disposion a crossette. La hauteur est de 0 m. 297 à 0 m. 298. Grâce aux trous de pince visibles sur le lit d'attente de l'euthyntéria le détail de l'assise peut être reconstitué ; elle comportait 9 pierres sur chacun des longs côtés, i sur la façade, 5 sur le côté Nord, sans compter les pierres d'angle. Les crampons sont en forme de queue d'aronde,

à iu.6oXov, très analogues à ceux du trésor ionique, mais plus évasés; les mêmes crampons

se retrouveront à toutes les assises du monument. La face extérieure est polie sur toute sa

hauteur.

La trace de la 2'' assise de la krépis, dont aucune pierre n'est en place, est nette sur le

lit d'attente ; elle donne un empattement de 0 m. 122. Un seul élément de cette assise a été

retrouvé (lig. 79); il est haut de 0 ni. .J03 ; une trace

parallèle au bord extérieur et distante de 0 m. 117 marque

le retrait du stéréobate. Ce qui prouve que cette pierre

n'appartient pas à la 1re assise, ce ne sont pas seulement

de très légères différences dans les mesures, c'est surtout

la présence au lit d'attente d'un tenon qui marque que

l'assise supérieure était liaisonnée avec celle-ci : or sur

aucune des pierres de la lre assise il n'y a de tenon. Précisément une pierre de la 3e assise (fig. 80) nous a

été conservée et l'on peut voir sur la face de joint, au lit

de pose, un trou de tenon correspondant à celui qui

nous a permis de définir l'assise précédente. Cette

3e assise est baute de 0 m. 302; les trois degrés de la

krépis avaient donc sensiblement même hauteur. Le lit

d'attente est intéressant à plus d'un titre. D'abord on y

peut voir la trace de deux tenons : par conséquent ce

fragment appartient au toichobate, non au stylobate ;

deux traces parallèles donnent aussi la largeur exacte de

la plinthe des orthostates, soit 0 m. o365, et le retrait de cette assise sur la krépis, soit

0 m. OIS ; encore les trous de pince et de tenons indiquent l'alignement des deux orthostates. Enfin le crampon qui se trouve sur le côté perpendiculaire à la direction de la krépis

constitue l'amorce du mur de refend : l'absence de toute anathyrose sur ce joint conduit à la

disposition donnée fig. 81 ; c'est celle même qui convient pour le côté Est.

En résumé la krépis comporte les trois degrés ordinaires, avec un double empattement de

Fig

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